jeudi 26 juin 2014

Les enfants sacrifiés du nucléaire





«Bien des mauvaises nouvelles sont encore à venir. On apprend petit à petit, depuis le début de l’année, qu’il y a des fuites, des problèmes de contamination de l’eau, des poissons qui ont un niveau anormalement élevé de césium. Ce n’est donc pas tellement nouveau, mais on nous révèle en permanence de nouveaux aspects de ce désastre. Je pense qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne nous a pas encore dites. C’est une crise mouvante, avec des problèmes en cascades, de plus en plus graves.» 
Jeff Kingston,
Directeur du département des études asiatiques à l’université Temple de Tokyo.




Aujourd'hui 100 % d'enfants Biélorusses sont malades 25 ans après Tchernobyl...bouamy1, une multitude de maladies liées à l'iode 131, au césium 137 et au césium 134.
Le cancer de la thyroïde dû à l'iode 131 n'est qu'une partie infime des problèmes de santé rencontrés par les habitants des territoires contaminés




Au cours de la réunion pédagogique qui a suivi l’accident nucléaire, un enseignant a déclaré : « Les élèves semblent en forme, mais en fait, fréquentant une école provisoire et logeant dans une maison petite et provisoire, ils souffrent d’un grand stress. » Un autre a dit : « Les conditions permettant aux élèves un développement humain convenable ont disparu. Certains d’entre eux répètent : "Nous sommes des enfants à jeter, bons pour la poubelle !" ou bien ils s’en prennent à leurs parents en disant : " Pourquoi donc tu ne travailles pas, idiot de père ? " (paru dans le journal Akahata du 29 juillet 2013 et transmis en français par Fukushima blog)



Les japonais manifestent pour dénoncer
la politique de déni du gouvernement
sur la catastrophe de Fukushima
(photo : Reuters / Sukree Sukplang)



A 50 Km de Fukushima alerte radiologique pour la santé des enfants : Saignements du nez, diarrhée, état de faiblesse. Les symptômes manifestés par les enfants inquiètent les médecins : certains les considèrent « inexplicables », d'autres prescrivent des analyses  du sang pour vérifier la baisse de globules blancs, due à l'exposition aux radiations.

Les premiers chiffres concernant les probables effets nocifs sur la santé des enfants exposés aux radiations des matériaux dispersés par  la centrale de Fukushima ont été publiées. Non pas sur Internet, mais sur l'édition papier du 16 juin (2014) du quotidien Tokyo Shimbun, lu par environ 1 million de personnes, surtout dans la région de Tokyo et de Kanto.

Le Tokyo Shimbun révèle que de nombreux enfants de Koriyama, une ville d'environ 350 000 habitants située à 50 Km de la centrale nucléaire de di Fukushima Dai-ichi, souffrent  d'un « inexplicable » saignement du nez, d'un état de faiblesse et de diarrhée. Et à l'heure actuelle, les médecins ne sont pas en mesure d'en expliquer la cause. Il écrit que le 12 juin une organisation à but non lucratif appelée "Le pont de Tchernobyl" a ouvert une clinique  à Koriyama. Inquiets pour les effets de l'exposition aux radiations, 50 familles y ont amené en consultation leurs enfants qui présentaient des symptômes de diarrhée, saignement du nez et fatigue. Une femme de 39 ans, mère de deux enfants, qui avait quitté Koriyama depuis le 11 mars pour y revenir à la fin du mois, a dit au médecin que depuis début avril sa fille de 6 ans saigne du nez. Le médecin généraliste a diagnostiqué une allergie au pollen. Son garçon, qui vient d'avoir deux ans, a saigné du nez depuis fin avril et pendant tout le mois de mai. Le pédiatre n'a pas été en mesure d'affirmer avec certitude que cela été lié aux effets des radiations, mais a ordonné des analyses du sang pour contrôler le niveau des globules blancs. Les premiers symptômes des maladies provoquées par les effets des radiations sur l'homme sont en effet une diminution des globules blancs, des nausées, des vomissements et des migraines. 
(Édition du 26 juin 2014)






Dessin de Naoya (8 ans),
enfant de Koriyama (16 kms de Fukushima)





Les enfants de Fukushima sont en train de mourir



Par Harvey Wassermann, EcoWatch, 14 juin 2014


Quelque 39 mois après les multiples explosions à Fukushima, le taux de cancers de la thyroïde chez les enfants des environs est monté en flèche, dépassant de 40 fois la normale.


Plus de 48 % des 375.000 jeunes – presque 200.000 enfants – testés par l'Université de Médecine de Fukushima, vivant à proximité des réacteurs souffrent aujourd'hui d'anomalies pré-cancéreuses de la thyroïde, principalement de nodules et de kystes. Le taux est en voie d'accélération.

Plus de 120 cancers infantiles ont été relevés quand on ne s'attend qu'à trois seulement, déclare Joseph Mangano, directeur exécutif du Projet Radiation et Santé Publique.

L'industrie nucléaire et ses chantres continuent de nier cette tragédie sanitaire. Certains ont en fait affirmé que "pas une seule personne" n'a été affectée par la libération massive des radiations de Fukushima, qui, pour certains isotopes, a dépassé de presque 30 fois celle d'Hiroshima.


Plus de 48 % des 375.000 jeunes – presque 200.000 enfants – testés par l'Université de Médecine de Fukushima vivant à proximité des réacteurs souffrent aujourd'hui d'anomalies pré-cancéreuses de la thyroïde, principalement de nodules et de kystes




Mais l'épidémie mortelle de Fukushima concorde avec les impacts subis par les enfants après l'accident de Three Mile Island en 1979 et l'explosion de Tchernobyl en 1986, de même qu'avec les conclusions rapportées pour d'autres réacteurs commerciaux.


La probabilité que l'énergie atomique puisse causer de telles épidémies a été confirmée par la Commission Canadienne de Sécurité Nucléaire, qui dit qu'une "augmentation du risque de cancers infantiles de la thyroïde" accompagnerait une catastrophe nucléaire.


Dans l'évaluation des perspectives de la construction d'un nouveau réacteur au Canada, la Commission dit que le taux "augmenterait de 0,3 % à une distance de 12 kilomètres de l'accident. Mais cela suppose la distribution de comprimés d'iodure de potassium et une évacuation d'urgence, ce qui ne s'est produit ni à Three Mile Island, ni à Tchernobyl, ni à Fukushima.

Les chiffres ont été analysés par Mangano. Il a étudié les impacts des radiations créées par des réacteurs sur la santé humaine depuis les années 80, démarrant son travail avec un radiologue légendaire, le Dr Ernest Sternglass et le statisticien Jay Gould.

Mangano confirme que la santé globale au sein de populations sous le vent (des réacteurs) s'améliore quand on ferme les réacteurs et décline quand ils sont ouverts ou ré-ouverts.

Les enfants à proximité ne sont pas les seules victimes de Fukushima. L'un des responsables de la centrale, Masao Yoshida est mort à 58 ans d'un cancer de l’œsophage. Masao a héroïquement refusé d'abandonner Fukushima au pire moment de la crise, sauvant probablement des millions de vies. Les ouvriers du site employés par des entrepreneurs indépendants – dont de nombreux sont dominés par des syndicats du crime – sont souvent laissés sans aucune surveillance pour l'exposition aux radiations. La colère du public augmente avec les plans du gouvernement pour obliger les familles – dont certaines avec de nombreux enfants – à retourner dans la région lourdement contaminée autour de la centrale.

Suite à l'accident de 1979, les propriétaires de Three Mile Island ont nié que le réacteur avait fondu. Mais une caméra robot l'a confirmé ensuite.

L'état de Pennsylvanie a mystérieusement fait disparaître la liste d'enregistrement des cancers, puis a dit qu'il n'y avait "aucune preuve" d'un quelconque décès.

Mais un large éventail d'études indépendantes confirme les taux en élévation de mort d'enfants et d'un excès de cancers parmi la population générale. Morts en excès, mutation et taux de maladies parmi les animaux du secteur ont été confirmés par le Département d'Agriculture de Pennsylvanie et les journalistes locaux.

Dans les années 80, un juge fédéral, Sylvia Rambo, a bloqué un recours collectif de quelques 2400 habitants de Pennsylvanie sous le vent, déclarant qu'il n'y avait pas eu suffisamment de radiations libérées pour affecter quiconque. Mais 35 ans après, personne ne sait la quantité de radiations qui s'est échappée ou sa direction. Les propriétaires de Three Mile Island ont tranquillement payé des millions de dollars aux victimes sous le vent en échange de leur silence.

À Tchernobyl, le rassemblement de 5000 études a montré un nombre supérieur à 1 million de décès.

Les effets des radiations sur les jeunes sous le vent en Biélorussie et en Ukraine ont été horribles. Selon Mangano, 80 % des "enfants de Tchernobyl" nés sous le vent depuis l'accident ont été affectés par un large éventail d'impacts allant de malformations et de cancers de la thyroïde à des maladies à long terme du cœur, du système respiratoire et mentales. Les résultats signifient que seul un jeune sous le vent sur cinq peut être reconnu en bonne santé.

Les Médecins pour la Responsabilité Sociale et la branche allemande des Médecins Internationaux pour la Prévention des Guerres Nucléaires ont averti de problèmes parallèles près de Fukushima.

Le Comité Scientifique des Nations-Unies sur les effets des radiations atomiques (UNSCEAR) a récemment publié des rapports qui minimisent les impacts des catastrophes sur les humains. L'UNSCEAR est intimement lié à l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique, dont le mandat est de promouvoir l'énergie nucléaire. L'AIEA (Agence Internationale de l'Énergie Atomique) a depuis toujours l'ordre de contrôler en les bâillonnant les conclusions des Nations-Unies sur les impacts sanitaires des réacteurs. Pendant des dizaines d'années l'UNSCEAR et l'OMS ont entretenu une couverture protectrice sur la propagation des impacts sanitaires de l'industrie nucléaire. Fukushima a prouvé qu'elle n'était pas une exception.

En réponse, les Médecins pour la Responsabilité Sociale et les médecins allemands pour la prévention des guerres nucléaires ont émis une réfutation en dix points, avertissant le public sur la crédibilité compromise des Nations-Unies. La catastrophe est "en cours" disent les groupes, et doit être surveillée pendant des décennies. "Les choses auraient pu être bien pires" si les vents avaient soufflé vers Tokyo plutôt que vers le large (et vers l'Amérique).

Il existe toujours un risque pour l'irradiation de produits, et parmi les ouvriers du site dont les doses et les impacts sur la santé ne sont pas sous surveillance. Estimer la dose actuelle parmi les ouvriers et ceux sous le vent est sujet à caution et une attention spéciale doit être montrée pour les sévères impacts sur les embryons.

Les études de l'UNSCEAR sur les rayonnements ambiants sont également "trompeurs" et il doit y avoir de nouvelles études sur les effets génétiques des radiations ainsi que sur les "maladies non-cancéreuses". L'assertion des Nations-Unies disant "qu'aucun effet sanitaire discernable relié aux radiations n'est attendu parmi les membres exposés" est "cynique", disent les groupes. Ils ajoutent que les choses se sont empirées par le refus officiel de distribuer de l'iodure de potassium, qui aurait pu protéger le public des impacts thyroïdiens dus aux libérations massives d'iode-131 radioactif.

Par dessus tout, les terribles nouvelles de Fukushima ne peuvent que s'aggraver. Les radiations des trois cœurs fondus sont toujours charriées dans le Pacifique. La gestion des barres de combustible des piscines suspendues dans l'air et éparpillées autour du site reste périlleuse.

Le régime pro-nucléaire de Shinzo Abe veut rouvrir les 48 réacteurs restant. Il a fortement incité les familles qui ont fui la catastrophe à réoccuper les maisons et les villages irradiés.

Mais Three Mile Island, Tchernobyl et le fléau de mort et de maladie qui fait aujourd'hui surface près de Fukushima dit trop clairement que le coût humain de telles décisions continue de s'aggraver – avec nos enfants les premiers et les pires touchés.

Traduction par Hélios



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