jeudi 7 août 2014

La Palestine en deuil



Aujourd’hui est un jour de deuil supplémentaire pour les Palestiniens.
Hier 5 août 2014 Mr Riad Al MALIKI, ministre des Affaires Etrangères de Palestine a obtenu de Mme Fatou BENSOUDA procureure de la Cour Pénale Internationale l’annulation de la plainte déposée le 25 juillet 2014 par Mr Saleem Al SAQQA ministre palestinien de la Justice et Mr Ismaeel JABER procureur général de Gaza pour les crimes de guerre commis à Gaza par l’armée israélienne.



Une femme palestinienne porte son enfant au milieu des décombres à Gaza, le 1er août 2014 - Photo : MEE/Mohammed Asad




« … ce qui se passe en Syrie et dans toute la région est directement en rapport avec la Palestine et ce qui se passe dans les territoires palestiniens. Dans ce cas précis, se distancier c’est comme regarder le feu dévorer la maison du voisin sans rien faire pour l’aider à l’éteindre en pensant être à l’abri, alors qu’il avance petit à petit.
Par conséquent, ceux qui pensent que nous pouvons vivre en toute sécurité et nous distancier de la question palestinienne sont dans l’illusion, car elle restera la question centrale fondée aussi bien sur nos principes que sur les réalités qui s’imposent et démontrent l’étroite corrélation entre ce qui se passe en Syrie et ce qui se passe en Palestine ; d’autant plus que nous n’ignorons pas l’étroite corrélation entre les politiques internationales et régionales [notamment des États arabes] quand il s’agit de notre région » 
Bachar al-Assad



«A ce jour, je n’ai vu aucun enquêteur indépendant, aucun responsable de l’ONU ou d’une quelconque ONG n’est venu enquêter dit-il. Maintenant, nous le savons. Israël peut nous tuer comme il l’entend. En toute impunité. Le sang du peuple palestinien ne vaut rien».
Moaz, 24 ans, habitant du village-martyr de Kouza'a, à une demi heure au sud Gaza



"... Participant en Belgique, à la célébration du centenaire de la Grande Guerre (1914-1918), l'hôte de l'Elysée s'est laissé aller à des digressions hors de saison sur la neutralité, surtout quand lui-même ne s'est pas trouvé du côté du plus faible et de l'opprimé. Et Hollande de dire: «Comment rester neutre lorsqu'un peuple, non loin d'Europe se bat pour ses droits et son intégrité territoriale? Comment rester neutre lorsqu'un avion civil est abattu en Ukraine? Comment rester neutre devant des massacres de populations civiles, comme en Irak, comme en Syrie où les minorités sont persécutées? Comment rester neutre quand un pays ami comme le Liban voit son intégrité territoriale menacée? Comment rester neutre quand à Ghaza, un conflit meurtrier depuis plus d'un mois?» Fin de citation. Le problème pour le président français, est qu'il parle trop, car au moins pour les cas de l'Ukraine, de la Syrie et de Ghaza, la responsabilité de son pays est largement engagée par le soutien actif que Paris apporta à un coup d'Etat fasciste en Ukraine, à des rebelles, aidés par des djihadistes, en Syrie avec de graves répercussions sur l'intégrité de l'Irak, du Liban, de la Syrie. Ghaza? Bien sûr que M.Hollande n'est pas neutre dès lors qu'il donna le droit à Israël de «tuer», prenant partie pour l'entité sioniste, ne serait-ce qu'en étant incapable de désigner les «responsables» des crimes de Ghaza, demandant, par ailleurs à ce qu'ils «répondent de leurs actes», tout en se gardant toutefois de les identifier. Le contentieux israélo-palestinien ne pourra jamais être résolu si ceux qui peuvent y mettre un terme continuent à nier la réalité des crimes d'Israël et s'interdisent d'identifier les criminels. Ces barbares des temps modernes ne sont pourtant pas des extra-terrestres!"
Karim Mohsen




Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahison

Par Christophe Oberlin 

Le 6 août 2014 

Cette plainte, élaborée par les meilleurs spécialistes du Droit International, avait reçu l’appui de 130 professeurs de Droit de par le monde qui avaient affirmé sa complète recevabilité au regard des statuts de la Cour Pénale Internationale.
Dès la publication de la plainte, le président palestinien Mahmoud ABBAS, le représentant de la Palestine à l’ONU et Mme Leila SHAHID, ambassadrice de Palestine auprès de l’Union Européenne, ont développé une stratégie en vue de l’annulation de la plainte. Le représentant à l’ONU a prétendu, à l’unisson avec la partie israélienne, que le dépôt de plainte risquait de se retourner contre la résistance palestinienne, ce qui est juridiquement faux (article 31D du statut de la Cour Pénale internationale). Mme Leila SHAHID est allée dans le même sens, provoquant le 4 août une réaction officielle du Hamas par l’intermédiaire de son porte-Parole Sami Abu ZOUHRI :
« N’écoutez aucune voix qui suggérerait que nous serions opposés à une action auprès de la Cour Pénale Internationale. Certaines personnes disent que le Hamas ou d’autres personnes résistantes pourraient être victimes d’une telle démarche, mais ce n’est pas vrai. Ce n’est que de la propagande. Rien de ce que nous faisons ne nous fait peur. Nous sommes sous occupation et c’est notre droit, selon la loi, de résister. Et c’est aussi le droit de notre population d’être défendue. »
Ces pressions sur la Cour Pénale Internationale aboutissant à l’annulation de la plainte, étaient malheureusement prévisibles. Déjà à la suite de la guerre de l’hiver 2008-2009, Mr ABBAS avait dépêché Mr Al MALIKI auprès du procureur de la Cour, aboutissant à l’annulation de la procédure de plainte en cours. Ce sont les mêmes acteurs aujourd’hui qui sont à la manœuvre.
Il faut dire que la plainte déposée le 25 juillet 2014, outre les crimes de guerre, mentionnait le crime de colonialisme, faisant ainsi peser une lourde menace sur Israël : dès la plainte transmise à la chambre intermédiaire, les entreprises étrangères travaillant dans les territoires occupés devenaient susceptibles de poursuites pour complicité. Les conséquences économiques pour Israël auraient pu être rapides, bien avant que n’advienne le jugement des commanditaires des crimes de guerre. Avant même que la bataille des armes ne soit terminée, Mr NETANYAHU a remporté grâce à Mr ABBAS et Mme Leila SHAHID une victoire politique déterminante : la menace économique est éloignée.
Comme toujours en pareilles circonstances, la communication palestinienne – et en particulier Mme Leila SHAHID – prétend avoir une autre stratégie : celle d’adhésion à la Cour Pénale Internationale. Pourquoi ne l’avoir pas fait plus tôt ? La supposée nécessité de reconnaissance préalable de l’état palestinien à l’ONU est un mensonge juridique. Mr ABBAS et Mme SHAHID auraient pu saisir la Cour depuis près de dix ans. Trois massacres à Gaza [guerre israélienne contre Gaza en 2008/2009, en 2012 et en 2014 -Ndlr] auraient peut-être pu être évités.
La décision de faire taire le Droit met à nouveau en lumière le jeu meurtrier et la nature réelle de l’Autorité Palestinienne.
Sert-elle les Palestiniens en 2006 lorsqu’après avoir perdu les élections elle tente de reprendre le pouvoir par les armes ?
Sert-elle les Palestiniens en 2006 lorsqu’elle condamne la capture d’un soldat israélien au poste de combat ?
Sert-elle les Palestiniens en 2009 quand elle contribue à enterrer le rapport GOLDSTONE sur les crimes commis à Gaza ?
Sert-elle les Palestiniens quand elle soutient officiellement le nouveau dictateur égyptien qui est à l’origine de la fermeture du seul point de passage de GAZA avec le monde ?
Sert-elle les Palestiniens lorsque son président déclare quelques jours avant l’attaque israélienne : « Les tunnels entre Gaza et l‘Egypte sont illégaux. Nous (sic) avons essayé de les détruire, nous (sic) avons construit un mur d’acier souterrain, nous (sic) avons essayé de les noyer ».
Toutes ces attaques ont en fait pour but de détruire un parti politique à référence culturelle musulmane, le HAMAS, et quel qu’en soit le prix pour la population palestinienne.
Le droit international étant bafoué, force est d’observer à nouveau le droit national palestinien, bafoué lui aussi. Le président ABBAS, selon des lois fondamentales palestiniennes, a terminé son mandat en janvier 2009. Des élections ne pouvant avoir lieu, c’est le président du parlement Aziz DUWAIK qui aurait dû le remplacer. Mr DUWAIK est en prison. Alors que le parlement aurait dû légalement voir son mandat prolongé, nombre de parlementaires ont été emprisonnés, parfois avec l’appui de la police palestinienne, et le parlement est empêché de fonctionner.
Ainsi, on se bouscule aujourd’hui, parmi les dictatures arabes, pour être « le meilleur ennemi d’Israël ».
Le président actuel est donc illégal autant qu’illégitime. Mr ABBAS et Mme Leila SHAHID règnent sur un champ de ruines physique, politique et moral. Ils servent l’intérêt de l’ennemi. La Palestine a son gouvernement de VICHY qui ne représente pas les Palestiniens, pas plus que VICHY ne représentait la France.
Que ceux qui le contestent osent organiser des élections libres et non faussées à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Christophe Oberlin, le 6 août 2014

Christophe Oberlin est professeur en médecine et chirurgien à l’hôpital Bichat à Paris. Il effectue depuis dix ans des missions humanitaires dans la bande de Gaza, pour former et soigner.


La résistance palestinienne présente ses conditions pour un cessez-le-feu

Ces points sont les suivants :
1. Un cessez le feu immédiat, le retrait israélien de la bande de Gaza et des garanties à la fin des incursions israéliennes, des infiltrations, des assassinats, des bombardement de maisons et survols de Gaza.
2. Mettre fin au siège imposé à la bande de Gaza sur la base de l’accord de 2012, d’une manière qui garantisse les points suivants :
a) l’ouverture des passages et la garantie de la libre circulation des personnes et des biens et la liberté d’importer tous les matériaux nécessaires à la reconstruction ;
b) la fin du siège économique et financière ;
c) la garantie de l’accès entre la Cisjordanie et la bande de Gaza ;
d) la liberté de travailler et de pêcher dans les eaux territoriales palestiniennes dans la mer au large de Gaza, jusqu’à une distance de 12 miles ;
e) la réouverture de l’aéroport et la construction d’un port maritime pour Gaza ;
3. L’élimination des zones dites tampons qui ont été imposées par Israël le long de la frontière avec Gaza.
4. L’annulation de toutes les mesures et les sanctions imposées par Israël contre notre peuple en Cisjordanie depuis le 12 Juin, 2014, y compris la libération de tous ceux qui ont été arrêtés après cette date, en particulier les prisonniers qui ont été libérés dans le cadre de l’accord Shalit, les membres du Conseil législatif et le quatrième lot de captifs de l’ère pré-Oslo, ainsi que la réouverture des institutions, le retour des propriétés publiques et privées qui ont été confisquées, et un terme aux attaques de colons.
5. Le démarrage de la reconstruction immédiate de la bande de Gaza par le gouvernement d’unité nationale et en coopération avec l’Organisation des Nations Unies et ses institutions, et la fourniture de tous les secours et besoins humanitaires pour les enfants de notre peuple dans la bande de Gaza, y compris les denrées alimentaires, les médicaments, et l’électricité, et fournir ce qui est nécessaire pour le fonctionnement immédiate de centrales de production d’énergie.
6. La convocation d’une conférence internationale pour les pays donateurs (Comité ad hoc de liaison (AHLC)) sous la présidence de la Norvège et avec la participation de l’Europe, des pays arabes, des États-Unis, du Japon, de la Turquie, des États islamiques, de la Russie, de la Chine et des autres États membres dans le but de fournir les fonds nécessaires à la reconstruction dans un laps de temps fixé à l’avance.

4 août 2014 - Middle East Monitor - Vous pouvez consulter cet article à :
https://www.middleeastmonitor.com/n...
Traduction : Info-Palestine.eu

A lire absolument :

Détruire la Palestine ou comment terminer la guerre de 1948

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Mais pourquoi est-il si urgent pour eux d’en finir avec Arafat ? L’ancien chef du Mossad, Shabtai Shavit, qui n’est plus lié par l’obligation de réserve, explique ouvertement que " le créneau que Bush a ouvert à Sharon " devait être exploité immédiatement. " Pendant ses quelque trente ans au pouvoir, il [Arafat] a réussi à obtenir de vrais résultats dans le domaine de la politique internationale. Il a reçu le prix Nobel de la paix et d’un simple coup de téléphone il peut obtenir un rendez-vous avec n’importe quel dirigeant dans le monde. Dans le paysage palestinien, personne d’autre n’a la même pointure internationale. S’ils [les Palestiniensl perdent cet atout, ce sera un grand succès pour nous. La question palestinienne sortira des préoccupations de la communauté internationale. " (entretien publié dans le supplément hebdomadaire de Yediot Aharonot, 7 décembre 2001)
Tel est le but de l’armée : faire en sorte que la question palestinienne sorte de l’horizon de la communauté internationale pour que le nettoyage ethnique puisse se faire tranquillement. On échappera difficilement à, la conclusion qu’après trente-cinq ans d’occupation, les deux options en concurrence dans l ’appareil d ’Etat israélien sont encore exactement celles qui avaient été définies par la " génération de 1948 " : l’apartheid (le plan Alon ) ou le transfert de population (le plan Sharon). Ceux qui poussent à détruire les bases de l’accord d’Oslo pensent qu’à la faveur d’une escalade régionale, la solution du transfert pourra être mise en oeuvre.






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