lundi 17 mars 2014

Ukraine et Crimée, partie d'échec





La soif d’indépendance de la Crimée, encouragée par Moscou, traduit son envie de s’émanciper de la tutelle kiévienne sous domination américaine et aiguillée par un ultranationalisme fondé, en partie, sur une idéologie néo-fasciste, raciste et excluante. Elle relève, aussi, d’une volonté russe d’affirmer son droit de regard dans sa proche périphérie, dans la continuité du soviétisme. D’autant plus que le précédent kosovar, encouragé et légalisé par l’axe euro-atlantique rend légitime, de facto, la démarche politique du peuple de Crimée et en cela, le soutien de Moscou. L’enjeu sous-jacent étant, via le référendum, le rattachement de la Crimée à la Russie.
L’Etranger « très proche » est une ligne rouge à ne pas franchir, pour une révolution manipulée par le surpuissant bloc otanien hérité de la Guerre froide et en constante expansion, donc à visée géopolitique évidente. Par son ingérence illégale et dangereuse sur le plan politique, l’Europe a poussé la « révolution » kiévienne à franchir cette ligne et, en cela, elle est directement responsable du retour de la question de Crimée.
Maïdan, au joli vernis révolutionnaire de couleur orange, n’est qu’une pièce stratégique sur l’Echiquier eurasien.
La révolution d’Ukraine, et après ?


93% de la population de Crimée vote pour rejoindre la fédération de Russie

 Environ 1,515 million d'électeurs étaient attendus aujourd’hui dans les bureaux de vote en Crimée lors du référendum sur le statut de cette république autonome ukrainienne. Ils ont été invités à répondre à deux questions : « Souhaitez-vous le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie en qualité de sujet fédéral ? » et « Etes-vous pour le rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et du statut de la Crimée au sein de l'Ukraine ? ». Selon les temoignages des observateurs étrangers qui sont venus pour voir la situation en Crimée de leurs propres yeux le référendum s'est déroule sans aucune pression dans « une ambiance transparente et pacifique ». « Il n’y a aucune infraction déterminée » a confirmé un observateur belge en Crimée. ( Lire sur : http://french.ruvr.ru/ )

Les résultats du référendum ont confirmé la volonté d’une majorité de la population de la Crimée de rejoindre la Russie. Ils ont aussi confirmé l’incapacité des dirigeants, qu’ils soient français ou de l’UE et des Etats-Unis, de saisir la nature de ce vote. On rappelle donc dans le texte qui suit quelques points d’importance.
On notera dans le cas de la France que les dirigeants qui aujourd’hui contestent le référendum en Ukraine sont ceux qui n’ont pas voulu reconnaître le résultat du référendum de 2005 et l’ont remplacé par un traité (le Traité de Lisbonne) qui ne fut pas présenté au peuple. Ces mêmes dirigeants on accepté le referendum séparant Mayotte des Comores et rattachant cette île à la France. Ces deux faits soulignent que la légitimité de la position de ces dirigeants sur la question du référendum de Crimée pourrait être facilement mise en doute.

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Il convient maintenant de regarder l’avenir. Il ne fait guère de doute que la Russie reconnaîtra le référendum, même si – en théorie – elle peut toujours refuser l’adhésion de la Crimée. Le problème qui va être posé dans les semaines qui viennent est celui des provinces de l’Est de l’Ukraine ou des incidents mortels se multiplient. Toute tentative d’imposer une solution par la force risque de conduire à la guerre civile. Il est donc urgent que toutes les parties prenantes à cette crise, et ceci vaut pour les pays européens comme pour la Russie, exercent une pression conjointe sur les autorités de Kiev pour qu’elles constituent un gouvernement de concorde nationale réunissant tous les partis, pour qu’elles désarment les groupes extrémistes et qu’elles mettent sur pied les élections à une assemblée constituante. La signature de tout accord international par ce gouvernement ne saurait engager que lui-même. L’Union Européenne irait contre le droit si elle signait avec lui un quelconque traité.







déclencher une guerre froide pour mieux annexer l’Europe

Les États-Unis ont systématiquement violé la souveraineté nationale de l’Ukraine pour faire tomber de manière inconstitutionnelle un gouvernement élu et installer un régime d’extrême-droite qui compte des néo-nazis dont les hommes de main ont servi de troupes de choc lors du putsch du 22 février dernier.
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Les actions téméraires de l’impérialisme en Ukraine et en Europe de l’Est risquent de déclencher un conflit entre les puissances occidentales et la Russie qui dispose de l‘arme nucléaire. Les conséquences en seraient incalculables.
La sécession de la Crimée et l’intervention russe en Ukraine, ne représentent nullement une solution à cette crise. Le régime de Poutine, représentant des oligarques corrompus, s’appuie sur la promotion du chauvinisme russe et sur des manœuvres militaires tout en cherchant à parvenir à un accord avec ses adversaires plus puissants que lui. Il est incapable de lancer un appel à la classe ouvrière que ce soit en Russie ou en Ukraine.


"Quoi que puisse dire Washington est la vérité. Quoi que puisse faire Washington est légal, en accord avec à la foi la loi interne du pays et la loi internationale. Quand Washington envahit des pays et les détruit, envoie des drones et des missiles, pulvérisent des gens dans des mariages, des funérailles et des enfants jouant au foot, Washington ne fait que pratiquer les droits de l’Homme et amène la démocratie au monde et à ses peuples. Dès qu’un pays essaie de se défendre, de défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale, le pays s’engage alors dans le terrorisme, a des connexions avec Al-Qaïda, viole les droits de l’Homme et supprime la démocratie."  Paul Craig Roberts



Et encore n’avions-nous rien vu de ce que Washington et Bruxelles étaient capables dans ce domaine. La crise ukrainienne n’a probablement pas été déclenchée pour autre chose que pour, in fine, nous obliger à acheter le gaz de schiste américain (13), à signer le TTIP (hors duquel le précédent ne peut être vendu en Europe (14)) et à justifier une réaugmentation des budgets militaires américano-otanesques (15) grâce à la réactivation d’une guerre froide entre occident et émergents (à ce détail près que c’est l’Occident qui sera cette fois du mauvais côté du rideau de fer).

Lorsqu’en novembre 2013, la Russie demandait à l’UE une négociation tripartite sur les accords de libre-échange de l’Ukraine avec ses deux voisins dans le but de trouver les terrains d’entente agréables à toutes les parties directement concernées (1), il en allait de la stabilité, de l’intégrité et de l’indépendance d’une Ukraine et qu’elle puisse demeurer le lien qu’elle est par nature entre l’Europe et la Russie. 

Mais ni Mme Ashton, ni M. O’Sullivan (2), en charge du Service d’Action Extérieure de la Commission européenne, pas plus que M. Fule qui du haut de la DG Élargissement passe son temps à essayer d’intégrer tout ce qui bouge à l’Est de l’Europe (3), ne voulaient cela. À l’inverse, ils ont obligé l’Ukraine à « choisir son camp » (4), créant ainsi les conditions à la suite inéluctable d’événements que l’on sait : l’Ukraine a en effet choisi… et le pays, en toute logique, est entré dans un dramatique et sanglant processus de division dont nous ne sommes qu’au début. Mme Ashton et M. O’Sullivan ont littéralement tendu un piège à l’Ukraine… et à l’Europe. 

Cinq mois plus tard, les dégâts obtenus sont immenses : plus de 100 morts (5), l’Ukraine se retrouve avec un gouvernement non élu porté au pouvoir par des factions d’extrême-droite (6), les relations Euro-Russes sont brisées, l’Ukraine et la Russie sont au bord d’une guerre qui n’est pas loin d’être une guerre entre l’Europe et la Russie (7), les militaires russes ont repris le contrôle de leur arsenal criméen, la flotte américaine croise dans les eaux de la mer Noire (8), l’armée américaine se réinstalle en Europe (en Pologne, Lituanie, Roumanie (9)), les médias excités par le sang sont une pure machine de propagande décidés à pousser politiques et citoyens à la guerre, le Traité de libre-échange UE-Ukraine est sur le point d’être signé à l’encontre de l’intérêt russe par Washington et un gouvernement ukrainien non élu (10) (si la même méthode est employée pour le TTIP, Washington et Mme Ashton l’auront signé en avril au plus tard), les Occidentaux s’apprêtent à nier la légitimité du référendum sur la Crimée ce qui va aggraver la crise et continuera à poser des questions sur le combat démocratique des Occidentaux, … (11) 

D’un point de vue européen, quel considérable échec politico-diplomatique ! Œuvrer à reconstruire le rideau de fer en 2014 et à isoler l’Europe de toutes les dynamiques en cours dans ces fameux pays émergents auxquels la Russie nous relie, comme l’Ukraine nous reliait à la Russie (12).

Source : Leap



Révolutions et coups d'État

"Il est impossible de comprendre la politique en Europe sans avoir une connaissance précise des réseaux "Stay-Behind" Daniele Ganser (historienne


Beaucoup observent attentivement ce qu’il se passe en Ukraine. Qui rappelle la "révolution orange" en 2004. Mais, en 2004 le plan US pour faire basculer l’Ukraine dans son giron a raté. Ca rappelle aussi les révolutions arabes, tout aussi bidons, ou les nouvelles tentatives de coup d’Etat au Venezuela. Mais ça rappelle aussi l’ingérence US dans les affaires politiques françaises, allemandes, hollandaises, belges, italiennes, espagnoles, grecques, etc.


Révolutions bidons menées par les US (liste non exhaustive):

Afghanistan : financement d’Al Quaida après avoir financé ses adversaires.
Guatemala : coup d’Etat contre le président Arbenz en 1954. Là aussi, l’affaire a été reconnue tardivement par les US.
Nicaragua : financement des Contras d’extrême droite via l’argent de la drogue pour virer le président de gauche élu démocratiquement.
Chili : coup d‘Etat contre Allende, répression des opposants, installation de l’ultra libéralisme.
Venezuela : tentatives de coup d’Etat contre Chavez en 2002 et 2007, nouvelle tentative contre son successeur en 2014.
Brésil : coup d’Etat militaire en 1954, qui dure jusqu’en 1985.
Maghreb : Libye, Tunisie, Egypte (militants formés aux USA par la Freedom Foundation)
Cambodge : armement, entraînement et financement des Khmers Rouges de Pol Pot par la CIA puis les SAS britanniques dans les années 80.
Inde : financement de Ghandi.
Congo : coup d’Etat en 1960, assassinats d'opposants, attentats.

Une partie des coups tordus menés en Europe via Gladio :

Italie : attentats, financement de la DCI et de médias alignés, tentatives de coups d’Etat[30], répression de l’opposition, propagande européenne et ultra libérale, services secrets à la botte des US.
Belgique : tueries du Brabant, cooptation des pédophiles au pouvoir, infiltration des services secrets, assassinats ciblés[31], opérations terroristes pour faire accuser la gauche et instaurer la terreur, financement de groupes d’extrême droite comme Westalnd New Post[32].
Luxembourg : opérations clandestines de l’OTAN telles que des attentats (18 restent "inexpliqués" entre mai 1984 et mai 1986), stratégie de la tension. Licio Gelli a été abrité au Luxembourg dans les années 80, sans qu'on sache pourquoi...
Allemagne : mise en place des services secrets nationaux avec plein de nazis[33], attentats terroristes (comme à la fête de la bière à Munich en 1980[34]), stratégie de la tension[35], attaques contre les socialistes et les communistes, propagande européaniste et ultra libérale, financement de groupuscules d’extrême droite et d’ordres templiers (liés à la franc maçonnerie et satanistes). Signature d’un protocole secret "selon lequel les autorités ouest-allemandes s’abstiendraient de toutes poursuites judiciaires à l’encontre des partisans de l’extrême droite reconnus". Le réseau a été ensuite intégré au fonctionnement de l’OTAN quand l’Allemagne a rejoint ce machin en 1955.
Danemark : mise en place d’une armée stay-behind (Absalon) avec la CIA et l’OTAN, infiltration des renseignements par des fascistes, espionnage de la gauche, opérations sous faux drapeau contre la gauche.
Norvège : armée stay-behind en lien avec les services secrets, propagande anti communiste. Certaines taupes des services US ont poussé à l’intégration vers l’OTAN, ou ont favorisé l’armement nucléaire d’Israël[36]. Opérations clandestines contre la gauche et les mouvements contestataires. Anders Breivik, qui a massacré 70 ados sur l’île d’Utoya, s’est réclamé comme étant membre du Gladio.
Pays-Bas : armée stay-behind intégrée aux services secrets, réintégration d’anciens nazis, notamment dans la famille royale avec la nazi et co fondateur du Bilderberg le prince Bernhardt, un pédophile notoire, propagande anti communiste.
Espagne : dictature de Franco[37], accueil de nombreux nazis, utilisation des renseignements pour réprimer les opposants, assassinats ciblés dans les années 70. Ensuite, les USA ont misé sur le poulain de Franco, le roi Juan Carlos, pour mener l’intégration européenne.
Portugal : dictature de Salazar[38], opérations contre les communistes et les opposants espagnols via les services secrets, élections truquées, assassinats ciblés. Della Chiaie y a été très actif via Aginter Press, une agence qui entraînait les gladiateurs locaux (et qui disposait d’un siège en France). Ensuite, les leaders de la « révolution des œillets » en 1974, tels que José Manuel Barroso[39], ont été cooptés par la CIA.
Grèce : coup d’Etat des colonels en 1967 après une série d’attentats d’extrême droite imputés aux communistes (qui avaient organisé la Résistance pendant l’invasion nazie), répression de l’opposition[40], mise en place d’une armée secrète d’extrême droite.
Kosovo : guerres en Ex Yougoslavie et au Kosovo mettant en place un gouvernement corrompu. On retrouve d’ailleurs Frank Wisner Junior au Kosovo, où il était chargé d’assurer l’indépendance.

Source : donde vamos






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