dimanche 27 mai 2012

Syrie : d'autres sons de cloches

Pour trouver d'autres "sons de cloches", concernant l'actualité internationale, il faut se lever très tôt, et aller très loin sur des territoires où l'on ne pensait pas se rendre un jour. Il faut parfois même traverser les "lignes ennemies" virtuelles pour glaner ici et là des témoignages, prendre connaissance de rapports et d'états des lieux dont la presse des marchands de canons et des affairistes se garde bien d'analyser les tenants et aboutissants. Le Secret d'état est de mise en ce sens où l'information est devenue une denrée rare et ce qui en tient lieu, un pâté infect pour chien jetée à la meute du grand public dont le temps de cerveau disponible se réduit à celui, chauvin et hystérique des compétitions sportives ou des stupides bavardages télévisuels. Plus je cherche à démêler le vrai du faux en ce qui concerne la Syrie et plus je ne ramasse que des os à ronger sur lesquels s'accrochent encore des bouts de chair palpitante des victimes du grand jeu de la stratégie mondiale occidentale qui ne craint pas de s'exposer hideusement en compagnie avec l'Arabie Saoudite, le Barein, le Quatar et autres diablotins fantoches que contenait la boîte de Pandore du fanatisme économique ultra-libéral. Après la Tchécoslovaquie, l'Afghanistan, la Libye les massacres et crimes de guerre se perpétuent comme traînée de poudre au nom de la liberté, de la civilisation et de la démocratie. C'est épouvantable !  
G. Hadey

Article publié sur le site de le Comité Socialiste de la Quatrième Internationale, dont le Parti Socialiste français est membre :


Les Etats-Unis préparent une guerre par procuration et sur plusieurs fronts contre la Syrie  

Par Chris Marsden

le 26 mai 2012



Depuis la parution, le 16 mai, de l’article du Washington Post sur un afflux d’armes aux forces d’opposition syriennes, le projet du gouvernement Obama d’une guerre par procuration contre la Syrie est devenu encore plus évident.

Le Post a dit que parvenait aux opposants « une quantité nettement plus importante d’armes plus puissantes, financée par les pays du Golfe persique [Arabie saoudite et Qatar] et coordonnée en partie par les Etats-Unis, » sur la base d’une perspective selon laquelle « l’expansion d’une confrontation armée était inévitable. »

L’Arabie saoudite et le Qatar ont envoyé des armes avec l’approbation de Washington qui jouit de « vastes contacts avec les forces d’opposition pour procurer aux pays du golfe des évaluations de la crédibilité des rebelles et de l’infrastructure de commandement et de contrôle. »

Une source additionnelle d’armement sont les Frères musulmans qui disposent de « leur propre voie d’approvisionnement aux rebelles en recourant aux ressources de riches individus privés et à l’argent provenant des pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite et le Qatar, a dit Mulham al-Drobi, un membre du comité de direction des Frères musulmans. »

Le Post a conclu en faisant remarquer, « Le Pentagone a préparé des options pour la Syrie qui vont jusqu'à envisager des frappes aériennes pour détruire les défenses aériennes du pays. »

Dans le quotidien Daily Telegraph du 22 mai, Michael Weiss, directeur des communications et de recherche de Henry Jackson Society, écrivait que « Des sources rebelles à Hatay m’ont dit hier soir que non seulement la Turquie livre des armes légères à des commandants de bataillons choisis, mais qu'elle entraîne aussi des Syriens à Istanbul. »

Il a poursuivi en disant, « Ces derniers jours, des hommes, dans l’unité desquels j’étais embarqué (« embedded »), ont été informés et sélectionnés par le service de renseignement turc et d’importantes livraisons de fusils d’assaut AK-47 ont été transportées par l’armée turque à la frontière turco-syrienne… Du matériel est entreposé à Damas, à Idlib près de la frontière turque et à Zabadani à la frontière libanaise. »

Weiss souligne la réponse du porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, faite à un article paru dans le Washington Post et qui équivaut difficilement à un démenti. « Nous continuons à fournir une assistance « non létale à l’opposition, » a-t-il dit. « Et, alors que je ne peux que parler pour les Etats-Unis, nous savons que d’autres continuent d’envoyer différents types de soutien, et je vous conseillerais de vous adresser à eux pour caractériser la nature de leurs actions. »

Weiss conclut en disant, « La Turquie n’agirait pas dans ce sens sans l’autorisation ou l’encouragement clair américain. Je ne pense pas non plus que le sénateur américain, Joseph Lieberman, qui réclame des frappes aériennes chirurgicales et la création de zones tampon en Syrie, indiquerait que le gouvernement s’approche d’une réponse militaire à la crise humanitaire que le grotesque ‘cessez-le-feu’ de Kofi Annan n’a nullement contribué à endiguer, à moins d’être suffisamment sûr que c’est effectivement le cas. »

Un article exclusif du 22 mai paru sur le site Internet DEBKAfile précise que « Les rebelles syriens ont reçu leurs premières armes antitanks de ‘troisième génération’, 9K115-2 Metis et Kornet E. Elles ont été livrées par des agences de renseignement saoudites et qatari après avoir reçu un message secret du président Barack Obama leur conseillant d’augmenter leur participation dans l’effort d’évincer Assad. »


DEBKAfile, qui est proche des sources néo-conservatrices américaines, décrit ces livraisons comme n’étant « qu’un aspect du développement du plan américain pour la crise syrienne…Le service de renseignement turc a reçu le feu vert pour armer les rebelles syriens en leur procurant des IED (engins explosifs improvisés) appelés ‘roadside bombs’ conçus pour le théâtre de guerre syrien et pour apprendre intensivement aux dissidents à utiliser les installations militaires turques. » Ceci équivaut à une première intervention militaire directe d’Ankara en Syrie.

La Turquie agit depuis quelque temps comme un front organisationnel pour une intervention impérialiste en Syrie et visant à évincer le régime pro-iranien de Bachar al-Assad. La Turquie abrite le Conseil national syrien (CNS) et son bras armé, l’Armée syrienne libre (ALS) – qui organise ses offensives en franchissant la frontière longue de 910 km que la Turquie partage avec la Syrie.

Le Liban et la Jordanie servent aussi de base pour organiser l’insurrection. Des contacts récents ont également été établis avec des groupes kurdes qui sont réticents à se joindre aux Frères musulmans et à d’autres éléments sunnites sectaires jugés comme étant inféodés à leur ennemi de longue date, la Turquie.
En ce qui concerne l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, l’implication du Liban en tant que force intermédiaire est fondée sur le fait d’attiser une hostilité sectaire contre l’Iran chiite et le régime alaouite d’Assad – en élargissant le conflit intérieur avec le Hezbollah chiite qui est financé par Téhéran et Damas.

Ces dernières semaines, on a assisté à une intensification des affrontements sectaires au Liban et qui ont coûté la vie à plusieurs personnes. Les combats ont atteint la capitale, Beyrouth, après l’arrestation à un point de contrôle au Nord du pays d’un religieux anti-syrien et de son garde du corps et de l’arrestation d’un dirigeant sunnite Shadi al-Mawlawi accusé de faire partie d’un groupe terroriste et qui a maintenant été libéré sur caution.

Les tensions se sont encore accrues après l’enlèvement par 40 tireurs de l’ALS de 13 pélerins libanais chiites. Ceci a occasionné des protestations à Beyrouth qui ne se sont apaisées qu’après l’intervention du dirigeant du Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah.

Dans une décision visant une fois de plus à isoler l’Iran et la Syrie en écrasant une insurrection chiite à Bahreïn, l’Arabie saoudite cherche à créer une union dans le Golfe avec les six membres de l’actuel Conseil de Coopération du Golfe – le Bahreïn, Koweït, Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Des plans pour une union préparatoire initiale entre l’Arabie saoudite et le Bahreïn ont incité des milliers de personnes d’une population majoritairement chiite de Bahreïn à protester dans une manifestation qui s’est étendue sur près de 5 kilomètres. L’Iran a qualifié cette proposition de « plan américain d’annexion du Bahreïn et de l’Arabie saoudite. »

Le Bahreïn est totalement tributaire des forces saoudiennes qui étaient entrées au Bahreïn en mars dernier afin d'écraser des protestations dans le pays.

Des projets pour une union plus large ont été rangés au placard après que se sont tenues cette semaine à Ryad des discussions initiales présidées par le roi Abdallah. Le prince Saud al-Faisal a dit qu’un délai était nécessaire pour « rassembler tous les membres et pas seulement deux. »

La Ligue arabe a jeté son poids dans la balance pour soutenir le projet en avertissant l’Iran de mettre fin à sa campagne médiatique « et aux déclarations des responsables iraniens » à l’encontre d’une union politique et militaire des Etats du Golfe.

«Toute démarche d’union entre le Bahreïn et l’Arabie saoudite est une question souveraine concernant ces deux Etats et d’autres pays du Golfe et aucun autre pays n’a le droit de s’immiscer, » a dit le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elaraby.

La Syrie est également durement touchée par les sanctions internationales qui ont coûté 4 milliards de dollars à son secteur pétrolier, selon le ministre du Pétrole et des Ressources minières, Sufian Allaw, et qui ont entraîné de fortes augmentations de prix et des pénuries pour ses citoyens. La production de gaz de la Syrie ne couvre que la moitié des besoins du pays et les prix pour un réservoir de gaz de cuisine ont plus que quadruplé.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a une fois de plus mis en garde hier contre une guerre civile imminente en Syrie en cas d’échec du soi-disant plan de paix actuel.

Le même jour, le roi Abdallah d’Arabie saoudite écrivait être « profondément préoccupé » par la violence sectaire au Liban. Dans une lettre adressée au président Michal Sulaiman, il a averti que « Du fait de la gravité de la crise et de la possibilité qu’elle provoque un conflit sectaire au Liban en le remettant dans la guerre civile, nous contemplons… vos efforts de mettre fin à la crise… et de tenir le Liban à l’écart des luttes étrangères notamment de la crise syrienne toute proche. »

Toutes ces déclarations sont cyniques. Les Nations unies sont tout à fait conscientes que Washington est en train de poursuivre une politique délibérée de déstabilisation de la Syrie pour justifier une guerre en faveur d’un changement de régime menée par ses alliés – avant tout à Ryad, Ankara et Doha – avec le soutien militaire de Washington. Avec des efforts plus larges entrepris à présent pour forger une alliance fondée sur les Sunnites des pays anti-Iran, ceci pourrait mettre le feu à une guerre totale dans la région qui aurait des conséquences dévastatrices.


(Article original paru le 25 mai 2012)


Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l'ONU a écrit que « des groupes terroristes établis » « pourraient » être derrière ces attentats.

Que s'est-il passé à Houla ? 


Par Louis Denghien
sur INFOSyrie


L’OSDH a annoncé samedi un massacre de civils qui aurait été commis vendredi à Houla – 25 kilomètres environ au nord-ouest de Homs – par l’armée. Selon les versions produites par cette officine,  les militaires auraient ouvert le feu sur une manifestation d’opposition. Ou auraient bombardé la ville et sa périphérie. C’est le plus lourd bilan de ce genre produit par l’OSDH qui affirme encore que 25 enfants figurent parmi les victimes. Plus tôt, l’OSDH avait établi un « premier bilan » de 50 morts et de 100 blessés. Le CNS a lui fait monter le bilan à 120 morts et réclamé une réunion urgente du Conseil de sécurité.

L’OSDH en profite pour attaquer la mission d’observation de l’ONU – et donc le plan de paix – en accusant les bérets bleus de faire le silence sur ce massacre.
Qu »en est-il ? Nous n’avons pas d’informations de première main sur le sujet. Mais nous ne pouvons que douter de la réalité d’un massacre  commis par les forces syriennes, qui, quoiqu’en dise l’OSDH, observent dans le contrôle et même la répression des manifestations du vendredi une retenue dont témoignent même les bilans de l’OSDH : la plupart des morts, réels ou inventés, recensés ces derniers mois par l’OSDH le sont dans des « combats« , ou des « bombardements« , les militaires, surveillés non seulement par les gens de l’ONU mais par la presse internationale, préférant utiliser des gaz lacrymogènes que le tir à balles réelles pour disperser les manifestants. Quand d’ailleurs ils les dispersent. L’OSDH signale certes des victimes qui auraient péri lors de manifestation, mais les chiffres alors produits n’ont rien de commun avec ceux avancés aujourd’hui pour Houla.

.../.... la suite sur : INFOSyrie




 La diplomatie française à l’épreuve des défis mondiaux
ou l’apprentissage de la France à la Guerre
jeudi 24 mai 2012

Michel Rocard, ancien Premier ministre, « Libération » 12 mars 2012… « tout se passe  comme s’il s’agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne. Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie… Et l’Europe se tait. C’est une affaire à millions de morts, l’hypothèse étant que ça commence nucléaire ». 

« L’information est biface, l’une réaliste pour « les grands », et l’autre fantaisiste pour amuser et apaiser l’opinion… Autrement dit rassurer le « petit peuple » des citoyens, votants et contribuables ordinaires, qu’il convient de cajoler autant que faire se peut et de dorloter avant de l’envoyer, le cas échéant, à l’abattoir. Les sujets sérieux, les vrais enjeux n’ayant pas à être portés à la connaissance du public, cela inquiéterait et brouillerait le jugement, et la confiance que le vulgum pecus est censé placer dans ses dirigeants. Bref, sous le halo de brume irisée que vaporise les médias, se trouvent diverses strates de réalité de plus en plus dures qu’ignorent les veaux à la pâture… les bovidés démocrates savent-ils seulement – peut-être quelque part dans leur subconscient – ce qui les attend en fin de parcours ? »
Un article de Léon Camus.
http://www.geopolintel.fr/article503.html


Un rapport des experts du PS à François Hollande
La Syrie est à la fois le nœud du problème et sa solution
par Issa el Ayoubi
http://www.voltairenet.org/La-Syrie-est-a-la-fois-le-noeud-du


L’opposition syrienne prend ses quartiers d’été à Miami
par Agence Cubaine de Nouvelles, Jean Guy Allard

La CIA met en place un dispostif de sabotage du plan Annan et de toute tentative de paix en Syrie. Renouant avec les méthodes de la Guerre froide durant laquelle elle fabriquaient des groupes subversifs dans le Bloc de l’Est et les intégrait dans des fronts combattants internationaux, la CIA a organisé à Miami un séminaire de formation joint pour les opposants armés cubains et syriens.
http://www.voltairenet.org/L-opposition-syrienne-prend-ses

Aucun commentaire: