lundi 7 juillet 2014

Palestine sous un régime d'apartheid et de terreur


Après sept années de gestion dans des conditions de plus en plus difficiles, le pouvoir politique à Gaza est en grand faiblesse. L’économie, tirée par la construction, est maintenant asphyxiée par la fermeture des tunnels en provenance d’Egypte associée à l’embargo total sur le ciment édicté par Israël. Les fonctionnaires ne touchent plus que la moitié de leur salaire depuis plusieurs mois. A la suite de l’accord passé entre le Hamas et le Fatah, les ministres de Gaza se sont tous retirés, mais on ne voit rien venir : aucun ministre ne peut se déplacer entre Gaza et la Cisjordanie (2). La longue interview (3) donnée par le président Abbas venu féliciter chaleureusement le général Sissi pour son élection a fait l’effet d’une douche froide, « Le 13 juillet n’a pas été un coup d’état. Les tunnels sont illégaux… Par le passé nous (dixit) avons construit un mur souterrain et tenté sans succès d’inonder les tunnels, etc. » Hier encore : « Nous devons nous coordonner avec Israël pour éviter une troisième intifada ». Pas un mot sur les arrestations d’élus en Cisjordanie. Nul ne doute que le président ne protestera pas en cas « d’éliminations ciblées » à Gaza. L’affaire des trois Israéliens disparus en Cisjordanie n’arrange rien. 
Christophe Oberlin (Chirugien, écrivain)


Islametinfo  - Tariq Abu Khdeir, le cousin de Muhammad Abu Khdeir, a été lourdement tabassé jeudi 3 juillet par des policiers israéliens cagoulés.
Agé de 15 ans, l'adolescent, qui a la citoyenneté américaine, était en vacances dans sa famille à Jérusalem-Est depuis juin. A l'annonce de la mort de son cousin, il a rejoint les rangs des protestataires dans les rues du camp de réfugiés de Shuafat où il a été violemment interpellé. Ses parents n'ont pas hésité à diffuser des photos du visage difforme de leur fils, signe de la violence dont ont fait usage les policiers contre lui.
Par ailleurs, une vidéo largement reprise par les médias internationaux montre des Israéliens cagoulés, tabasser une personne menottée, à demi inconsciente qui serait Tariq Abu Khdeir. Celui-ci est pourtant appelé à comparaître devant un tribunal de Jérusalem dimanche car il est accusé d'avoir attaqué la police armé... d'une fronde.
Tariq Abu Khdeir est sorti libre du tribunal mais est assigné à résidence neuf jours à Beit Hanina le temps d'une enquête. 


Silvia Cattori - Les soldats israéliens et des colons violentant des jeunes palestiniens. Cela se passe dans le banlieue de Shuafat à l’est de Jérusalem le 3 juillet 2014.



07/07/2014 - La branche armée du Hamas revendique le barrage de tirs de roquettes contre Israël


"La lutte palestinienne n'est pas une lutte d'indépendance, mais de libération"
Par Haidar Eid

Extrait d'un entretien avec le docteur Haidar Eid ; le dr. Haidar Eid est professeur agrégé en Littérature anglaise à l'Université Al-Aqsa, à Gaza (Palestine ococupée). Il milite pour la solution d'un seul Etat et est membre de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d'Israël (PACBI). Il est interviewé par David Letwin, membre du mouvement des Juifs pour le droit au retour palestinien.

"La dépossession et l'oppression des Palestiniens n'ont pas commencé en 1967. Elles remontent à 1948, lorsque plus de 750.000 Palestiniens ont été ethniquement nettoyés des villages et villes de Palestine, et déportés vers des pays voisins : Jordanie, Liban, Syrie, Gaza et Cisjordanie, pour faire place à un "Etat juif" d'apartheid."
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"La solution de deux Etats est une solution raciste qui appelle à un "Etat juif pur" et à un "Etat palestinien pur", les deux basés sur des identités ethno-religieuses. Elle ne prend pas en compte les droits des deux-tiers du peuple palestinien."
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"Le solution d'un-Etat est la seule qui permette d'obtenir les droits palestiniens revendiqués par le mouvement BDS. De plus, c'est un compromis très généreux de la part des colonisés opprimés aux colonialistes, qui leur offrent la citoyenneté dans un Etat avec une pleine égalité, exactement comme ce qui s'est passé en Afrique du Sud, où la population indigène a offert aux colons blancs le même compromis généreux. Nous sommes au 21ème siècle, après tout !"
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"Israël a également transformé la Bande de Gaza en un camp de concentration (ces deux mots peuvent déranger certains qui prétendent avoir le monopole du statut de victime), une prison à ciel ouvert. Il n'y a aucune communication entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie . La question toute entière est pour moi personnelle ; elle est personnelle pour tous les Palestiniens. Par exemple, ma soeur vit à Bethléem, à une heure de route de Gaza. Mais cela fait 15 ans que je n'ai pas pu la voir. Quand nos deux parents sont morts en 2005, elle n'a pas pu venir à leurs funérailles. Cette expérience personnelle vous en dit long sur l'impossibilité d'avoir deux Etats."
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"En tant que projet sioniste, Israël sait très bien qu'une véritable démocratie dans le monde arabe se propagerait jusqu'à atteindre la Palestine. La communauté internationale et le Printemps Arabe attendraient d'Israël qu'il soit réellement démocratique. Ce qui signifie une personne, un vote. Et après le droit au retour, une personne-un vote aboutirait finalement à l'effondrement de l'entreprise sioniste en Palestine. Ceci est, à mon avis, le lien entre la lutte palestinienne pour la liberté, l'autodétermination et la libération, et la lutte pour la démocratie et les droits de l'homme dans le monde arabe."
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"Je résumerai en citant Edward Said en 1993 : les Accords d'Oslo sont une deuxième Nakba. Oslo a réduit le peuple palestinien à ceux qui ne vivent que dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie , en excluant les réfugiés palestiniens et les citoyens palestiniens de l'Etat d'Israël. Oslo n'a jamais fait allusion au droit au retour des Palestiniens dans leurs villages et villes d'où ils ont été ethniquement nettoyés en 1948, et n'a jamais fait allusion non plus à l'égalité dans les territoires de 1948. Oslo a essentiellement codifié et légitimé l'épuration ethnique -la Nakba- de 1948. Oslo a aussi donné à la communauté internationale la fausse impression qu'il y a "deux parties égales" -les Palestiniens d'un côté, et les Israéliens de l'autre- engagés dans un "dialogue" pour résoudre leurs problèmes. Mais il n'y a pas deux partenaires égaux. Il n'y a pas de dialogue. Il y a un régime d'apartheid qui cherche à perpétuer son pouvoir d'un côté, et un peuple indigène qui lutte pour ses droits inaliénables de l'autre. Plutôt que de reconnaître la nécessité de démanteler ce régime d'apartheid une fois pour toutes, Oslo a fétichisé les attributs de l'Etat, c'est-à-dire que si vous offrez aux Palestiniens un drapeau et un tapis rouge pour son président et un hymne national, vous avez résolu la question palestinienne une fois pour toutes !"
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Pour lire cet entretien dans son intégralité  : Mondoweiss



Un ghetto armé

Par Uri Avneri


Traduit pour l’AFPS par FL

Les ter­ro­ristes d’un bord sont les com­bat­tants de la liberté de l’autre. Ce n’est pas une simple question de ter­mi­no­logie. Il s’agit d’une dif­fé­rence de per­ception qui a des consé­quences pra­tiques d’une portée considérable.

Prenez les prisonniers par exemple.
Pour le com­battant de la liberté, obtenir la libé­ration de cama­rades empri­sonnés est un devoir sacré, pour lequel il est prêt à sacrifier sa vie. L’un des exploits les plus auda­cieux de l’Irgoun clan­destine (dont j’ai été un temps un très jeune membre) fut l’attaque en force de la prison bri­tan­nique du Château des Croisés à Saint- Jean d’Acre et la libé­ration de cen­taines de pri­son­niers. Pour nos maîtres colo­niaux, ce fut là une lâche action terroriste.


Cela devrait être clair pour notre gou­ver­nement actuel, basé sur le parti Likoud, qui fut fondé à l’origine par d’anciens com­bat­tants de l’Irgoun. Tou­tefois, ceux- ci ont disparu depuis long­temps et les hommes poli­tiques de droite actuels comme les offi­ciers de l’armée d’aujourd’hui ne sont qu’une mau­vaise copie de nos anciens colo­ni­sa­teurs bri­tan­niques. Ils n’ont aucune idée de la façon dont fonc­tionne l’esprit du militant.

C’est au cœur de l’incident qui a dominé la vie d’Israël ces deux der­nières semaines.
À DIX HEURES DU SOIR, il y a deux semaines, trois jeunes de la yeshiva d’une colonie proche de Hébron se tenaient à un car­refour isolé, essayant de faire de l’auto-stop pour rejoindre leurs foyers à la colonie. Ils ont disparu depuis.

On a immé­dia­tement estimé, de façon tout à fait logique, qu’ils avaient été enlevés par un groupe pales­tinien pour réa­liser un échange de pri­son­niers. Jusqu’à présent aucune orga­ni­sation connue n’en a reven­diqué la res­pon­sa­bilité et aucune demande n’a été formulée.
Ce n’est donc pas la même chose que l’enlèvement du soldat Gilad Shalit il y a quelques années. Shalit fut enlevé dans la bande de Gaza, for­tement peuplée de Pales­ti­niens et gou­vernée par le Hamas. La Cis­jor­danie par contre est truffée de colonies israé­liennes, et l’on exagère à peine en disant qu’un Pales­tinien sur dix est un infor­mateur israélien. Qua­rante-sept années d’occupation ont donné aux ser­vices de sécurité israé­liens d’innombrables occa­sions de faire pression sur des Pales­ti­niens pour les mettre à leur service par le chantage, la cor­ruption et d’autres moyens.

Pourtant pour le moment aucun signe des ravis­seurs ou de leurs vic­times n’a été détectéune per­for­mance extra­or­di­naire de la part des auteurs.

Le gou­ver­nement Neta­nyahou a immé­dia­tement vu dans l’incident une occasion favorable.
Sans la moindre preuve (pour ce que nous en savons) il accusa le Hamas. Le jour suivant (à cause d’un léger retard du fait de l’incompétence de la police) une énorme double opé­ration fut déclenchée. Des mil­liers de soldats furent engagés pour ratisser la cam­pagne et mener des fouilles de maison en maison. Mais dans le même temps une opé­ration encore plus impor­tante, qui avait évi­demment été pré­parée depuis long­temps, démarra pour tenter d’éradiquer le Hamas en Cisjordanie.

Nuit après nuit, toute per­sonne ayant le moindre lien avec le Hamas était arrêtée. Des groupes de soldats lour­dement armés fai­saient irruption chez les gens, écar­taient les enfants et les femmes apeurés, arra­chaient les hommes de leur lit pour les emmener, menottés et les yeux bandés.

Ils furent des cen­tainestra­vailleurs sociaux, ensei­gnants, pré­di­ca­teurs, tous ceux appar­tenant au vaste réseau social et poli­tique du mou­vement Hamas.

Parmi les per­sonnes arrêtées beaucoup avaient été libérées en échange du pri­sonnier Shalit. La direction poli­tique et le ren­sei­gnement israé­liens n’avaient donné leur accord à cet échange dis­pro­por­tionné (un otage contre plus d’un millier de pri­son­niers) que sous l’énorme pression de l’opinion publique, et avaient évi­demment alors décidé de les ren­voyer en prison à la pre­mière occasion.

Ce ne fut pas par accident que cette semaine on révéla que l’un de ces pri­son­niers libérés avait été accusé du meurtre d’un Israélien il y a quelques mois. Il faut admettre que, tandis que la plupart des pri­son­niers sont recon­nais­sants de retrouver leurs familles après des décennies d’incarcération, cer­tains des plus déter­minés sont retournés à leur activité militante.
La ten­tative d’élimination du Hamas est idiote. Le Hamas est un mou­vement reli­gieux qui vit dans le cœur de ses adhé­rents. Combien pouvez- vous en arrêter ?

AU COURS DE CES deux semaines, la société israé­lienne s’est montrée sous le plus mauvais jour pos­siblecomme un ghetto armé, dépourvu de com­passion pour les autres et inca­pable de rai­sonner sainement.

Il est vrai que la pre­mière réaction n’a pas été uni­forme. J’ai entendu plu­sieurs per­sonnes dans la rue maudire les trois jeunes colons disparus pour leur arro­gance stupide, se tenant de nuit en plein ter­ri­toire occupé et montant dans une voiture étrangère. Mais de tels sen­ti­ments impies ont été rapi­dement balayés par une immense vague de lavage de cerveau, qui était presque inévitable.

S’unir face à une urgence nationale est une réaction uni­ver­selle pour les peuples. En Israël celle- ci est amplifiée par le réflexe du ghetto, déve­loppé par des siècles de per­sé­cution, par les Juifs pour lutter ensemble contre les méchants goyim.

Le déluge de la pro­pa­gande gou­ver­ne­mentale prit des pro­por­tions incroyables. Presque tous les repor­tages dans la presse écrite furent consacrés aux opé­ra­tions mili­taires. La radio et la télé­vision déve­lop­pèrent ces repor­tages en direct 24 heures sur 24, jour après jour.

Le monde jour­na­lis­tique était guidé par les “cor­res­pon­dants mili­taires”, presque tous d’anciens offi­ciers de l’armée, récitant les com­mu­niqués de l’armée comme s’il s’agissait de leurs propres décou­vertes et ana­lyses. On ne pouvait dis­cerner aucune dif­fé­rence entre les dif­fé­rentes chaînes et les divers journaux. Si quelque com­men­tateur libéral osait émettre un mot de cri­tique, c’était très modéré et ne concernait que de menus détails.

COMME PAR HASARD, au même moment un projet de loi était en cours d’examen à la Knesset. Ce projet ren­drait tout échange de pri­son­niers illégalcas excep­tionnel d’un gou­ver­nement se liant lui- même les mains. Il interdit au gou­ver­nement d’amnistier des “pri­son­niers de sécurité” ou de négocier des échanges de prisonniers.

Cela signifie la mort des otages.

Dans leur incroyable naïvetépour ne pas dire stu­piditéles poli­ti­ciens de droite pensent que cela dis­sua­derait les prises d’otages. Qui­conque com­prend un tant soit peu la men­talité mili­tante sait que l’effet serait tout à fait contraire : prendre plus d’otages, accroître la pression pour libérer les prisonniers.

Ce serait vraiment faire bon marché de la vie des otages. Les efforts actuels des ser­vices de ren­sei­gne­ments et de l’armée pour savoir où se trouvent les trois jeunes, en cas de succès, entraî­ne­raient une action pour les libérer par la force. Comme l’enseigne l’expérience, dans une telle situation, les chances de survie des otages sont minces. Pris entre deux feux ils sont tués soit par leurs ravis­seurs soit - plus fré­quemment - par leurs libé­ra­teurs. Pourtant pas une seule voix en Israël n’a soulevé ce point crucial

La famille Shalit, des Israé­liens laïques ordi­naires, était très sen­sible à ce danger pour leur fils. Il n’en est pas ainsi pour les familles des trois enfants de colons dis­parus, tous des colons appar­tenant à l’extrême droite. Ils sont devenus des agents volon­taires de la pro­pa­gande du gou­ver­nement, appelant à des prières de masse et au soutien du mou­vement des colons. Leur rabbin a expliqué que l’enlèvement des jeunes était une punition de Dieu pour les récentes ten­ta­tives de forcer les jeunes reli­gieux à servir dans l’armée.

LE GOU­VER­NEMENT est d’évidence bien plus sou­cieux d’une vic­toire de la pro­pa­gande poli­tique que de la libé­ration des otages.

Le prin­cipal objectif est de faire pression sur Mahmoud Abbas pour qu’il renonce à la récon­ci­liation inter- palestinienne et d’abattre le gou­ver­nement pales­tinien d’experts qui vient d’être formé. Abbas résiste. Il est déjà lar­gement cri­tiqué en Palestine pour l’étroite coopé­ration qui se poursuit entre ses forces de sécurité et celles d’Israël, même pendant que se déroule l’opération israé­lienne. Abbas joue un jeu très dan­gereux, en tentant l’équilibre entre toutes les pres­sions. Quelle que soit l’opinion poli­tique que l’on a, on doit recon­naître son courage.

Les diri­geants israé­liens, vivant dans leur bulle, sont dans l’incapacité totale de com­prendre la réaction du monde, ou son absence de réaction.

Avant que tout cela ne com­mence, le nombre des Pales­ti­niens, dont des enfants, tués par des tirs à balles réelles au cours de mani­fes­ta­tions n’avait cessé de croître. Il semble que les règles d’ouverture du feu, telles que les soldats les com­prennent, ont facilité cela. Depuis le début de l’opération actuelle, plus de cinq Pales­ti­niens non- combattants ont été tués par l’armée, dont des enfants.

Dans l’édition israé­lienne du New York Times, une grande partie de la une était consacrée à la photo d’une mère pales­ti­nienne pleurant son enfant et non aux otages.

Mais lorsque les trois mères, envoyées à des fins de pro­pa­gande à la com­mission des droits humains de l’ONU à Genève, ont été fraî­chement accueillies, le gou­ver­nement israélien s’est étonné. Les délégués étaient plus pré­oc­cupés des vio­la­tions des droits humains par Israël que par les otagespour beaucoup d’Israéliens c’était un exemple éclatant de l’antisémitisme des Nations Unies.

PLUS QUE toute autre chose, cet épisode met une fois de plus en évi­dence notre besoin extrême de paix. La récon­ci­liation inter- palestinienne pourrait rendre la paix plus procheet c’est pourquoi la droite israé­lienne, et en par­ti­culier les colons, veulent la détruire.

Je pense que les colonies sont un désastre pour Israël. Mais mon cœur saigne pour les trois garçonsdont deux sont âgés de 15 ans, le troi­sième un peu plus âgé–actuel­lement détenus dans des condi­tions que l’on a de la peine à ima­giner, s’ils sont encore en vie.

La meilleure façon de pré­venir les prises d’otages est de libérer volon­tai­rement les pri­son­niers. Même les ser­vices de sécurité ne peuvent sérieu­sement sou­tenir que tous les mil­liers de pri­son­niers poli­tiques actuel­lement dans nos prisons consti­tuent un danger mortel pour notre existence.

Un moyen encore meilleur d'aller de l'avant serait de mettre fin à l’occupation en faisant la paix.


Article relayé par : Tlaxcala

Traduction en français : AFPS

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