jeudi 22 mai 2014

Les faux amis de la Syrie




« On n’est en sécurité nulle part. Même pas dans les endroits où l’on se sent heureux. » (Un enfant de Damas)







Pour mémoire, rappelons que l’option haute de la guerre atlantiste au Moyen-Orient vise à asseoir définitivement la domination du Bloc sur la région et ses ressources ; l’option basse étant de créer un chaos permanent aux frontières des zones d’influences russes et chinoises, pour encombrer «l’ennemi véritable».
Rappelons aussi que c’est la fable du 11 Septembre  qui a permis le déclenchement de la guerre perpétuelle contre le terrorisme, elle-même devenue le faux-nez d’une simple guerre de conquête menée sur plusieurs fronts à la fois. On a fait définitivement éclater l’Irak ; on a occupé l’Afghanistan et accessoirement pris le contrôle du Pakistan ; puis on a fait imploser la Lybie.
Concernant l’axe de résistance Iran-Syrie-Hezbollah-Hamas qui est au cœur de notre sujet, la stratégie du Bloc a toujours été d’isoler l’Iran, sa cible la plus compliquée à «traiter» comme ils disent au Pentagone. Pour ce faire, Washington a commandité à Israël une première guerre ratée contre le Hezbollah libanais en 2006 et, face à l’échec de cette tentative, les stratèges atlantistes ont ensuite décidé de faire exploser la Syrie avec le faux-nez du «Printemps arabe» cette fois. Il s’agit désormais de tuer l’allié régional de Téhéran mais aussi, et peut-être même surtout, de couper les vivres au Hezbollah dont une partie de l’armement transite bien évidemment par la Syrie. 
Car il se trouve que le Hezbollah s’est révélé être une pièce maîtresse, et peut-être même la pièce de résistance, c’est le cas de dire, de l’axe de résistance régional. - 



La Syrie de la décennie 2010 remplit une fonction analogue à celle de l’Afghanistan de la décennie 1980. Une guerre dont l’objet a été de dériver le combat pour la libération de la Palestine et de le déporter à 5 000 km du champ de bataille. Dans la pure tradition de la guerre froide soviéto-américaine. Pour preuve, trois ans de combat en Syrie ont permis à Israël d’achever de phagocyter la totalité de la Palestine.
Un défouloir absolu du djihadisme erratique que les pétromonarchies préfèrent sacrifier sur le théâtre des opérations extérieures plutôt que le réprimer sur le sol national, avec son cortège de représailles. Un dérivatif au combat pour la libération de la Palestine, la «grande oubliée du printemps arabe». De ce fait, la Syrie est devenue le théâtre d’un combat du camp atlantiste contre l’axe de la contestation à l’hégémonie occidentale dans la zone Iran-Syrie-Hezbollah libanais. 
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N’en déplaise aux charlatans et aux mystificateurs, l’ASL a toujours été une structure fantôme. Une créature des services de renseignements français et turcs, c’est-à-dire les deux pays qui ont procédé à l’équarrissage de la Syrie. Une structure complémentaire à l’opposition off-shore syrienne, dont la nature hybride et la fonction supplétive ont considérablement obéré la crédibilité de la contestation anti-Assad et dévoyé le combat pour l’avènement d’une véritable démocratie en Syrie. Il en est de même du CNS, sous perfusion permanente depuis sa création. Le «Groupe des Amis de la Syrie» réunissait à son lancement 110 pays de tous les continents. Trois ans après, il est réduit à sa portion congrue : 11 pays de l’Otan et des pétromonarchies ainsi que la Turquie, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est en phase crépusculaire.
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La France pratique dans sa très grande majorité un journalisme de révérence et de connivence. Avec, pour la Syrie, une innovation : l’apparition d’intellectuels d’un genre nouveau, les islamophilistes, dont la mission n’était pas d’éclairer l’opinion française de leur expertise, mais de faire office de drone tueur de toute pensée dissidente. A ce titre, ils portent une accablante responsabilité dans le désastre stratégique français – diplomatique et militaire – sur la bataille de Syrie, sans doute la dernière expédition postcoloniale de la France, grande perdante de la mondialisation, grande perdante de l’européanisation du continent, grande perdante en Syrie.

Mr René Naba (Ecrivain et journaliste spécialiste du monde arabe, René Naba (1) a été correspondant tournant au bureau régional de l’AFP à Beyrouth (1969-1979) et conseiller du directeur général de la radio arabophone RMC Moyen-Orient. Dans son analyse de l’évolution du conflit syrien, il livre un regard sans concession sur l’action de la diplomatie française.)




Tout de la conférence d’Istanbul (avril 2012) laisse prévoir une recrudescence de la violence durant les jours qui viennent. Durant sa conférence de presse, Ghalioune exige « un engagement international pour reconstruire la Syrie après la chute du régime ». Ce qui laisse supposer qu’elle devrait être détruite avant !
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Des responsables ayant participé à la conférence se chargent de donner les détails ostentatoirement : « des millions de dollars seront payés par mois au CNS pour qu’il paie leurs salaires aux soldats qui feront défection de l’armée syrienne pour adhérer à l’armée syrienne libre ». Les billets verts promis devraient allécher les militaires syriens pour les encourager à faire défection de l’institution militaire qui jusqu’à présent a fait preuve de cohésion en soutenant le régime syrien. Et de préciser : « trois ou quatre pays paieront leurs salaires aux membres de l’ASL ». Le nom de ces donateurs n’est pas précisé, mais nul n‘aura du mal à deviner que l’Arabie saoudite et le Qatar figurent en tête.

Al-Manar , le 2 avril 2012


Les gouvernements et la presse des faux « amis de la Syrie » sont certainement satisfaits des déclarations de Mme Navi Pillay devant le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni à huis clos, le 8 avril 2014. Quoi de plus stimulant pour continuer à sereinement lobotomiser le plus grand nombre en accusant le Gouvernement syrien et l’Armée nationale syrienne de tuer le peuple syrien ?


Ce terrorisme est la cause essentielle des souffrances du peuple syrien qui le voit détruire systématiquement ses infrastructures, voler ses ressources, cibler volontairement les convois humanitaires, attaquer le personnel venu à son secours jusqu’à tuer bon nombre d’entre eux. Et ceci, sans oublier les attaques de groupes terroristes dans nombre de régions, interdisant l’arrivée de ces secours, prenant des otages, et usant de la population comme boucliers humains pour interdire à l’Armée nationale et aux Forces de sécurité d’intervenir.
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Il est sans doute temps pour le Conseil de sécurité de faire son devoir en traitant, sérieusement et fermement, les racines de la crise humanitaire syrienne représentées par les exactions de groupes terroristes contre des civils syriens, avec le soutien de gouvernements, d’individus et d’entités, désormais connus de tous ! Un soutien auquel participent, ouvertement, les forces d’occupation israélienne, en toute connaissance de la direction des opérations de maintien de la paix sur la ligne de cessez-le feu dans le Golan occupé [La FNUOD, NdT].
Les opérations de transfert d’aides humanitaires à travers les frontières ne peuvent se faire d’une manière qui transgresse la souveraineté nationale syrienne, laquelle est garantie par la Charte des Nations Unies. À cet égard, nous mettons en garde contre le non respect de ce qui est stipulé dans le texte de la résolution 46/188 quant aux dispositions particulières concernant l’assistance humanitaire.
Laisser croire qu’autoriser des pays voisins – impliqués dans l’aggravation de la crise, le soutien, l’entraînement, et le financement de Daech, d’Al-Qaïda, de Jabhat al-Nosra, et de la Jabhat « islamiste » – à mettre en place des « opérations humanitaires » par delà les frontières, peut solutionner le problème et y mettre fin pour des milliers de Syriens, est une tromperie risible destinée à endormir les enfants. Ceci, parce que ces frontières limitrophes de pays voisins, dont nous parlons, importe le terrorisme qui massacre le peuple syrien, en Syrie

Extrait du communiqué final du délégué syrien permanent auprès des Nations Unies, le Docteur Bachar al-Jaafari au Conseil de sécurité de l'ONU, le 22 février 2014




A propos des prochaines éléctions présidentielles en Syrie :

Le groupe dit « amis de la Syrie », qui comprend onze pays, s’est réuni en toute urgence à Londres pour mettre en garde le régime syrien contre toute tentative d’organiser des élections présidentielles en soulignant que les résultats de ces élections n’auraient « aucune légitimité. »
La déclaration «  des Amis du peuple syrien » était l'apogée de l'hypocrisie et de la démagogie.
Ce groupe  est, tout comme la Ligue arabe,  un groupe menteur qui agit  et complote contre les intérêts du peuple syrien.  11 pays réunis dans le groupe des   Amis de la Syrie  ont, dans leur récente réunion, mis en garde contre la tenue à la date prévue  de l'élection présidentielle en Syrie, tout en prétendant que les résultats de cette élection seront  dépourvus de légitimité.
Ce groupe qui réunit des pays tels que les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, la Jordanie, la Turquie et l'Egypte, a dit dans son communiqué que «l'élection organisée par et pour Bachar al-Assad serait une parodie de démocratie et  signerait le rejet par le régime de la base des pourparlers de Genève, et approfondirait la partition de la Syrie ».

Quiconque lit ce communiqué s’imagine que les auteurs vivent dans une autre planète et s'expriment dans une langue qui n'est plus compréhensible, pour ne pas dire qu'elle a disparu. Ils pensent que les peuples arabes manquent de raison et d'intelligence, qu’ils sont ignorants, illettrés et vivent toujours à l'âge de la pierre.
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Le fiasco  des opposants syriens à  présenter une alternative pour l'avenir et l'échec de tous les calculs des Etats-Unis et de leurs alliés arabes de renverser le gouvernement syrien, durant ces trois dernières années, ont amené de nombreux syriens à cette conclusion : ils devront regagner leurs villes et villages au lieu de rester dans les camps de réfugiés où leur dignité et leur honneur sont bafoués du fait de l'action des prétendus amis du peuple syrien.

Le groupe des amis du peuple syrien est, à l’instar de la Ligue arabe un gros mensonge.
 Dès le premier jour de la crise, il n’a fait que comploter contre le peuple syrien. Il lui a volé sa révolution, l'a dévié de son cours initial et démocratique et l'a utilisé pour réaliser ses visées en détruisant un pays arabe hostile à Israël et à ses projets expansionnistes dans la région.





Syrie : les aveux à retardement de Moaz al-Khatib

 Une partie des problèmes de la Syrie vient des «Amis de la Syrie», pour reprendre les termes exacts de l’ex-chef de la Coalition des opposants syriens, Ahmad Moaz al-Khatib, qui l’a, finalement, avoué, lors d’une rencontre, accompagné de quelques autres opposants connus, avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmi, souhaitant, cette fois-ci, la préparation d’une initiative commune avec le gouvernement syrien, pour résoudre la crise.

Revenons un peu en arrière, pour se rappeler ce qu’est le groupe des «Amis de la Syrie» ?! Il a pris forme, début 2012, suite à l’échec des opposants à l’Ordre syrien  de résoudre la crise, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité. Avant la formation de ce groupe, les opposants avaient essayé de faire ratifier, par ce Conseil, une résolution contraignante, comme celle adoptée, en 2011, contre la Libye, afin d’aplanir, ainsi, le terrain à l’intervention officielle des puissances occidentales, dans la crise syrienne. Leurs vœux n’ont  pas été, toutefois, exaucés, en raison des vetos répétitifs des résolutions du Conseil de sécurité par la Chine et la Russie. Ainsi, l’idée de la formation d’un groupe des «Amis de la Syrie» a été avancée, pour la première fois, par l’ex-Président français, Nicolas Sarkozy. Le groupe des "Amis de la Syrie", dont la première réunion a eu lieu, le 24 février 2012, en Tunisie, regroupe les pays et les instances internationales anti-Assad. Ils se sont réunis, jusqu’à présent, à de nombreuses reprises, dans divers endroits, pour débattre de la crise syrienne. La dernière réunion en date est celle de la semaine dernière, à Londres. Force est de constater, néanmoins, que les réunions de ce groupe des soi-disant "Amis de la Syrie" n’ont pu réaliser aucun des objectifs des opposants intérieurs ou extérieurs à l’Ordre syrien. Par contre, leur bilan et action ont intensifié et fait se prolonger la crise syrienne. La raison ? Il faut la chercher dans la structure de l’organisation. Des personnes, de diverses tendances et visions incompatibles, de divers pays, motivée, chacune, par leurs propres intérêts et approches particulières, se sont réunies, dans le cadre d’un groupe, sans avoir la moindre cohésion de vision et d’action. C’est justement ce grand problème qui divise les "Amis de la Syrie" et empêche leur succès, face à la résistance du peuple et de l’Ordre syrien, d’autant plus qu’Ahmad Moaz al-Khatib a qualifié ce groupe de menteur, rusé et hypocrite, responsable de la situation actuelle de la crise syrienne. «Autrement dit, les "Amis de la Syrie" qui devaient, soi-disant, sauver le peuple syrien, se sont transformés en partie prenante importante des problèmes de ce peuple», a estimé Moaz al-Khatib, qui a fini par avancer une solution amère, qui consiste à trouver des points communs avec l’Ordre syrien. Elle est amère, selon lui, car l’Ordre syrien et les acteurs régionaux, comme la RII, ont, plus d’une fois, évoqué, durant ces 40 derniers mois, le dialogue du gouvernement avec l’opposition et la solution syro-syrienne, ce qui n’a été jamais pris en compte, ni par Moaz al-Khatib, ni par les amis de son camp. IRIB.


"Le peuple syrien dans sa majorité soutient son gouvernement car il est garant de la stabilité du pays et de sa diversité


Dans des marches et rassemblements imposants, les Syriens confirment leur participation à la présidentielle ... en dépit du déni de nos gouvernants.


Sélection d'articles : André Chenet et Gaël Hadey





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