dimanche 4 mai 2014

"La battalia"de Heinrich Ignaz Franz Von Biber (3 versions)


Gravure de Paulus Seel (1681)

BIBER HEINRICH IGNAZ FRANZ VON BIBER (1644-1704). Compositeur autrichien né à Wartemberg en Bohême. Heinrich Biber est sans doute l'élève de Schmelzer à Vienne, puis entre comme violoniste au service du prince-évêque d'Olmütz. Engagé par le prince-évêque de Salzbourg en 1673, il devient son vice-maître de chapelle en 1679 et, en 1684, son maître de chapelle, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort. L'empereur l'anoblit en 1690, ce qui confirme la très haute réputation dont il jouit parmi ses contemporains. Un siècle plus tard, Burney en parlera encore comme du principal représentant de l'école de violon en Allemagne à l'époque baroque. Et de fait, nul ne l'égala en ce domaine, ni son maître Schmelzer ni son continuateur Georg Pisendel. Doué lui-même d'une très grande virtuosité, il se fit remarquer par son emploi, tout nouveau à l'époque, de la scordatura* et des doubles cordes. Ses huit Sonates de 1681 parurent deux ans avant l'opus 1 de Corelli, dont il se distingue par moins de rigueur formelle mais par plus de liberté et par une fantaisie proche parfois de l'improvisation. Ses quinze Sonates du rosaire (Sonaten zur Verherrlichung von 15 Mysterien aus dem Leben Mariae, vers 1674) sont un des monuments de la littérature violonistique du temps. On lui doit aussi de la musique religieuse, dont des Vêpres et des Litanies avec accompagnement instrumental (1693), la Missa Sancti Henrici, dont Mozart devait reprendre le thème du Kyrie dans le choral de La Flûte enchantée, un Stabat Mater a cappella qui devait encore retentir à Salzbourg en 1727, et un remarquable Requiem. De ses opéras, seul a survécu, en manuscrit, Chi la dura la vince (1687). Par ses côtés populaires, dont témoigne la fameuse Sérénade du veilleur (Serenade a 5 mit dem Nachtwächterruf, 1673), il annonce la musique autrichienne du milieu du siècle, et par là le classicisme viennois. Il représente sans conteste, avec Georg Muffat, l'apogée du baroque à Salzbourg, et reste un des deux ou trois plus grands compositeurs ayant vécu et travaillé dans cette ville.





Heinrich Ignaz Franz BIBER 
Sonata LA BATTALIA

 

  

"La BATAILLE se veut 'représentation' de la guerre par les moyens de la musique. Dans cet esprit imitatif, Biber suggère avec les seules cordes les péripéties du combat, les fanfares des trompettes ou le roulement des tambours, précisant même 'qu'il y a des traits où, au lieu de jouer des violons, il faut les frapper avec l'archet, ce qui doit être bien répété'.

Suite de tableaux quasi visuels et d'images parlantes, l'oeuvre puise aussi au folklore (ainsi la 'compagnie dissolue des huit mousquetaires ivres' qui emprunte ses thèmes -bien sûr dissonants- à des chants populaires slovaques,bergamasques, bohémiens...). Et s'enfièvre significativement pour la scène de bataille proprement dite, qui crépite de coups de feu et d'effets réalistes avant de s'achever sur le 'lamento des mousquetaires blessés '.
Reste que sous ce décor franchement parodique, Biber qui joue également ici les pionniers en matière d'instruments 'préparés' a écrit un petit chef-d'oeuvre d'humour et de musique, où les accidents harmoniques ajoutent une note curieusement 'moderne' pour l'auditeur d'aujourd'hui"



1ère interprétation

par l'Ensemble Baroque de Limoges 
Direction/conductor : Jean-Michel Hasler






2ème interprétation

par The Dissolute Compagnie, dirigée par Zsolt Kalló






3ème interprétation
Sonata la battalia for 3 violins, 4 violas, 2 violone, and continuo in D major
par Il Jardino Harmonico






*"La poésie naît d’un jeu au violon à deux, trois ou quatre cordes simultanément, avec une virtuosité nouvelle à cette époque, mais de plus l’exploitation systématique du procédé de la scordatura ou « désaccord » qui consiste à modifier l’accord habituel de l’instrument, pour l’une des cordes ou la totalité d’entre elles (plusieurs violons sont nécessaires pour un même concert), facilite le jeu polyphonique en fonction des effets harmoniques recherchés. C’est une tradition qui vient du luth, et de la viole de gambe, qui vient du passé, alliée à la modernité des accords sur plusieurs cordes. Le procédé, qui produit plutôt au final un accroissement de la difficulté technique, est aussi un moyen d’amplifier le volume sonore, dont le luth et la viole sont familiers. La scordatura n’est pas seulement utilisée pour une sonorité plus profonde, plus totale de l’instrument, mais aussi selon l’écriture de la sonate, les spécificités des motifs, qui seront d’autant mieux servis ou davantage liés aux gestes dans cet accord là." Denis Grenier


Biber - Mysterien Sonaten


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