jeudi 7 novembre 2013

La révolution est une oeuvre d"art

 à Ariane Walter

Le savoir est souvent source d'inertie. Nous savons les causes et les effets, mais au fond rien ne change malgré d'époustouflantes avancées technologiques ou scientifiques.. Que manque-t-il pour passer à l'action collective, pour renverser un système tellement corrompu - jusque dans les législations sensées corriger ses dérives et ses iniquités - que dans notre occident nanti nous avons fini par en être imprégné bien que nous faisons en sorte de ne jamais nous salir les mains ? Dans tous les cas de figures, nous ne devrions jamais oublier que nous profitons, à notre insu, du pillage à grande échelle des multinationales qui nous habillent, nous nourrissent à peu de frais, au dépend de travailleurs-esclaves souffrant sur d'autres continents.

 Nous ne voulons pas vraiment voir l'ennemi. Effectivement, nous ne sommes pas en mesure, dans l'état actuel complètement déliquescent du capitalisme exacerbé de nous attaquer aux armées de mercenaires que déploient les multinationales sur toute la planète, et ce, jusque dans nos administrations publiques. Je ne vois qu'une seule solution, chasser tous ces hommes politiques qui continuent de parlementer, de se compromettre, de faire croire qu'ils sont indispensables.  Eux, ils ont un visage reconnaissable. Ils servent plus ou moins hypocritement ou indirectement (selon leur appartenance à tel ou tel groupe de pression ou parti) l'ennemi qui est en train de broyer les peuples. Pour l'instant, nous avons encore la jouissance des miettes ?  Sécurité sociale, chômage, pensions ... Mais après ? 

Au sud de l'Europe, comme en Amérique du Nord, où des populations entières sont laissées pour compte, se propage une épidémie de pauvreté provoquée par une gestion éhontée et sans scrupules. Ainsi pouvons-nous déjà nous faire une bonne idée de ce qui est en train de se produire chez nous. Les nababs, Eux,  dans leurs forteresses hyper protégées, se frottent les mains : ils accumulent et raflent la mise. L'humanité a perdu la mémoire de ces temps où il n'y avait pas de pouvoirs centralisés, mais des représentants provisoires où chaque être vivait dans la dignité. Nous vivons avec des conceptions complètement erronées de la vie en société justement parce que nous avons perdu le sens des nécessités communautaires en reléguant nos pouvoirs à des individus opportunistes, des mécréants concupiscents, avides ...

 Toute action collective ne pèse guère si elle ne s'inscrit dans une pratique de lutte et de vie quotidiennes qui ne soit plus sporadique (genre manifs, congrès, ...). Toute révolution, c'est à dire le mouvement en profondeur qui consiste à changer, transformer, réinventer la vie et le monde, devrait être permanente; ce qui éviterait probablement bien des bains de sang et faciliterait la transmission, par contagion, des valeurs nouvelles à mettre en oeuvre. CAR TOUTE REVOLUTION EST UNE OEUVRE D'ART, sans collections privatisées.

 La prise de conscience n'est pas suffisante, du fait qu'au travers de moyens de propagandes colossaux, il est si  facile d''étouffer dans l'oeuf les utopies salvatrices et de les cantonner dans les marges de la révolte (qualifiées de terrorisme depuis une dizaine d'années). Le moment le plus délicat et redouté arrive lorsqu'il faut faire éclater l'abscè. Le reste, c'est de la rigolade.

Dommage que les ouvriers qui occupent les usines reculent toujours au dernier moment (sous la pression des syndicats-régulateurs sociaux) au lieu de se déclarer eux-mêmes les patrons et de faire tourner les machines pour le compte de la communauté. La France des Lumières n'en finit plus de sombrer au ralenti dans le sillage du Titanic Yankee.

                            André Chenet


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