mardi 17 juin 2014

L'Appel du 18 Joint 1976


"Aujourd’hui, il y a un petit frémissement. Les usagers en ont marre de se faire traquer. La question du permis de conduire touche beaucoup de gens. Les tests salivaires ne sont pas fiables, si on a fumé trois jours avant, on peut être contrôlé positif. Les gens se posent des questions sur la validité de la prohibition. Le cannabis est également utilisé de plus en plus pour un usage thérapeutique, autorisé en Allemagne, en Finlande, en Israël, en Suisse, en Italie, en Espagne, en Californie… Tout çà n’est pas de la blague. Il y a de plus en plus de gens favorable à un changement de loi, d’autant plus que la loi devient de plus en plus dure et est appliquée de manière absurde. On ne peut pas mettre en prison tous les fumeurs, les stages, aux frais du contrevenant, ne servent à rien. La guerre qu’ils prétendent mener contre les cités, avec beaucoup de violence, ne peut qu’y mettre le feu. Cela crée des tensions énormes, les jeunes ont le sentiment qu’on les attaque. Donc ils répondent, c’est tout à fait logique. Il est donc temps de changer de politique. On ne peut pas faire autrement."
Extrait d'un entretien avec Jean-Pierre Galland, président du Collectif d’information et de recherche cannabique (Circ) - 2010







L’Appel du 18 joint est un manifeste appelant à la légalisation du cannabis en France, publié le 18 juin 1976 dans le quotidien Libération (Lire ci-dessous).
Son nom est un jeu de mot entre l’appel du 18 juin et le mot « joint ».
Le texte commençait ainsi : « Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple « joint » de cannabis peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre ».
Le manifeste demandait « la dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantité de consommation courante ».
Le texte précise clairement qu'il n'appelle pas à la consommation mais à la fin d'une politique qui nie le sujet. Les signataires demandaient la mise en place d'une législation identique à celle des Pays-Bas qui tolèrent la vente et la consommation de cannabis depuis 1976. De nombreuses personnalités du monde du spectacle, des intellectuels ou des médecins ont signé ce texte.
Le Collectif d'information et de recherche cannabique (CIRC), une association créée en 1991, a repris l'idée en 1993 en organisant tous les 18 juin un rendez-vous à Paris et à Lyon pour revendiquer la légalisation du cannabis.

Aujourd’hui l’échec des politiques répressives et criminalisant les consommateurs de drogues conduit à poser la question avec plus de force.





       L' Appel du 18 joint

Texte publié dans Libération, le 18 juin 1976

«Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple "joint" de cannabis (sous ses différentes formes: marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre.
Des dizaines de documents officiels (notamment les rapports La Guardia aux Etats-Unis, Wootton en GrandeBretagne, le Dain au Canada) ont démontré que le cannabis n'engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites "dures", telles que l'héroïne, mais aussi au tabac ou à l'alcool, et n'a aucun effet nocif comparable ("Pas même une bronchite, sauf chez les grands fumeurs", a écrit aux Etats-Unis le directeur de l'Institut national contre l'abus des drogues). Le contenu de ces documents n'a jamais été porté à la connaissance du public français, on a préféré laisser la grande presse mener des campagnes d'intoxication fondées sur des mensonges ineptes.
Dans de nombreux pays déjà : Etats-Unis (Californie, Oregon, Alaska), Pays-Bas, Canada... la législation sur le cannabis a été considérablement adoucie. En France, on continue d'entretenir la confusion entre drogues dures et drogues douces, gros trafiquants, petits intermédiaires et simples usagers. Cela permet de maintenir et de renforcer une répression de plus en plus lourde: depuis 1969, la police peut perquisitionner chez n'importe qui, sans mandat, à toute heure du jour ou de la nuit, sous prétexte de drogue. Cela permet des arrestations massives de jeunes et des quadrillages policiers. Cela sert à justifier la détention de centaines de personnes, petits revendeurs ou fumeurs de cannabis, quand tout le monde sait que des gros bonnets de l'héroïne sont en liberté. Ces emprisonnements, bien sûr, sont sélectifs et frappent en priorité la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière et les immigrés, particulièrement dans les régions.
Or, des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis aujourd'hui en France, dans les journaux, les lycées, les facultés, les bureaux, les usines, les ministères, les casernes, les concerts, les congrès politiques, chez elles, dans la rue. Tout le monde le sait. C'est pour lever ce silence hypocrite que nous déclarons publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l'intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l'arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes. Nous demandons que soient prises les mesures suivantes:
-  Dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantités de consommation courante.
- Ouverture de centres d'information sur les substances psychotropes, en ordre alphabétique: alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, médicaments, tabac, etc.
Nous n'avons que faire de la légalisation de la marijuana, ni de sa commercialisation. Si des trusts à joints s'en emparent, c'est une question de société. Ce texte n'est pas un appel à la consommation. Il vise seulement à mettre fin à une situation absurde.»
Signataires :
Abrahams Jean-Jacques, Annabel, Areski, Dr Atlan H., Alessandrini Paul, Alessandrini Marjorie, Arietta Adolfo, Anquetil Gilles, Backman René, Bourgeade Pierre, Béranger François, Berger Claude, Bizot Jean-François, Baratier Jacques, Bastide Jean-Pierre, Bouteille Romain, Bardet Vincent, Bodevent Jean-Louis, Barouh Pierre, Bost Jacques-Laurent, Bok Philippe (médecin), Colombel Jeannette, Coste Patricia, Chesneaux Jean, Copi, Clémenti Pierre, Castagnet Paul, Copferman Emile, Carpentier Jean (médecin), Cahiers du cinéma, Calvet Louis-Jean, Cullaz Maurice, Deleuze Gilles, Duits Charles, Dollé Jean-Paul, Dupré Jean-Louis, Dubois Bernard, Davezies René, Devy Michel, Dachy Marc, Dautin Yvon, Delessert Philippe, Dosse Roger, Druillet Philippe, Dietlin Eric, Dubenton Anne, Erlinguer Serge (médecin), Fromanger Gérard, Font Patrick, Ferré René, de Fréminville Bernard (médecin), Fluence, Fourastié Philippe, Glucksmann André, Grasset Jean-Baptiste, Geismar Alain, Guattari Félix, Gotlib, Gébé, Gir Múbius, Haines Jim, Held Jean-Francis, Houdart Blandine, Huppert Isabelle, Isserman Dominique, Ithurriaque Jean (médecin), Jaubert Alain, Jacquot Benoît, Kalfon Jean-Pierre, Kouchner Bernard (médecin), Karsenty Serge, Kan Alain, Levy-Leblond Jean-Marc, Levy-Leblond Elisabeth (médecin), Le Forestier Maxime, Landau Maria (médecin), Letté Jean-Paul, Lyotard Jean-François, Lauten Elodie, Lacroix Hugo, Levaillant Yvon, Lagrange Valérie, Laperrousaz Jérôme, Lafont Bernadette, Leclerc Henri (avocat), Mandryka, Mallerin Daniel, Marc'O, Matricon, Mercadet Léon, Matzis Costas, Meunier Jean-Louis, Magny Colette, Muchnik Nicole, Morello Dominique, Maulineux Maud, Mercanton Isabelle, Morin Edgar, Manceaux Michèle, Mémmi Michael, Merleau-Ponty (avocate), Negroni François, Najman C., Nicoulaud Gilles, Oswald P.-J., Oswald Hélène, Ogier Bulle, Orla, Pinhas Richard, Pleyney Marcellin, Pradalié Philippe, Pasquet Sylvaine, Rauch Alain, Revault d'Allonnes, Reed Will, Renault Philippe, Rouzaud Jean, Ribbes Jean-Paul, Rochefort Christiane, Roche Denis, Raguenès Jean, Righini Marielle, Rosso Serge-Bruno, Richard Jean-Vincent, Sollers Philippe, Saint-James Daniel, Sarduy Severo, Sery Patrick, Samuel Laurent, Savary Jérôme, Simmonet Dominique, Szejer Myriam (médecin), Tavernier B., Timsit (avocat), Topor, Tobias, Thérame Victoria, Verlhomme Hugo, Vannoni Patrice, Varela José, Van Eersel Patrice, Vasca Jean, Verdier Joan Pau, Val Philippe, Yelnik Jean-Benoît, Zouzou, France Léa, Sami Ayari, Châtelet François. »

DES 18 JOINTS PARTOUT !

L'Appel du 18 joint ne date pas d'aujourd'hui. Il eut lieu pour la première fois en 1976 à Paris sous forme d'une manifestation symbolique, rassemblant uniquement des intellos et artistes gauchistes (enfin à l'époque) comme Isabelle Huppert, Bernard Koushner, Jérôme Savary, Edgar Morin, ainsi que les philosophes André Glucksman, Gilles Deleuze, et François Châtelet qui lut l'Appel. Heureuse initiative du journal Libération qui inspira plus tard quelques militants cannabistes acharnés tels l'écrivain J.P. Galland. Et en 1992, le CIRC, relançait l'idée du premier Appel mais pour en faire à la fois une fête annuelle du cannabis et une journée pour la dépénalisation, voire la légalisation...


En 2014, l’appel du "18 joints" à Lyon

Organisé par le C.I.R.C à Paris, Tours, Lyon, Marseille et Figeac... l’Appel du 18 joint se tiendra, le mercredi 18 juin comme dans de nombreuse villes... Contre la prohibition, le Circ interpelle Mme Taubira.



Renseignements :
Collectif d’Information et de Recherche Cannabique

Le CIRC (Collectif d’Information et de Recherche Cannabique) est une association loi 1901, créée en 1991. La dizaine de CIRC ayant vu le jour depuis fonctionne sous forme de réseau au sein d’une Fédération constituée en 95. Cette Fédération est membre d’Amnistie Internationale des Drogues, de Limitez la Casse, d’ASUD et de Droits Devant.Le CIRC s’est fixé pour objet la collecte et la diffusion, dans un but préventif, de toute information relative au cannabis, qu’elle soit d’ordre sociologique, scientifique, culturelle, historique, biologique, juridique ou économique.

Fédération des CIRC
Association Loi 1901
BP 3043 - 69605 Villeurbanne Cedex
Tél. : (0) 611 531 007 - Fax : (0) 611 531 012


mercredi 18 juin 2014 à 18h

   De 18h à 22h, prises de parole et animations musicales avec les cannactivistes de RBH Sound.


   Comme chaque année depuis deux décennies, les différents groupes régionaux du CIRC (Collectif d'information & de recherche cannabique) invitent cannabinophiles et sympathisant(e)s à se rassembler à l'occasion de l'Appel du 18 Joint, manifestation festive et pacifique, mais aussi politique.
Cette année l'accent sera mis sur la fin annoncée de la prohibition depuis que les principaux États prohibitionnistes nord-américains ont décidé d'abandonner cette politique criminogène et liberticide.
Si en France nous en sommes encore loin, c'est parce qu'un article L.3421-4 punit toujours la « présentation sous un jour favorable des stupéfiants » nuisant au débat national sur la question du statut de la filière récréative et thérapeutique du chanvre (Cannabis sativa L.), un débat que le CIRC appelle de tout ses vœux depuis sa création en 1991.
Rendez-vous de Marseille à Paris, de Bordeaux à Tours en passant par Figeac et… Tahiti pour dénoncer l'aveuglement des autorités et demander que s'ouvre enfin, avec des professionnel(le)s de la santé, de la justice et les associations d'usager(e)s, un débat devenu indispensable tant les effets pervers d'une prohibition bête et méchante sont légion.
Source : Démosphère, agenda alternatif de la région parisienne 



Liens : 

Appel du 18 Joint à Paris en France (1998)


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