dimanche 1 juin 2014

La Libye oubliée ?



Trois ans après la mort de Mouammar Kadhafi, la libye est en proie à une situation chaotique qui semble inextricable. Les coups d'États se succèdent, les milices armées font régner la terreur, se combattent entre elles au dépend de la population civile. L'influence des islamistes se fait sentir dans tout l'est du pays où les petites filles sont obligées de porter le voile et ou les écoles mixtes sont fermées tandis que les centres coraniques se multiplient. Parmi les forces en présence, on trouve l’Armée National Libyenne (ANL) commandée par Khalifa Haftar qui avait pris part à la révolte contre Mouammar Kadhafi. De source notoire, cet ancien général à la retraite, qui a longtemps vécu aux USA, est un agent "opératif" de la CIA.  L’ANL est principalement composé d’anciens militaires et d’officiers. Il s’agit en fait de la branche armée des mouvements rebelles qui ont lutté contre Kadhafi. Depuis le 27 mai, le département d'État américain a publié une note recommandant aux citoyens américains de quitter le pays. 
Le 14 avril dernier, un tribunal de Tripoli a ordonné que Saif al Islam Kadhafi soit jugé par liaison vidéo, de même que d'autres accusés dans cette affaire. Amnesty International estime que la comparution par vidéoconférence de Saif al Islam Kadhafi porte non seulement atteinte à son droit d'être présent à son propre procès mais restreint par ailleurs la possibilité pour le juge d'évaluer la manière dont il est traité en détention, et souligne l'incapacité du tribunal à exercer son autorité sur lui (il est maintenu en isolement et détenu par la brigade Abu Baker al Siddiq, dans la ville de Zintan, depuis novembre 2011 et ses droits n'ont pas été respectés). La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples a également demandé à la Libye de garantir qu'il puisse consulter un avocat de son choix et de se garder de lancer des procédures susceptibles de lui causer des préjudices irréparables. Les autorités libyennes doivent immédiatement livrer Saif al Islam Kadhafi à la Cour pénale internationale (CPI) afin qu'il soit jugé pour crimes contre l'humanité, a déclaré Amnesty International qui demande aux autorités libyennes de coopérer pleinement avec la CPI afin de garantir que les audiences soient retransmises au peuple libyen et que les victimes puissent exercer leur droit de participer à la procédure et de demander réparation.  Les autorités libyennes doivent prendre toutes les mesures en leur pouvoir afin de reconstruire un système de justice efficace qui respecte et protège le droit de tous les suspects à un procès équitable. 
Le peuple Libyen continue de payer le prix fort de l'intervention "humanitaire" de l'Otan qui a fait plus de 160 000 mort et contraint les deux tiers de la population à l'exil. Et maintenant, les pompes à pétroles peuvent couler à flots pour le plus grand bénéfice des compagnies privées occidentales. (Collecte d'informations par G. Hadey). 



Quelle solution pour la Libye ?


 Par


Si la tendance est à la solution politique pour tous les conflits que vivent plusieurs pays, rien ne permet d'y inclure la Libye. D'abord, parce qu'une solution politique passe nécessairement par le dialogue. Pour qu'il y ait dialogue, il faut des interlocuteurs. Or, ce n'est pas leur absence qui pose problème dans le cas de la Libye. C'est même l'inverse. Il y a trop d'interlocuteurs ou supposés comme tels. En tout point, le cas de la Libye est unique. Pas d'institutions. Pas d'Etat. Deux gouvernements. Une multitude de groupes armés disparates règnent sur des portions du territoire qu'ils se sont attribuées. Autant dire qu'il y a autant de Libye(s) que de milices. S'il fallait une image de la Libye aujourd'hui, ce serait celle du bateau, plein de voyageurs avec dans leurs bagages, un trésor. Un bateau à qui on a coupé les amarres et qui vogue au milieu de l'océan infesté de pirates, sans équipage ou plutôt avec beaucoup de «volontaires» à la barre pour un naufrage garanti. La situation en Libye ne cesse de s'aggraver depuis 2011. Après des bombardements intensifs de l'Otan qui ont duré sept mois et ne cessèrent qu'après l'assassinat de son leader Maâmar El Gueddafi, des institutions provisoires ont essayé de gérer le pays. Il y a eu le CNT (Conseil national de transition), ensuite le CGN (Congrès général national). Un Premier ministre qui, après avoir été enlevé puis relâché, est destitué avant de s'enfuir à l'étranger. Un chef de gouvernement en poste qui assiste, impuissant, à la désignation d'un autre chef de gouvernement qui se fait lui-même aussitôt canarder dans sa maison. On en est là. Ingérable, ingouvernable, la Libye tangue dangereusement avec ses fabuleuses réserves de pétrole qui attirent de plus en plus de pirates. Le dernier signe de l'aggravation de la situation vient des Etats-Unis qui ont demandé, jeudi dernier, à leurs ressortissants de quitter «immédiatement la Libye en raison de la situation imprévisible». Un navire militaire américain a été déployé par la même occasion près des côtes libyennes avec, à son bord, un millier de soldats. Jeudi dernier à Alger, et en marge de la conférence des pays non alignés s'est tenue une réunion des pays voisins de la libye. Une autre réunion qui devait les regrouper à Tunis, samedi dernier, a été «reportée à une date ultérieure» a annoncé le porte-parole de la diplomatie tunisienne, Mokhtar Chouachi. Annonce faite au moment même où le roi du Maroc effectuait une visite officielle en Tunisie. Que venait-il faire? Toujours pour mettre son grain de sel dans la région du Sahel dont son pays ne fait pas partie. Il avait essayé «d'entrer» par le Mali. Refoulé, il essaye la «porte» tunisienne. Il ne fait plus aucun doute que la Libye échappe à tout contrôle. Le sionisme international qui avait chargé Bernard-Henri Lévy de «reformater» les jeunes Libyens, semble avoir réussi dans sa sale besogne. Comme on peut le constater, les conditions pour une recherche de solution politique n'existent pas. Il ne faut pas perdre de vue non plus, que El Gueddafi n'a jamais fait de la Libye un Etat viable qui puisse fonctionner avec ses institutions. En 42 ans de règne, il a dirigé le pays de manière atypique. Lui-même n'était que le «leader» du pays. Le chaos qui règne dans ce pays menace toute la région. Les terroristes qui seront sous peu chassés de Syrie (avec l'élection présidentielle et la reprise en main de la situation par l'Etat syrien) se replieront sans aucun doute en Libye. Les pays frontaliers (Egypte, Soudan, Tchad, Niger, Tunisie, Algérie) ne peuvent pas et ne doivent pas ne pas réagir. L'Europe aussi est menacée. Elle se dit «inquiète» en oubliant avoir été la cause du problème. Ceci dit, aucun dialogue n'est envisageable au royaume des sourds. Et quand le dialogue n'est pas possible, que reste-t-il comme chemin pour atteindre la paix? ...

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