samedi 16 novembre 2013

Lettre à la Grèce en proie aux démons de la Troïka


Lettre à Paniagiotis Grigoriou, philosophe et sociologue, témoin à charge du déclin européen

Cher Panagiotis,

Avant tout merci pour ce travail considérable que vous accomplissez en langue française, avec les fautes exquises qui vont avec. Sans vous, presque rien ne transpirerait du climat mémorandien de la Grèce. De temps à autres, je mets en ligne un de vos articles sur mon blog d'infos "désobeissance civile" ... et depuis longtemps j'avais pour ainsi dire prévu cette situation, cancer de l'Europe otanesque géré par le FMI banquesque et tutti quanti.

Tant que les esclaves syndicats et partis politiques compris continueront à participer aux banquets des maîtres (avec lesquels tout dialogue reste vain puisqu'ils se sont faits une profession de foi diplomatico mondaine du mensonge et de la tromperie) la régression sociale continuera de plus bel au grand avantage de cette caste des milliardaires dont j'apprends aujourd'hui qu'elle a doublé ces bénéfices depuis 2009, dans le monde entier.

La crise ? Une supercherie des pickpockets réunis en sociétés multinationales. J'ai longtemps vécu avec les paysans et ouvriers du Péloponnèse et de la Crête, j'ai bien connu ce peuple joyeux et intrépide, courageux et sensible, avec ses vantardises mais aussi sa gravité. Je ne parle pas bien grec, mais je comprends entre les lignes. Avec eux, j'ai appris à travailler avec mes mains, à décupler mes forces. Ils riaient beaucoup de ce très jeune français idéaliste qui était venu pour apprendre la vie. Aujourd'hui, je ne vous raconterai pas mon existence dans mon pays la France où j'ai du inventer ma vie, faire mille métiers absurdes pour survivre de justesse mais pourtant je me sens mille fois plus riche que tous ces milliardaires arrivistes dont je parlais plus haut. Je vois la France suivre sa voie vers un précipice prévisible, grâce à la politique représentée bêtement par le solférinien Hollande qui était la même, à peu de choses près que celle d'un Papandréou. Sauf que nos gouvernants retardent la chute avec des alliances abominables ...

Depuis 8 ans, je "dirige" une revue de poésie à tendance libertaire, sans subventions ni aides d'aucune sorte, sinon celles de lecteurs passionnés de ... création, d'humanité et d'autonomie. J'y laisse tellement de plumes que je n'arrive même pas à vous envoyer ce petit chèque de rien du tout que j'aimerais tant vous octroyer.

 En attendant que l'argent me tombe du ciel, j'ai décidé de mettre à contribution mes lecteurs ou mieux  de les diriger vers votre site. Je sais fort bien ce qui nous attend dans cette "patrie des droits de l'homme" où l'être humain n'est plus qu'un chiffre manipulable à merci. J'aurais tant de choses à vous raconter.

Une dernière chose : ma compagne, poète, est passée à travers les fourches caudines de la dictature argentine, en tant que journaliste et femme.  D'après son expérience, j'ai pu réaliser que la situation de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal ... est bien celle qui prévalut en 2001 dans son pays. Nous vous suivrons, vous et vos compagnons de lutte, si les citoyens du monde ne se cantonnent plus dans le processus grossier  de la peur. Les règles appliquées par les organisations mondiales d'origine anglo saxonnes ne sont-elles pas celles qui furent appliquées aux pays _ ex colonies jamais vraiment décolonisées _ que nous qualifiions jadis de sous développés ?

La seule solution possible contre ce "cauchemar climatisé" (selon l'expression de cet amoureux de la Grèce que fut Henry Miller) viendra des citoyens respectueux d'eux-mêmes, dont la seule révolte épousera les mots de Kazantsakis : "La liberté ou la mort". Avec toute ma reconnaissance d'homme de la terre.

 André Chenet (qui écrit tout cela bien trop vite, parce que son temps lui est compté)