vendredi 31 octobre 2014

La France au régime militaro-policier ?

Suite au texte (à Rémi, qui nous manque déjà beaucoup) dédié à Rémi Fraisse sur ce site, la réaction très éclairante d'un de nos lecteurs : 

Effectivement comme tu dis André Chenet le monde a beaucoup changé depuis 30 ans, la population mondiale s'est multipliée plusieurs fois, et la moitié des gens vivent dans les villes, alors qu'ils étaient une minorité jadis. Les campagnes ont changé de visage, n'ont plus été habitées pareillement, comme si l'être humain n'y avait plus que des racines de plus en plus vagues ou des conflits d'intérèts. Tout cela fait qu'en dépit des voeux théoriques, l'humanité avec sa technologie a dérivé plus nettement vers la voie des termites, c'est à dire une société de contrôle programmée mécaniquement . Bien sûr on parle de plus en plus d'écologie, mais c'est justement parce que la communication avec la nature est devenue de plus en plus rare, l'être humain, sa sexualité et sa technologie sont devenus la nature dominante, et mème si les arbres et les fleurs sont déifiés, presque personne ne vit plus dans leur harmonie, dans un rythme et des saveurs sensés. L'espèce humaine a déraillé vers un égrégore où elle ne parvient plus à percevoir le message de la végétation, et ne parvient pas à s'intégrer dans une nature protégée. L'homme prédateur s'intègre juste aux autres hommes prédateurs. La technocratie se veut vivable pour ceux qui réduisent le monde à ses valeurs. Ceux qui veulent vivre comme des oiseaux ou des fleurs sont marginalisés. L'idéal de la simple intégration de l'être humain à la nature est taxé d'écologisme radical, les lois sociales redues possibles par le conseil de la Résistance devenu vainqueur sont dites utopies ruineuses et irresponsables . Ce sont les médias programmés qui maintiennent l'hypnose, d'où la nécessité de les dévaluer en vivant dans d'autres hiérarchies de valeurs parallèles, sans complexe, avec nos propres médias internet qui se révèleront comme de plus authentiques lieux de civilisation.
Dominique Oriata Tron











"L’impunité des violences et crimes policiers qui marquent nos luttes mais également la vie de bien des quartiers populaires doit cesser! L’usage d’armes qui mutilent et tuent au nom du maintien de l’ordre et de la «gestion démocratique des foules» doit être banni! La justice expéditive et les politiques sécuritaires qui créent un climat de suspicion, de répression sociale et servent d’écran protecteur à des choix de société et des projets économiques irrationnels doivent être combattus sans relâche!"
Des sympathisant.e.s des luttes du Testet et de Notre-Dame-des-Landes



"« Il était à trente mètres de moi sur ma gauche. Je l’ai vu se faire toucher alors qu’il y avait des explosions à côté. Ils ont envoyé des grenades explosives, des tirs de flash-balls. Après, cette personne s’est retrouvée à terre. Il y a eu une charge de flics, j’ai chargé aussi, mais je me suis retrouvé tout seul, du côté gauche. Mais tout le monde est arrivé trop tard, ils ont mis en joue ceux et celles qui arrivaient. J’ai vu ce gars à terre se faire trainer par les policiers et on n’a pas pu en savoir plus. » Témoignage de Camille



Contrairement à ce qu’a d’abord affirmé le procureur d’Albi, lors d’une première conférence de presse dimanche, Rémi Fraisse, vingt et un ans, n’était pas un « casseur violent » venu « pour en découdre avec les forces de l’ordre ». Cet étudiant en BTS de gestion et de protection de la nature, à Toulouse, était bénévole à l’association Nature Midi-Pyrénées, affiliée à France Nature Environnement. « Son truc à Rémi, c’était les plantes et les fleurs », raconte Pascale Mahé, la directrice de cette association de naturalistes. Passionné par la botanique, il s’était spécialisé dans le suivi d’une plante rare et fragile : la renoncule à feuille d’ophioglosse. « Il était très doux et très tendre, poursuit Pascale Mahé. Ce n’était certainement pas un anarchiste radical. » Son père, médecin, a témoigné hier sur Bfmtv du comportement non violent de son fils, parti manifester « sans casque ni rien pour le protéger ». L'Humanité



Le Monde : "Mort de Rémi Fraisse : pas de suspension du gendarme ayant lancé la grenade"

"Deux cent onze ans après le vote du premier texte de loi fixant son statut militaire et définissant ses missions de police administra­tive et judiciaire, la gendarmerie nationale est officiellement entrée le 1er janvier 2009 dans le giron du ministère de l’Intérieur. Voulu par le président Nicolas Sarkozy malgré les vives inquiétudes exprimées tant par les militaires et les policiers que par certains élus locaux, ce changement de tutelle a pour effet immédiat de placer, dans chaque département, les képis sous l’autorité du préfet."


"Imaginons un instant qu’un jeune de 21 ans tue un membre des "forces de l’ordre" en lui lançant une grenade : on ferait de lui un extrémiste, un terroriste, et, s’il n’était pas abattu dans la minute par les autres gendarmes, il finirait ses jours en prison... Imaginons maintenant qu’un policier cubain ou vénézuélien abatte un manifestant : les médias en tireraient unanimement des conclusions sur la nature du "régime". Et maintenant, n’imaginez plus, et rêvez qu’une majorité de Français se mette à réfléchir à tout cela...
(Trouvé sur le net)


Le directeur général de la gendarmerie a précisé que l’escadron avait pris des images vidéo qui seront versées au dossier et "où on entend les ordres et où on remarque que la grenade offensive a été tirée en respectant le protocole". Reuters




La famille de Rémi Fraisse, le manifestant de 21 ans mort sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn), a l’intention de déposer plainte pour homicide volontaire, ont précisé leurs avocats lundi 27 octobre. Cette plainte doit « permettre à un juge d'instruction indépendant de faire toute la lumière sur les circonstances du décès » a précisé l'un des avocats de la famille.
Le Monde



Un poème de Paul Eluard en hommage à Gabriel Péri, journaliste, communiste et résistant né à Toulon en 1902, arrêté par la police française et fusillé comme otage par les allemands : 

Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli
Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre
Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amies
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.
Paul Éluard

Le président soi-disant socialiste de la RF a exprimé toute sa compassion à la famille de la victime. Il s'était rendu à la messe d'enterrement du PDG de Total C. de Margerie avec son premier ministre, en compagnie de l'émir du Qatar et de Christine Lagarde, parmi d'autres personnalités recommandables du bottin mondain. Mais sera-t-il présent aux obsèques de Rémi fraisse pour présenter au moins les excuses du gouvernement de la République aux parents du jeune homme ? Et saura-t-il saluer comme il se doit la mémoire d'un véritable citoyen universel épris de beauté, de nature et de justice ? Ou bien enverra-t-il une délégation officielle ? 

Nous te souhaitons un bon voyage cher Rémi, à contre-mort, à contre-oubli, dans un pays où les habitants cultivent l'amour des jours heureux et la fraternité. André Chenet





Les illustrations de cet articles proviennent de : Anars56

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