lundi 30 avril 2012

Honneur de la France

La ville de Grigny (69) reçoit son citoyen d’honneur, Salah Hamouri






400 personnes environ se sont déplacées à Grigny pour rencontrer Salah Hamouri, jeune Franco-Palestinien emprisonné injustement pendant 7 ans dans les geôles israéliennes. Extrait de l’intervention de René Balme, maire de Grigny, lors de la réception organisée par la municipalité et le Comité National de Soutien à Salah Hamouri en partenariat avec Palestine69 et l’UJFP.

« Pour nous qui plaçons en permanence l’homme, l’être humain, au centre de notre action politique et de nos combats, la libération d’un prisonnier palestinien est toujours une fête, un moment extrêmement précieux et une victoire politique sur la folie de certains hommes.


C’est avec émotion, fierté et détermination que nous t’accueillons aujourd’hui dans une ville qui est désormais la tienne Salah.

Grigny ville d’histoires et de résistances, ville ouverte sur le monde, ville de métissages, de dialogues et de rencontres n’en a pas fini de mener ses combats pour plus de justice et de paix. Au moment où notre pays s’égare en courtisant les extrêmes ; où il oublie son histoire, les souffrances et les horreurs infligées par le fascisme et la xénophobie, il est bon de voir que se regroupent, comme c’est le cas ce soir, des hommes et des femmes à l’esprit ouvert et au cœur généreux ; des hommes et des femmes qui préfèrent voir s’additionner les cultures et les couleurs de peaux et qui portent en eux l’espoir d’un autre monde. Il y a, en nous tous, quelque chose qui vient des rives de la méditerranée, de l’Afrique ou d’ailleurs et nous sommes frères depuis si longtemps que rien ne devrait plus pouvoir nous séparer. Et pourtant... il en est encore pour dire que serions différents et que certains peuples ne devraient pas avoir de patrie. Nous ne sommes pas de ceux-là. Notre vision du monde est universaliste et fraternelle.Encore une fois, merci à toutes et à tous pour votre engagement à nos côtés, aux côtés de Salah et de tous les prisonniers palestiniens. Merci de votre engagement pour la défense du peuple palestinien et plus généralement pour la paix et la liberté. »




Source: Oulala.net

dimanche 29 avril 2012

"Salaire grande misère" de Jack Hirschman




    SALAIRE GRANDE MISÈRE


1.

Nous, en orange
hommes et femmes, on est là, dehors
on balaie les rues
nos bouches ressemblent à des mots
rayés sur une page,
nos yeux condamnés à regarder
par terre.

Le salaire du travail? nulle part, seulement
le guet-apens du travail et le silence de nos cris
quand on est seul dans une pièce
et qu'ils exigent de nous : on doit...
on est né pour... on est destiné à
bosser, sans défiler et sans carotter,
Bon voyage, Monsieur Dumollet...

Ils ont un slogan :
"Arbeit se Fout de la Liberté"
c'est vraiment ça que veulent dire les négrier du salariat.
Scélérariat. Vampires. Vous réalisez ce que c'est
que de nettoyer les caniveaux pour que les talons de ces messieurs
des grandes entreprises glissent pas sous les crottes de chiens quand
ils traversent la rue pour aller d'un grand patron
à l'autre traiter une affaire ?

2.

Salaire égale misère ;
Indignité, instabilité, insanité
Un dingue du travail devient hargneux.
Cassez les théories, prenez les outils,
ouvrez les bouches à eau, montez à l'assaut !
Sortez de votre défroque : arrêter de courber
le dos, faites voir que vous avez du sang

dans les veines et remettez-vous
à porter fièrement le rouge dans les rues.
Le salaire du travail exige d'autres guenilles que
l'orange de l'état des négriers ou
le drapeau blanc de la reddition.

3.

Victimes, assez ! C'est la victoire qu'il nous faut !
Le martyre, ça suffit, les toits du
racket industriel
nous ont passé la camisole de force,
mais dans nos nouvelles chemises de force,
mais dans nos nouvelles chemises rouge sang
pour le coup de balai de la révolution
regardez : les silencieux majordomes
de la rue flanquent le feu
à la pourriture des profits, les démolissent, sou
par sou, jusqu'à ce que le salaire devienne
honnêtement payé et que chacun
reçoive une part de l'action nommée
"Avenir"


            Jack Hirschman


In "Je suis né assassiné" (2004)
Traduit de l'américain par Gilles B. Vachon
Le TEMPS des Cerises Éd.
Maison de la Poésie Rhône-Alpes
(2008, pour la version française) )


Jack Hirschman, un des plus grands poètes américains vivants, icône d’une génération de révoltés et légende de la dissidence à San Francisco, a franchi depuis 15 ans les limites du domaine de ses fans californiens. Tout ce qui reste, est le bilan d’une vie, testament provisoire de ce poète résistant, qui mêle mystique, lyrisme, politique, érotisme, introspection, dans le prolongement des célèbres Arcanes.
Co-édition avec la Maison de la Poésie Rhône-Alpes

La presse en parle: [...] Le choix de poèmes rend compte de cette poésie appelant à la révolution permanente et qui, dans tous les combats, choisit son camp, le plus souvent contre son propre pays [...]La poésie d’Hirschman parie pour le pouvoir des mots, pour cette semence de dissidence que chaque poète indigné ou révolté porte en soi, parfois jusqu’à l’imprécation martelée que le plus grand nombre refuse d’entendre… [...]Les chemins du poème entrecroisent constamment ceux de l’intime à ceux de la violence du monde. La poésie d’Hirschman cultive l’éruption lyrique jusqu’à l’éructation grossière et provocatrice. Nulle imagerie ornementale dans ce fracas des mots du refus du monde comme il va. Boxeur ou flingueur à voix nue, le poète tente de retourner son désespoir présent en espérance future, son écriture prophétique en dynamite hurlante…

Michel Ménaché, Revue Europe, septembre 2011.
http://www.letempsdescerises.net/noyau/index.php?menu_id=20&type=livre&idLivre=812&PHPSESSID=b8a858e3a7791876e64ca4b5088b2b8c

vendredi 27 avril 2012

La Grève des électeurs

Par Octave Mirbeau

(Article paru dans Le Figaro du 28/11/1888)



Mirbeau-La Greve des Electeurs.png

Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.

Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?

Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ?

Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ?

Nous l’attendons.

Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne; je comprends M. Chantavoine s’obstinant à chercher des rimes; je comprends tout.

Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, â chauvin !

Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain.

Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait.

Mais les autres ?

Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ?

Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus... Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ?

Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.

Et c’est cela qui est véritablement effrayant.

Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.
Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ?

Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces.

Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.

Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.


Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maitres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.

Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera.

Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.


Source: Wikisource, la bibliothèque libre

jeudi 26 avril 2012

6 mai 2012: rien ne va plus

La crise décoiffe les milieux politiques traditionnels qui en exploitent toutes les ficelles auxquelles sont accrochées les marionnettes à élire. La crise? Quelle crise? La confiscation des biens communs, l'accumulation de fortunes colossales ruinent nos dernières chances d'établir une démocratie acceptable basée sur la justice sociale et la répartition équitable des chances et des richesses. Les sociétés off-shore, prestidigitateurs de l'économie libérales, mettent à l'abris les trésors de guerre des banquiers et des multinationales pendant que les nations croulent sous le poids de la dette créée de toute pièce afin de pomper les restes, c'est à dire la substance même des populations. A ce niveau, l'endettement n'est pas seulement un piège mais un coup d'état permanent. Les résultats du premier tour de la présidentielle nous indiquent à quel point la décérébration du peuple français s'est accrue durant les trente dernières années. Les grands médias, télévision en tête, ont joué leur rôle de gardiens d'un système corrompu où des industriels et autres félons de la finance sans frontières se sont accaparés les moyens de l'information et de l'éducation à grande échelle. De l'information, ils ont fait un leurre à l'usage de leurs parties de Monopoly immondes tandis que l'éducation telle qu'elle est dispensée à la façon des clips publicitaires a pour objectif de réduire les têtes du plus grand nombre. Penser par soi-même va probablement devenir un délit d'initié gravissime dans un avenir très proche et la montée très prévisible du Front National, auquel Sarkozy avait accroché ses wagons durant son abominable quinquennat, ne fait que confirmer l'état de décomposition avancée dans lequel se trouve notre pays. Le rassemblement occulté de ses deux formations politiques (UMP + FN) nous donne une équivalence du Parti Républicain aux USA, et nous devrions nous étonner que si peu d'observateurs de la politique française ne s'en soient pas rendu compte. En ce sens, le petit soldat Sarkozy a pleinement accompli sa mission qui était d'intégrer la France dans l'Empire des Rockefeller & co. Quant au candidat Hollande, l'Obama sans couleurs franchouillard, il sera parfaitement apte à fédérer un grand parti démocrate à l'américaine, pour assurer l'apparence de l'alternance. D'ailleurs de quelle manière finance-t-il sa campagne? Tapez sur Google: Qui finance la campagne de François Hollande? Juste pour voir. Jusqu'à quel point peut-on se réclamer du socialisme tout en misant au casino du grand Capital?  Rien n'est joué d'avance car il n'est pas dit que la vraie gauche ne s'abstienne au deuxième tour malgré l'appel pressant à chasser l'émule fanatique de G. W. Bush. 
Gaël Hadey.


Gauche Caviar ou Fasciste Bling-Bling: Cruel Dilemme?

Après ce premier tour, il est grand temps de faire un bilan des « courses ». Et pour les âmes sensibles, petit message de prévention: nous ne serons pas tendres. Pas tendres du tout.


Sondages…à la ramasse

Les instituts à la con publiant leurs sondages à la con, facturés à des cons (c’est assez clair?) n’ont pas vu la montée de l’extrême-droite en la personne de Marine Le Pen. Au point de nous dire que les analystes de Météo-France pourraient parfaitement faire l’affaire pour CSA, IFOP, Sofrès et compagnie.
Curieusement ce dimanche, celles et ceux qui sur-commentaient les sondages tout au long de la campagne ne se sont pas privés une seule seconde pour brocarder les auteurs de ces mêmes sondages à propos notamment de la participation. Un culot énorme pour Mazerolle, Elkrief, Marshall et leurs pénibles invités aux casseroles longues comme le bras : Séguéla, Madelin ou Luc Ferry. Nous citons BFMTV, mais un si piètre spectacle pouvait être visible sur toutes les chaines dans leurs émissions spéciales dites « d’actualité ».



Participation justement!

« Les gens ont vu l’enjeu du scrutin » osait dire Juppé sur une autre chaine de désinformation pour expliquer cette participation record, très légèrement inférieure à 2007. Erreur, Monsieur le repris de justice! Le peuple en a simplement ras-le-bol du National Sarkozism, et par extension de la Politique entière en général. Rappelons simplement que Nicolas Sarkozy a constitué un espoir pour 1/3 des inscrits au deuxième tour de la présidentielle. Un espoir vite déçu… qui a laissé place au dégoût. Le dégoût de ces Dati, Bertrand, Copé dont leur arrogance n’a d’égale que leur incompétence.


Pourquoi Marine? Deux déceptions et un complice du Sarkozisme

Désespérés, fous, ignares, provocateurs ou vrais fascistes, voire tout cela à la fois. Ces déçus du Sarkozism ont visiblement apprécié le discours original à la pâle copie, et son arlésienne de kärcher. Ras le bol à 18% des voix près de 20% lors des premières estimations d’après 20h: une vraie claque!
Nicolas Sarkozy a donc fait mentir… Nicolas Sarkozy en démontrant par A+B que l’UMP demeure le meilleur tremplin au FN.
Mais au risque de déplaire aux « socialos », aveugles depuis 1981, il faut voir dans ses votes de protestation (l’optimisme impose de nier les 18% de fascistes xénophobes), aussi les déçus du Mitterrandisme et de ses héritiers.
Le complice du Sarkozism ce sont les médias, pas tous évidemment, juste les pires. L’art de lobotomiser la tête des gens, à coups de séries policières (gendarme, justice, policier), de documentaires sur la sécurité (gendarmerie, magistrat, police) et pour finir des journaux télévisés totalement biaisés pour bien vous faire trembler dans votre fauteuil. Premières victimes: les personnes les plus sensibles, les personnes peu cultivées, les personnes âgées vivant recluses. D’où une hémorragie de vote FN au fin fond de la Sarthe ou des Vosges, sans problème majeur de sécurité, sans aucune immigration. Ou l’art de manipuler la masse.



Gauche Caviar

« Le Changement c’est Maintenant » nous racontent-ils… Fabius, c’est le changement? Jack Lang, c’est le changement? Cela devra prendre le temps qu’il faudra mais le Parti Socialiste Français devra, dans les prochaines années, assumer pleinement les délires et casseroles de Mitterrand. En 2012, il est impardonnable de voir Hollande et consors, s’incliner sur la tombe de Tonton, lui qui toute sa vie, a su ménager tous les courants politiques, entubés tous ses proches de l’extrême-gauche (des résistants du PCF) à l’extrême-droite (les pires collabos Pétainiste) pour asseoir son pouvoir et parvenir au poste suprême. 14 ans de règne, cela laisse des traces pour tout le monde, des casseroles qui n’ont rien à envier aux folies de l’actuel Naboléon (les écoutes téléphoniques, le Rainbow Warrior, la fille cachée payée aux frais de la princesse…) Mais les plus fanatiques de Solférino demeurent aussi les plus amnésiques. Ne nous étonnons pas alors que le peuple, le vrai celui de Paris Extra-Muros (Paris n’est pas la France!), n’ait pu donner que 600 000 voix d’avance à Hollande face à Sarkozy. Avec un candidat du peuple, crédible et médiatisé, Sarkozy n’aurait pas pu et pas dû passer ce premier tour. Malgré le funeste bilan, Sarkozy a obtenu un quart des voix exprimées! Inadmissible et écœurant. Que les gens soient aveugles et sourds n’expliquent pas tout. Le fait d’avoir un flanby light à lunettes, sans saveur, sans charisme, plein d’approximations, ne connaissant pas plus ses dossiers que celui d’en face, et pour couronner le tout, mangeant dans de grands restaurants parisiens avec des personnalités aussi infectes que BHL (proche du peuple, mon œil!), fréquentant le même club immonde (Le Siècle) que son concurrent n’a pas créé le rassemblement tant espérer et nécessaire. Et pour cause! Depuis longtemps, le peuple ne se reconnait plus dans le Parti Socialiste d’où un tel score « petit bras » à ce premier tour, malgré un Sarkozy carbonisé par son bilan. Tant que le PS n’aura pas coupé le cordon avec son passé finalement peu glorieux – Mitterrand n’a fait un programme socialiste que de 1981 à 1984 – le bon peuple aura toujours une raison plus ou moins légitime – mais toujours compréhensible – d’aller voir ailleurs.


hollande flanby


Droite Fasciste

Vous avez détesté la campagne du 1er tour? Vous allez vomir celle du second, car l’électorat FN sera clairement en ligne de mire. Guéant, Copé, Hortefeux, Guaino doivent préparer leurs pires discours, leurs pires attaques populistes pour décrocher les quelques voix.
Sarkozy ou la Gauche Caviar? Aussi incroyable que celui puisse paraitre, bon nombre de « rebelles », de « désespérés » haineux préfèrent malheureusement Sarkozy.
Certes, c’est la première fois qu’un président sortant de la Vème république fait un score aussi minable. Mais l’argument avait été préparé de longue date par les collabos du National Sarkozism. L’élément de langage depuis le début reste le même: la crise. Il a juste été adapté avec l’expression grotesque « un vote de crise ». Risible!
Elle a bon dos cette crise, depuis le début. Elle explique même le piètre classement de la France concernant la liberté de la presse. C’est vous dire!
Le plus abject demeure ses leçons des caciques de l’UMP en matière d’économie et de sécurité alors que les faits, rien que les faits, prouvent qu’ils n’ont su faire mieux que la gauche, en 5 ans de Sarkozism pur et dur. Un comble!



5 ans de plus: l’horreur!
sarkozy horreur



Branlée prévisible

Qu’allait donc faire Eva Joly dans cette galère? Elle peut d’ores et déjà remercier Noël Mamère et Dany le Rouge de lui avoir savonner la planche.
Que dire de son équipe de campagne? Absence de moyen (15 personnes) et un leader de…24 ans. Un génie parait-il, sauf que les idées de com’ ne font pas tout! 2,2%
On ne peut que regretter la survenue de la catastrophe de Fukushima une année trop tôt. Nul doute que le score aurait été totalement différent.



Branlée surprise

Triste surprise avec une Marine le Pen passée devant et un piètre 11,5%, Jean-Luc Mélenchon doit relativiser pour rester « optimiste ». Certes c’est 3 fois le score promis en début de la campagne. Certes le Front de Gauche partait de rien: les ruines du PCF. Mais comme dans toutes compétitions sportives, tout le monde se fout du 4ème!
On ne peut que regretter que celles et ceux qui voulaient un vote de protestation ne se soit pas contenter d’un ronchon non-xénophobe.



Finalement, vu les résultats, on peut aisément imaginer qu’à force d’avoir ingurgité de la merde pendant 50 ans, les français ne savent plus distinguer une viande fermière d’une barbaque industrielle.
Il en va de même pour les politiques: les 2 candidats connaissant le mieux leurs dossiers, Eva Joly et Mélenchon, et souhaitant réellement changer le système, ont réalisé des scores indignes des valeurs promues, 14% à eux deux!
Peu étonnant puisque dans cette habituelle parodie de démocratie permanente, il n’y a jamais eu de confrontations télévisées ou radiophoniques: Mélenchon / Sarkozy ou Joly / Sarkozy.

Alors Gauche Caviar ou Fasciste? En l’absence de vrai choix, il faudra évidemment se regoinfrer du caviar!

mardi 24 avril 2012

Le nucléaire: une guerre contre l'humanité


Pendant que les deux finalistes pro nucléaires de l'élection présidentielle française ont commencé à s'écharper dans le lit de la République, tirant à eux les draps tachés par la honte du premier tour, une guerre immonde, invisible décime lentement mais sûrement la planète.  L'inconscience humaine dépasse tout ce qu'on a pu imaginer jusqu'à présent et les récits science-fiction les plus funestes des années cinquante sont en train de devenir réalité. A Fukushima, la situation ne s'arrange pas, nous allons vers le pire nous avertissent des chercheurs et experts indépendants.   Pendant ce temps-là, les shadoks pompaient... G. Hadey


Article très important : Fukushima est entré en fusion, confirmation

Je pense que vue la gravité de l'article, il serait bon de transmettre ces informations le plus largement possible, non pour effrayer les gens, mais pour les informer sérieusement et les inciter à se prémunir au mieux.
Egalement prévenir les correspondants américains qui seront aux premières loges (par e-mail ou par des forums et blogs).
C'est bizarre, mais je ne suis pas étonnée de toutes ces révélations, comme si c'était quelque chose qui devait arriver...  (Bistro Bar Blog)


Fukushima est entré en fusion, c'est confirmé

Le 6 avril, Reuters a signalé que "le noyau du réacteur nucléaire de Fukushima au Japon est entré en fusion et a traversé la cuve du réacteur,"déclare le républicain Edward Markey lors d'une audience à la Chambre à propos de la catastrophe :
"J'ai été informé par la Commission de Réglementation Nucléaire (CNR) que le noyau a tellement chauffé qu'une partie de celui-ci a probablement fondu dans la cuve du réacteur."
Promouvant avec inconscience la prolifération nucléaire, la Commission de Réglementation Nucléaire américaine est tristement célèbre pour dissimulation et déni de ses effets nocifs. En conséquence, leurs rares aveux confirment vraiment une réelle fusion du cœur dans un ou plusieurs réacteurs, signifiant qu'énormément de rayonnement est relâché de manière incontrôlable dans l'atmosphère, l'eau et le sol, sur une vaste zone. C'est le scénario cauchemar ultime qui se déroule actuellement, mais ne vous attendez pas à de grands reportages dans les médias ou des explications des représentants du gouvernement.
Néanmoins, le 6 avril, les écrivains du New York Times Matthew Wald et Andrew Pollack ont mis en gros titre "Le coeur du réacteur touché fuit probablement, annoncent les États-Unis " :
" La CNR américaine a déclaré mercredi qu'une partie du cœur d'un réacteur japonais touché avait probablement fui de sa cuve en acier vers le fond de la structure de confinement, impliquant que le dommage était encore pire qu'on ne le pensait."
Bien pire, en fait, parce que le matériau du coeur en fusion brûle ensuite de manière incontrôlée à travers la fondation en béton, ce qui signifie que tous les paris sont ouverts.
Le 5 avril, James Glanz et William Broad ont titré ainsi le Times : " Les Etats-Unis voient une panoplie de nouvelles menaces à la centrale nucléaire du Japon" :
Des ingénieurs américains ont prévenu "que la centrale nucléaire en difficulté.... est confrontée à un large éventail de nouvelles menaces qui pourraient persister indéfiniment, et qui dans certains cas, devraient augmenter en raison des mesures mêmes prises pour garder la centrale stable, selon un rapport confidentiel du CNR.
Les menaces identifiées comprennent:
- Possibilité d'autres explosions en raison de l'hydrogène et l'oxygène de l'eau de mer utilisés pour refroidir les réacteurs, qui pourraient avoir fait plus de mal que de bien. Selon l'ancienne conceptrice de réacteur, Margaret Harding:
«Si j'étais dans les chaussures des japonais, je serais très réticente pour avoir des tonnes et des tonnes d'eau dans un contenant dont l'intégrité structurelle n'a pas été vérifiée depuis le tremblement de terre», et très probablement sérieusement endommagé.
- En raison de préoccupations au sujet de dommages graves au cœur du réacteur, CNR a recommandé que du bore soit ajouté à l'eau de refroidissement pour modérer l'absorption des neutrons.
- Les barres de combustible usé exposées/ non protégées dans les unités 1, 2, 3 et 4 présentent des dangers extrêmes. Par ailleurs, des explosions ont soufflé dans l'atmosphère du matériau nucléaire "jusqu'à presque deux kilomètres des unités", indiquant de beaucoup plus grands dégâts que précédemment dévoilés.
David Lochbaum de l'Union of Concerned Scientists (UCS) (union des scientifiques inquiets) estime:
"Ceci brosse un tableau très différent, et suggère que les choses sont bien pires. Ils pourraient avoir encore plus de dégâts à longue échéance, si certaines de ces choses ne fonctionnent pas pour eux .... Ils ont eu beaucoup de choses désagréables (à manipuler), et un faux pas pourrait rendre la situation bien bien pire. "
D'autres experts pensent que la criticité a été atteinte, ce qui pose de bien plus grands dangers que révélés.
Pourtant, le gouvernement et les fonctionnaires de TEPCO prétendent toujours "pas de risque immédiat pour une explosion d'hydrogène " ou un dommage grave pour la santé humaine. En fait, les niveaux de danger sont maintenant extrêmes. Plus à ce sujet ci-dessous.
Même le CNR a admis que l'eau salée a "sévèrement restreint" et probablement bloqué les circuits. En outre, à l'intérieur du noyau, "il n'y a probablement pas de niveau d'eau (il est donc) difficile de déterminer la mesure du refroidissement qui a accès au carburant." Peut-être aucun, et trois réacteurs ou plus sont touchés, un ou plusieurs en fusion.
Opinions d'experts indépendants
Le 4 avril, le géoscientifique et expert international en radioactivité Leuren Moret, a déclaré lors d'une interview par Alfred Lambremont Webre qu'Obama et le Premier ministre canadien Stephen Harper vont cacher les effets d'une guerre nucléaire tectonique sur l'Amérique du Nord par les retombées de Fukushima. En fait, les cartes de radioactivité de l'Institut norvégien pour la recherche atmosphérique (NILU) confirment une contamination sur la côte ouest, le Midwest et l'Ouest du Canada, et dans certaines régions plus élevée qu'au Japon.
De I'iode-131 radioactif dans l'eau de pluie échantillonné près de San Francisco a été trouvé à plus de 18.000 fois au-dessus des normes fédérales de l'eau potable. Les échantillons de l'Idaho, du Minnesota, de l'Ohio,de la Pennsylvanie et du Massachusetts ont montré de l'iode-131 jusqu'à 181 fois supérieur à la norme, et qui devrait augmenter. Il fait aussi son apparition dans le lait.
En conséquence, les mesures mobiles dans certaines parties de l'Amérique et le Canada ont été suspendues jusqu'à nouvel avis pour dissimuler la gravité de la catastrophe.
Moret a cité deux éminents scientifiques en nucléaire qui ont déclaré publiquement que le nord du Japon (un tiers du pays) est inhabitable et doit être évacué. Marion Fulk est l'un des scientifiques du projet Manhattan qui a aidé à développer la bombe à hydrogène. Il a également été expert en retombées sur l'atmosphère américaine quand les tests ci-dessus ont été effectués.
Le Dr Chris Busby est l'autre, le spécialiste des rayonnements ionisants. Le 30 Mars, il a dit à la télévision Russia Today que la contamination de Fukushima causera au moins 417 000 nouveaux cancers.
Moret a appelé Fukushima une opération "false flag" pour affaiblir un rival économique, nuire à l'économie, l'agriculture et la pêche, et compromettre sa détente avec la Chine. Par rapport à Tchernobyl, Fukushima libére énormément plus de rayonnement, peut-être de trop énormes quantités pour imaginer les effets potentiellement catastrophiques sur le monde.
En réponse, le Japon, l'Amérique et le Canada sont dans le déni. Les niveaux acceptables d'exposition au rayonnement ont été élevés. Les tests atmosphériques américains et canadiens ont été suspendus. Les autorités de l'État ont dit aux médecins de Californie de ne pas donner de l'iode pour les patients concernés. Mesurer le rayonnement dans le lait a également été arrêté.
La contamination se répand de l'Arctique à l'équateur. Les isotopes radioactifs à longue durée de vie provoqueront des ravages sur la santé humaine et l'environnement pour des générations. Moret a dit que les formes de vie développées sur des milliards d'années seront détruits dans un siècle.
Le 29 mars, un article de Chris Busby de Rense.com s'intitulait "Démolir les experts nucléaires" :
"Ce que ces gens ont en commun c'est l'ignorance. (beaucoup de ceux) qui apparaissent (dans les grands médias) et pontifient n'ont pas vraiment fait de recherche sur la question du rayonnement et de la santé. Ou s'ils l'ont fait, ils ont.... raté toutes les études clés et les références. (D'autres sont) réellement méchants en disant qu'on n'a rien à craindre de Fukushima, rien comme Tchernobyl ou Three Mile Island.
En fait, Fukushima est déjà bien supérieur aux deux autres et ira de plus en plus mal avec les disséminations de rayonnement qui se poursuivent et s'étendent. Busby citait Joseph Conrad en disant: «après que tous les cris se sont tus, le silence sinistre des faits demeurent."
" «Je crois que (l'éventail des) experts charlatans", a déclaré Busby, "sont pénalement irresponsables, car leurs conseils mèneront à des millions de morts .... J'espère qu'ils seront envoyés en prison où ils pourront avoir beaucoup de temps pour lire les preuves scientifiques (montrant) que leur avis était fondé sur l'analyse mathématique de l'air léger. "
Il a cité le regretté professeur John Gofman, un grand expert responsable américain de l'énergie atomique à la Commission, qui a démissionné, en disant:
"L'industrie nucléaire est une guerre contre l'humanité."
Jusqu'à présent, en fait, il a gagné. On est entré dans un "endgame" qui décidera si oui ou non l'humanité survivra. ''Pas d'une soudaine guerre nucléaire", a déclaré Busby. "Mais d'une guerre nucléaire en cours et progressive qui a commencé avec les rejets dans la biosphère au cours des années 60 par toutes les retombées des essais atmosphériques, et qui s'est continué inexorablement depuis (à ce jour), accompagnée par un accroissement parallèle des taux de cancer et la perte de fertilité de la race humaine. "
" Busby l'appelle «le scandale de santé publique le plus grand de l'histoire humaine ....» Qui peut être en désaccord ?
Un dernier commentaire
Dans un e-mail personnel, le chercheur en environnement, le Dr Ilya Perlingieri a expliqué les dangers du déversement par les japonais de milliers de tonnes d'eau radioactive dans le Pacifique, en disant:
Nous sommes tous en grave danger! Ceci a été de la folie ! Cette eau radioactive va venir ici (vers l'Amérique). Ça ne fait aucun doute. Les courants l'emmèneront vers la côte ouest et contamineront les plages et toute la vie marine entre la côte et le Japon. Ce qui s'évapore naturellement viendra alors par les courants aériens sur le reste des États-Unis et le reste de la planète! "
«C'est homérique, et ce n'était pas un accident."
Traduit par Hélios 


lundi 23 avril 2012

Casse-tête électoral

Teuf! Teuf! Teuf! Teuf! Teuf! C'est reparti pour un deuxième tour, fatal celui-ci puisqu'il nous privera, quel qu'en soit le résultat, de notre libre arbitre pluraliste. La Finance apatride continuera de décider des orientations économiques par le biais du FMI, de l'OMC, de la BCE...etc.... Aujourd'hui, il semblerait que nous n'avons plus d'autres choix qu'entre la roulette hongroise à la mode Naguy-Bocsa ou la roulette hollandaise façon PS (Pseudo Social). La VIe République attendra les calendes grecques. Laquelle de ces deux roulettes est la moins létale, d'après vous? 
Pour vous aider à trouver une réponse, voici deux articles que j'ai déniché sur Wikistrike. L'un des candidat devrait porter une perruque blonde pour attirer à lui les déçus de la vie tandis que l'autre devrait se mettre du rouge aux joues s'il veut faire illusion. A vous de jouer et de voter, si vous n'avez plus rien à perdre.
G. Hadey 





Source: Wikistrike

dimanche 22 avril 2012

Un 22 avril avec un parfum de boules puantes




La France pue la peste brune, les épouvantails au milieu du champs de bataille s'en donnent à coeur joie. Ce n'est pas la patrie qui se trouve en danger car il y a longtemps qu'elle est vendue, soumise, remisée dans les placards poussiéreux de l'Histoire, c'est l'intégrité de la conscience révolutionnaire telle qu'elle s'est toujours tant bien que mal exprimée depuis la chute de la monarchie. Je ne confond surtout pas Révolution et bain de sang bien que je fasse partie de ceux qui n'ont pas oublié les 30 000 morts de la Commune. "Il faut tuer le peuple" telle est le message subliminal en boucle de la ritournelle médiatico-propagandiste des élites dirigeantes. Sarko en en cela est le grand gagnant de ces élections: il a réussi à étriper le pays, et à réduire une majorité de la population en apparence divisée, en petits serviteurs débiles, propres sur eux pour dissimuler leur couardise et leur hypocrisie d'arrivistes. Au mieux Hollande, s'il devenait le prochain Président, désinfecterait les couverts d'argent de l'Élysée tout en faisant des courbettes aux banquiers. J'ai le goût de l'exil ce soir, la démocratie telle qu'elle a été trafiquée à l'usage des nantis n'est qu'une vitrine de luxe où viennent baver des badauds impuissants. Vive l'Otan! Vive la guerre et tous les planqués qui la déclarent!
Et par-delà le foutoir dans lequel il va nous falloir prolonger notre séjour,  un grand merci à Jean-Luc Mélenchon et aux militants intrépides du Front de Gauche qui ont sauvé l'honneur de l'esprit originel de la Révolution française. André Chenet



Puisse au moins l'histoire ci-dessous devenir réalité le 6 mai prochain:


Un jour de Mai 2012, un vieux monsieur est assis sur un banc en face de la grille du Coq du Palais de l'Élysée.
Au bout d'une heure, il se lève et s'approche du Garde Républicain : « Bonjour monsieur, j'aimerais visiter l'Élysée et rencontrer le Président Nicolas Sarkozy ».
Le Garde Républicain lui répond : « Monsieur Sarkozy n'est plus président et il n'habite plus ici ».
Le vieux monsieur s'en va sans dire un mot...Le lendemain le vieux monsieur est de nouveau assis sur son banc. Au bout d'une heure, il se lève, va voir le Garde Républicain et lui dit : « Je veux visiter l'Élysée et rencontrer le Président Nicolas Sarkozy ».
Le vieux monsieur s'en va sans dire un mot...
Le troisième jour, le vieux monsieur est assis sur le même banc et fixe longuement l'Élysée.
Le pauvre Garde Républicain est très embêté. « Monsieur, cela fait 3 jours que vous demandez à rencontrer Monsieur Sarkozy
« Non, Non... dit le vieux monsieur, c'est juste que ça me fait tellement plaisir de l'entendre dire».
Alors le Garde Républicain se met au garde-à-vous, le salue et lui dit : « À demain, Monsieur ».

Le garde lui dit : « Monsieur Sarkozy n'est plus président et il n'habite plus ici ».
Il se lève enfin, va voir le Garde Républicain et lui dit à nouveau : « J'aimerais visiter l'Élysée et rencontrer le Président Nicolas Sarkozy ». 
et ça fait 3 jours que je vous dis que Monsieur Sarkozy n'est plus président et qu'il n'habite plus ici...
Est-ce qu'il y a quelque chose que vous ne comprenez pas ? »
« Non, Non... dit le vieux monsieur, c'est juste que ça me fait tellement plaisir de l'entendre dire ».Alors le Garde Républicain se met au garde-à-vous, le salue et lui dit : « À demain, Monsieur ». 




vendredi 20 avril 2012

Veillée rouge

Jean-Luc Mélenchon rend à la politique sa dimension universelle. Certains passages de son discours à La Porte de Versailles du 19 avril à m'ont fait penser aux très longs poèmes des dernières années de Léo Ferré, quand il donnait toute la puissance de sa pensée et toute sa ferveur de poète sans tabous. De mon vivant, je n'avais jamais entendu s'exprimer avec autant d'ardeur et de sincérité un homme politique. En ce sens, Jean-Luc Mélenchon a accompli un prodige et cela nous en dit long sur son parcours et toutes les souffrances et déceptions qu'il a du traverser et dépasser pour en arriver à ce point sublime. Il dit LA VIE, rien que cette vie simple, créative et profonde à laquelle nous aspirons. A côté de lui, de Gaulle n'est qu'un clown tragique. Le Front de Gauche est la plus belle invention du temps présent.

Je n'ai jamais voté puisque à mes yeux aucun candidat n'a jamais eu l'envergure d'un idéal collectif. En 1974, année de mes vingt ans, je défilais joyeusement avec les anarchistes, parmi les drapeaux noirs et rouges. Nous n'étions pas dupes. En 1981, le jour de l'élection de Mitterrand, je rentrais du Maroc après avoir franchi à pieds la frontière espagnole. Je n'étais pas dupe et je me suis refusé de participer à la liesse générale. Mitterrand et ses acolytes n'étaient que des trompe-l'oeil destinés à une gauche déjà très embourgeoisée. Et puis je ne lui pardonnais pas ses amitiés douteuses, ses positions durant la guerre d'Algérie et aussi d'avoir fait tirer sur les ouvriers de St Nazaire en 1956 alors qu'il était ministre de l'intérieur. La politique nationale n'était qu'une comédie grotesque basée sur les intérêts les plus mesquins qui soient, sans vision véritable. Ainsi nous en sommes là où nous sommes, la droite dure a finit par détruire les acquis du front populaire et du CNR. Les grands argentiers sont au faîte de leur puissance tandis que l'édifice social s'écroule. Et puis il y eut le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon: un vent venu des grandes profondeurs de l'Histoire humaine s'est levé, un souffle immense qui ranime les brasiers des révolutions fraternelles, un mouvement ascendant mu par des forces de vie conscientes. Alors oui, cette fois-ci je désire apporter ma voix, je dirai OUI à l'assemblée constituante et à la fondation de la VIe République. Dimanche prochain, le 22 avril, je ne serai pas dupe, car je sais que quelle que soit l'issue de ces élections, le peuple de la Commune est déjà en marche pour changer la vie. Qu'il vienne le temps des cerises, le temps dont on s"éprenne ! Hasta la victoria ! Et l'humain d'abord !   André Chenet 






Le 20 avril 2012

Auteur: Jean-Luc Mélenchon

Cette note est la dernière que je suis autorisé à publier avant le premier tour de l’élection présidentielle. A partir de minuit ce soir, les commentaires seront coupés pour respecter la loi. Ils me manqueront ! Car je les lis avec intérêt chaque soir pour me faire une idée de ce qui se discute entre vous et pour y piocher des arguments et même des formules. Ici je vous dis un mot de ce que je ressens. Puis je me propose de vous ébahir avec le revirement de François Hollande sur la Banque centrale européenne. Enfin je publie l’entretien que j’ai donné au  journal « L’Humanité » paru vendredi matin. En effet il exprime avec justesse et clarté le bilan que je fais à cette heure de notre travail commun dans cette campagne. Comme je ne saurais mieux dire depuis, j’en fais une sorte de déclaration à l’usage de ceux qui me liront. Ajouté aux arguments du meeting de la Porte de Versailles, j’estime que cela constitue presque une sorte de manifeste politique.

J’ai noté ces lignes de retour du rassemblement Porte de Versailles. Je n’avais pas fini d’éponger l’émotion qui m’habitait de façon si étrange par sa douceur et la tranquille sérénité qu’elle diffusait en moi. Nous avions été si tendus dans la préparation de cet événement qu’il n’y avait rien eu de prévu pour le moment d’après. Je dînais donc tard avec quelques très proches qui se trouvèrent disponibles au dernier moment après toutes les séances de réglages qui suivent ces sortes d’événements. Chacun entrecoupait son propos des nouvelles arrivées de nos amis qui organisaient des diffusions publiques en région dans les villes. C’était pour moi le plus suffoquant ! 1500 sur la place de la Révolution à Besançon, 2000 au Mans ! Ailleurs on me donnait aussi des chiffres qui coupent le souffle. Par téléphone dans le Doubs puis à Paris avec les jeunes responsables locaux de la mobilisation et de l’organisation parisienne, tous ne parlaient qu’une langue, si jeunes qu’ils soient, celle d’hommes et de femmes qui avaient le sentiment d’avoir écrit de leur propres mains une grande page d’histoire de la gauche. Et moi aussi je songeais que, dans cette vaste halle de la Porte de Versailles, s’était tenu le plus grand meeting parisien de l’union de la gauche dans les années soixante-dix. Nous étions plus nombreux cette fois-ci, si j’en crois ce que m’en a dit Jack Ralite venu me saluer après la fin du rassemblement. Dans la salle il y avait une émotion à couper au couteau. Que de larmes versées dans les rangs que je pouvais discerner devant moi. On ne parvenait plus à se quitter à la fin, après les hymnes. Les commentaires de ma précédente note raconte ces scènes dans les rames du métro et du tram à la sortie, ces internationales chantées à gorge déployées et reprises à pleins poumons par tous ceux qui se trouvèrent contaminés ! Pour une fois je me suis attardé à méditer sur ma propre place dans tout ceci, moi qui ai pour règle de ne pas me regarder vivre pour vivre vraiment. Pendant que j’y songeais on me dit que « Télésur » avait diffusé mon discours en Amérique du Sud ! Ainsi va notre vie de militant qui donne aux actes de notre engagement une sorte d’effet retour et de boucle harmonieuse entre nos actes. En un soir étaient effacées les odieuses traces des « limaces » de la calomnie comme disait Jaurès, qui m’ont accablées toute la semaine. Dans la chaleur des témoignages qui remontaient à moi, qui maintenant ne voit plus rien que ce qu’on m’en dit, je sentais quel énorme événement a été cet instant d’un bout à l’autre du pays parmi les nôtres. Au « Prolé » à Nîmes, ceux qui s’étaient rassemblés autour d’un écran pour suivre la télétransmission criaient et répondaient en même temps que la salle à Paris. Les mêmes témoignages viennent de Grenoble et de Marseille comme on m’en bombardait par SMS les échos émerveillés. Feu d’artifice final de la campagne de premier tour qui achève dans la ferveur ce qui a été commencé de même.

Le lendemain soir je n’en croyais pas mes oreilles. Un ralliement inouïe à l’une de nos thèses essentielle : « Le candidat PS à l'Elysée François Hollande s'est prononcé vendredi sur Europe 1 pour une baisse des taux de la Banque centrale européenne afin de soutenir la croissance. Interrogé sur les moyens de soutenir la croissance, M. Hollande a affirmé que la BCE avait "deux moyens de le faire : le premier, c'est de baisser les taux d'intérêt, si nous pensons qu'effectivement il peut y avoir, par ce biais-là, un soutien à la croissance, et moi j'y suis favorable. Donc à la Banque centrale européenne d'aller dans cette direction", a déclaré M. Hollande. "Mais il y a une deuxième façon qui serait de prêter directement aux Etats plutôt que de passer par le truchement qui a été choisi d'un soutien aux banques", a-t-il ajouté. Selon lui, "c'est quand même invraisemblable que la Banque centrale européenne inonde le marché de liquidités" avec des "banques qui empruntent auprès d'elle à 1% et qui reprêtent aux Etats, notamment espagnol, à 6%". "Il y a un moment où on ne peut pas accepter des phénomènes de rente à ce point", a dit le candidat socialiste. Il "serait plus judicieux, plus efficace, plus rapide que la BCE prête en premier et dernier ressort". » On se demande pourquoi il a attendu la veille de la clôture de la campagne pour en parler. Et pourquoi cet argument n’a jamais été évoqué avant cela compte tenu de son importance, notamment quand la Grèce se débattait sous le grotesque gouvernement Papandréou, pourtant socialiste, ou du temps où les socialistes gouvernaient l’Espagne et le Portugal et mourraient cuits à petit feu sous la trique de l’Union européenne dont ils appliquaient avec zèle les ordres cruels. Doit-on s’en réjouir ? Evidemment oui, car cela apporte de l’eau à notre moulin et aide à structurer une politique d’affrontement avec le gouvernement allemand en Europe. Faut-il le croire ? Je ne le recommande pas. En effet, la suite de son propos sent l’arnaque habituelle. François Hollande affirme : « Cette position, je la défends depuis des années ». C’est un bobard. Je ne l’ai jamais entendu la formuler et je mets au défi quelqu’un d’en trouver la trace. Son humour à l’égard de Sarkozy n’en est que plus suave lorsqu’il s’exclame : «  C'est ce qui se passe aux Etats-Unis, c'est ce qui se passe aussi en Grande-Bretagne », avant de persifler : « Le candidat sortant vient de la découvrir, tant mieux si cette campagne présidentielle a permis d'avoir plus de lucidité ». Tu l’as dit ami ! Que ça te fasse du bien à toi aussi, voilà qui est évident.

Comme il faut un propos comme conclusion d’étape, j’ai décidé de publier l’entretien que j’ai mené avec Patrick Apel-Muller et Mina Kaci du journal « L’Humanité ». C’est un travail remarquable qu’ont réalisé ces deux journalistes. Pour une fois je me reconnais très bien dans la logique du questionnement et j’ai eu plaisir à répondre pour éclairer mon point de vue. Je forme le vœu que ces lignes vous aident à votre tour à comprendre mon état d’esprit dans ces heures de veille et d’attente.


Entretien de Jean-Luc Mélenchon avec Patrick Apel Muller et Mina Kaci du journal "L'humanité":

L’Humanité : « Nous arrivons au terme du premier tour. La campagne du Front de Gauche est appréciée par l’opinion comme la plus dynamique de toutes, mais estimez-vous qu’elle a changé la donne, qu’elle a « renversé la table » ? »

Jean-Luc Mélenchon. Nous avons fait vivre dans le pays des thèmes politiques qui ont changé le regard des citoyens, quelles que soient leurs options politiques. L’idée qu’il existe deux camps, celui du peuple et celui de l’oligarchie, est désormais très largement partagée. La dénonciation de l’hyper-richesse et de la richesse sans justification est maintenant générale. Je ne cite que ces deux exemples car l’impact a été si fort que les autres programmes politiques ont évolué, alors que ces deux thèmes étaient jugés populistes au départ. De même, notre discours d’unité républicaine du peuple français, quelles que soient les religions et les origines, a marqué les esprits. Ce qui a changé, c’est le regard que ceux qui se sont rassemblés, qui étaient dans le mouvement, portent sur eux-mêmes, pas sur nous, mais sur eux, du fait de cette campagne. Ainsi, du retour de confiance en soi de la classe ouvrière et du salariat et leur réintégration de leur propre dignité sociale. Dans la population héritière de l’immigration, le sentiment d’appartenance au pays est plus fort et conduit à une re-légitimation de notre présence à tous ici. Et, bien évidemment, nous avons réussi à rassembler la force politique éparpillée. Nous savions qu’elle existait, mais nous nous interrogions pour savoir si nous étions capables de l’aider à se cristalliser, à réapparaître. Nous avons travaillé avec méthode – en prenant le meilleur des traditions des unes et des autres formations – à la reconstituer, à la réorganiser autour d’un programme et d’une vision du monde à la fois anticapitaliste et culturelle. Nous avons fait la démonstration qu’un programme politique est ancré dans une culture, et une culture ancrée dans l’histoire. Cela s’est traduit dans ma manière de faire, mais aussi dans la nature de la participation aux rassemblements.

L’Humanité : « Les fameux « Résistons » et « Présidons »… »

Jean-Luc Mélenchon. Il a fallu parfois tempérer le zèle, mais j’ai rarement dû dire de ne pas crier mon nom. Le ralliement était en effet de nature politique. J’ai mis un point d’honneur à situer tous les parcours que nous avons fait politiquement et historiquement, à la Bastille, à Toulouse ou à Marseille. Les dimensions culturelles, politiques et historiques ont été continuellement tricotées ensemble et cela a transformé l’état d’esprit dans le pays. Même chez ceux qui ne sont pas avec nous.

L’Humanité : « La Banque centrale européenne est mise sur la sellette, on parle de combattre l’exil fiscal, d’une imposition portée à 75% des revenus… Vous faites école ? »

Jean-Luc Mélenchon. Nous avons rendu des questions incontournables. C’est une très grande conquête car des efforts incroyables ont été déployés pour détourner les citoyens de ces questions. L’ordre établi a fait un effort gigantesque pour faire surgir des débats qui n’en étaient pas, pour essayer de passionner l’opinion sur des leurres absolus. Les citoyens ont fait preuve d’une capacité de grande résistance pour ramener au premier plan leurs centres d’intérêt.

Nous avons mis tout le monde au pied du mur et, à quelques heures du scrutin, cela seul compte. Si tout le monde est bien convaincu que le monde de la finance continuera d’attaquer notre pays, quel que soit le président élu parce que ce n’est pas une affaire de personne mais de système, alors se pose les questions : comment répondre à cette attaque ? Faut-il céder, temporiser, s’accommoder? Ceux qui essaient de composer avec l’agresseur, seront encore plus frappés le lendemain que la veille, comme la Grèce. Il n’existe donc que deux positions : s’accommoder ou résister. La résistance porte en elle un acte positif. On résiste car l’on veut atteindre d’autres lignes d’horizon et que l’on n’a pas l’intention de s’en laisser détourner. Je ne dirai pas que nous avons fait école, mais nous avons été les metteurs en scène du réel. C’est nous qui avons amené la réalité sur la table, dont on avait tout fait pour la faire sortir.

L’Humanité : « Vous déclarez que le Front de Gauche est en train d’« écrire une nouvelle page de l’histoire de la gauche ». En quoi ? »

Jean-Luc Mélenchon. Le Front de Gauche fait renaître un courant politique, philosophique, culturel que certains pensaient épuisé. C’est un courant qui marie la philosophie des Lumières, le républicanisme révolutionnaire, le socialisme historique dans toutes ses composantes, qu’elles soient communiste ou socialiste. Nous n’avons pas ramené un vieux drapeau, nous avons créé une force politique nouvelle, le Front de Gauche, qui a en même temps procédé à un re-brassage idéologique très profond, qui a réorganisé son programme politique autour d’un paradigme nouveau : l’écologie politique. Nous avons démontré que les courants de la philosophie des Lumières, du républicanisme révolutionnaire et du socialisme historique ont été validés par le point de vue selon lequel nous n’avons qu’un seul écosystème qui rend la vie humaine possible et qu’il faut en tirer des conclusions. Jusqu’ici, on nous présentait le rapport entre le socialisme historique et l’écologie politique comme une espèce de millefeuilles, avec une couche de socialisme, une couche de République, une couche d’écologie. Nous avons présenté une nouvelle synthèse politique pas seulement comme un objet intellectuel, mais comme une force sociale. En ce sens, nous changeons l’histoire de la gauche. Un des moments clefs de notre campagne a été ce jour où, au quartier général de notre campagne, nous avons reçu les salariés de différentes entreprises en lutte qui ont fait la démonstration que leurs contre-projets étaient d’intérêt général en ceci qu’ils étaient écologiques. L’écologie politique ne sera plus la même dans ce pays depuis notre campagne. C’est notre tradition qui a fourni la première jonction entre cette synthèse idéologique et une classe sociale. C’est bien d’avoir des idées mais il faut aussi que les masses humaines impliquées se les approprient, ou les fassent naître d’elles-mêmes.

Surtout, la gauche va être au rendez-vous de l’histoire, du défi de la crise du capitalisme et de la crise écologique. Alors que tant de peuples n’ont pas l’outil politique efficace, comme le Front de Gauche, pour résister à cette crise, nous l’avons fabriqué, patiemment, méthodiquement, sans a priori, en acceptant que le mouvement de la vie corrige les théories que l’on avait au début. Quel exploit ! Nous sommes devenus dépositaires d’un bien très précieux, unique en Europe. On nous regarde dans le reste du monde. Nous ouvrons une nouvelle histoire de la gauche et il faut en assumer toute la responsabilité. Car le patronat et Laurence Parisot ne s’y sont pas trompés qui ont vu en nous « la Terreur »… pour les portefeuilles des patrons, en effet. Même l’instant d’une élection, ils ne veulent pas des rouges à 15%. Ils s’interrogent : comment en est-on arrivé là en France, alors qu’ailleurs nous sommes arrivés à domestiquer les salariés? A leurs yeux, nous avions déjà fichu la pagaille en 2005 en votant majoritairement contre le Traité constitutionnel européen et l’on avait recommencé avec la mobilisation contre le projet de réforme des retraites en 2010. Pour eux, nous empêchons de se dérouler l’histoire du triomphe capitaliste libéral.

Quelle que soit l’issue de la campagne, chacun en gardera la brûlure. On n’est plus le même qu’avant, quand on a été confronté une fois dans sa vie à la Bastille remplie à l’appel d’organisations politiques, au Capitole archicomble et à la marée humaine de Marseille. Alors, on ne regarde plus la politique de la même manière, ni l’action en politique.

L’Humanité : « Vous avez appelé à « mettre à terre » Nicolas Sarkozy et l’avez défini comme une priorité, comme le point commun de la gauche. Comment abordez-vous la question du deuxième tour ? »

Jean-Luc Mélenchon. Je lance d’abord une invitation à la prudence sur les pronostics. Je répète que l’intuition initiale du scénario de campagne a été vérifiée. Peut-être que cela me donne l’autorité pour que l’on m’écoute. La situation reste extrêmement volatile et la position finale du Front de Gauche n’est écrite nulle part. Ce qui signifie que beaucoup de surprises peuvent se produire. Comme dans les années précédentes. En 2002, le FN était plus haut qu’annoncé et en 2007, il était beaucoup plus bas. Il y a eu à chaque fois des erreurs dans les prévisions. 
  
Ayons donc l'humilité de juger que rien n'est réglé. Et en particulier pour le Front de Gauche qui, tous les éléments l’attestent, peut s’avérer la surprise.

Le deuxième tour va servir à éliminer la droite. C'est sa fonction principale. Le projet de François Hollande, comme celui du Front de Gauche, ont cet élément, peut-être le seul, en commun. Pour nous qui pensons que la révolution citoyenne est inéluctable, nous avons besoin d'ouvrir la brèche et que la droite perde le pouvoir. Ce sera la première défaite de la droite dans une économie majeure depuis des années. Si M. Sarkozy est battu, l'axe Sarkozy-Merkel s’écroule. Nous ouvrons alors un espace pour toute l'Europe. Et comme nos amis grecs vont voter juste derrière nous, et les Allemands en octobre prochain, cette brèche peut traverser toute l’Europe. C’est à cette échelle que se joue la partie. C’est dans nos rangs que se trouve Pierre Laurent, le président du Parti de la gauche européenne, qui constitue, à l’échelle du continent, la seule alternative à la sociale-démocratie qui partout en Europe – je ne parle pas de la France – a capitulé, instantanément, sans aucune résistance.

L’Humanité : « Certains, jusqu'à la dernière minute, vont continuer à raviver la thématique du "vote utile", du "vote efficace". Craignez-vous cet argument ? »

Jean-Luc Mélenchon. Le soi-disant "vote utile" a fait long feu. Il ressemble davantage à une manoeuvre malhonnête qu'à un raisonnement politique sachant que les sondages placent le candidat socialiste François Hollande à plus de 10 points devant le Front National. Pour moi, ce qui est utile c’est déjà de voter. Depuis maintenant 10 jours, les mêmes qui appellent au "vote utile" consacrent l'essentiel de leur énergie à taper sur le Front de gauche. Il y a là une incohérence : Si la gauche était menacée par le Front National, ils consacreraient leur énergie à contrer l’extrême-droite. Quant au "vote efficace", c'est totalement déraisonnable. La démonstration a déjà été faite : en 1981, François Mitterrand était deuxième au premier tour, il a gagné l'élection. En 1995, Lionel Jospin était premier, il a perdu. Ce qui compte donc, ce n'est pas la position relative à la sortie du premier tour mais la capacité de rassemblement. Les élections présidentielles perdues par la gauche ont une caractéristique commune : la faiblesse du courant que nous incarnions.

L’Humanité : « Et aujourd’hui ? »

Jean-Luc Mélenchon. La gauche a une faible capacité de rassemblement, pas seulement entre les états-majors, mais avec le peuple lorsqu'elle a un programme politique qui renonce à l'affrontement nécessaire avec le capital. Cette fois-ci, nous sommes à un paroxysme de cette situation. Ce sera la première fois qu'un candidat socialiste dans l'histoire appelle à voter pour lui sans proposer aucune conquête sociale d'aucune sorte. Et même pas le minimum qui est une augmentation du SMIC ! C’est pourtant le point de départ de n'importe quel programme de gauche avec l’ambition de diminuer le temps de travail au cours de la vie. De ce point de vue, la capacité de rassemblement de François Hollande est bien plus faible que celle du Front de Gauche. Nous, nous sommes en état de proposer quelque chose qui va de l’avant.

Par ailleurs, nous rassemblons sept partis coalisés, plus des courants. Du côté de François Hollande, il y a un parti et trois humiliés qui ont dû renoncer au passage à leur programme. Le mouvement de Jean-Pierre Chevènement a dû s'avaler tout rond le Traité de Lisbonne pour avoir droit à trois sièges à l'Assemblée Nationale ; Europe-Ecologie-Les-Verts ont dû renoncer à la plupart de leurs idées. Quant au PRG, il devra accepter l'instauration du concordat dans la Constitution. Voilà à quoi ont été réduits les alliés de François Hollande. À une négation de leur identité. Ce qui n'est pas du tout notre cas. Aucun des alliés n'a dû renoncer à quelque chose d'identitaire, de fondateur pour lui. Notre capacité de rassemblement d'organisations politiques est plus grand que celui du candidat socialiste et notre rassemblement populaire l'est aussi. D'une manière ou d'une autre, notre discours donne à tout le monde une perspective commune. Quand le Front de Gauche parle de planification écologique, tout le monde entend de quoi il s'agit, que l'on soit ingénieur, technicien ou ouvrier. Nous avons un contenu programmatique de grande ampleur non seulement socialement, mais humainement et écologiquement. Nous ne sommes pas choisis par défaut…

L’Humanité : « Votre objectif est de réduire l'influence du Front National, faire en sorte que Marine Le Pen soit loin derrière vous. Qu'est-ce que cela changerait dans la vie politique ? »

Jean-Luc Mélenchon. Pour nous qui voulons être utile au pays et à la culture très large du républicanisme, de l'idée des Lumières, du progrès humain et de la similitude des êtres humains entre eux, ce serait un fait extraordinaire. À rebours de ce que l'on a constaté dans pratiquement l'ensemble des pays d'Europe, nous aurions réussi à enrayer cette force et à faire passer devant, la force la plus clairement partisane de l'égalité entre les êtres humains, du partage et des valeurs du progrès. Ce serait un événement politique extraordinaire. On part de loin. Certains voudraient que l'on règle cette question en une campagne, alors qu'elle ne l'a pas été depuis plus de 20 ans. On ne sait pas si dimanche on va y arriver. Mais c’est un enjeu d'intérêt général. Pour des citoyens se demandant quel intérêt ils auraient à voter ce dimanche en général, et pour nous en particulier, c'est une bonne raison que de leur dire de venir nous aider à repousser le Front National.

L’Humanité : « Dans L'Humanité de mardi, Christian Salmon, fondateur du Parlement international des écrivains, jugeait que la campagne du Front de Gauche réinvente la politique. N'est-ce pas un préalable, une nécessité pour tous ceux qui aujourd'hui s'abstiennent faute d'espérance, n'est-ce pas aussi le sens de la "révolution citoyenne" que d'embrasser toute cette population ? »

Jean-Luc Mélenchon. La révolution citoyenne s'apparente davantage à un phénomène de la nature qu'à un complot délibéré, organisé par nous. Les origines de la mise à distance de la politique par toutes sortes de gens ont un contenu très concret : la politique libérale ne parle à personne. C'est une politique sèche, stérile, faite de comptabilité. On tente par des graphes, en prétendant leur donner un caractère scientifique, de transformer en évidence quelque chose qui n'est qu'une construction idéologique. C'est un système politique qui ne répond à aucune question que se posent les gens. Comment puis-je vivre s'il me manque la moitié de mes dents ? Comment puis-je lire si je n'ai pas de lunettes ? Comment mon gamin va-t-il améliorer sa vie s'il n'y a pas d'instituteur dans l'école ? Ce sont des questions préalables à toutes les autres. Comment accepter de faire des sacrifices toute sa vie sans pouvoir améliorer son quotidien… La politique de l'ordre établi ne parle à personne en dehors des puissants. Elle parle une langue morte dans laquelle il n'y a pas d'êtres humains, pas d'amour, pas de fraternité, pas de poésie, pas de goût du futur, pas de passion pour la science. Seul importe l'équilibre des comptes à condition que la dépense publique soit réduite. Nous avons osé changer cela. Nous avons en quelque sorte rompu la loi du silence inhumain. Et ramené des questions humaines en se demandant comment les régler. Nous nous sommes rendus compte que le possible n'était pas loin du souhaitable. Et que parfois le possible est plus grand que ce que les gens osent rêver. On a appris aux gens à rabougrir leurs rêves. Nous, nous leur disons de les laisser s'épanouir. C'est effectivement une autre manière de faire de la politique.

L’Humanité : « En lisant des poèmes ? »

Jean-Luc Mélenchon. J'ai lu Victor Hugo devant 10 000 personnes pour envoyer un signal, pour répondre à ceux qui prétendait que j'étais trop intellectuel pour les gens. Un beau silence de connivence m’a accompagné, montrant que nous aimons tous les belles choses. On finira par percer la muraille. Et voilà que « l'autre » se met lui aussi à lire du Victor Hugo place de la Concorde…

L’Humanité : « Quelles seraient les mesures prioritaires à vos yeux que devrait prendre l'éventuel gouvernement de gauche dès son installation ? »

Jean-Luc Mélenchon. Il faut convoquer la constituante pour la 6ème République. Il n'y a pas plus urgent. Changer la règle politique, c'est refonder le peuple français lui-même et c'est donner de la respiration aux nôtres. Mais bien sûr l’urgence c’est de commencer par rassurer, non pas les marchés, mais les travailleurs. Ainsi, il faut des décrets de titularisation des précaires (ainsi 880 000 personnes retrouvent une perspective dans la vie qui ne s'arrête pas au mois suivant) et de plafonnement du recours au précariat dans les entreprises. Et bien entendu, l'augmentation du SMIC. Le gouvernement doit être une machine à donner la confiance au peuple français. Il faut rassurer les salariés, les gens ordinaires qui ne demandent pas des mille et des cents. Ils demandent simplement à réintégrer un cadre de civilisation où ce n'est pas la précarité qu'il emporte. Toute l'histoire de l'humanité est une lutte contre la précarité. On a inventé les institutions sociales pour nous soustraire aux rapports de force qui peuvent changer tous les jours. On a inventé l'agriculture pour ne plus dépendre de la cueillette. La barbarie du capitalisme, c'est de replonger les masses considérables d'êtres humains vers une situation anté-historique. La sphère politique ne mesure pas assez qu'une société ne peut pas vivre dans la peur permanente, la peur de ne pas avoir de travail, la peur de le perdre le lendemain, la peur du chef, la peur de mal faire car le management fonctionne sur la peur. Il faut libérer la société de la peur et de la violence de l’exploitation.

L’Humanité : « Les législatives, qui font suite à la présidentielle, sont un moment fort du rapport de forces. Allez-vous mouiller la chemise ? »

Jean-Luc Mélenchon. C'est décisif. Si les choses tournent bien pour le Front de Gauche, et qu'il y a un gouvernement de Front de Gauche, nous avons besoin de pouvoir nous appuyer sur un groupe parlementaire très fort, pas pour faire de la figuration dans l'hémicycle, mais pour porter le projet de la révolution citoyenne sur le terrain et être les agitateurs et intermédiaires. C'est notre conception de ce qu'est un parlementaire. Ce n'est pas une machine à voter avec la majorité.

Si ce n'est pas un gouvernement du Front de Gauche, mais un gouvernement socialiste, notre groupe parlementaire sera l'assurance-vie des salariés. Car il n'y aura que lui qui tiendra son programme jusqu'au bout et qui le tiendra d'une manière positive mais exigeante. Le reste, on connaît : la droite est contre tout progrès social et les socialistes ont tendance à avoir peur de leur ombre. La force d'entraînement viendra du Front de Gauche et de nulle part ailleurs. La bataille des élections législatives est le deuxième temps de l'insurrection citoyenne, après la présidentielle et avant la suite, c'est-à-dire la mobilisation populaire. Beaucoup devraient réfléchir à ce qui est en train de se passer dans notre campagne. Le Front de Gauche est en train de se transformer en front du peuple.

L’Humanité : « Prédisez-vous une sorte de mariage entre l'élan électoral du Front de gauche et des mobilisations populaires ? »

Jean-Luc Mélenchon. Quelque chose bouge en profondeur dans le salariat de notre pays qui est en train de vaincre la peur. A l’heure où nous parlons, des luttes offensives pour l'augmentation du salaire, contre des cadences infernales, contre le travail du dimanche sont conduites. Ce sont des luttes de conquête. Le Front de Gauche en est l’expression politique. Nous avons permis que ce mouvement prenne confiance en lui, non seulement syndicalement, mais politiquement. Il va donc s'élargir. De plus, si nous battons Nicolas Sarkozy, ce sera un démultiplicateur d'énergie gigantesque.

L’Humanité : « Quelle est votre dernière adresse, avant le premier tour, aux électrices et aux électeurs à deux jours du premier tour ? »

Jean-Luc Mélenchon. Je fais une invite de républicain : réfléchissez attentivement à ce qui est bon pour le pays et ne vous laissez pas embarquer par des impressions, par des combines de sondages, par des suggestions visant à vous condamner à la résignation… Et voyez que le Front de Gauche est la meilleure contribution que l'on puisse faire aujourd'hui à l'histoire de notre pays. Osez l'audace !


Entretien réalisé par Patrick Apel-Muller et Mina Kaci