dimanche 13 mai 2012

Solidarité avec la résistance grecque



Signez la pétition à l'initiative de l'Humanité


Le Peuple grec est en situation de légitime défense. On tente de lui imposer des politiques d'austérité insupportables. Les plans successifs échafaudés à Bruxelles ou par le conseil européen et présentés à intervalles de plus en plus réguliers comme le seul moyen de le « sauver » du surendettement et de « sauver » l'euro, sont à chaque fois en échec. En se soumettant toujours davantage au diktat des marchés financiers on ne traite pas le malade. On le tue. Poursuivre dans cette voie est aussi insensé que dangereux. L'austérité, fait mal aux peuples européens, elle frappe aussi l'Europe de plein fouet.

Il faut un véritable plan de solidarité avec la Grèce. C'est aussi la seule voie du salut pour l'euro et les partenaires européens d'Athènes. La Banque Centrale Européenne (BCE) doit aider à relancer la croissance et l'emploi en Grèce et partout ailleurs, en finançant - au taux auquel elle prête aux banques à 1% voire moins -, les Etats et leurs services publics, en leur permettant ainsi de sortir de leurs dépendances des marchés financiers et de leurs taux d'intérêt usuraires.

Partout aujourd'hui la croissance décline. Une nouvelle récession menace la zone euro. La démocratie est piétinée. Des gouvernements non élus, comme celui d'Athènes, sont désignés, des aréopages bureaucratiques dictent leur loi aux assemblées élues. Des décisions autoritaires sont prises pour forcer les résistances populaires contre l'écrasement des salaires et des protections sociales.

La construction européenne ne survivra pas à cette fuite en avant. Les peuples en lutte contre l'austérité ont raison. Ils ont besoin de toute notre solidarité.

Nous appuyons l'idée avancée par des économistes, des acteurs du mouvement social et des forces de gauche pour que, par le rachat de titres de dette publique à l'émission, la BCE finance directement les Etats et leurs services publics. Ce serait là le seul moyen de casser les ressorts de la spéculation contre les dettes publiques.

Les différents partenaires de la zone euro doivent pouvoir user du pouvoir de la BCE de créer de l'argent pour financer les immenses besoins de notre temps (sociaux, écologiques, énergétiques, sanitaires etc) et répondre enfin présent à la nécessaire solidarité européenne.

Elles ne sont pas inflationnistes puisqu'elles impulsent une productivité supérieure et écologique et des créations de richesses nouvelles dans toute la zone euro.        

Le Fonds Européen de Stabilité Financière mis en place par l'UE doit être transformé en un fonds européen de développement social et écologique et dévoué à cette optique. Et la recapitalisation des banques ou leur nationalisation doit être conditionnée à une autre politique du crédit au service de ces objectifs.

L'Europe est à un tournant. Elle ne peut sortir de la crise que si elle s'émancipe de la dictature des marchés financiers et se rend capable d'une promotion sociale, démocratique et écologique partagée.

Signer la pétition : ICI

La liste des signaires : ICI

Source: l'Humanité.fr



Pour une réorientation de la Grèce (Extrait)

«Il faut faire son devoir envers les idéaux de liberté et de droit»

par Míkis Theodorákis

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A présent je consacre toutes mes forces à unir e peuple grec. J’essaie de le convaincre que la Troïka et le FMI ne sont pas une voie à sens unique. Qu’il y a une autre solution: changer l’orientation de notre nation. Se tourner vers la Russie pour une coopération économique et la formation de partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse de notre pays en termes favorables à notre intérêt national.

Je propose de ne plus acheter du matériel militaire aux Allemands et aux Français. Nous allons tout faire pour que l’Allemagne nous paie les réparations de guerre dues. Ces réparations s’élèvent, avec les intérêts, à 500 milliards d’euros.

La seule force capable de faire ces changements révolutionnaires, c’est le peuple grec uni en un Front de résistance et de solidarité pour que la Troïka (FMI et banques européennes) soit chassée du pays. En parallèle, il faut considérer comme nuls et non avenus tous ses actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats de la richesse publique). Bien sûr, leurs partenaires grecs – qui ont déjà été condamnés dans l’esprit de notre peuple en tant que traîtres – doivent être punis.

Je suis entièrement concentré sur ce but (l’union du peuple en un Front) et je suis persuadé que nous l’atteindrons. Je me suis battu les armes à la main contre l’occupation hitlérienne. J’ai vu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu.
En 1967, j’ai fondé le PAM (Patriotikò Mètopo – Front patriotique), la première organisation de résistance contre la junte militaire. Je me suis battu dans la clandestinité.

J’ai été arrêté et emprisonné dans l’«abattoir» de la police de la junte. Finalement, j’ai encore survécu.

Aujourd’hui, j’ai 87 ans, et il est très probable que je ne serai plus là le jour où ma patrie bien-aimée sera sauvée. Mais je vais mourir la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin de faire mon devoir envers les idéaux de liberté et de droit.

Mikis Theodorakis 


Source: www.tlaxcala-int.org
Extraits d’une lettre écrite par Mikis Theodorakis le 12/2/12 à Athènes.
(Traduction Georgios Scourdos pour Tlaxcala)

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