dimanche 25 novembre 2012

Le président le plus pauvre du monde




"En réalité, je ne vis pas dans la pauvreté mais dans l'austérité, dans le renoncement. Pourquoi en suis-je arrivé à cette conclusion ? Parce que j'ai été 14 années en prison et j'en ai passé 10 au cours desquelles si j'avais un matelas, j'étais content". José Mujica, Président de l'Uruguay.

Les délires insalubres des Fillon, Copé & co, on s'en fout, ainsi que de tous les politiciens professionnels qui ne sont que des représentants d'un système aussi ridicule que miné par la corruption légalisée. La crise mondiale actuelle, qui ne pourra que s'amplifier au vu des mesures et des actions engagées, n'est pas seulement d'ordre économique mais essentiellement d'ordre juridique et éthique : elle n'est que la conséquence d'un système de castes pyramidale où l'égalité de tous devant la loi et les principes de solidarité humaine les plus basiques sont continuellement piétinés par les plus fortunés lesquels spolient la population mondiale à la table planétaire d'un jeu de monopoly où se renforcent jusqu'à la nausée les pouvoirs et privilèges de la mafia financière mondialisée. A quelques que exceptions près, les peuples sont représentés  par des fripons liés corps et âmes à l'oligarchie internationale. De Gandhi au Président de la Bolivie Evo Morales, combien sont-ils à avoir refusé de servir de courroie de transmission à un système politique basé sur l'exploitation des humbles ? Nous pourrions les compter sur les doigts de la main. Parmi ces exceptions notables, le président uruguayen Jose Mujica, surnommé :

 le «président le plus pauvre du monde»

Jose Mujica célèbre son élection à la présidence de l'Uruguay le 29 novembre 2009 à Montevideo, REUTERS/Andres Stapff

En France comme dans la plupart des pays, le train de vie et le salaire du Président fait l’objet d’interminables débats, une partie des citoyens estimant que les avantages matériels de celui qui est à la tête de l’Etat le rendent complètement déconnecté de leur vie quotidienne.

Mais s’il y a un pays où ce débat n’a pas lieu d’être, c’est bien l’Uruguay, rapporte la BBC, qui est allée rencontrer chez lui le seul président au monde qui vit dans une ferme délabrée et reverse la grande majorité de son salaire à des œuvres caritatives.

Jose Mujica a refusé la luxueuse résidence habituellement réservée aux présidents uruguayens et a choisi de rester sur la ferme de sa femme, au bout d’un chemin de terre près de la capitale Montevideo. Il tire son surnom du fait qu’il reverse 90% de son salaire mensuel de 9.300 euros à des œuvres caritatives en faveur des pauvres ou des petits entrepreneurs. Le salaire qu’il lui reste correspond à peu près au revenu moyen d’environ 600 euros. Et il ne semble manquer de rien:
«J’ai vécu comme ça presque toute ma vie. Je peux vivre avec ce que j’ai.»
Sa déclaration de patrimoine, une obligation pour les élus uruguayens, s’élevait à 1.411 euros en 2010, soit la valeur de sa Coccinelle Volkswagen 1987. Cette année, il y a rajouté les biens de sa femme (du terrain, des tracteurs et une maison), amenant son total à 168.000 euros, une fortune toujours bien inférieure à celle de son vice-président ou de son prédécesseur.

Elu en 2009, Mujica a participé à la guérilla uruguayenne des Tupamaros, un groupe armé d’extrême-gauche inspiré de la révolution cubaine. Il a reçu six balles dans le corps et passé 14 années en prison dans des conditions difficiles avant d’être libéré en 1985, quand l’Uruguay est devenue une démocratie. C’est en prison qu’il a développé sa philosophie de vie:
«On m’appelle le président le plus pauvre, mais je ne me sens pas pauvre. Les pauvres sont ceux qui travaillent uniquement pour avoir un style de vie dépensier, et qui en veulent toujours plus. C’est une question de liberté. Si vous n’avez pas beaucoup de possessions, vous n’avez pas besoin de travailler comme un esclave toute votre vie pour les soutenir, et vous avez plus de temps pour vous-même.»
Le mois dernier, l’AFP lui consacrait également un article, rapportant le vaste débat politique qu’il a lancé sur «la production et la vente de cannabis sous contrôle de l'Etat, afin de lutter contre le trafic et la toxicomanie», à l’image de ce que propose Daniel Vaillant en France, ou encore son combat pour le droit à l’avortement. Sous son impulsion, le Congrès a récemment passé une loi impopulaire légalisant les avortements jusqu’à 12 semaines de grossesse.


Photo: Jose Mujica célèbre son élection à la présidence de l'Uruguay le 29 novembre 2009 à Montevideo, REUTERS/Andres Stapff

Source : Slate.fr



Le style présidentiel de Jose Mujica :

Mujica se distingue par son mode de vie, très éloigné du faste habituel de la fonction présidentielle. Délaissant le palais présidentiel, il habite la petite ferme de son épouse, « au bout d'un chemin de terre » en dehors de Montevideo. Il continue à y cultiver des fleurs avec son épouse, Lucia Topolansky, à des fins commerciales, et donne environ 90% de son salaire présidentiel à des organisations caritatives ou pour aider des « petits entrepreneurs », conservant pour lui-même l'équivalent du salaire moyen en Uruguay. Le couple présidentiel bénéficie de la protection de deux policiers à la ferme. Il est végétarien. Le patrimoine du couple présidentiel provient pour majeur partie de madame (Mujica n'ayant comme seul bien qu'une Coccinelle de 23 ans).

Dans la plupart des pays, le train de vie et le salaire du Président fait l'objet d'interminables débats, une partie des citoyens estimant que les avantages matériels de celui qui est à la tête de l'Etat le rendent complètement déconnecté de leur vie quotidienne.







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