mercredi 2 juillet 2014

Moi-je président de la République



"Quand j'dis que l'Président "Moi-je" n'vaut pas tripette
je n' suis pas seul à l'penser
A peine élu il a pris la poudre d'escampette
et s'est prosterné devant les nantis
Bon dieu de bon dieu si c'est ça un socialiste
alors moi j'suis boucher
du côté des abattoirs de La Villette
Avez-vous déjà vu amis
un gouvernement pour les plus démunis
Allons z'enfants de la patrie
ne nous cassons pas la tête
ce n'sont que de fieffés menteurs
tous ces guignols les sarkozy les cahuzac 
des valeurs républicaines ils font des culs-de-sacs
et de la politique leur fond de commerce
Au nom de la liberté et de la fraternité
nous les pousserons vers la sortie
à grands coups de crosses et de quolibets
au nom de l'égalité nous les mettrons à poil
qu'ils aillent se faire voir chez les grecs
ou se faire dilapider chez les saoud
nous ne les regretterons pas quand nous serons grands
et que nous aurons appris ensemble
à régler honnêtement nos petites affaires entre nous
sans contrats ni parachutes dorés
quand nous serons capables de nous gouverner nous-même
sans présidents ni sénateurs ni dieux ni maîtres. "

Gaël Hadey







Hollande accélère la crise institutionnelle française

Le mardi 1 juillet 2014


Jamais un président de la République française n’aura à un tel point et aussi vite renié ses propositions présidentielles.

Jamais un président de la République n’aura cédé comme il vient de le faire à un groupuscule obscurantiste qui a provoqué des retraits d’élèves de l’école.

Jamais un président de la République n’aura été un agent aussi zélé du patronat.

Jamais un président de la République n’aura allié une absurde virilisation de la posture avec l’aveu de son incapacité à menerun projet autre que celui du patronat.

Jamais un président de la République n’a déclaré la guerre à la légère à la Syrie pour se raviser quelques instants après.

Jamais un président de la République n’a été aussi aveuglément dogmatique dans l’obéissance aux normes juridiques européennes et dans le déni des lois tendancielles de l’économie.

Jamais un président de la République ne s’est engagé, comme dans la bataille des intermittents, à avaliser un accord signé par des partenaires sociaux qui ne représentent pas du tout les partenaires du secteur.

Jamais un président de la République de gauche n’a autant refusé d’écouter le mouvement syndical revendicatif. À égalité avec son prédécesseur, jamais un président de la République n’aura autant bafoué les principes constitutifs de la République sociale. Jamais un président de la République… arrêtons là ! Karl Marx parlait en son temps du « crétinisme parlementaire », comment faudrait-il qualifier notre régime présidentiel ?

Il faut donc voir que cette crise institutionnelle qui se profile à l’horizon ne fait qu’ajouter à la crise culturelle, économique, financière et de la dette publique.

Avec une autre gauche qui n’est pas, et de loin, à la hauteur des enjeux (voir les chroniques d’Evariste depuis le 25 mai dernier), nous entrons dans une séquence peu prévisible où il faut pourtant garder un cap stratégique clair.



Qu’est-ce qui reste important ?

Comprendre que nous entrons sans doute dans une fin de cycle telle que nous n’en avons jamais connue. Garder de l’humilité, se départir des idées simplistes censées tout régler, globaliser les combats et les problèmes.

Ainsi, qui mobilisera (et comment seront-ils mobilisés ?) la majorité des 70 % d’ouvriers, d’employés, de chômeurs, de jeunes de moins de 35 ans, de couples qui gagnent moins de 20.000 euros par an, qui se sont abstenus. Car on sait, ou on devrait savoir, que beaucoup d’entre eux ont voté à gauche ces dernières années. Concernant les 10 % d’ouvriers et d’employés qui ont voté FN, il s’agit majoritairement d’un déplacement de la droite vers l’extrême droite : polariser sur ce point est un leurre monté par les médias néolibéraux.

Tous ceux qui resteront dans l’entre soi et dans la communication institutionnelle risqueront d’être Gros-Jean comme devant. Il faudra sans doute modifier la ligne de façon plus anticapitaliste, élargir cependant la stratégie d’unité, et changer de pratique pour se lier au peuple via des luttes sociales majoritaires. C’est pourquoi nous avons souvent signalé ici la nécessité des campagnes d’éducation populaire pour mener la bataille pour l’hégémonie culturelle.

Source : ReSPUBLICA


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