mardi 30 avril 2013

Initiative contre l'euro et l'UE

Mercredi, le 24 avril, le comité de l’Initiative grecque contre l’Euro et l’U.E. a organisé un mini colloque et rencontre politique à la Faculté d’Économie, sur “la sortie de la zone euro et de l'UE”.

Traduction Panagiotis Grigoriou (Historien, éthnologue, et journaliste).


“Initiative contre l'€uro et l'U€"



- Une discussion large et ouverte concernant la nécessité d’une sortie immédiate de la Grèce de la zone euro et l’UE, comme condition nécessaire pour assurer la survie du peuple grec contre sa paupérisation quotidienne et pour suivre une nouvelle voie dans une direction anticapitaliste.
- Le soutien à la création d’un mouvement populaire massif qui renversera la ‘machine de la dette’ et qui luttera pour la rupture et la sortie de l’UE.

Dès son entrée dans la CEE en 1981, et surtout après son intégration dans la zone euro, la Grèce a été graduellement dévitalisée de toute possibilité d’un développement par ses propres moyens. Les politiques et les directives de l’UE ont conduit à la diminution de l’industrie, la destruction de la production agricole, la privatisation des entreprises et des infrastructures publiques ; les condamnant ainsi à un parasitisme et une survie par les subventions et la dette.”

“Maintenant l’UE montre du doigt la Grèce comme responsable de la crise capitaliste mondiale (!), diffame son peuple comme ‘paresseux’, l’engouffre encore plus dans la misère, pour que les besoins des créanciers et des marchés soient satisfaits. La rupture avec l’UE est une condition préalable pour la prise de mesures comme la nationalisation du système bancaire, l’énergie et d’autres secteurs socialement cruciaux sous contrôle démocratique et des travailleurs. C’est une condition préalable aussi pour le renforcement des droits des travailleurs, l’augmentation des salaires et la redistribution de la richesse, ainsi que la reconstruction de l’économie pour qu’elle couvre les besoins de la majorité sociale.

Nous recherchons à ce que cette rupture se complète avec une nouvelle internationalisation des peuples et des pays en Europe, dans la Méditerranée et dans toute notre région. Une nouvelle internationalisation anticapitaliste qui aura pour fondements la solidarité, l’égalité et la justice, sur base des intérêts populaires et des travailleurs et qui servira la cause d’une libération sociale universelle. Au milieu de la crise capitaliste, l’attaque menée n’influence pas seulement la classe ouvrière et les peuples des pays appelés ‘PIIGS’ par l’UE, mais tous les peuples et les pays de l’Europe.

La situation que nous vivons c’est la plus grave négation de la démocratie acquise par les peuples de l’Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Officiellement, depuis le début 2013, le traité qui contient le pacte budgétaire (TSCG) est en vigueur comme cadre juridique indiscutable pour les pays de la zone Euro et de l’UE. Il est demandé de l’incorporer dans la constitution de chaque pays, en abolissant en réalité les constitutions nationales.”


“La ‘prison budgétaire’ impose un mécanisme de surveillance et de contrôle permanent par l’UE sur les budgets publics de chaque pays avec comme objectifs:

a) des budgets en équilibre avec un seuil de déficit maximal le 3% du PIB et
b) l’arrêt de l’endettement public, lequel ne pourra plus dépasser le 60% du PIB. Dans l’éventualité d’un dépassement du seuil susmentionné, chaque pays est engagé à diminuer sa dette de 5% ; dans le cas contraire, il y aura des mesures et des sanctions contre ce pays.

Dans tous les pays de l’UE et de la zone Euro est imposé un ‘mémorandum généralisé’ d’une manière dictatoriale et contre la volonté des peuples. Les règles d’une austérité sanglante et de la paupérisation de la société -puisqu’il s’agit précisément de ça- deviendront la seule politique économique autorisée, peu importe ce que désirent, choisissent ou votent les citoyens. Les citoyens européens sont transformés brusquement en sujets des banques, des marchés financiers, des multinationales et de leur organisation bureaucratique qui est basée à Bruxelles.

“Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), le contrôle du budget et des politiques salariales et la supervision des banques par l’UE ne garantissent pas les droits civiques, les droits démocratiques et les conquêtes sociales, mais bien une sujétion à la faim et des suicides causés par le désespoir! Ils abolissent toute légitimé constitutionnelle, tous les droits sociaux et humains.

  ‘L’expérience’ grecque, après une dizaine d’interventions de ‘sauvetage’ a plongé le pays dans une récession comparable seulement avec des périodes de guerre. En réalité, 60% de la population est sous le seuil de pauvreté, il y a 1,5 des millions de chômeurs, 1000 licenciements par mois, 1 suicide par jour, 40.000 foyers sans électricité et des millions de foyers (60% du total) sans chauffage, des enfants qui meurent dans les hôpitaux puisque la Troïka fait l’économie sur des dépenses ‘inutiles’ en fermant les cliniques. Ce sont les victimes d’une guerre budgétaire déclarée par l’UE contre ses citoyens. Pourtant, certains décernent le Nobel de Paix à l’Union européenne !”

“Pendant les quatre dernières années, des institutions qui échappent à tout contrôle populaire et démocratique, comme la BCE et la Commission, ont imposé un régime de surveillance sur les peuples de l’Irlande, la Hongrie, la Roumanie, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et Chypre avec la collaboration active des classes dominantes de ces pays. Le principe par lequel ‘la souveraineté nationale termine là où les demandes des créanciers internationaux commencent’ condamne les pays qui reçoivent des programmes ‘d’aide’ financière à devenir des protectorats.

À Athènes, à Lisbonne, à Dublin et à Madrid, les ‘Mens in Black’ de la Troïka, les ‘Task Forces’ de la BCE et de la Commission démontent les organismes publics et les services sociaux, surveillent la collecte de taxes sanglantes et leur rentrée aux institutions financières. Ils dictent les mesures de coupe dans les revenus et programment la vente des parcelles terrestres tant privées que publiques, de l’infrastructure et des entreprises, et de toute ressource naturelle et richesse nationale, exhibant au vu du grand public les relations néocoloniales dans lesquelles les pays de la périphérie se sont trouvés. Les gouvernements élus sont souvent remplacés par des technocrates, sans aucune légitimité démocratique, et le moindre soupçon que les mémorandums puissent être mis en cause par les peuples lors des élections est traité avec une intervention brutale dans les affaires intérieures des pays et avec des menaces de sanctions économiques et des catastrophes d’une échelle biblique.”

“Comment nommer cette forme de gouvernance des peuples qui exclut les peuples eux-mêmes ? L’édifice de l’Union européenne qui se met en place avec les mémorandums, le Pacte budgétaire, la législation sur la gouvernance économique (‘6pack’, ‘2pack’) ne vise pas au redressement des économies nationales de la crise, ça n’a jamais été le cas. Il vise à la dégradation d’économies nationales entières pour qu’elles deviennent des Zones économiques européennes spéciales, et ainsi à leur pillage ; à la réduction de millions des vies humaines à des simples ‘ressources’ desquelles l’existence ou disparition serait déterminée par leur comparaison avec le coût unitaire du travail en Chine !

Ces développements confirment, d’une manière encore plus dramatique, notre estimation politique qu’une condition sine qua non, pour le dépassement de la crise en Grèce dans l’intérêt du peuple, est la double sortie de l’Euro et de l’UE, avec un effacement unilatéral de la dette envers les grandes banques et le ‘mécanisme de soutien’ de l’UE. Promouvoir le slogan de la désobéissance de chaque peuple et pays envers les mesures injustes imposées par Bruxelles est nécessaire pour que la lutte pour la défense des acquis sociaux et démocratiques ne s’enferme pas mais obtienne, au contraire, des perspectives.”

“L’Initiative contre l’Euro et l’UE adresse une invitation pour une rencontre internationale dans le but de discuter et évaluer des évolutions dans chaque pays et aussi au niveau européen, pour ensuite pouvoir se coordonner et organiser des actions communes. Elle s’adresse à toutes les forces sociales et politiques qui luttent contre la stratégie de l’UE. Mais aussi à chaque mouvement, syndicat et organisation sociale qui, nonobstant son point de départ et ses objectifs stratégiques, met le salut de nos peuples d’abord et pas le sauvetage de l’euro et des intérêts du capital. Un tel combat commun peut contribuer décisivement au renversement de l’attaque que nous subissons et à imposer la volonté populaire dans une perspective d’une autre société, qui va mettre l’humain d’abord, tant dans nos pays qu’en Europe et dans le monde.”

“La rencontre est prévue pour le 25 et 26 mai, à Athènes, et nous proposons les points de discussion suivants: Du ‘développement durable’ des profits à la ‘jobless recovery’ et la croissance à travers des Zones Économiques Spéciales: les conséquences de l’entrée dans l’UE dans les économies nationales des États membres. Y a-t-il une alternative ? L’UE et la crise capitaliste mondiale. Le pacte budgétaire du totalitarisme moderne européen. Y a-t-il de la place pour les peuples et la démocratie dans l’UE ? La lutte nationale et internationale dans les conditions actuelles. Les priorités politiques que le mouvement ouvrier et populaire doit mettre en avant. Les syndicats et l’organisation de la lutte populaire. Dépasser la voie sans issue du ‘partenariat social’ et de l’attribution bureaucratique. Renaissance démocratique - solidarité- coordination- action commune.”


Source : Greek Crisis

La rédaction recommande vivement la lecture du blog de Mr Panagiotis qui de semaines en semaines permet de suivre l'évolution de la situation de la Grèce soumise à la dictature des instances européennes. En France, Mr Hollande, à l'instar de l'ex premier ministre Papaandreou, nous invite insidieusement à prendre la voie d'une progressive descente dans les enfers programmés d'un capitalisme sans frontières pour lequel les nations ne sont que des sous-traitants de l'empire étatsunien. Tout comme son prédécesseur, il n'a de cesse d'obeir le petit doigt sur la couture du pantalon à la classe dominante des "saigneurs" d'une guerre qui ne dit pas son nom.

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