vendredi 19 avril 2013

Merci, Chávez pour tout ce que tu as donné à ton peuple pauvre





"C’est vrai, on m’a bernée".

Jusqu’à aujourd’hui, j’étais dans l’opposition (Aporrea)

Je n’en reviens pas d’être en train d’écrire un texte destiné à un moyen de communication qui m’a donné des boutons pendant des années. Je suis vénézuélienne, j’ai un niveau de cadre depuis des années,et je suis sortie avec tous les honneurs d’une université privée reconnue de mon pays. Je n’exerce pas ma profession directement car je m’occupe de la gestion d’un commerce qui me garantit des revenus suffisants pour continuer de vivre tranquillement.

J’habite à l’est de Caracas. Depuis mon enfance, on m’a inculqué l’amour de mes semblables ainsi que l’honnêteté. Lorsque j’étais jeune, j’étais très naïve, ce qui m’a valu d’être très déçue sur la qualité humaine de bien des personnes. J’ai toujours été très intéressée par les sujets d’intérêt social, car je pense que si nous sommes sur terre, c’est pour y jouer un rôle quelconque et ce rôle, s’il n’est pas d’ordre social ne sert à rien du tout. Albert Einstein disait : « Il n’y a que lorsque l’on met sa vie au service des autres que la vie vaut la peine d’être vécue ».

Dans les années 90, j’ai toujours trouvé insupportable que la plupart des habitants de mon pays n’aient pas de quoi se nourrir correctement, et encore moins de quoi accéder à des conditions minimales de vie, tout en me rendant compte que l’amélioration due aux revenus du pétrole étaient significative et que ces revenus étaient confisqués par un secteur de la société. Lorsqu’il est arrivé, Chávez ne m’a pas fait une très bonne impression. Ma famille, conservatrice, l’étiqueta comme un « fou dangereux » et j’étais trop jeune pour pouvoir approfondir cette analyse.

Je n’ignore pas que cette publication va m’attirer de sérieux problèmes familiaux mais peu importe. Je me dois de dire que j’en ai assez. J’en ai assez de voir que l’opposition pour laquelle j’ai voté si souvent (et même le 7 octobre) ne cesse de mentir, à chaque instant, constamment, sans jamais être inquiétée pour cela.

Je me souviens qu’en 2002 on me disait que nous allions perdre l’autorité sur nos enfants. Ce qui m’angoissa au plus haut point et je ressentis une véritable haine envers Chávez. Chaque fois qu’il apparaissait à la télé, je l’insultais et je changeais de chaîne. Voilà où j’en étais, de sorte que je ne l’ai presque jamais vu.

Le jour de sa mort, j’étais seule à la maison et je me suis mise à réfléchir... Cet homme méritait-il que je le haïsse autant ? Ses idées et ses intentions n’ont-elles donc jamais été sincères et cohérentes ? N’a-t-il jamais honoré vraiment ses engagements et toutes ses promesses ? Je reconnais que je fus prise de doute et comme je suis une lectrice insatiable et une éternelle étudiante, je décidai de faire des recherches et des lectures de la façon la plus objective possible afin de me construire une opinion politique sans parti-pris cette fois.

Et bien, messieurs et mesdames… vous ne pouvez pas savoir comme j’ai pleuré. Je commençai de la façon la plus objective à rechercher de l’information et des vidéos de toutes sortes, à lire des critiques négatives contre Chávez mais dénuées de parti-pris, des critiques positives, reflétant la vision que j’avais méprisée pendant si longtemps.

Je dois reconnaître que je regrette profondément de m’être opposée à son mandat et d’avoir proféré tellement d’imprécations contre lui. Cet homme avait des défauts mais, finalement, Chávez a changé l’histoire politique de mon pays et il l’a changée en bien. C’est quelque chose d’objectif, de palpable et que l’on peut démontrer.

Après avoir reçu cette espèce de choc, je commençai à me poser des questions : comment se fait-il qu’une personne comme moi, qui me considère intelligente, qui suis diplômée, ait pu se laisser berner ainsi pendant autant d’années ? Car, c’est vrai, on m’a bernée.

Jamais, à aucun endroit d’un quelconque discours de Chávez, ni d’aucun des porte-parole du bolivarisme, il n’a été question pour le gouvernement de retirer aux gens leurs enfants ! Le problème, c’est le parti-pris. Les média que je lisais me dépeignaient Chávez comme le grand méchant loup, un point c’est tout. Et moi, j’y croyais, car « c’est forcément vrai, c’était dans le journal ».

Tout ce que l’on disait de lui était toujours négatif et engendrait une adhésion automatique. Et toutes les semaines, sortait un nouveau commentaire, calculé pour inoculer la peur. Dans mon cas, ils ont réussi et cependant, croyez-moi, je n’ai jamais voulu de mal à mon pays, c’est tout le contraire. Et peu à peu, ils nous ont abreuvés de doutes, de craintes et de RAGE. J’ai lu une fois qu’il était possible qu’on nous expulse de nos maisons. Comme une idiote, je le crus. Et au fil du temps, je dressai un long catalogue de tout ce qui me faisait enrager, et qui, curieusement, ne se réalisa JAMAIS. Tout était faux mais les gens se mirent à avoir peur. Et malheureusement, beaucoup de gens appartenant à la classe moyenne, qui ont travaillé pour arriver à avoir quelque chose, se sentent menacés par le gouvernement, par les discours parfois maladroits des porte-parole officiels qui ne savent pas faire la part des choses entre la bourgeoisie super-argentée et la classe moyenne qui travaille et est à l’aise. Mais fondamentalement, toutes ces menaces qui pèsent sur les gens viennent des média. Beaucoup de ces mensonges auxquels MOI j’ai cru, n’émanaient jamais du secteur chaviste, ils venaient toujours des média privés.

Alors, de nombreuses pensées me vinrent. Je me souvenais des piques qui insinuaient que le gouvernement allait nous confisquer nos commerces, que le gouvernement allait nous interdire de posséder deux voitures. Je demande aux opposants qui me lisent : Est-ce que vous réalisez que l’on vous trompe depuis des années ? Moi, je m’en suis rendu compte.

D’autre part, je pensais : lorsque Chávez disait : « Je vais opérer une action-mission logements ». Et tous les jours, des logements étaient livrés, Chávez déclara en 1998 : « Je vais réaliser des transformations profondes », et vous voyez, il a réalisé ces transformations. Depuis les années 2000, Chávez a toujours tenu LE MEME DISCOURS et il l’a toujours mis en pratique (je me suis procuré des vidéos). Si vous voulez voir des vidéos de Chávez, cherchez sur youtube, dans le programme d’Oscar Yáñez. Chávez a tenu toutes ses promesses de campagne, absolument TOUTES.







La vérité est de son côté, je n’en doute pas un seul instant. En revanche, ce qui me tenaille, c’est le profond regret de ne pas avoir écouté Chávez comme j’aurais dû le faire tant et tant de fois et de ne pas avoir contribué à la construction de ce pays en apportant des idées. Ce pays,je le comprends maintenant, appartient à tous. Et qu’il appartienne à tous,ce n’est pas moi qui le dis,c’est la vérité. Nous avons tous le droit de recourir au système médical de la mission de santé. Mes voisins votent pour l’opposition et achètent des voitures Orinoco [1]. Loin d’avoir confisqué les petits commerces, le gouvernement n’en a pas fermé UN SEUL et même, il a encouragé l’installation de nouveaux commerces, c’est la première fois dans l’histoire de la production nationale que cela se passe.C’est là que j’ai compris d’un seul coup tout ce que je n’avais pas vu avant.

C’est vrai, il y a beaucoup BEAUCOUP d’imperfections. Mais la plupart de ces imperfections ne relèvent pas de Chávez ni de son gouvernement. L’insécurité, par exemple : le frère d’un de mes amis a été tué, il y a quelques années.Après l’enquête, on apprit que l’un des auteurs du meurtre était un jeune de 25 ans, militant de Voluntad Popular [2]. Peut-on dire que les homicides sont la faute de Chávez et de Maduro, quand celui qui appuie sur la gâchette est un membre de l’opposition ? Peut-on dire alors que c’est la faute de l’opposition ? Dans les deux cas, la réponse est NON. Hormis les causes culturelles et structurelles, la responsabilité appartient à celui qui a appuyé sur la gâchette et à personne d’autre. On pourrait me rétorquer : l’Etat a la responsabilité de garantir la sécurité. Je réponds : oui, c’est sûr. Je me demande aussi : le chavisme a-t-il réalisé des avancées ? La réponse est catégorique, OUI. Ils ont créé une UNIVERSITÉ consacrée exclusivement au thème de la sécurité, ils sont en train de former des milliers de policiers, ils travaillent sur les causes structurelles, tout cela ne peut pas être remis en cause.

Je sais de par ma formation que le thème du pétrole est le plus important de notre économie. Le chavisme l’a sauvé à tous points de vue. J’ai eu l’occasion d’étudier ce problème. La situation a changé de fond en comble. Je me souviens que lorsque j’étais petite, je voyais dans la ville BEAUCOUP d’enfants sous-alimentés, je n’en vois plus aucun. Il y a aujourd’hui des enfants pauvres, mais je sens que notre pays est sur la bonne voie. On ne peut pas régler autant de misère d’un trait de plume. J’ai pu réfléchir à tout cela et comprendre.

Enfin, je veux terminer en lançant un appel à toutes les personnes de bonne volonté qui sont dans l’opposition pure et dure. Je viens de ce monde, je sais que de nombreuses personnes qui votent pour l’opposition sont de bonne volonté. Beaucoup de gens désirent la paix, la tranquillité, la prospérité et l’éradication de la pauvreté. Ce qui manque à beaucoup, c’est une profonde réflexion critique, une vraie autocritique. Vous tous, mes amis, mes proches qui me lisez, étudiants de l’UCAB, de l’USM, de l’UCV [3], ne vous laissez pas abuser, chercher des documents, des archives, pratiquez l’autocritique, réfléchissez, forgez-vous vos propres critères, remettez en question les rumeurs qui vous parviennent, quelles qu’elles soient. Ne vous laissez pas abuser comme ce fut mon cas. Ne me haïssez, vous savez que je vous respecte et que je veux ce qu’il y a de mieux pour le Venezuela. Respectez-moi et tenez compte de mes propos, soyez sincères vis-à-vis de vous-mêmes. Essayez d’opter pour une pensée « complexe ». Ceux qui sont bons en Maths doivent sûrement comprendre ce que je veux dire par pensée « complexe ».

Ne pensez pas que l’élection de Capriles (que tous les sondages contestent) va résoudre comme par enchantement tous les problèmes. Au contraire, ce serait le début de graves affrontements, car il est clair que Capriles s’est opposé aux missions dans le Miranda [4et s’il est élu président, ce sera pire. Les gens de notre pays qui ont pu étudier grâce à Chávez, qui ont pu trouver du travail grâce à Chávez, qui ont vu leur santé s’améliorer grâce à Chávez,tous ces gens ne vont pas laisser tant de choses se perdre et laisser privatiser ces secteurs, car tel est le programme de Capriles, privatiser, lisez-le, je l’ai lu, j’ai lu les deux programmes, en entier. Ne croyez pas que les délinquants vont dire : « Maintenant que Capriles a gagné, arrêtons de tuer, arrêtons de voler ». Le problème est BEAUCOUP plus complexe que cela. Et ne croyez pas qu’un chaviste de mauvaise humeur va vous couper l’électricité.

Les problèmes sont complexes. Ne croyez pas que Capriles serait un meilleur président alors qu’il a été un gouverneur pathétique. Il se trouve que j’ai une cousine, mère d’une belle petite fille affectée d’un sérieux problème cardiaque. La petite est en vie grâce à l’hôpital de cardiologie infantile. D’abord,ma cousine s’est ruinée, elle a dû vendre son appartement pour pouvoir la faire soigner aux Etats-Unis… Savez-vous pourquoi elle a vendu son appartement ? Pour ne pas avoir à faire soigner sa fille dans un hôpital chaviste. Et puis, lorsqu’elle n’a plus eu d’argent du tout, elle l’a emmenée à l’hôpital cardiologique car elle n’avait plus le choix. La jolie petite fille est en vie grâce à l’hôpital. Elle n’a pas payé un sou. Cette cousine ; qui s’appelle Aracelis, elle aussi va voter pour Maduro. Nous n’avons plus de haine, ma belle cousine, il était temps ! Vous voulez savoir comment est né l’hôpital cardiologique ? Et bien, regardez cette vidéo, moi, j’ai vu tout cela de mes yeux et j’ai pensé à ma cousine, et j’ai pleuré.



Encore une chose, rien n’est plus faux que de dire comme beaucoup que notre système de gouvernement est dictatorial.J’ai des amies qui vont en Espagne,elles disent que là-bas,c’est la démocratie, alors qu’il y a un roi que personne n’a élu et que le gouvernement agit à l’encontre de la majorité des gens. Ensuite, ils disent qu’ici, c’est une dictature alors qu’il y a une élection ou deux par an et que la participation des gens dans TOUTES les affaires du pays est irréfutable. Parmi ces amies, beaucoup sont dans l’opposition parce que c’est la mode mais pas par opinion personnelle.Excusez-moi mais c’est vrai !

Je voterai pour Maduro, pour rendre honneur à Chávez. Il avait ses défauts mais il a été un GÉANT dans l’histoire mondiale…et parce que je ne peux permettre à ceux qui m’ont trompée pendant des années de continuer de le faire. Maduro incarne le projet de Chávez, et il n’y a pas de rumeur qui tienne contre une telle vérité. Comme je me repens de ne pas m’en être rendu compte plus tôt. Merci, Chávez pour tout ce que tu as donné à ton peuple pauvre. Maintenant, je comprends pourquoi ces gens t’aiment tant.

Messieurs, je me suis libérée d’un grand poids, quel soulagement ! Merci beaucoup.

María Alejandra Fernández


publié le 10/04/2013 www.aporrea.org/actualidad/a163132.html
Traduction : Simone Bosveuil pour Le Grand Soir

[1Voiture chinoise

[2Parti d’opposition

[3UCAB Université Catholique Andrés Bello, USM : Université Santa María, UCV : Université Centrale du Vénézuéla

[4Le Miranda est l’état dont Capriles est le gouverneur


Source : Le Grand Soir

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