lundi 10 juin 2013

Hommage à Chavez

Adolescent, Hugo Chavez écrivait des poèmes et des drames. Les poètes, il les citera abondamment dans ses discours.




    Il y a une douzaine d' années, l'un des rédacteurs de L'Esprit Européen, envoya  à l'ambassade du Venezuela à Paris un article admiratif  publié à son sujet. Il reçut en retour une lettre chaleureuse de l'attachée culturelle qui joignait la copie manuscrite d'un poème du Commandante rédigé à Paris le 15 mai 1995, lors d'un bref séjour dans cette capitale qu'il aimait.
    En voici une traduction, aussi fidèle que possible, qui reflète la grande passion d'Hugo Chavez pour la Liberté :


À L…, raison d'être et de vivre


Je t'ai revue une fois encore…
Dans le vol planant
D'une hirondelle
Sur les eaux
De la Seine


Je t'ai revue une fois encore…
Dans l'élan ailé
Des chevaux dorés
Sur le pont
De Napoléon


Je t'ai revue une fois encore…
Dans la beauté du corps
De la femme séculaire
Rayonnante,
Éternelle, sur la façade
De notre Dame


Je t'ai revue une fois encore…
Dans les seins d'or
Dans la fleur de lys
Dans le << Jésus-Marie >>
De l'étendard
De Jeanne d'Arc


Je t'ai revue une fois encore…
Dans les jours
Et dans les nuits
De Paris, Ville Lumière
Emplissant d'absence
Chacun de mes pas
Chacun de mes rêves
Chacun de mes souffles


Je t'ai revue une fois encore…
Dans l'éclat
De la couronne
De Napoléon
Et dans les ailes
Déployées
De l'Aigle
Impérial.


Je t'ai revue une fois encore…
Et une fois encore
Et encore
Et encore…
Et je me suis convaincu
Que je te vois
À l'instant
Et que je te verrai
Pour toujours !! 



Commandant Hugo R. Chavez F
Paris, le 18 mai 1995











Poème en hommage à Hugo Chavez : 


!Hasta Luego Hugo!



Le vent des Caraïbes a soufflé sur une boue.

Et, d’un coup,

Naquit celui qui, pour beaucoup,

A l’impérialisme alla porter un terrible coup.



La mer des Caraïbes, en trente six pas

De Joropo (1), fit don au Venézuéla

À Haiti, à la Bolivie, au Nicaragua

Et même à Cuba

D’un frère dont le trépas

Nous met tous en émoi.



Ta mort physique, Hugo, place un sourire

Sur le visage du “Caïman-étoilé” (2)

Dont la lyre

Annonça ta disparition_en route pour l’éternité.



Hugo, tu t’en vas.

Mais ne s’en va pas

L’esprit de combat.



L’huile_ qui agite les instincts lucratifs du Caïman_

Ne fera ni un pas kita(3), ni un pas nago(4)

Aujourd’hui, demain et après l’enterrement

Du cher camarade Hugo.



Les océans grondent,

Et les oiseaux te chantent:

!Hasta luego

Frère Hugo!



Le tamtam des laboureurs,

Les pas des soldats révolutionaires

Ainsi te saluent: !Hasta luego

Comandante Hugo!



Les sueurs des paysans

Qui arrosent les champs

Te baignent en te disant: !Hasta luego

Querido Hugo!



Les biceps exploités des travailleurs

Mal remunérés malgré leur rude labeur

T’embrassent et te crient: !Hasta luego

Amigo Hugo!



Le pays habité par des “anges noirs”(5)

T’a adopté comme un vrai fils du terroir.

Pour cela, nous te répétons:!Hasta luego

Hermano Hugo!



Réginal  Souffrant

5 mars 2013



__________________________________

1.- Joropo.- Danse venézuélienne

2.- Caïman étoilé.-  Une référence aux U.S.A. Selon le poète haïtien, Paul Laraque, le romancier

et militant politique  Jacques S. Alexis  de la même nationalité) a raté un livre d’un titre

similaire.

3 & 4.- Tiré du Créole haïtien “pa kita, pa nago” significant: ne pas bouger.

5.- “Anges noirs”.- Lors de sa visite en Haïti, Comandante Chavez témoigna son amour pour ce

pays en lâchant qu’il est habité par “des anges noirs”.

__________________________________



Pour Hugo Chavez


C’est mon sang qui éclate

En souples jets d’une insolite douleur

Dont la voix s’intercale aux archives de la mort

C’est mon sang d’îles à tout faire

D’îles à refaire

Au bord de la tempête déchirée

Dont l’épée se calcine

En calvaire d’eau

Jamais à terme cette eau de ma naissance

Foyer de mes luttes

Conduit naturel des sources ouvertes à tous les possibles

O homme courtois donné en garantie


Ernest Pépin






Aucun commentaire: