mercredi 15 janvier 2014

Consensus pour une révolution avortée



Egypte : dénouement en cours… 

par Ahmad Halfaoui

    IRIB-Bientôt les jeux seront définitivement faits en Egypte.

Les Frères musulmans auront perdu l'inestimable occasion qu'ils avaient de s'inscrire en tant que force politique dans le pays. De concrétiser leur transmutation. Mais le pouvaient-ils ? Quand on sait que leur stratégie ne reposait sur rien d'autres que sur la conviction que la religion pouvait être la source des solutions aux problèmes économiques et sociaux. Ce faisant, lorsqu'ils furent confrontés à l'exercice du pouvoir, ils ne purent que s'inscrire dans le système économique en place et ont cru pouvoir, très vite, s'attaquer au mode de vie, en introduisant les préceptes religieux dans la gestion de la société. Pis, convaincus de leur légitimité, ils n'ont pas vu  le mécontentement, allié à la déception, des couches populaires, y compris celles qui les ont portés au faîte de l'édifice étatique. Ils n'ont pas pressenti ensuite la lame de fond qui allait les emporter. Et pour finir, ils n'ont pas mesuré le rapport de force qui prévalait et sont restés persuadés que le " peuple " dont ils se réclamaient, aller peser en leur faveur, allié aux Etats-Unis et à l'Europe, avec la bénédiction de l'entité sioniste avec laquelle ils ont quasiment pactisé. Piètre stratégie, qui va les amener à refuser tout compromis, quand cela était encore possible. 

Aujourd'hui, le point de non retour est atteint. La Confrérie est décrété " organisation terroriste ", le " peuple " escompté n'est pas en mesure d'inverser la donne et les puissants de ce monde ont regardé plutôt leurs intérêts, si tant est qu'ils pouvaient intervenir, face à un peuple égyptien plus déterminé que jamais à ne plus se laisser mettre la bride occidentale. Nous voici donc à vivre le dernier acte d'une saga où les Frères égyptiens ont tout raté et ont chuté de l'extrême euphorie d'un sacre tant espéré, des décennies durant, au désespoir le plus profond. Les Egyptiens vont voter une nouvelle Constitution. Peu importe le taux de participation. Avec seulement 32 % de votants les Frères avaient eu leur Constitution. Ce ne peut être pire… La nouvelle loi fondamentale adoptée, une étape légale sera franchie qui paraphera la fin de l'ère frériste. 

Ensuite, les données socio-politiques d'une formation sociale égyptienne incapable de sécréter une classe politique représentative des courants qui la traversent, du moins des forces politiques significatives, vont mener au recours à l'armée qui a " sauvé le pays " et qui doit continuer sa mission. Le général Abdel Fattah al-Sissi, son chef, va briguer la présidence. Comme il était prévu et comme il était évident que cela soit. La procédure est déjà en place. Il y aura bien un peuple, quelle que soit la consistance de son nombre, qui va répondre à la sollicitation de Sissi de le faire candidat. 

Demain, en son heure, des Egyptiens vont l'appeler à briguer la tête du pays. Autour, la scène ne montre pas de figure qui puisse rivaliser avec lui. Demain, le général va être le " nouveau Nasser " pour les uns, l'homme par défaut pour les autres et pour tous, au moins, le moindre mal quand il s'agit de " sauver l'Egypte " du chaos. Un " printemps " sera passé…Pour quelle récolte. Seul le peuple égyptien saura nous le dire.


Source : IRIB


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