samedi 5 janvier 2013

Pays à vendre,

"Que voulez-vous, je m’entête affreusement à adorer la liberté libre, et... un tas de choses que « ça fait pitié », n’est-ce pas ?" A. Rimbaud

Relire "Solde" de A. Rimbaud à la lumière glauque de notre Brave new World (Autre appellation du NOM). La conclusion de son poème en prose n'est-elle pas édifiante ? Celui qui a écrit cela ne pouvait assurément qu'abandonner la poésie trop étriquée de son temps. Il se pourrait que la "Voyance" soit une forme de folie  Et de nos jours, combien de poètes s'affranchissent-ils des normes de la vulgate marchande ? Rimbaud n'appelait-il pas de tous ses voeux l'émergence d'une éthique révolutionnaire basée sur la solidarité humaine ? Qu'il ait dévié de sa trajectoire est une autre histoire. Nous ne savons presque plus rien de ses projets après son adieu définitif à la poésie, sinon par les lettres qu'il écrivait aux siens pour les rassurer sur son avenir. A cet égard, il faut relire l'enquête d'un Valéry Larbaud qui a interrogé les derniers témoins qui l'avaient fréquentés à Aden et qui démentent les spéculations émises à son sujet depuis plus d'un siècle. A son insu, la plus grande partie de l'humanité s'est déjà vendue depuis longtemps, par salaires de la peur interposés, à un système esclavagiste qui ne hait rien tant que "la liberté libre". André Chenet
Solde
spaceÀ vendre ce que les Juifs n'ont pas vendu, ce que noblesse ni crime n'ont goûté, ce qu'ignorent l'amour maudit et la probité infernale des masses, ce que le temps ni la science n'ont pas à reconnaître :
Les Voix reconstituées ; l'éveil fraternel de toutes les énergies chorales et orchestrales et leurs applications instantanées, l'occasion, unique, de dégager nos sens !
À vendre les Corps sans prix, hors de toute race, de tout monde, de tout sexe, de toute descendance ! Les richesses jaillissant à chaque démarche ! Solde de diamants sans contrôle !
À vendre l'anarchie pour les masses ; la satisfaction irrépressible pour les amateurs supérieurs ; la mort atroce pour les fidèles et les amants !
À vendre les habitations et les migrations, sports, féeries et comforts parfaits, et le bruit, le mouvement et l'avenir qu'ils font !
À vendre les applications de calcul et les sauts d'harmonie inouïs ! Les trouvailles et les termes non soupçonnés, possession immédiate,
Élan insensé et infini aux splendeurs invisibles, aux délices insensibles, - et ses secrets affolants pour chaque vice - et sa gaîté effrayante pour la foule -
- À vendre les Corps, les voix, l'immense opulence inquestionnable, ce qu'on ne vendra jamais. Les vendeurs ne sont pas à bout de solde ! Les voyageurs n'ont pas à rendre leur commission de si tôt ! Arthur Rimbaud



Portugal: la vente se passe on ne peut mieux

1x1.trans Portugal: la vente se passe on ne peut mieux
La vente du Portugal se passe on ne peut mieux. Ses entreprises publiques se vendent comme des petits pains, c’est la bousculade au portillon. Pas tous à la fois s’il vous plaît, patience, il y en aura pour tout le monde.
Rappelons que les aéroports, la compagnie nationale d’électricité, la compagnie aérienne nationale, la télévision publique (Berlusconi, si tu nous lis…),…, ont été cédées ou sont à vendre. Le Portugal avait besoin d’un prêt troïkesque de 78 milliards d’euros et a du se lancer dans un plan triennal de « réformes » dantesque.(voir notre article à ce sujet)

Et donc ça se passe bien. Ne soyons pas bégueules. La Secrétaire d’Etat au Trésor, Maria Luis Albuquerque, elle, est en tout cas RA-VIE.



Par rapport à l’objectif initial de 5,5 milliards d’euros que devait rapporter la cession d’actifs publics, on en est désormais à 6,4 milliards. Alors que la vente n’est pas encore finie. Super Maria Luis.
Cocorico, c’est le groupe français de BTP et de concessions Vinci quia remporté la course à la privatisation du gestionnaire des aéroports portugais ANA avec une offre de 3,08 milliards d’euros. Au nez et à la barbe de groupes allemand et américain, excusez du peu. ANA gère la dizaine d’aéroports que compte le Portugal, avec un trafic de 286.000 vols et 29,57 millions de passagers en 2011. Merci qui? Merci qui? Merci Papa Troïka!

Le bien commun de tout un peuple bradé aux vautours jamais rassasiés qui au mieux en tireront des profits considérables on ne sait que trop comment, ou au pire les couleront comme au Royaume-Uni.

C’est bien Maria Luis, c’est bien. 
Bois ton champagne Maria Luis. Saùde.



Sources : Romande et Blogapare





A visionner sur YouTube, 
«Grèce: la grande braderie ?» un reportage de France 2 (durée : 25'14)


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