mercredi 14 mai 2014

Bienvenue in "the brave new world"



Depuis quelques mois, sur internet, de nombreux blogs d'information très percutants ferment ou disparaissent. Le dernier en date est celui d'Anne Wolff qui écrivait des éditoriaux trop humains et traduisait des articles prohibés en Europe provenant de pays d'Amérique du Sud en lutte contre la tyrannie étatsunienne génératrice de dictatures dont nous, naïfs engrais de la modernité, n'avons que très peu de conscience. Anne Wolff a vécu dans cet hémisphère sud qui ne connait de notre occident que la loi martiale du FMI et autres institutions mondiales dévoyées. Voici quelques extraits de son dernier éditorial du 14 mai 2014. Je la vois comme une femme du peuple, très simple, qui avait appris à réfléchir par elle-même. Elle voyait de loin les choses arriver :




Fondée sur la commune, qui inclut tous habitants sédentaires ou nomades, voisins Terriens Bienveillants sans discrimination.
S’excluent les xénophobes, exploiteurs, accapareurs.







"Les états d’Anne vous disent au revoir. L’horizon est sombre. Partout dans le monde des milices d’extrême-droite et leurs équivalents islamistes sont entraînés aux techniques de la mort violente et de la torture perfectionnée, dans un but précis.
L’Europe s’apprête à sombrer, fascisme à l’Ouest, fascisme à l’Est. Incapable de recomposer les forces d’un vrai front antifasciste, elle fait le choix du moins mauvais maître... un maître tout de même."

"Le Venezuela résiste, avec la peur au ventre sachant que les listes des chavistes à lyncher sont dressées et circulent et se précisent et que les armées de l’ombre campent à la frontière prêtes à déferler sur le pays. Des bases militaires et des troupes conjointement entraînées régleraient alors leur compte à tous les porteurs de projets souverainistes de la région.
Oui, c’est une grande déferlante du fascisme universel qui s’apprête à massacrer tous ceux qui sont encore porteur d’une alternative, souveraineté populaire, souveraineté alimentaire, prédominance du monde rural sur le monde urbain, de l’agriculture sur l’industrie ou tout simplement sans aller aussi loin, antifascistes sincères, épargnés par la haine."
"Les classes moyennes sont une pure invention fasciste. L’évolution n’aime pas la moyenne, elle trouve ses sources dans l’excentrique, l’originalité, les rêveurs fous dont l’imagination fertile à l’inattendu perpétuellement renouvelé que constitue la vie. Les classes moyennes c’est le mythe du « Rêve Américain » couvant le cauchemar étasunien."

"Le monde des états nations s’apprête à rendre l’âme. Il y a peu de chance qu’Obama survive à son mandat, il en sait trop, il est déjà mort, le sale travail est fait. Bientôt la dictature des corporations installera sa gouvernance mondiale, la grande machine cybernétique, dont les instances dictatoriales sont déjà effectives. Le grand nettoyage liquidera d’un même mouvement meurtrier, les dissidents et ceux qui ne sont pas adaptés aux fonctions du système. Le peuple aura des boucs émissaires pour libérer les pulsions de sa vindicte."

"Je ne me fais pas d’illusions, les trois géants, USA, Russie et Chine ne mènent pas le combat pour le bien de leurs peuples respectifs mais dans une conquête de territoires pour leurs corporations respectives qui déjà les dirigent. Une fois éliminé dans l’embrasement mondial la population « superflue » ils se partageront le butin et fixeront leurs limites de leurs propriétés, le prix étant le sacrifice des peuples sur l’autel du Profit."

"C’est cela la mort de l’Europe, c’est de s’être construite à droite comme à gauche sur les cendres des peuples dont le massacre et le pillage a garanti le droit de ses classes moyennes a consommer sans se poser de questions, se faisant laver le cerveau par le cheval de Troie de la télévision."

"Je m’étais fait deux promesses, il y a des décennies : d’être toujours du côté de ces enfants à laquelle la société n’a pas donné leur chance, et ne pas consommer plus que ce qui m’était nécessaire tant que l’équité, celle qui permettrait à chacun sur cette planète de disposer des moyens de la dignité ne serait pas chose réalisée."

"C’est dans ce monde au bord de l’embrasement que je m’en vais chercher une petite place, où poser mes pénates, loin d’internet outil précieux d’information mais illusion en termes de résistance."








Notre monde

par Anne Wolff


Le tableau est de plus en plus net. Quelques grandes corporations dirigent toujours d’avantage, le monde, notre monde, dans tous ses aspects. A travers un long travail de sape et de subversion, elles ont, petit à petit, acquis les principaux medias, par les règles internationales du commerce qu’elles ont imposées, elles ont éliminé les barrières juridiques et protectionnistes qui freinait leur expansion, le Libre Commerce se traduit par liberté absolue pour les Corporations sur Le Marché (toujours plus) Unique qu’elles dominent entièrement. Grâce aux mécanismes de l’endettement, elles ont acquis un pouvoir d’usure en particulier sur des états, qui privés de la liberté d’usage de leur budget sont sommés de démanteler les politiques sociales et de remettre les biens communs entre les mains des entreprises privées. Elles ont infiltrés les organisations internationales et le gouvernement de l’UE qui est devenu vecteur de leur politique imposant des lois qui supplantent les droits nationaux et s’appliquent au détriment des populations. Elles appellent compétitivité, ce qui a leur échelle transnationale, où elles se sont partagé le Marché et sont parvenues à éliminer – où sont sur le point d’y parvenir – toute concurrence significative, est en fait une quête sans fin de rentabilité accrue qui s’obtient principalement par une baisse du coût du travail qui implique la réduction drastique de tous les droits des travailleurs tombés sous leur coupe et se traduit par des restructurations – économie d’échelle, informatisation, robotisation – qui réduisent tout aussi drastiquement le nombre de travailleurs humains nécessaires à la production. Pour imposer leurs programmes, elles ont instrumentalisé les forces de l’ordre des nations, contractent des armées privées et ont créé leur propres services de renseignements.

 La notion d’état dans l’état est désormais dépassée par cette tentative d’instaurer une gouvernance supra-nationale qui réduit le rôle des gouvernements à celui d’administrateurs de leurs intérêt. La notion d’accumulation de capital est dépassée, elle ne suffit pas à décrire ce phénomène sans précédent de concentrations de moyens financiers et de propriétés des richesses naturelles dont la mise en place impose un contrôle étendu des opinions publiques et la subversion, le démantèlement, la répression, l’élimination des dissidences qui se manifestent de toutes parts.

Tout cela est documenté, de plus en plus abondamment, il ne s’agit pas de théories fumeuses de quelques complotistes émoustillés par la fascination qu’exercent sur eux les théories les plus exotiques. Il s’agit d’un constat, qui se fonde dans des enquêtes fouillées qui mettent en lumière chacun des éléments de cet accaparement, de cette prise de contrôle, constat renforcé par une série de déclarations et autre documents du domaine public dont sont auteurs les Accapareurs et ceux qui servent leurs projets. C’est également un constat dont les manifestations se traduisent très concrètement au quotidien, à toutes échelles géographiques dans les modifications du monde que nous habitons de moins de moins librement dans des conditions de vie qui ne cessent d’empirer, pour tous, dans différentes mesures. La baisse de qualité du milieu ambiant nous affecte  tous, même s’il reste aux plus riches quelques échappatoires...

Bienvenue dans le monde des Grands Marchands, Bienvenue dans le Monde des Propriétaires de Planète.

Chacun peut à son échelle, contribuer à freiner ce projet, ensemble nous pouvons y mettre un terme. Le faire ou non est un choix que chacun peut faire – ou non.
 
Anne W.





[...] une lutte pour que nulle position ne puisse définir comme légitime la mise sous silence d’autres, qui sont censés ne pas compter
Isabelle Stengers 


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