samedi 8 décembre 2012

La poésie dans l'air du temps

"Je fais à nouveau appel à la conviction qu’ici nous partageons tous, à savoir que nous vivons en plein coeur de la société moderne sur un compromis si grave qu’il justifie de notre part toutes les outrances."  André Breton




    A marée basse

Je chante l'éternité à bâtons rompus
les déchirures du temps les "aubes navrantes"
Je me dissous dans la haine ambiante
je chasse des fantômes cruels à hurle-vent

J'écris avec mes larmes d'enfant cerné par la nuit
les cils de l'amante morte sous une pluie de rosée

J'erre dans des débarcadères de fin du monde
où s'entend le chant des baleines qui furent des sirènes
Je n'ai pas le temps de vivre autrement
je défriche d'anciennes pistes sous les ronces

Je trace des signes que je ne comprends pas
sur les sables aveuglants d'où la mer s'est retirée.

            André Chenet, le 20/11/12


Illustration : "Personnages dont un sans tête" (1927) de Marx Ernst

1 commentaire:

Hobo-Lullaby a dit…

Quoi de plus beau qu'une fleur parmis les ruines qui hurle son refus !

Amicalement

Serge