vendredi 1 novembre 2013

La Franche aux franchais


La France devrait se méfier de ses ministres de l’Intérieur…

Drapeau France
Avec recul, vaut mieux être citoyen d’un petit pays. Et non d’un grand qui souvent, n’a de cesse d’en référer à son passé au titre d’un prestige suranné. Cela aide à quelque modestie dans les attitudes et les déclarations, dans les comportements et les revendications. Et surtout, dans les prétentions. Comme d’aller faire la guerre en Syrie par exemple… Et au stade actuel, j’espère que la tentation de rattachement à la France de certains de mes compatriotes égarés par les querelles entre communautés linguistiques, ne se réalisera pas…
Depuis quelques temps, que n’est-il répété que la France est un graaand pays! Tout est bon pour l’illustrer : sa gastronomie incomparable, ses terroirs exceptionnels, son œnologie irremplaçable, ses cours d’eau admirables, ses paysages idylliques, ses plages incontournables, ses montagnes majestueuses, ses villages les plus pittoresques, son parc nucléaire unique, ses Champs Elysées décrétés plus belle avenue du monde (rien que ça!), sa capitale inégalable, jusqu’au moindre exploit sportif dont les journalistes s’étranglent en superlatifs, et j’en passe… De gauche comme de droite, tout le personnel politique et certains médias s’y emploient. La France est un graaand pays. Avec la régularité d’un métronome. La France est un graaand pays. A chaque intervention. La France est un graaand pays. Presque comme un mantra. Comme s’il fallait lourdement insister sur la chose, s’en persuader, tant la réalité d’aujourd’hui et ses désastres socio-économiques attestent du contraire, et tant le pays a  effectivement perdu de son aura, au fil du temps.
Mais comment en serait-il autrement au vu du personnel politique? Il suffit de voir les débats qui animent tout ce beau monde ces dernières années. A la suite de quoi et sans risque de se tromper, l’on peut dire que si la France fut un grand pays, il y a un sérieux moment que ce n’est plus le cas. Et sans doute est-ce cette réalité douloureuse voire insupportable pour certains, qui les fait s’extasier de la sorte, et dont faute d’arguments tangibles, en appellent régulièrement aux illustres noms du passé. Arguant qu’il est indispensable de s’en rappeler afin de ne pas décourager les citoyens qui perçoivent bien, eux, dans leur quotidien, que dans le village planétaire le graaand pays dont on leur parle n’est plus aussi grand que d’aucuns l’affirment. Un peu de modestie ne serait pas un luxe. Et ramènerait peut-être ceux-là à voir les réalités en face. Telles qu’elles sont, et non pas telles qu’ils les imaginent, ou qu’ils les fantasment…
De même pour cette Europe, si fastidieuse à construire. Et si éloignée des aspirations premières de ses citoyens que ceux-ci s’en détournent à grandes enjambées. La fuient quand ils le peuvent. Et vomissent pour une écrasante majorité d’entre eux, l’arrogante technocratie qui la dirige.
Aujourd’hui, la France cède lentement mais sûrement à la tentation populiste. A l’instar de ce que l’on voit un peu partout en Europe, la France hautaine, prétentieuse, donneuse de leçons, glisse insidieusement vers une droite extrême. Après les gesticulations pitoyables du ministre de l’intérieur Sarkozy de Nagy-Bocsa de l’époque, voici le pays confronté à celles du calculateur Valls, nationalisé en ’81. Valls avec deux « LL »… pour voler sur tous les fronts, pour se faire voir et valoir partout, avec deux « LL » avant deux « SS » bientôt. Quand, à sa manière il aura fait son « coming-out » et se sera définitivement débarrassé de toute retenue, à l’image de cette droite qui s’affiche désormais « décomplexée ». Celle-là même qui après la stigmatisation des arabes et des basanés toujours trop nombreux à ses yeux, s’indigne maintenant de quelques milliers de Roms sur son territoire, au point d’applaudir à la rafle policière d’une adolescente de 15 ans lors d’une excursion scolaire. Vu la méthode utilisée, il devait s’agir sans aucun doute d’une menace pour la sécurité nationale, voire d’une future terroriste…
Et que dire de ce misérable slogan en termes d’analyse politique que l’on entend en boucle : « La Fraaance aux Français! »… Quelle indigence de pensée, quelle absence de réflexion… Combien de noms d’origine étrangère, issus d’un métissage n’ont-ils pas été les lumières du pays!? Les décérébrés qui profèrent ces slogans aux relents raciste, le savent-ils? Bien sûr que non! Ce serait demander un effort que leur esprit ne supporterait pas. Dans le monde moderne et ouvert d’aujourd’hui, la France se laissera-t-elle tentée par le repli sur elle-même? Sur le strict concept franco-français pure souche? Et de peau claire, de préférence? Au pays des Lumières, comment un tel aveuglement est-il possible? Comment ne pas comprendre que depuis des années, les sociétés se mélangent et s’enrichissent mutuellement de leurs cultures par un métissage non seulement inévitable mais souhaitable? Comment ne pas voir que le graaand pays que fut la France ne peut plus prétendre à cette grandeur face à d’autres pays bien plus peuplés, bien plus jeunes, bien plus ouverts, bien plus dynamiques, et définitivement bien plus grands!? Quelle bêtise!
Pour le fun, si tous les immigrés devaient quitter la France, au bout d’un mois le pays serait paralysé, coulerait à pic et plongerait dans la pire dépression jamais connue! Et il est bien dommage qu’une telle expérience ne puisse être réalisée. Cela clouerait le bec à beaucoup de ces abrutis…
Mais un autre constat s’impose: il n’y a plus de gauche au pouvoir digne de ce nom en France… ni en Europe d’ailleurs. La gauche n’est plus qu’un mot. Vidé de sens et travesti par une oligarchie que l’exercice du pouvoir a fini par corrompre. Jusqu’à la moelle. Carriéristes, leur ego n’y résiste pas. L’appât du gain, les privilèges multiples et les prérogatives personnelles, les projecteurs des médias, la « peopelisation » de la profession les fait tous chavirer. Les exemples sont nombreux et chacun en a en tête. Il ne se passe pas un mois qu’une nouvelle affaire soit révélée… alimentant un peu plus le dégoût légitime d’une population excédée par ces cols blancs qui imposent des cures d’austérité aux plus modestes, tout en menant une vie de nabab, rarement probe, à l’opposé de toute équité et ruinant ainsi l’essence même d’une vraie démocratie…
Avec les moyens de communication actuels, la population n’est plus dupe. Le constat n’est pas la faillite des citoyens mais celle du politique! Les citoyens n’ont de cesse de payer les désastres innombrables des décisions politiques. Ils sont pris en otages tant au niveau national qu’européen par l’incompétence crasse de ceux-là, les amenant aujourd’hui à manifester leur ras-le-bol et pour certains à se « droitiser » un peu plus à chaque élection. Jusqu’à celle qui verra le FN accéder à la présidence de la nation. Où la mise en pratique du programme politique du parti « bleu-marine » avec en point d’orgue, la sortie annoncée de l’euro, signera les prémices de l’effondrement complet du pays. Et d’un appauvrissement accéléré et généralisé de tous ses citoyens – hormis la caste des nantis qui aura planqué biens et fortune dans quelques paradis fiscaux, qui quoi qu’ils en disent, existent toujours! Situation qui aura pour corollaire probable la sortie de la Grèce, de Chypre, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal, avec un sud définitivement largué du nord de l’Europe qui restera arrimé à l’Allemagne. Et avec les violences inévitables et incontrôlables que ce chambardement entraînera et dont on commence à voir ici-et-là les premiers signes. Voilà le cataclysme qui attend la graaande France si d’aventure elle était tentée par l’expérience Lepéniste. Et tous les ingrédients pour s’y vautrer sont là. Au vu et au su de tout un chacun : citoyens, médias, personnel politique.
Après les derniers mauvais pas de danse du ministre de l’intérieur, celui-là même « dont la cote de popularité est la plus élevée dans les sondages » – ces  mêmes sondages qui à coup sûr seront pour le rétablissement de la peine de mort (autre point du programme du FN) – il est à craindre qu’après avoir Vallsé, beaucoup se réveillent groggys et titubants face au désastre annoncé…
Daniel Vanhove  –
Observateur civil
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