vendredi 14 mars 2014

Johnny Winter, le nègre blanc du blues




Woodstock 1969. Un des sommet de ce festival incroyable avec Mr Johnny Winter, bluesman envoûtant et guitariste inégalable. Il reprit un morceau du mythique Robert Johnson intitulé "Over the moon". Accrochez vos ceintures, ouvrez grand vos oreilles et réjouissez-vous. Prêt pour le décollage ???




Extrait de "Johnny Winter, le survivant"
Par Thierry Charpentier

John Dawson Winter est né le 23 février 1944, à Beaumont, Texas. Albinos, tout comme son frère cadet Edgar, il n'a guère la cote avec les autres enfants. «C'était relativement dur à l'école élémentaire. Je n'avais pas beaucoup de potes», se contente-t-il de dire. Johnny Winter se venge sur sa guitare, qu'il triture avec obstination. Il a un don : il garde en mémoire les solos de tous les disques qui passent entre ses mains.
«J'ai commencé à jouer à 9-10 ans. C'est à partir de là que les gens ont commencé à me regarder différemment», explique-t-il. À l'époque, le blues, le gospel, la country, le rythm'n blues et la musique cajun résonnent dans tous les clubs des États du Sud. «C'était l'effervescence permanente. Il était possible de jouer partout», se remémore-t-il. Bientôt gloire locale, il monte même sur la scène d'un club pour taper le boeuf avec un certain B.B. King, qui n'en revient pas d'entendre le public noir scander le nom d'un blanc ! Nous sommes alors en 1962 et la ségrégation ne sera abolie qu'en 1964... 

L'égal des plus grands 

La consécration arrive en 1969, avec un contrat chez la maison de disques Columbia. «Je me suis dit: j'y suis arrivé !». C'est le tourbillon de la célébrité. Il est l'égal, en plus survolté, du Britannique Éric Clapton. Il est l'ami de Jimi Hendrix, de Janis Joplin, remplit les stades, échange des morceaux avec les Rolling Stones, se produit à Woodstock. «Mon manager m'avait dit que c'était une mauvaise idée, que ça ne marcherait jamais !», rigole-t-il.
Mais l'épisode qui reste au panthéon de ses souvenirs, c'est le coup de main qu'il donne, en 1977, à son idole, Muddy Waters, tombé dans l'oubli. Muddy Waters ? L'un des pères fondateurs du blues rural, venu du delta du Mississippi, qu'il a ensuite électrifié, au point que sa musique a résonné jusqu'en Angleterre, où de jeunes gens nommés Brian Jones, John Lennon, Keith Richards, Peter Green... étaient à l'affût. Johnny Winter produit son album et part en tournée avec lui. «Un très très grand moment!»... 

«Je suis toujours vivant» 

Il y en a eu bien d'autres, moins gais, en raison d'une sévère addiction à l'héroïne, qui l'amènera plusieurs fois au bord du gouffre. Il en porte les stigmates et doit désormais jouer assis. «Aujourd'hui, j'ai tout arrêté, définitivement. Et je suis toujours vivant !», continue-t-il. Entouré de musiciens dévots, c'est tout pour la musique. Les seuls écarts sont quelques cigarettes mentholées et... les tatouages, son péché mignon. Le dernier a été fait il y a quelques mois, au Japon. Une suite d'idéogrammes qui signifie «le pouvoir du son du blues». Ce fut compliqué car le symbole du blues n'existe pas au Pays du soleil levant. Là, il s'esclaffe vraiment. Quelle incongruité !


Lire l'article en entier paru en 2011 dans Le Télégramme



Be Careful With A Fool 1970



Mississipi Blues 



Enregistrements avec Muddy Waters
C'est un rêve d'enfance de Johnny : jouer avec Muddy Waters, un rêve qui se réalise en 1977 avec Hard Again, disque pour le label Blue Sky Records, label créé par le manager de Winter et distribué par Columbia. Sur l'album, Winter joue de la guitare en compagnie de l'harmoniciste James Cotton. Un album à écouter toutes affaires cessantes pour, notamment, la version à tomber le cul par terre de « « Mannish Boy ». Winters enregistrera deux autres galettes avec le bluesmen, I'm Ready et King Bee sans oublier le live Muddy « Mississippi » Waters – live.
Mannish Boy avec Muddy Waters


Suite et fin (pas encore)
Dans les années 80 Winter enregistre pour de nombreux labels et s'oriente plutôt vers le blues pur et dur. Il continue à se produire dans de nombreux festivals. Il a été nominé aux Grammy Awards pour I'm a Bluesman (2004) et a produit trois albums de Muddy Waters nominés aussi aux Grammy Awards.
Johnny est toujours là, prêt à dégainer sa guitare pour un blues furieux ou mélancolique, c'est selon. Il est encore prêt pour vous emmener dans un voyage au pays du blues et du rock, n'hésitez pas à vous embarquer avec lui !





Discographie officielle (Wikipédia)
Albums studio
Albums en public
En collaboration

Aucun commentaire: