lundi 6 février 2012

Jusqu'où peut aller un pays avant que les gens ne se révoltent ?




Presque deux ans après le début du traitement de choc imposé par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international à la Grèce, son bilan est catastrophique, révoltant et inhumain.


Pauvreté, malnutrition, désespoir social : la Grecque

 Sonia Mitralia, membre de l’Initiative des femmes contre la dette et les mesures d’austérité (CADTM), auditionnée hier par une commission parlementaire du Conseil de l’Europe, dresse un constat terrifiant.

- Sur quoi vouliez-vous attirer l’attention des parlementaires ?

En réalité, des expressions telles que «austérité draconienne» sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce. Les salaires et les retraites sont amputés de 50% ou même, dans certains cas, de 70%. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire, la faim fait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines des milliers des SDF misérables, affamés et en haillons. (...) L’Etat grec n’est toujours pas capable, en janvier 2012 !, de fournir aux élèves les livres de l’année scolaire commencée en septembre passé. 

Des dizaines de milliers de citoyens grecs handicapés, infirmes ou souffrants des maladies rares se voient condamnés à une mort certaine et à brève échéance après que l’Etat grec leur a coupé les subsides et les médicaments. Le nombre de tentatives de suicide s’accroît à une vitesse hallucinante, comme d’ailleurs celui des séropositifs et des toxicomanes abandonnés désormais à leur sort par les autorités (…)

Au moment où nous en avons le plus besoin, l’Etat a coupé dans les aides sociales et les structures d’accueil. Un tiers des fonctionnaires n’ont pas été payés depuis août et continuent d’aller travailler.

Les services publics sont liquidés ou privatisés avec comme conséquence que le nombre de lits d’hôpitaux a été réduit, sur décision gouvernementale, de 40 %. Dans certains hôpitaux on ne trouve plus ni pansements ni médicaments de base comme l’aspirine. Accoucher coûte 1 000  € et on a vu des femmes sur le point d’accoucher se faire rejeter d’hôpitaux publics parce qu’elles ne pouvaient pas payer cette somme.

50 % des jeunes femmes sont au chômage contre 20 % au niveau national. Les jeunes sont très touchés : ils ne se marient pas, restent chez leurs parents ou y retournent.

On constate aussi que les tentatives de suicide sont de plus en plus nombreuses.

Cette description de la déchéance grecque, je pourrais la continuer à l’infini… Tout un peuple européen est menacé par une catastrophe humanitaire.

- Pourquoi votre mouvement parle-t-il plus spécifiquement des femmes ?

- Parce qu’en détruisant les services publics l’Etat se décharge de ses obligations sociales sur les familles. Et les familles, ça veut dire les femmes. S’occuper des gens à l’hôpital, dans les maisons de retraites, dans les instituts spécialisés pour handicapés, était avant un travail rémunéré. Aujourd’hui, les femmes, à la maison, doivent prendre le relais, gratuitement.

- Vous avez l’espoir d’en sortir ?

- Si ces politiques draconiennes – nous allons bientôt avoir un huitième plan d’austérité ! – se montrent efficaces, la dette publique sera ramenée, en 2020, à 120 % du PIB national, c’est-à-dire le taux de 2009, quand ce jeu de massacre a commencé. Donc ils sont en train de détruire toute une société pour rien.

La Grèce est un test. Ils veulent voir jusqu’où un pays peut aller sans se révolter.


Source : dna.fr via Dazibaoueb

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