lundi 28 juillet 2014

Comment tuer son semblable sans peine





"Nous décevrons la mort et marcherons pieds nus vers le soleil"





"Depuis plusieurs décennies je pense que la tragédie palestinienne est devenue le centre névralgique de la biosphère humaine en révélant l'état de santé déclinant de nos sociétés dites d'abondance. Tant de sang versé pour que des sursauts de révolte ou d'indignation se produisent encore.
L'irréparable gouverne les peuples et les révolutions ne sont qu'éclats sporadiques. 
Espérons que cette fois-ci au moins le cordon ombilical du monde à naître ne se rompe pas avant terme et soit assez solide pour mettre à bas les voleurs de vies, les assassins mandatés par  et que les forces du renouveau humain prendront consistance dans la durée .
Ce qui reste tellement douloureux c'est de ne pouvoir "relever" les innocents et de se sentir plein d'une rage impuissante devant les charniers. 
Il était une fois une petite fille et un petit garçon, frère et soeur. Il se nommaient Sabra et Chatila. Elle avait de grands et beaux yeux noirs chargés d'avenir, un avenir qu'atteignaient les pierres que lançait son frère, aussi sombre qu'une chèvre de Judée, un garçon vif et habile qui aimait les livres et la lumière du soleil sur les oliviers. Il était une fois ... mais je ne peux plus rien dire de plus.
André Chenet



Comment tuer autrui sans peine

« L’épée (l'arme) a le même degré (de souillure) que le tué, elle est un père de la souillure. » Le Talmud

"Moab est ravagé, ses villes montent en fumée, L’élite de sa jeunesse est égorgée, dit le roi, dont l’Eternel des armées est le nom." Jérémie 48 - 15

"Dès l'Antiquité grecque, les termes Palaïstinê et Eretz Israël apparaissent donc comme désignant des réalités géographiques plus ou moins équivalentes." Dictionnaire


Aucun chiffre ne rendra jamais compte d'un assassinat de masse. Voici la religion de l'État juif d'Israël aujourd'hui: enfermer un peuple derrière des barbelés, bombarder des familles innocentes, les faire disparaître de la surface de la terre, les refouler dans l'oubli définitivement. N'est-ce pas, symboliquement, nous tous, les humains épris de paix qu'ils bombardent ? Le petit peuple sémitique réduit à peau de chagrin brûle dans les flammes d'un enfer de fanatisme et de vengeance absolue et les livres "sacrés" sont là pour absoudre le peuple élu. Il est à noter que la Thorah préconise parmi les 613 commandements qu'elle égrène : 

596 - Détruire les sept nations canaanites–Deutéronome 20, 17
597 - N'en laisser aucun vivant–Deutéronome 20, 16
598 - Effacer les descendants d'Amalek–Deutéronome 25, 19
599 - Se souvenir de ce qu'Amalek fit aux Enfants d'Israël–Deutéronome 25, 17
600 - Ne pas oublier les atrocités d'Amalek et son embuscade lors du trajet dans le désert depuis    l'Égypte–Deutéronome 25, 19
601 - Ne pas établir sa demeure permanente en Égypte–Deutéronome 17, 16
602 - Proposer aux habitants d'une cité en état de siège des accords de paix, et les traiter comme l'ordonne la Torah s'ils acceptent ces traités–Deutéronome 20, 10
603 - Ne pas offrir de traité de paix à Ammon ni Moab lorsqu'on les assiège–Deutéronome 23, 7
604 - Ne pas détruire d'arbre fruitier même lors de siège–Deutéronome 20, 19
605 - Préparer des latrines à l'écart des campements–Deutéronome 23, 13
606 - Préparer une pelle pour que chaque soldat puisse creuser–Deutéronome 23, 14
607 -Désigner un prêtre pour parler avec les soldats durant la guerre–Deutéronome 20, 2




Réinventer le monde


 "C’est, je crois, Hannah Arendt qui distingue les révolutions selon qu’elles envisagent la liberté ou la vertu - donc le travail. Il faudrait peut-être reconnaître que les révolutions ou les libérations se donnent - obscurément - pour fin de trouver ou retrouver la beauté, c’est à dire l’impalpable, innommable autrement que par ce vocable. Ou plutôt non par la beauté entendons une insolence rieuse que narguent la misère passée, les systèmes et les hommes responsables de la misère et de la honte, mais insolence rieuse qui s’aperçoit que l’éclatement, hors de la honte, était facile."
Jean Genet, In "Quatre heures à Chatila" (1982)





J’ai migré vers la Terre enveloppée de silence
Écrite sur un reflet, sentier vers la parole
J’apportais ma voix fertile, mon offrande sans épines
Et une paix de bruine au fond des yeux

J’ai trouvé un abri de marécages et piquants
Un Pouvoir qui calcine le sang des enfants,
J’ai vu des hommes tels des loups, j’ai vu des loups angelisés
Et un déluge saumâtre de rêveries moribondes

À chaque jour, encore des êtres brisés et déchirés
On les taille, on les arrache, on les éclate, on les tue
Alors que Goya et Beethoven et Balzac
Affirment que la vie se renforce en chaque Être

Immigrée dans l’essence puissante de l’art
Je maudis les cimetières et les cendres, et je reste
Je reste jusqu’à ce que le feuillage des hommes
Soutienne la racine et réinvente le monde

Cristina Castello, « Bruine »






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