René Balme s’adresse à François Hollande

L’association
Kokopelli conserve une collection unique de plus de 2 200 variétés de
plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires,
ornementales ...
Elle a été condamnée par le Tribunal de Grande
Instance de Nancy et la Cour de Justice de l’Union Européenne, pour
concurrence déloyale vis-à-vis de l’entreprise Graines Baumaux.
Le 29 septembre la Ville de Grigny se fera receleuse en achetant des
graines interdites à Kokopelli. Elle les distribuera à la population et
aux 600 participants du Colloque sur la Désobéissance que le maire,
René Balme, co-organise avec Paul Ariès, directeur du Sarkophage.
Pour ce combat, aussi, LGS est avec le maire de Grigny et le Sarkophage.
LGS
A
la suite de la double condamnation de l’association Kokopelli, René
Balme, s’adresse au Président de la République et aux parlementaires.
Destinataires du courrier en faveur de Kokopelli :
Président de la République
Parlement :
Députés présidents de groupe de gauche et présidents de commissions des
Lois et Développement durable (Jean Jacques URVOAS, Jean Paul
CHANTEGUET, André CHASSAIGNE, Roger Gérard SCHWARTZENBERG, François de
RUGY, Bruno LE ROUX).
Sénateurs présidents de groupe
de gauche et présidents commissions des Lois et Développement durable
(Raymond VALL, Jean Pierre SUEUR, François REBSAMEN, Nicole BORVO
COHEN-SEAT, Jacques MEZARD, Jean Vincent PLACE).
Monsieur le Président de la République,
François HOLLANDE
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg St Honoré
75008 PARIS
Objet : Condamnation de Kokopelli
Grigny, le 27 août 2012
Monsieur le Président de la République,
Par
la présence, je souhaite attirer votre attention sur la condamnation
inacceptable, par le Tribunal de Grande Instance de Nancy et la Cour de
Justice de l’Union Européenne, de l’association Kokopelli pour
concurrence déloyale vis-à-vis de l’entreprise Graines Baumaux. Il est
nécessaire, en effet, que les lois et règlementations françaises
protègent le patrimoine semencier, comme un bien commun de tous, comme
l’un des atouts fondamentaux de l’autonomie alimentaire.
Kokopelli
est une association à but non lucratif, fondée en 1999 qui a pris le
relais de Terre de Semences et du Jardin Botanique de la Mhotte fondés
respectivement en 1992 et 1994. Grâce à son réseau de producteurs et
avec la participation active de ses adhérents, ses parrains et
marraines, Kokopelli maintient une collection planétaire unique, de plus
de 2 200 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales,
condimentaires, ornementales et une gamme de variétés très peu
cultivées, peu connues, voire en voie de disparition. Elle place son
action dans l’objectif solidaire de développer des projets d’aide envers
les communautés démunies (183 en 2011) : en réponse aux nombreuses
demandes d’appui et de fourniture en semences, Kokopelli distribue des
centaines de milliers de sachets (109 800 en 2011), des kilos de
semences reproductibles et propose des solutions à long terme pour
l’autonomie alimentaire des peuples (pour près de deux tiers en Afrique,
mais aussi en Europe, en Amérique du nord, centrale et du Sud, en
Océanie et en Asie). Pour l’exemple, en 2005, Kokoppeli a participé à la
création d’un Centre Agro-écologique de Production de Semences
Tropicales au Mali. Ce Centre produit et commercialise aujourd’hui des
semences des principales espèces potagères cultivées et consommées en
Afrique. Il est devenu le premier producteur malien de semences
potagères biologiques et reproductibles et propose des formations à la
production de semences potagères et à l’agro-écologie.
Graines
Baumaux, pour sa part, grainetier établit depuis 1943, est une Société
par actions simplifiée au capital de 1 000 000 d’euros, dont le chiffre
d’affaires 2011 s’élève à hauteur de 13 952 923 € et le bénéfice 2010 à
hauteur de 2 005 251 €. Elle commercialise 2 835 variétés de graines
potagères, florales, aromatiques, médicinales, fourragères et dites
engrais verts. Elle a spécifiquement inscrit et est devenue le
mainteneur officiel de 106 variétés de 19 types de fruits et légumes.
Graine Baumaux se donne l’objectif (commercial) « d’offrir une large
gamme de semences potagères en graines sélectionnées dans les variétés
que nous pensons les meilleures et les plus adaptées à la réussite de
notre clientèle » et estime que ses « spécialités ne sont que très peu
ou pas du tout diffusées par nos concurrents et collègues ».
Kokopelli,
ne se sentant ni concernée ni concurrencée par Graines Baumaux, demande
simplement que les semences anciennes et nouvelles appartenant au
domaine public et librement reproductibles sortent du champ
d’application de la législation sur le commerce des semences.
Pour ma part, je sollicite également la renonciation au fichage et à la
privatisation du vivant. Notre pays détenait un patrimoine agricole
certain. Il est inadmissible qu’il soit ainsi soumis, depuis maintenant
près d’un siècle, aux règles de l’homogénéité, de la stabilité et
aujourd’hui sur le fichage génétique. Elles conduisent au pillage des
patrimoines et des savoir-faire, à la détérioration de la biodiversité
et de l’environnement, à la production d’une nourriture pour le moins
controversée et à la tyrannie alimentaire.
A ce titre, je vous
demande de bien vouloir commander au gouvernement la traduction du
Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour
l’Agriculture et l’Alimentation (TIRPAA) dans notre législation
nationale. Ce Traité, voté par la France en 2002 et approuvé
nationalement en 2005, reconnaît aux agriculteurs et aux jardiniers le
droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences ou le
matériel de multiplication reproduits à la ferme sur son territoire. Il
reconnaît la contribution des agriculteurs à la conservation de la
biodiversité et stipule que rien ne peut entraver leurs droits de
conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences reproduites à la
ferme.
A ce titre, je vous demande de faire respecter
l’autorisation d’approbation du TIRPAA votée en 2005, en interdisant
tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant et en limitant les
normes commerciales et les droits des obtenteurs là où commencent ceux
des agriculteurs. Je vous demande donc de veiller également, entre
autres, à l’abrogation de la Loi du 28 novembre 2011 relative aux
certificats d’obtention végétale.
Je souhaite donc ardemment que
la condamnation de Kokopelli soit annulée et que l’Association ne soit
pas contrainte à payer 100 000 € de dommages-intérêts à Graines Baumaux
ni à cesser ou modifier ses activités.
Enfin, sachez que pour la
4è année consécutive, la Ville de Grigny a procédé, au printemps
dernier, à ce que je nomme des semis désobéissants. Cela a consisté à
semer, publiquement, des courges, du maïs et du blé de ferme, non
inscrits au catalogue. Le 28 septembre prochain, j’organise la récolte
publique de ces semis et l’actualité, objet de mon courrier, me conduira
à confirmer ma solidarité avec Kokopelli. La Ville de Grigny se fera
une fois de plus receleuse en achetant des graines interdites à
Kokopelli et à les distribuer dans la population. J’en offrirai
également, le lendemain, à chacun des quelques 600 participants que
j’attends pour le Colloque sur la Désobéissance que je co-organise avec
mon ami Paul Ariès, directeur du Sarkophage.
Dans l’attente impatiente de votre réponse,
je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, mes salutations respectueuses.
René BALME, Maire
Copie : ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt
1 commentaire:
Bonjour et bravo !
Puissent nos instances "dirigeantes", de gauche..,entendre cet appel!
Bien cordialement,
Michel
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