dimanche 13 avril 2014

Quand le fascisme se fait passer pour la démocratie

"La crise ukrainienne doit se résoudre par la voie politique et diplomatique, en accord avec la Constitution du pays. Le langage de la force, de la contrainte ou de la menace n’aura aucun effet sur la Russie." Vladimir Poutine

« le fascisme doit être arrêté avant qu’il ne soit trop tard » José Guillén Araque, de la Garde Nationale du Venezuela, assassiné le 14 mars 2014 par des fascistes vénézuélien ayant l'appui des États-Unis 
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"Le type de fascisme qui sévit au Venezuela est hautement dépendant de l’impérialisme étasunien et de ses alliés, les caudillos militaires colombiens et il agit sous leurs ordres. Le racisme des fascistes vénézuéliens est manifeste dans les attaques directes contre les classes ouvrière et paysanne qui sont multiraciales et afro-indigènes – comme l’avait déjà démontré les expressions au vitriol raciste contre le défunt président Hugo Chávez" James Pétras





Faire front au Fascisme qui vient !


Par Anne Wolff


Caricature de Fan Jianping du China Daily-04-2014

Les événements confirment ce qui était annoncé, il y a une dizaine de jour, le soulèvement de plusieurs régions d’Ukraine contre le gouvernement issu d'un coup d'état avec la participation de troupes d'obédience néo nazies à la direction du pays, mais aussi contre une révolution programmée qui avait toutes les apparences d’une guerre de quatrième génération dans laquelle une presse-arme de guerre met en scène un scénario pré-écrit à l'avance, braquant les projecteurs là où on le lui dicte tout en produisant des discours dictés par les auteurs du scénario, en prenant bien soin de ne pas mettre trop en en évidence les réels courants de protestation légitimes – figurants les mouvements de masses, mais détournés de leur sens - qui sont destinés à être sacrifiés par la suite - ce que Zibechi appelle « surfer sur la vague[i] ». C’est ce courant volontairement laissé dans l’ombre, anti-gouvernemental et non pro Européen pour autant, qui aujourd’hui se révèle en Ukraine. Et face au refus des forces de l’ordre légitimes, devant l'évidence du coup d’état en cours,  de les réprimer, tout un peuple subit la répression conjointe de milices nazies et de mercenaires - armées privées engagées dans ce but.
 
Si nombreux sont les Ukrainiens qui avaient des raisons de vouloir la chute du gouvernement, l’immense majorité n’était pas européiste pour autant, loin s'en faut et encore moins nombreux étaient ceux qui désiraient voir l’extrême-droite nazie accéder au pouvoir. Dès lors face à la prise de pouvoir totalitaire de nouveaux gouvernants désignés par les EU-UE, des soulèvements étaient à prévoir. Les organisateurs de ce coup d'état, se doutant que les forces de l’ordre régionales refuseraient de  réprimer les manifestants, a engagé des mercenaires de sociétés privées pour mener la répression dans les régions indépendantistes et/ou antifascistes et a intégré, une fois son pouvoir assuré, des bandes de délinquants nazis à la Garde Nationale.
Alors que simultanément nous voyons Kiev et sa région devenir une sorte de Mecque des néo-nazis européens et autres fanatiques, le Ministres nazi de la Défense et de l’Eduction a mis à la disposition de cet Ordre Nouveau des Camps de Vacances transformés en des Centres d’Entraînement ou de jeunes recrues néo-nazis d’Europe sont cordialement invitées à venir s’entraîner aux pratiques paramilitaires.[ii]

D’autre part, nous voyons, avec un léger décalage dans le temps, tandis que le Gouvernement d’Ukraine vient tout juste de tomber,  se jouer une autre guerre asymétrique, depuis longtemps latente, sur un autre continent.  Au Venezuela, entamant l’opération appelée « La Salida », la sortie, visant non seulement la chute du gouvernement élu mais surtout l’éradication du chavisme à travers de grandes opérations de « purge » planifiées et même pas voilée, un autre coup d'état a été engagé, à la vitesse grand V, et en ce moment même nous pouvons assister aux prémisses d'une stratégie qui ne s'embarasse nullement  de la violence fasciste.[iii]

Seulement voilà, la différence entre l’Ukraine et le Venezuela, c’est que faute de "vague" sur laquelle "surfer", dans le pauys de la révolution bolivarienne, il fut clair, d’emblée, qu’il s’agissait  non pas de manifestations spontanées, mais bien d’une guerre de basse intensité dirigée depuis l’étranger et ayant ses dirigeants locaux infiltrés parmi les mouvements d'opposition, mus par l'impulsion des fascistes et nazis de l’intérieur.  Le peuple, y compris la majorité majorité de l’opposition populaire, a très bien réalisé qu’il n'y avait absolument rien à gagner à un changement de gouvernement qui mettrait des fascistes au pouvoir. 80% de la population approuve la gestion de la Crise par le Gouvernement qui a consisté à intensifier des opérations placées sous le signe de la Paix et de la Concorde en appelant  l’opposition constitutionnelle à établir un dialogue de conciliation nationale. Nous pouvons ajouter que seulement 10% de la population approuve l’insurrection paramilitaire de l’opposition manipulée par des groupuscules fascistes dans lesquels nous retrouvons des composantes similaires à celles qu’on retrouve Ukraine, une part d’étudiants ou d'ex étudiants dont la direction appartient à des organisations fascistes et néo-nazies et qui ont été formés dans les hauts lieux de formation des jeunes leaders où sont enseignés l'art des coups d’état « doux » comme à Harvard,  avec d'autres centres en  Serbie, à Miami et/ou en Colombie où sont formés depuis des décennies des paramilitaires, des Forces d’Opérations Spéciales étrangères, où sont utilisés des bandes criminelles de narco-traffiquants, des terroristes sous mandat de recherche internationale ainsi que des délinquants recrutés sur place et payés pour foutre autant de bordel que possible…

Dans le cas de l’Ukraine, et encore bien plus clairement dans celui du Venezuela, ont été mises en évidence les sources financières qui ont permis, sur une durée de plusieurs années, de préparer cette guerre insidieuse et secrète, laquelle trouve son origine à Washington à travers diverses fondations étatiques ou para étatiques financés par des fonds provenant de corporations qui sont actuellement les vraies détentrices du pouvoir aux USA (et un peu partout dans le monde)) et qui, depuis ces dernières semaines sont en train de prendre les commandes, par lobbying interposé,  des pouvoirs politiques européens – Pour résumer : les structures marchandes du capitalisme sauvage ont à présent la main mise sur les budgets des états et le droit international corrompu, se substituant à la libre organisation des peuples -  alors que se profile à l’horizon des élections européennes dont nous savons tous qu’elles finiront d'introduire avec la force de persuasion des médias de propagande, une politique incontournable d'extrême-droite masquée des oripeaux de la démocratie. 

Malheureusement nous avons tellement peu en Europe d’enquêteurs et d'analystes intègres ayant le courage de mettre en évidence les causes et effets de cette mainmise  sur l’Europe, puisque sévit une Inquisition qui hurle au Conspirationisme dès qu’un journaliste, un économiste ou un historien met en évidence les rouages d’une manipulation qui se mettent en place depuis plusieurs décennies. C’est toujours une sorte de choc culturel quand je passe du monde latino américain - où de tels thèmes sont pertinemment analysés, en permanence - à cette stérilité francophone où l’on se tait de peur de se voir stigmatisé, ostracisé et affublé d’un uniforme rouge-brun. Nous en sommes arrivés à ce point qu'une telle catégorisation laisse à l’extrême-droite le monopole d’une critique pertinente de multiples aspects de nos sociétés, qui, bien que beaucoup d'entre nous ne doutent plus qu’elle ne soit qu’une façade racoleuse et trompeuse, pousse tout un peuple démuni pourtant conscient de la faillite d'une pseudo gauche embourgeoisée, dans les filets d'un fascisme à peine masqué. Tout porte à croire que toute alternative de gauche plausible a été systématiquement éradiquée.

 Je trouve bien plus de lucidité parmi les petites gens qui s'épuisent à l'ouvrage que parmi l'élite intellectuelle dite de gauche, et j’ai vu aussi comment un certain puritanisme électoraliste d'une certaine gauche putain, faute de répondre aux questions légitimes que se pose le peuple a littéralement jeté ce peuple si inquiet dans les bras d’une extrême-droite électorale décomplexée qui lui donne non seulement les réponses attendues, mais malheureusement l’entraîne pernicieusement dans une dérive n'excluant pas le coup de force logique qui fonde la manipulation intrinsèque de son discours élaboré à partir d’une critique de l’acculturation yankee et qui conclut en rejetant le blâme  sur le multiculturalisme, c'est à dire en faisant des « étrangers pauvres » et autres exclus inutiles les cibles d’une vindicte au départ dirigée contre le grand capital qui devrait être reconnu depuis longtemps comme l’ennemi commun des peuples.




Organisation des étudiants nazis du Venezuela
dont les membres comptent parmi les principaux
dirigeants de l'ex révolution colorée,
ex tentative de coup d'état et guerre asymétrique actuelle.


Démonter ce saut d'une logique contradictoire est un des point-clé à mettre en évidence pour qui voudrait sincèrement démonter le discours pervers de l’extrême-droite… comment part-on d’un rejet de l’Europe pour finir par mettre dehors les étrangers, les inactifs laissés-pour-comptes… dans une Europe Unie sous prétexte de fédéralisme aux lendemains qui chantent.
« Whyte supremacist », quand il n’est pas tout simplement question de laisser crever les "autres", de les y inciter … Les jeunes nazis contemporains semi-délinquants sont en ce moment formés dans ce but, Lissage disent-ils à Kiev… Purge  annoncent-ils au Venezuela, et, en Suède, Pologne ou Espagne,… les nazis multiplient les descentes armées dans les centres sociaux et les agressions physiques de militants sous l’œil bienveillant d’une partie de la police, comme celle de Stockholm qui, lors des émeutes des banlieues de l’année passée, a reconnu avoir trouvé de « bons auxiliaires » dans les milices de Vigilants.

 Les attaques se multiplient et mériteraient d'être plus observées de manière à en percevoir clairement, non seulement l’ampleur réelle, mais également les formes et vitesses de croissance, gardant bien en tête que ces actions ponctuelles sont actuellement limitées volontairement, alors que les milices d’extrême-droite se professionnalisent en vue d’une crise à venir dans toute l'Europe[iv]
 
Grâce aux analystes et à toute une population de latinoaméricains qui n’ont aucune envie de se faire massacrer par des paramilitaires dépeceurs, encore moins de se faire confisquer la construction d’une souveraineté populaire qui s’élabore laborieusement à l’échelle d'un continent ( l’Amérique Latine ) dans son ensemble à travers de nombreuses plateformes régionales - comme l’ALBA des peuples, la Via Campesina, le Parlement Indigène, les groupements de communicateurs de médias populaires ou d’artistes, de communeros, de lutte continentale contre l’extractivisme et beaucoup, beaucoup d'autres Mouvements d'émancipation qui regroupent de différentes manières, à différentes échelles, et selon des projets communs de large envergure ou ciblés à travers une multiplicité de mouvements sociaux. À leur côté, j’ai appris énormément de choses tant sur les théories des guerres de quatrième génération que sur leur mise en pratique actuelle, passée et à venir, aussi bien en Amérique Latine qu’en UE,  ainsi que sur les liens entre fascisme et pouvoir global à l’échelle planétaire, y compris concernant ce moment de l’histoire dangereux auquel nous allons devoir faire face en Europe… J’ai appris aussi comment des dizaines de millions de gens étaient capables de différer des conflits secondaires qui les opposent pour créer un vaste Front Antifasciste à l’échelle d’un Continent… Les antifascistes d’Europe feraient bien d’en prendre de la graine.

Une première chose à faire remarquer, c’est la spontanéité par laquelle s’est constituée la plus grande plateforme jamais vue, même dans cette Amérique Latine, qui est si riche en dépit des apparences, cette Amérique du "bien vivir" fervente de sa révolution bolivarienne du Venezuela et de son bon gouvernement, de son immense Front Antifasciste qui réunit tant de  collectivités intermédiaires. Et ce malgré les divisions qui s'affrontent au sein de ce corps économique complexe que se disputent les industrialistes-extractivistes et les partisans de la Souveraineté Alimentaire, les Organisations Paysannes et Ouvrières du Venezuela lesquels estiment que le Gouvernement n’apporte pas toujours une réponse satisfaisante à leurs légitimes exigences ou n’accomplit pas comme il le devrait le Plan de la Patrie développé par Hugo Chávez, base sur laquelle Maduro a été élu. Que ce soit au Venezuela, en Colombie ou au Pérou, entre autres, le mot d’ordre est clair, d’abord nous faisons front ensemble et ensuite nous réglerons nos différents.

J’ai essayé de relayer cela à la mesure de mes moyens, mais s’il y a bien une chose dont je n’ai pas rendu compte de manière satisfaisante, sujet trop vaste, multiple, divers, mais aux directions convergentes en l’occurrence,  c’est bien de ce grand mouvement d’organisation populaire qui s’est emparé du Venezuela, (et de la région) réveillant un peuple qui avait tendence à trop endormir peut-être sur les lauriers de ses acquis révolutionnaires. Laa menace de guerre civile a amené des millions de personnes  à apporter leur contribution citoyenne à la mise en échec du coup d’état, que ce soit en s’organisant spontanément pour protéger des lieux ciblés, dégager des voies de circulations bloquées par les Guarimbas, menant des enquêtes personnelles pour exposer la situation dans différents quartiers, construisant les structures des niveaux d’organisations de résistance plus élevés, et des apports théoriques grâce à des études approfondies, pour comprendre les méthodes de « coup d’état doux » et de guerre asymétrique, des remontées aux sources de financements ou des mises en évidence des différentes étapes de préparation, celle des leaders ou les entraînements à la guérilla urbaine (Miami, Colombie, Serbie) de la chair à canon de Washington… un travail auquel ont participé les grands observateurs de la région, de Boron à Petras, en passant par Zibechi, Eva Golinger, Calloni, Alvarado Godoy et JC Allard - qui nous ont donné de précieux renseignements sur le parcours universitaire d'un Leopoldo Lopez qui a reçu de ses maîtres US un enseignement approfondi pour la préparation de projets concrets pour devenir un chef à la façon de ceux d’OTPOR qui sont à présent professeurs de déstabilisation de gouvernements à l’Université d’Harvard, ou qui nous ont mis au courant de la réunion tenue par une  Machado en 2011 à Miami[v] qui constate que le chavisme n’étant pas renversable par les urnes, et que par conséquent il faudra alors se résoudre à employer d’autres méthodes. Tous ces penseurs ont participés à l'élaboration d'un programme de libération,  chacun d'entre eux apporte sa contribution à l’élaboration d’une riposte victorieuse, à la construction accélérée d’un Front du Pouvoir Populaire parti de la base qui se construit pour se préparer à résister à un prochain massacre annoncé, mais aussi se met en action pour renforcer ce Pouvoir Populaire - seule réponse susceptible de dérouter le fascisme et sa sale guerre envers lequel beaucoup pensent que le Gouvernement de Maduro laisse trop de champ libre. Mais n’est-ce pas justement le propre d’un vrai Pouvoir Populaire que de se donner soi-même les moyens de devenir gouvernement du peuple par le peuple ?

Un fait remarquable aussi, celui qui ne se voit pas, c’est la discipline dont a fait preuve le peuple bolivarien, malgré les attentats, les menaces et les insultes, les meutres perpétrés par une opposition acharnée à lui faire payer le prix fort, et même si souvent cela lui coûte et que l’envie lui vient aussi de défouler sa rage sur les assassins, le peuple ravale sa douleur et sa colère en préparant une réponse concertée et collective.

Bien sûr comme beaucoup, je tremble aujourd’hui parce que si les différentes étapes d’une déstabilisation - jusqu’ici - ont été désamorcée une à une, non sans entraîner à chaque reprise une escalade de la violence téléguidée par Washington - dont nous avons eu un aperçu par exemple en Syrie. Chaque victoire de l’armée du gouvernement bolivarien a pour conséquence la mise en œuvre de forces invasives accrues dotée d’armement toujours plus puissant – en sachant que le but clairement énoncé de l’opposition fasciste est de provoquer une intervention militaire de Washington sur fond de guerre civile…

Ainsi qu’il nous est possible de le traduire à partir de l’élucidation des aboutissants "occultes" de la théorie de Gene Sharp, une guerre des pauvres contre les pauvres fait partie d'une stratégie élaborée par ceux qui programment et/ou récupèrent les « révolutions dites de couleur » dans le but bien évident de permettre au Corporations transnationales de s’attribuer (voler) de nouvelles ressources et de s’accaparer  de nouveaux marchés dans des pays dévastés, dont les populations s’entre-tuent dans une guerre civile  de longue durée conduisant à la domination et à l’arbitraire de nouveaux dictateurs faisant allégeance au pouvoir de Washington.

Il faut comprendre une chose, les Corporations se fichent bien de savoir si ce pouvoir sera nazi ou islamiste, ce qui compte c’est qu’il serve leurs intérêts immédiats. Et nous voyons aujourd’hui également des gouvernements socialistes (sociaux-libéraux) d’Europe servir ces intérêts avec beaucoup beaucoup de bonne volonté, ce qui nous montre simplement que les manipulations de jeunes leaders ne se limitent pas à ceux de la droite déclarée, mais que ceux d’une pseudo-gauches ont été, parfois à leur insu, également recrutés selon des méthodes dont Zibechi nous donne un aperçu. Des Fondations (humanitaires-prodroitsdelhommiste) organisent sous fausses bannières des formations pour mouvements sociaux de gauche, tout en renseignant les Corporations sur chacun des faits et gestes des membres de ces mouvements, grâce à la création de « mémoires vives », entre autres techniques d’infiltration, noyautage, manipulation et fichage…

J’ai fait ce détour par l’Amérique Latine, tout d’abord pour comprendre comment, dans une certaine mesure, une riposte est possible mais qu’elle nécessite surtout la solidarité active de vastes couches de la société et l'appui de plusieurs gouvernements de toute la région. Ce qui n'a pas été le cas de l'Ukraine. Ill semble aujourd'hui de plus en plus évident que l’Empire des Corporations s’est lancé dans un assaut final sur le mode « Hégémonie Absolue ou Rien ». Au Venezuela le mot d’ordre ne laisse aucun doute, il s’agit d’une guerre au finish, et, d’autre part nous sentons bien que, à travers l'Ukraine c'est la Russie qui est directement ciblée afin de la faire chuter une bonne fois pour toute.

Nous pouvons discerner à travers ces attaques menées simultanément contre les principaux obstacles à l’unipolarité du Monde-Marché Unique que sont  Russie, Venezuela, Chine, mais aussi Brésil, Argentine - après l'annexion progressive d'une Europe subordonnée à ce Marché de dupes, après que les peuples et leurs biens y aient été livrés pieds et poings liés et restent sans réaction significative - après le pillage accru de l’Afrique à la faveur de guerres fabriquées - l'Algérie et l'Iran sont depuis quelque temps dans le collimateur des troupes de l'Empire qui les surveillent de très près… Bref un ensemble de signes montrent que les Corporations menacées par la prise de conscience et l’organisation grandissantes de peuples Souverainistes ou la montée de pôles commerciaux concurrents comme les BRICS, sont décidées à jouer leur va-tout avant de ne plus pouvoir faire face, ni par leur suprématie militaire, ni par les ramification de leur économie défaillante, ni par la propagande médiatique dont le paravent officiel se fissure toujours d’avantage, sinon en Europe, du moins dans le reste du monde.

Nous voyons aussi que les politiques actuelles de Poutine et Maduro obtiennent non seulement le soutien des 80% de leurs populations respectives, mais encore que, malgré la diabolisation forcenée dont il est objet, Poutine gagne en popularité dans le monde d’autant plus que la disparition de Chávez en fait le leader international unique incontesté de l’anti-hégémonisme US. Même Marion Le Pen se sent obligée de lui envoyer son petit bouquet de flatterie….  Soit… une chose est de considérer les alliés dans une lutte anti hégémonique, (certainement pas la Le Pen) autre chose est de considérer ceux qui s'associent à des fins de reconstruction du monde. Il est très clair aujourd’hui que les alliés nazis de Washington sont les ennemis de Poutine et que la Russie n’est pas envie de mettre la mainmise sur l’Europe et ne pourrait certainement pas s’y risquer avant quelques décennies, ayant d’autres impératifs à prendre en considération pour un moment.

Il semblerait aussi assez logique que face à l’ennemi commun, Caracas, Moscou et Pékin - dont les représentants ont récemment eu des entretiens en direct, loin des oreilles de Washington - se sont accordés sur des stratégies communes pour mettre l’ennemi en déroute sur la base d’un principe amplement partagé : tant que Washington ne sera pas KO définitivement, le monde ne connaîtra pas la Paix…

 Ensuite, la Chine a besoin des ressources de la planète pour nourrir sa population. Cet immense pays est dévasté par une pollution monstrueuse qui l’oblige pour commencer à importer toujours d’avantage de nourriture pour ses populations humaines et son cheptel. Sa conquête du Marché lui coûte des sommes astronomiques, et pourrait en faire un prédateur dont il faudrait se méfier à l'avenir. Mais chaque chose en son temps.

Avec l'Ukraine et le Vénézuéla, nous sommes face à deux laboratoires expérimentaux du fascisme montant. Celui d’Ukraine nous concerne tout particulièrement, parce que les milices fascistes européennes qui ont à présent à disposition dans ce pays instructeurs et camps d’entraînement sont aussi originaires de nos pays. Selon divers analystes latino américains, ce qui se produit en ce moment en Europe est une conquête du pouvoir par une extrême-droite aguerrie au service des Corporations, qui utilise une façade plus ou moins politiquement correcte pour s’introduire dans les rouages du pouvoir politique et institutionnel, alors que, en plus d’une infiltration croissante des forces de polices et des armées d’Europe, se préparent des milices entraînées - des armées idéologiques de mercenaires - destinées à agir dans une étape ultérieure, dans les rangs desquelles sont recrutés -  sous différentes bannières - des jeunes délinquants, comme c’est le cas en Ukraine et au Venezuela, les uns – plus performants ? - étant intégrés aux milices, les autres destinés à servir d’hommes de main et de chair à canon pour des prises de pouvoir à venir. Les urnes n’étant bien entendu  que des instruments parmi d’autres dans la marche vers une mainmise totale du fascisme corporatiste sur le pouvoir de l’Union Européenne.

Je crois, hélas, comme le font remarquer différents analystes sud-américains, que la vieille Europe - ou Europe décadente comme ils l’appellent - n’a plus les ressorts pour résister. Non seulement les matrices d’opinion formées par les outils médiatiques de la Guerre de Quatrième Génération y ont formaté les consciences de telle manière qu’un courant toujours croissant de la population est prêt à accepter le fascisme comme un sauveur, mais aussi à se joindre à ceux qui contribueront à éliminer toute résistance par une participation active à sa mise hors combat ou par les mécanismes de la délation dont la mise en place progresse.

Néanmoins, je relaye le message venu du Sud, face à cette offensive globale : seule la résistance des peuples organisés sera en mesure de vaincre le fascisme qui est la nature intrinsèque du corporatisme capitaliste. Une organisation en mouvement que des peuples expérimentent et développent aujourd’hui dans toute l’Amérique Latine, y compris dans les pays les plus répressifs où les meurtres de résistants sont quotidiens, comme en Colombie, au Honduras, au Mexique, au Pérou… où chaque mouvement local fait partie de plusieurs structures régionales solidaires. 

Seules une alliance planétaire des Peuples en quête de Souveraineté permettrait de renverser le fascisme du néo capitalisme impérial, et l’organisation qui est déjà bien ébauchée en Amérique Latine et qui s’internationalise grâce à des mouvements planétaires, comme la Via Campesina entre autres, peuvent mettre le fascisme – et les Corporations du Profit – en échec. Mais il faudra aussi éviter que de nouvelles hégémonies se mettent en place. En Europe cela implique la redéfinition totale d’un projet du monde, une refonte des valeurs par laquelle les principes de concurrence, de pouvoir d’achat et d'emploi seront remplacés par ceux de complémentarité, l'accès à des produits sains et/ou durables et de qualité à juste prix et la possibilité d’exercer de vrais métiers utiles au bien-être de tous et de chacun sans que soit détournés les fruits de ce travail par des Profiteurs-Affameurs-Assassins. Cela implique de prendre conscience de ce fascisme qui se trouve non seulement à nos portes mais s'est déjà insinué dans nos vies quotidiennes pour ouvrir la voie à un totalitarisme d'envergure planétaire,  ce dernier étant l'ennemi désigné à abattre une fois pour toute.

 
Anne W.



Notes :


[i] Surfer sur la vague. 

Un art fort similaire fut celui dont firent preuve les groupes conservateurs du Brésil durant les manifestations de juin. Alors que les premières marches ne reçurent quasiment aucune couverture médiatique, sauf pour mettre en évidence le « vandalisme » des manifestants, à partir du 13, quand des centaines de mille descendirent dans la rue, une inflexion se produit.
 Les manifestations obtinrent les grands titres mais il se produit ce que la sociologue brésilienne Silvia Viana définit comme « une reconstruction de la narration” vers d’autres fins. Le thème du prix des transports fut relégué au second plan, les drapeaux du Brésil furent mis en avant ainsi que le slogan « A bas la corruption » qui ne figurait pas dans les rassemblements du départ (le Monde Diplomatique, 21 juin 2013). Les médias de masse firent aussitôt disparaître les mouvements qui avaient appelé à manifester et mirent en leur lieu et place les réseaux sociaux, allant jusqu’à criminaliser les secteurs les plus militants pour leur supposée violence, pendant que la violence policière restait au second plan.
De cette façon, la droite, qui au Brésil n’a pas de capacité de mobilisation, a tenté de s’approprier la mobilisation qui avait des objectifs (la dénonciation de la spéculation immobilière et des mega chantiers du mondial) qu’elle était loin de partager. « Il est clair qu’il n’y a pas de lutte politique sans conflit pour des symboles » assure Viana,Dans ce conflit symbolique, la droite, qui à présent emballe ses coups d’états de prétextes comme la « défense de la démocratie » apprend plus rapidement que ses adversaires.


[v] Sous le titre Maria Corina, de Miami à Caracas, au service de Washington, JC Allard nous explique :
-      Pendant la conférence de paix du 19 février Machado menait une Marche pour la Paix des femmes pendant laquelle elle n’a cessé de faire furieusement l’apologie de la violence.
-      Ce qui n’a rien d’étonnant si on sait que Maria est la membre d’opposition entretenant les liens les plus forts avec le département d’état US, la mieux financée aussi. Elle est aussi une grande admiratrice de GW Bush qui a l’époque l’a reçue personnellement.
-      Mais ce n’est pas tout, en 2011 elle a participé à Miami à une conférence qui avait pour thème « 600 jours pour éradiquer l’autoritarisme chaviste du Venezuela ». Persuadée qu’il était devenu impossible de renverser Chavez par les élections, elle s’y est clairement prononcée pour « l’action de rue pour chasser Chavez du pouvoir ». Elle le considérait comme imbattable, même si elle trouvait différents prétextes liés à son populisme et son autoritarisme pour expliquer la chose.
-      De sources qui assistèrent à cette conférence disent qu’il s’agissait clairement de la proposition de ce qui se passe aujourd’hui. C’est aussi à ce moment qu’elle a renforcé ses liens avec le département d’état, et d’autres forces parmi les plus réactionnaires des E.U.




 Source : Les états d'Anne


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