lundi 8 septembre 2014

Alexeï Mozgovoy, poète et commandant de la résistance armée


"Il semble que l'on naît toujours à mi-chemin du commencement et de la fin du monde. Nous grandissons en révolte ouverte presque aussi furieusement contre ce qui nous entraîne que contre ce qui nous retient.René Char


"Mais pour ma part, c'est de rester un serf qui m'effraie le plus, soit ni plus ni moins qu'un animal entre les mains des féodaux engraissés"  Alexeï Mozgovoy


Les grecs ont eu pour défendre leur pays le Lord anglais  Byron (né en Grèce), les français ont eu le capitaine Alexandre (René Char), la révolution russe a eu Maiakovski, les indépendantistes turcs ont eu  Nazim Hikmet, le peuple palestiniens a eu Mahmoud Darwich, tous des poètes qui ont fait le choix de se porter volontaires dans la lutte contre les dictatures et toutes les formes d'oppression ou/et pour combattre les forces d'occupation étrangères ... Dans tous les pays, il s'est toujours trouvé des poètes téméréraires pour prendre les armes et se porter au secours et partager les peines quotidiennes de leurs frères humains. La nouvelle république de Novorossia a non seulement trouvé sa voie héroïque en se démarquant radicalement du régime illégitime d'Ukraine mais elle a également trouvé une voix essentielle en la personne de Alexeï Mozgovoy, un poète et chanteur qui dès le début de la prise de pouvoir des néo-fascistes pro-occidentaux en Ukraine a pris le maquis et a organisé l'armée de la résistance qualifiée de "rebelle" par les médias occidentaux. Nous invitons nos lecteurs à faire connaissance de cet homme peu commun à travers un entretien qu'il a donné récemment. André Chenet










Face aux diverses pressions internationales, et alors que l’armée de Novorossia, remportant un succès après l’autre, voyait ce qui subsistait des forces de Kiev reculer sur tous les fronts, y compris dans le sud, le long de la mer d’Azov, un cessez-le-feu a été conclu. Au lendemain de cet accord, dont nul ne sait encore s’il tiendra, et sur quoi il débouchera exactement, une voix s’élève.
Elle vient de Lugansk. C’est celle d’Alexeï Mozgovoy.
Agé de 59 ans, c’est un homme peu commun. Originaire d’un simple village (Svatovo) de l’oblast de Lugansk, Mozgovoy était poète. Il était aussi chanteur de folksong ukrainien. Il a cessé (pour un temps, il faut l’espérer) d’écrire des poèmes et de chanter des chansons lorsqu’une horde haineuse a commis un épouvantable massacre à l’intérieur de la maison des syndicats d’Odessa. Il avait compris que l’heure n’était plus à attendre passivement, qu’il n’y avait plus aucune chance de négocier quoi que ce soit.
Alexeï Mozgovoy prit les armes. Il devint un combattant de la Novorossia. Et même chef de guerre, le commandant de la redoutable « équipe fantôme », devenue le bataillon du même nom (le bataillon Prizrak, « fantôme »). Tandis que Strelkov menait et organisait la milice, puis les forces de défense, de Donetsk, Mosgovoy commandait la milice, puis les forces de défense, de la République autoproclamée du peuple de Lugansk. Chef adroit et victorieux, il n’a depuis lors cessé de se battre. Son bataillon est fort de mille hommes, et l’armée de la RPL en compte aujourd’hui beaucoup plus.
Mais Alexeï Mosgovoy n’est pas décidé à retourner à ses poèmes et à ses chansons. Pas encore. Il explique pourquoi.

The French Saker







Mozgovoy

Le commandant de l’équipe « Fantôme » Alexeï Mozgovoy : « Contre les oligarques, les faux politiciens et pour le peuple. »

Le 04/09/2014


« La Novorossia sera ! Elle sera sans oligarque, fondée sur le pouvoir du peuple et des gens simples. C’est notre chance de pouvoir construire un Etat juste et humain ! »

« En ce qui concerne le fait d’abandonner Strelkov, et d’abandonner tout court. »

« Certains voudraient ne pas poursuivre jusqu’à son achèvement logique ce que nous avons initié, n’ayant en tête que l’argent, les cabinets et les portefeuilles ministériels ! Pour quelle raison le peuple du Sud-Est s’est-il dressé et a-t-il pris les armes ? Est-ce pour que ses enfants y perdent la vie, que beaucoup y perdent leur travail et la confiance dans l’avenir ? En réalité, si nous nous battons, c’est pour les intérêts du peuple, et si nous nous battons véritablement pour cela, c’est donc lui qui doit décider de l’issu de cette lutte !

Lequel des membres des gouvernements de la République Populaire de Donetsk (RPD) et de la République Populaire de Lougansk (RPL) a pris soin de demander et de connaître l’avis des résistants qui perdent leurs camarades dans les batailles, l’avis des proches qui ont perdu des pères, des fils et des filles dans ce combat pour la liberté et le droit de choisir eux-mêmes leur destin !?… Je pense que personne n’a demandé aux miliciens qui ont combattu. Tout cela ressemble à une farce, une représentation dans laquelle le peuple de Novorossia jouerait le rôle de figurant.

Déjà à plusieurs reprises, on a essayé de faire échouer la Novorossia (y compris lors du retrait d’Igor Ivanovich Strelkov) ; maintenant, à mon avis, il s’agit d’une nouvelle tentative, à l’aide de négociations, pour arrêter la résistance et pour ne pas lui permettre de détruire l’autorité oligarchique en Ukraine. La cinquième colonne est à l’œuvre ! Le transfert de l’autorité oligarchique à un pouvoir du peuple constitue en réalité le pire cauchemar pour la prétendue communauté mondiale. Chacun sait que, depuis longtemps, le monde est gouverné par les Waltzman [Ndt : c’est là le véritable nom de Porochenko, le nom de son père ; Porochenko étant celui de sa mère], Tchoubaïs, Rockfeller… pour lesquels la perte de ce pouvoir équivaut à la mort !

Que voit-on aujourd’hui ? Des NEGOCIATIONS ! Qui donc est autour de la table ? Le vénérable Kuchma [Ndt : Leonid Kuchma fut président de l’Ukraine, de 1994 à 2005, après en avoir été premier ministre de 1992 à 1993], qui, lorsqu’il était aux affaires, a engraissé davantage encore les oligarques, alors que la corruption atteignait déjà des sommets ! Il faudrait plutôt le traduire en justice que de mener des négociations avec lui ! Que sera devenue l’indépendance de la Novorossia si les mêmes tueurs à gages (corrompus) restent en place ? Quel crédit peut-on accorder à des gens qui ont exclu le mot VERITE de leur lexique ?

Seule la capitulation de Kiev pourrait résoudre la situation actuelle. Seule la mise à l’écart du pouvoir des affairistes en tout genre nous donnerait la possibilité de construire un état à visage humain. Seule la traduction devant les tribunaux et le procès des oligarques, de cette gente « d’élite », pourrait rendre le respect de soi au peuple. Autrement tout est en vain… et les slogans, et les victimes aussi !

Dans le cas contraire, nous resterons les marionnettes « des hommes des cabinets », intelligents et retords ; une telle perspective ne me convient pas, et je ne la tolèrerai pas. Ce n’est pas pour nous arrêter à mi-chemin que nous avons pris les armes !

La peur était et sera toujours présente. Maintenant beaucoup de gens craignent l’hiver prochain… C’est une crainte animale. Mais pour ma part, c’est de rester un serf qui m’effraie le plus, soit ni plus ni moins qu’un animal entre les mains des féodaux engraissés.

J’irai jusqu’à la fin, jusqu’à l’accomplissement du but initialement fixé, qui est la victoire complète et inconditionnelle du peuple russe et slave, libre et fier !!! »


Origine : http://topwar.ru/57531-komandir-brigady-prizrak-aleksey-mozgovoy-protiv-oligarhov-i-falshivyh-politikov-i-za-narod.html

Source française : The vineyard of the saker



     MOZGOVOY ou La dure réalité de la guerre   







A lire un entretien en castillan sur Sociologia critica :  «NADIE PODRÁ SUSTITUIR A STRELKOV», Alexei Mozgovoi / Marina Perevózkina 


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