jeudi 17 mai 2012

Évolution : le singe à mallette

Quand la pensée philosophique rejoint les aspirations poétiques:  Désobeissance civile décerne son premier Prix "Art, politique, philosophie & humour" à Mr Gaëtan Pelletier pour l'ensemble de son oeuvre de blogger. Un Prix honorifique où il n'y a rien à gagner sinon une reconnaissance amicale infinie   . Un coup de chapeau, en somme.  G.Hadey






Le corps humain a été construit pour marcher, courir, jouer, travailler… avec ses muscles.
Bien sûr, il a un cerveau.

Le 21e siècle est l’ère des singes assis… Il y a là une sorte de schizophrénie lamentable et pénible. De fait, l’Homme n’est pas fait pour travailler, il est construit pour se déplacer et ensuite lambiner, s’écraser et « jouir » des plaisirs simples de la vie.

Il est né pour cueillir des fraises, attraper des truites, pêcher, puis rentrer à la maison – bien en forme – faire l’amour comme un dieu, roter, se coucher et se réveiller avec comme cadran,  un coq.

En fait, ça aurait dû se passer comme ça. Son cerveau lui permettant de bâtir une société où le monde du travail – façonné avec son « génie »,  aurait pu lui permettre de vivre une vie décente, riche du potentiel interne de ses émotions, de ses relations avec autrui, et accepter la mort, l’inéluctable, tout en se disant qu’ici bas est une aventure et un beau film tridimensionnel de toute la féerie de la création.

C’est un athée, ou un lunatique, qui après quelques réussites scientifiques, d’organisation, s’est pris pour le centre du monde.

C’est un singe 2.00

Point.

***

Instruit?

Oui. C’est une partie de « l’évolution » : la création d’esclaves instruits. Au lieu de travailler, de roter, de faire l’amour, il travaille comme un défoncé pour se payer un peu de paresse.

Sans le savoir, il est devenu un mica qui se prend pour un diamant.

L’Histoire de l’humanité est l’Histoire de la recherche d’échapper au labeur.

Je souhaite la bienvenue à tous les athées qui trouvent le sens de leur vie, loin de la terre, loin des vaches, loin des arbres, loin des oiseaux, et qui ont tout fourré leur vision du monde dans un écran plat et dans leur carrière.

Il a acheté l’idée de la carrière : un bout de vie dans l’immensité.

Il a commencé à se plaindre de la bourgeoisie fainéante, changeant de « système » pour devenir le pire des fainéants rêvant de devenir un roi fainéant qui embrochera des serviteurs grâce à ses dons d’administrateur.

C’est un crapaud qui a trop fumé d’idées et qui va finir par exploser. Emportant avec lui ses semblables… C’est déjà commencé.

C’est l’âge de la bouffissure. Nos voisins américains en surpoids ne sont qu’un exemple externe des ballonnés de l’intérieur.

On se croirait à l’Église catholique, avec ses bâtisses-églises devenues en format social un stade olympique, des tours à bureaux, une tour Eiffel, et autres hyper accessoires de l’orgueil humain. Comme le catholicisme, on y retrouve la stratification des valeureux, saints, sous-saints, petits dieux guérisseurs, etc.

Rien n’a changé.

C’est toujours un gâteau historique à étages, jugeant du haut de leurs talons – maintenant fabriqués des écoles qui livrent des étagères sociales en format de diplômes, cette petite lettre de noblesse qui intellectualise permet de pontifier, d’établir des lois contre nature, etc.

Notre Homme a échappé au travail « musculaire ». Soit. Maintenant il fait du jogging, de la méditation, avale des pilules, consulte des psys, se lève à 5h le matin, embarque dans son vaisseau quadraroues, et s’en va pester dans les bouchons de circulation. On lui vend des voitures qui consomment moins, mais des acheteurs qui consomment plus.

?


Il ne fume plus, c’est mauvais pour la santé.

Il boit, c’est une activité sociale.

Il doit être vert dans un monde où le pétrole est dans les sables bitumineux.

Il ne doit pas désobéir.

Il doit marcher en silence et ne pas casser de vitres.

Mais il a le devoir d’aller tout saccager dans un autre pays…

***

Il ne croit à rien… Mais c’est un athée qui veut mourir riche.

Il porte une montre en or, mais il n’a plus de temps.

Le plus étrange est que tout le monde rêve de devenir « quelqu’un » ou de gagner à la loterie.

La Terre est devenue un immense Facebook : on a tous des amis virtuels qu’on ne connaît pas… Et des dieux virtuels auxquels on s’abonne.

La « solidarité » humaine mondiale a autant de valeur qu’un PCAA (1).

On ne va plus vers l’autre, on le twitte.

***

P.-S. Aujourd’hui, Facebook a été réévalué à 100$ milliards. Lors de la sortie du film relatant la fondation de Facebook, on a évalué (en 2007 ) la valeur de Facebook à 25$ milliards.

***

1-      PCAA . En termes financier, Papiers commerciaux adossés à des Actifs.
En termes humains, emprunts de faux amis, ou virtuels, n’ayant qu’une valeur  virtuelle.


Gaëtan Pelletier


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