samedi 11 février 2012

Le fascisme financier ou la troïka à l'oeuvre (2)

Comme vous le savez si vous lisez Okeanews, un nouveau documentaire est en préparation en Grèce :    « Catastroïka » (voir ici pour soutenir le projet).
Dans le cadre de ce documentaire, une interview de Naomi Klein a été réalisée dont voici un extrait (transcription -je remercie très chaleureusement Panayota pour son aide – après la vidéo) :


Transcription de l'interview:

- « Ce qui se passe actuellement en Grèce, ressemble en quelque sorte à ce qui s’est passé en Corée du sud durant la crise asiatique, dans le sens où il y a eut cette guerre évidente avec la démocratie. La Corée du sud était en pleine période électorale quand le FMI a obligé tous les candidats à la présidence à signer l’accord passé avec le FMI. En réalité le FMI a annulé le sens même des élections.
Et peu importe le résultat des élections, l’accord reste inchangé parce qu’ ils redoutaient que celui qui négocie avec le FMI, n’aura pas une grande influence politique pour imposer l’accord et perdra les élections.

C’est le moment ou le masque tombe complétement et où le système des marchés est en guerre avec la démocratie. Les projets du néolibéralisme sont de discréditer la démocratie et de faire en sorte que les élections deviennent une course au candidat le plus populaire. Les marchés veulent de la sécurité. La sécurité que les élections n’amènent aucun changement au statu quo des affaires.
Et il y a beaucoup de mécanismes pour assurer ce statu quo. La soit-disant indépendance de la banque centrale  est un de ces mécanismes avec lequel ils disent : « les hommes politiques ne peuvent pas toucher à nos jouets ».

Dans « la Stratégie du Choc » je raconte que c’est ce qui s’est passé au Chili durant la période transitoire  vers la démocratie. La fin de la dictature de Pinochet est survenue comme le régime Pinochet l’a voulue. C’était une transition contrôlée. Les « Chicago boys » (groupe d’économistes qui ont travaillé avec Pinochet) disaient ouvertement qu’ils allaient réinventer le sens, la définition de la démocratie, vers une démocratie technocratique.

Dans la réalité il s’agit d’une démocratie où l’économie est hors d’atteinte des politiques. Ils ont utilisé des mécanismes constitutionnels, de sorte que tout changement des règles du jeu économique devienne impossible ou illégal. Les programmes de restructuration sont  une des manières d’atteindre leurs buts. Les accords du libre échange en est une autre.

Il y a plusieurs manières de raconter l’histoire du néolibéralisme, comme l’histoire du « comment lier les mains de la démocratie », de sorte qu’elle ne puisse pas inciter le pouvoir à changer l’économie.
La Grèce est considérée comme une nation peuplée d’enfants à qui il faut retirer des mains les clés de la voiture. »

Source: 

http://www.okeanews.fr/


Les principaux médias français trop occupés par le combat des chefs et leurs polémiques inutiles, en “oublient” les derniers évènements grecs, pourtant graves. Certes la campagne électorale où il est si peu question de l’Europe, de la dette, ne peut être dérangée maintenant que les programmes sont déjà ficelés. Et que l’on nous parle pas de “populisme” dès qu’il s’agit de l’intégrité des  peuples....
.../...
Pourtant, si la Grèce court à grande vitesse à la catastrophe, un peu grâce à l’intraitable Allemagne, la France de Hollande ou de Sarkozy y entrera aussi de plein pied. Quelques chiffres effarants sur les nouvelles mesures imposées aux grecs qui n’en finissent pas d’éponger la dette; et qui devraient alerter les deux candidats préférés des médias s’ils veulent que l’Europe demeure encore debout en avril prochain:

  1. réduction de 20 à 25% des salaires, en commençant par le salaire minimum (actuellement de 761€ brut / mois, il serait donc autour de 470€ net / mois (pour les jeunes de moins de 25 ans, cela sera 10% de moins, soit autour de 400€ par mois) ) ; 
  2. réduction de 20% des retraites de plus de 1.000 euros par mois ;
  3. réductions de 20 à 30% dans les retraites complémentaires de plus de 150 euros par mois




Fin du live sur cette photo d’un retraité de Salonique qui fond en larme lorsqu’un journaliste lui demande comment les dernières mesures d’austérité ont affecté sa vie (photo teacherdude):


Source: OkeaNews via Wikistrike

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