samedi 4 février 2012

La Syrie écartelée



La Russie et la Chine s'opposent aux sanctions contre la Syrie

        

La quasi-totalité des gouvernements occidentaux ont vivement condamné le massacre survenu à Homs dans la nuit de vendredi à samedi. 260 civils auraient été tués. A l'ONU, les négociations sont dans l'impasse. 
Le massacre supposé de 260 civils à Homs a accentué un peu plus encore les pressions entreprises par les grandes capitales du monde pour pousser vers la sortie le syrien Bachar al-Assad....
 
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Damas livre la liste des hommes armés au Liban, dément le massacre de Homs.


Al Manar 

 La Syrie a présenté au Liban une liste de noms de personnes libanaises et syriennes qui « assurent l’infiltration d’hommes armés et l’acheminement d’armes au territoire syrien ».


Cette liste a été remise par les représentants syriens lors de la réunion de la commission sécuritaire et militaire conjointe entre la circonscription de la Békaa et la campagne de Damas.

Les deux parties ont débattu dans une seconde réunion de la situation à la frontière libano-syrienne du côté nord. Les Syriens confirment que la majorité des opérations du trafic d’armes ont lieu depuis le Liban Nord, beaucoup plus que la Békaa, vu la présence de membres de « l’armée syrienne libre » surtout à Wadi Khaled.

La partie syrienne a demandé à la partie libanaise de contrôler les frontières pour protéger la sécurité des deux pays.
En effet, des informations font état de l’infiltration de plusieurs groupes militaires syriens dans les territoires libanais à la suite de leurs attaques contre l’armée syrienne. Certaines parties libanaises assurent leur protection en prétendant que ces hommes sont des réfugiés.

Parmi les armes acheminées du Liban vers la Syrie figurent des roquettes RPG, des roquettes anti-char, des mitrailleuses, des fusils ainsi que les munitions nécessaires. Les forces syriennes ont pu recueillir ces informations à la suite de l’arrestation de plusieurs hommes armés qui ont fait des aveux importants sur ce sujet. Les autorités syriennes concernées sont également entrées en contact avec les marchands d’armes libanais qui ont contribué de dévoiler un bon nombre d’importateurs d’armes syriens en échange de grosses sommes d’argent.

La liste des noms comprend, selon des sources bien informées et proches des forces sécuritaires syriennes, des noms de personnes appartenant à AlQaïda, d’anciens combattants du Fatah el Islam et de l’Irak,  des trafiquants d’armes, des trafiquants de mazout qui ont passé au trafic d’armes, et des dissidents de l’armée syrienne, actuellement membres de « l’armée syrienne libre ».

Damas dément un pilonnage de Homs par l'armée (Sana)
  
Le régime syrien a démenti samedi le pilonnage par l'armée de plusieurs quartiers de la ville de Homs, dans le centre de la Syrie, a indiqué l'agence officielle Sana, affirmant que les civils qui y avaient été tués dans la nuit l'avaient été par des hommes armés.


 "Une source de presse dément le pilonnage par l'armée de certains quartiers de Homs, colporté par les chaînes de télévision qui incitent" à la violence, a précisé Sana.

L'agence, citant une source de presse, a affirmé que les civils tués à Homs dans la nuit de vendredi à samedi et "montrés par les chaînes de télévision satellitaires sont des citoyens qui ont été kidnappés et tués par des hommes armés".

L'agence accuse les hommes armés de "vouloir exploiter ces informations pour faire pression au Conseil de sécurité" de l'ONU qui tente de mettre au point une résolution condamnant la répression en Syrie.

« La chaine de télévision alArabiya a fabriqué un correspondant à Homs avec un pseudonyme, pour donner de crédibilité à ses informations mensongères sur le nombre de morts et le massacre présumés », a indiqué l’agence officielle syrienne Sana.
Et d’ajouter que certains habitants de Homs ont reconnu leurs proches enlevés et tués depuis plusieurs jours parmi les images diffusées par les chaines de télévision.

Une habitante de Homs, Sana elMohammad, a confirmé dans un appel téléphonique à la chaine de télévision officielle syrienne samedi matin que l’armée n’est pas entrée dans la ville. « J’ai vu sur AlJazeera la vidéo sur des citoyens massacrés. J’ai reconnu mon cousin et son ami, j’ai vu clairement leurs visages. Ils ont été enlevés depuis 17 jours du marché de la ville, avant d’être tués par la suite », a-t-elle dit.

Le massacre "terrifiant" de Homs a fait 260 morts (opposition)

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l'opposition, a affirmé samedi que 260 civils avaient été tués à Homs. "Dans les premières heures de samedi, le régime d'Assad a perpétré l'un des massacres les plus terrifiants depuis le début de la révolte en Syrie", indique le CNS dans un communiqué.

"Les forces d'Assad ont bombardé (...) des zones résidentielles à Homs, dont Khalidiya et Qoussour, faisant au moins 260 morts, des civils, ainsi que des centaines de blessés, dont des femmes et des enfants", poursuit le groupe d'opposition.

Le CNS a exhorté la Russie à changer de position et à condamner le régime du président Assad.

Les Frères musulmans, qui font partie du CNS, ont appelé pour leur part à l'ouverture d'une enquête internationale sur le "massacre odieux" à Homs.
"Nous demandons au Croissant-Rouge et au Comité international de la Croix-Rouge, absents sur le terrain en Syrie, d'agir immédiatement pour sauver les blessés  (..) après que Bachar al-Assad a transformé Homs en un véritable champ de bataille, livrant une guerre d'extermination contre ses habitants", affirme le porte-parole de la Confrérie Zouheir Salem.


Source: Al Manar 
en passant par: Résistance 71



Des ambassades étrangères tirent sur des manifestants syriens:


US & French embassies shoot at protesters in syria who refuse forgein interference with Syria.

Source: 






Homs, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas


Silvia Cattori.net

Le Syrien qui témoigne ici vit à Homs, dans le quartier où a été tué Gilles Jacquier en même temps que huit sympathisants syriens du gouvernement Assad. Les obus tombaient tout autour de son immeuble au moment où nous parlions. Tétanisé par la peur et l’angoisse de la mort qui rôdait, il parlait à voix basse, difficilement.
Nous croyons ce que ce cadre, père de deux enfants, nous a dit avec sobriété. Nous croyons en sa sincérité. Ce qu’il affirme contredit ce qu’affirment les autorités politiques -impliquées dans le conflit- et nos médias, qui persistent à nier la réalité ; à attribuer les destructions et les assassinats aux forces armées syriennes et à affirmer à tort qu’elles torturent des enfants, violent des jeunes filles, tuent intentionnellement des civils.

En opposant leur véto à la résolution proposée par l’Occident et ses alliés arabes des pays du Golfe, la Chine et la Russie viennent de montrer qu’elles ne sont pas dupes de cette colossale désinformation. Mais, depuis que le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni, ces bandes armées ont redoublé de sauvagerie se sentant de toute évidence fortes du soutien que leur apporte la prétendue « communauté internationale ».

Silvia Cattori : Dans un article du 4 février, le journaliste de l’AFP, Khaled Soubeih [1], affirme que, selon des militants,« dans la nuit, les forces du régime ont bombardé au mortier et au char plusieurs quartiers rebelles comme Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Wadi Araba, et surtout Khaldiyé. » Le Conseil national syrien (CNS) fait, lui, état d’au moins 260 morts et de centaines de blessés. Est-ce bien votre point de vue sur ce qui s’est passé dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 février 2012 ?

Réponse : Ils tirent de tous côtés…ils veulent juste tuer…Leurs tirs ont tué 20 militaires qui se trouvaient dans notre quartier (Hadara)… Ce sont eux qui tirent et nous bombardent. Vous entendez ? Ils lancent des bombes sur notre quartier en ce moment [11h40 du dimanche 5 février] Ils tirent et tuent pour tuer aussi bien des alaouites que des sunnites dont ils contrôlent les quartiers.

Silvia Cattori : Quand vous dites « ils », « eux » qui désignez-vous ?

Réponse : Je parle des opposants armés contre Bachar.

Silvia Cattori : On a vu des images montrant des opposants devant des dizaines de corps recouverts de linceuls blancs que l’on a dit avoir été tués dans le quartier de Khaldiyé. Alors, selon vous, ce sont les corps de civils et de militaires exécutés par des groupes armés ?

Réponse : Oui. Ce sont eux qui les ont tués. Parmi ces corps, des gens de notre quartier ont reconnu des personnes qui avaient été kidnappées [2], certaines depuis longtemps. Ils ont enlevé beaucoup de gens. Les enlèvements ont commencé en avril.

Silvia Cattori : A-t-on reconnu parmi ces corps une personne enlevée que vous connaissiez ? Le ministre des Affaires étrangères françaises, Alain Juppé, a parlé de 100 enfants tués à Homs l’autre jour…

Réponse : Des parents de mon quartier ont reconnu, parmi ces cadavres, une vingtaine d’hommes qui avaient été kidnappés. Ils portaient des traces de torture. Ils n’ont pu voir tous les corps. Ils n’ont vu ni femmes ni enfants, parmi les cadavres. Ils ont vu les corps d’hommes, de disparus, de parents, présentant pour certains des traces de torture apparemment antérieures à la mort ; ils ont assuré que ces hommes avaient été enlevés auparavant, qu’ils paraissaient avoir été exécutés et non pas tués par des obus.

Silvia Cattori : Savez-vous combien de personnes ont été enlevées par ces groupes armés depuis avril ?

Réponse : On ne sait pas exactement…mais beaucoup d’hommes ont disparu. L’un d’eux est mon cousin. Ils l’ont kidnappé il y a 15 jours. On n’a plus eu aucune nouvelle. Il y a des familles ici qui ont eu des fils, des pères ou des oncles kidnappés. On estime à quelques 400 le nombre de personnes enlevées, disparues.
Je connais un autre cas récent. Celui du frère d’une amie. Il est parti en voiture le 24 janvier et on ne l’a plus revu. Sa famille a eu des nouvelles de lui par téléphone il y a 4 jours disant que ses ravisseurs demandent une rançon. La famille est en train de trouver une somme importante … Il arrive que, une fois trouvé, l’argent se perde en route, car le médiateur se fait tuer…

Silvia Cattori : Mais, ici, on dit que l’armée viole, torture les enfants...On dira en vous lisant que c’est peut-être l’armée qui kidnappe les gens ?

Réponse : Tout cela ne reflète pas ce que nous voyons depuis notre côté. Ce sont les opposants armés qui assiègent, qui kidnappent, qui tuent et torturent les enfants dont l’on voit ensuite la photo sur Aljazeera. Ils attribuent leurs crimes à l’armée syrienne. Les destructions, les morts, les blessés que nous avons, ce sont les opposants armés qui en sont responsables.

Silvia Cattori : Toujours est-il que ce chiffre de 260 civils [3]« dont une centaine d’enfants et de femmes », qui auraient péri sous les obus de l’armée d’Assad dans le faubourg de khalidiya, à Homs, la nuit du vendredi 3 février, ont mis le monde en émoi ; ce qui n’arrange pas les choses. Or, parmi les corps exposés à Khaldiyé on ne voit ni femmes ni enfants. On voit des jeunes hommes dont les corps portent des traces de tortures. Ils ne paraissent pas avoir été tués sous les décombres, suite à des bombardements. Tout cela confirme ce que vous nous avez dit. Que les tueries sont davantage le fait de groupes armés. Il est important de mettre cela au clair ; car si ce que vous dites - que les corps exposés sont ceux de gens qu’ils ont préalablement enlevés et exécutés - cela incrimine ceux qui, comme Obama et Sarkozy, couvrent les atrocités de ces opposants car ils veulent obtenir le renversement d’Assad coûte que coûte. Y a-t-il des photos des immeubles qu’ils auraient bombardés ?

Réponse : Oui. Ils ont bombardé Hadara, notre quartier (là où ils ont tué Gilles Jacquier - Nda) vendredi nuit. Les tirs partaient depuis Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé …dans tous les sens. Ce n’étaient pas des tirs qui partaient de l’endroit où se trouvaient des forces armées gouvernementales qui sont ici dans notre quartier pour nous protéger. C’est un petit quartier le nôtre.

Silvia Cattori : Alors, ce qu’ont rapporté des Syriens par téléphone au journaliste de l’AFP n’est pas vrai ?

Réponse : Non, ce n’est pas vrai. Ils sont lourdement armés. Ils ont pris le contrôle de Baba Amro, Bab Dreib, Bab Sebaa, Bayada, Khaldiyé... Ils détruisent, tuent, blessent les gens. Ils bombardent en ce moment…Ce sont eux (les groupes islamistes armés) qui font exploser des bâtiments, qui menacent les gens pas seulement dans notre quartier, partout. Il y a des tirs en ce moment dans plusieurs endroits. Les habitants appellent l’armée à l’aide.

Silvia Cattori : Avez-vous peur en ce moment ?

Réponse : Oui, on est effrayés. C’est très dangereux pour nous.

Silvia Cattori :On peine à comprendre comment ces groupes peuvent « contrôler » la population de quartiers entiers de la ville de Homs ?

Réponse : Ils sont entrés dans les quartiers ; ils s’y sont installés par la terreur ; ils maintiennent les habitants sous la menace ; ils les obligent à collaborer pour les protéger ; ils les obligent à fermer leurs échoppes, les écoles.

Silvia Cattori : Qu’est-ce qui est le plus difficile pour vous qui êtes exposés à leurs tirs ?

Réponse : On ne peut pas sortir, on ne peut pas voir d’autres gens, on vit dans la crainte permanente qu’une bombe nous touche, nous tue. Nous ne vivons pas en sécurité…Je ne peux pas aller à mon travail ; il y a sans cesse des bombardements dehors ; ils nous tuent dès que l’on sort ; la maison de mon voisin a été détruite…

Silvia Cattori : Depuis quand la situation est-elle devenue à ce point intenable ?

Réponse : Depuis deux jours cela est allé de pire en pire. Mais les choses se sont aggravées depuis sept jours.

Silvia Cattori : Avez-vous l’impression que l’administration d’el-Assad ne fait pas ce qu’il faut pour vous protéger ?

Réponse : Ils font de leur mieux dans un contexte très difficile.

Silvia Cattori : Les journalistes des médias traditionnels parlent de manifestants pacifiques, d’une révolution qui promet la démocratie…

Réponse : Non, il n’y a pas de manifestations pacifiques de leur côté. Toutes leurs manifestations sont violentes, sont des incitations à la violence.

Silvia Cattori : Ce que vous dites atteste que ce que les politiques et les médias qualifient chez nous de « militants pro-démocratie » sont en réalité des groupes armés qui terrorisent la population. C’est tout de même une douloureuse équation. Que ressentez-vous quand vous entendez MM. Alain Juppé et Gérard Araud, l’ambassadeur de France à l’ONU, donner raison à ces opposants armés qui vous tuent, vous kidnappent et tuent les soldats qui, avec la meilleure volonté, n’arrivent pas à vous protéger ?

Réponse : Ce que je ressens ? De la tristesse. Je suis très triste pour mon pays, mon peuple…je ne cesse de me demander pourquoi ils mentent…Nous sommes ici face à l’inconnu…Je remercie la Russie et la Chine pour avoir opposé leur veto au Conseil de sécurité. Car si eux aussi laissent faire ce que veulent d’autres pays, ce qui est arrivé en Libye arrivera ici en pire…
J’aimerais dire aux journalistes et aux responsables politiques que par leurs mensonges, par leur biais en faveur des opposants armés qui nous terrorisent, ils détruisent l’esprit, et surtout l’âme de notre jeunesse.

Silvia Cattori : Nous vous remercions d’avoir accepté de nous répondre. Nous allons faire de notre mieux pour faire connaître votre témoignage.

*****

Atterrée par ce que nous venions d’entendre, nous avons posé le téléphone tout en sachant que nos politiciens et nos médias ne voudront pas l’entendre [4]. (5 février 2012 )

Post scriptum

Ce matin, 6 février, alors que nous nous apprêtions à publier ce témoignage, en entendant dire sur France Culture que l’armée syrienne pilonnait sans discontinuer depuis samedi les opposants, et l’invité du matin, Salam Kawabiki, opposant syrien résidant à Paris, se plaindre que « malheureusement les médias du régime (sont) relayés par des sites d’extrême droite français... » [5], nous avons dressé l’oreille. Salam Kawabiki parlait de plus de 400 morts du côté des opposants dans la nuit de vendredi. Opposants qu’il présente comme étant totalement pacifiques, manifestant en chantant, comme les membres d’une révolution qui a «  développé un humour syrien ».

Nous ne l’avons pas cru. Tout ce qu’il disait transpirait la propagande, ne cadrait aucunement avec ce que, depuis des mois, nos contacts, qui sont eux terrorisés par les opposants armés à Homs, disent et répètent. Nous les avons appelés pour leur demander qui les pilonnait aujourd’hui. Il nous ont dit : « Aujourd’hui les groupes armés ont attaqué le centre de communication ; ils ont fait exploser des immeubles dans le quartier d’al-Nazihin et le quartier al-Inchaat ; ils ont menacé de faire sauter d’autres immeubles dans d’autres quartiers ; sur les toitures des pneus brûlent [6] ; les habitants appellent l’aide de l’armée ».

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