mercredi 7 mai 2014

Dans l'alambic du néant



"Puisque le commerce ignore les frontières nationales, et que le fabricant insiste pour avoir le monde comme marché, le drapeau de son pays doit le suivre, et les portes des nations qui lui sont fermées doivent être enfoncées. Les concessions obtenues par les financiers doivent être protégées par les ministres de l’Etat, même si la souveraineté des nations réticentes est violée dans le processus. Les colonies doivent être obtenues ou plantées afin que pas un coin du monde n’en réchappe ou reste inutilisé"
Woodrow Wilson
, Président des Etats-Unis de 1913 à 1921





Toile de Saolta Bàn.
Dans l'alambic du néant

Aller toujours vers ce qu'ils connaissent déjà est le vice apparemment le moins conscient et le plus répandu de la plupart des êtres humains adultes et ce, dans tous les domaines de leur existence. Du fonctionnement des États et de leurs institutions jusque dans la moindre cellule familiale des campagnes les plus reculées, la sacro-sainte habitude fige l'imagination. .../...

Étrangement, ce comportement usuel du plus grand nombre vis à vis des infinités possibilités qu'offre la vie, c'est à dire sa magie, n'est pas sans faire penser au mode répétitif propre aux mécanismes caractérisant les perversions sexuelles.La société marchande engendre inévitablement des cycles (cercles vicieux) axés prioritairement sur la compétition (des prix et des records à battre, de l'audience médiatique - scoop, buzz -, des défis permanents - économique, professionnel, scolaire, sportif -  des idées et des actions toujours plus performantes ...). et finit conséquemment par ne plus permettre d'autres choix que celui de promouvoir l'originalité, la nouveauté jusqu'à un degré obsessionnel tel que les consommateurs, complètement désorientés par les flots subliminaux de publicité déversés pour maintenir la cadence frénétique, se comportent en automates convaincus de disposer, notamment grâce aux illusions du progrès technique travestissant leur aliénation, une liberté dont leurs aïeux n'avaient, pensent-ils, jamais connu d'équivalent. Progrès et liberté ! Quelle arnaque !

La surenchère et la vulgarisation tiennent lieu de philosophie affairiste à nos pseudo démocraties téléportées vers les abîmes d'une absurde mondialisation qui n'est, à tout prendre, que l'apologie réitérée à la puissance mille du "chacun pour soi".  Les marchands et leurs actionnaires sans scrupules de l'Internationale capitaliste n'ont rien trouvé de mieux pour nous vendre leurs productions mortifères que de substituer aux anciennes saveurs "authentiques" du terroir les valeurs illusoires du marketing, après avoir réduit au maximum les perceptions instinctives du bétail humain. Il aura fallu, pour ce faire,  déglutir les traditions vivantes des peuples avant que de les abstraire dans les immondices de Histoire universelle - occidentale - des manuels officiels selon des lignes de fuite prophétisant à coup sûr la débâcle à venir.  À ce degré d'abjection, le conditionnement des masses, digne des expérimentations élaborées par les scientifiques nazis, permet toutes les manipulations à grande échelle et - le virtuel aidant - les pouvoirs oligarchiques qui sont en voie de prendre le contrôle total de la planète Terre, n'ont plus guère besoin des vieilles recettes républicaines pour arriver à leurs fins. Faire  prendre les vessies des concepts qu'ils imposent (et s'imposent malgré eux) pour les lanternes lointaines d'une réalité en voie de disparition, telle est la tragédie qui se joue aujourd'hui.

D'ores et déjà, la guerre est ouvertement déclarée contre ceux qui n'ont pas oublié les fondements interdépendants de la liberté et tentent encore coûte que coûte de résister aux mécanismes méphistophéliques commandés par des dictateurs débiles couronnés de crimes, piètres conquérants et esclavagistes en d'autres temps !




André Chenet

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