samedi 8 novembre 2014

Le gitan au coeur trop grand




"J'ai joué avec le cœur et j'ai toujours vécu au jour le jour" Manitas de Plata


Manitas de Plata, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi dans une maison de retraite de Montpellier à l’âge de 93 ans.


Manitas de Plata naquit le 7 août 1921 à Sète, dans le Sud de la douce France. Son vrai nom était Ricardo Baliardo. Il fut personnage incontournable et très haut en couleurs de la vie musicale camarguaise. Ce prodige de la guitare flamenca a connu un parcours atypique. A l’âge de 9 ans, il savait déjà jouer de la guitare grâce à son oncle alors qu’il était illettré. C’est à New-York lors d’une exposition de l’un de ses amis qu’un admirateur reconnait le chanteur aux "doigts de fées" et le convint d’enregistrer. C’est à ce moment-là que la carrière de ce grand amateur de femmes décolla. Amis des plus grands, de Charlie Chaplin - qui le reçoit dans sa maison - à John Steinbeck, en passant par Sir Yehudi Menuhin, Picasso - qui lui demandera de l'appeler "Papa" et qui lui dessinera plusieurs guitares - de Salvador Dali, Maurice Chevalier, Marlon Brando, et tant, tant d'autres. Manitas est resté gitan, pur gitan, comme il aime à le dire. En 1965, il jouera sur la scène du prestigieux Carnegie Hall de New York grâce à un producteur américain.

Depuis 1967, le guitariste gitan n’a cessé de sortir des disques (93 millions de disques vendus). Il a voyagé à travers le monde entier pour se produire accompagné de son fils aîné, Manéro.

Il a fini sa vie ruiné et malade.


À l'ONU, il a incité, sans le vouloir, le secrétaire général à créer une représentation permanente qui représenterait le monde gitan et qui existe aujourd'hui encore.

Considéré comme l'un des dix plus grands musicien gitan du monde, il a donné à la guitare flamenco ses lettres de noblesse. Il laisse derrière lui un héritage musical colossal. Ce qu'à fait Manitas de Plata, cet analphabète au grand cœur, est difficile aujourd'hui à concevoir, de la roulotte au Carnegie Hall, la Mecque de la musique, qu'il a rempli à guichets fermés, de cet Albert Hall à Londres, où plusieurs milliers de personnes lui ont fait une standing ovation d'une dizaine de minutes, les concerts de Manitas de Plata ont enflammé plusieurs générations.

Les Gyspis Kings, et autres groupes gitans lui doivent tout. Il fut toujours présent lors du Pèlerinage des Saintes Maries de la Mer, la patronne des gitans et à cette occasion des centaines personnes venaient du monde entier lui signifier leur admiration.

Manitas de Plata, "l'homme aux doigts d'argent" dont Picasso disait : Il vaut plus cher que moi...






Chez Denise Glaser

Une des premières apparition de Manitas de la Plata à la TV française dans le milieu des années 60 : il répond aux questions de l'admirable Denise Glaser en improvisant sur sa guitare :



Sangre flamenco (Sang flamenco) :




Manitas danse avec sa tribu : Nino Baliardo, Nannasso, Manéro and Bambo...






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