jeudi 23 février 2012

Deux héros grecs contemporains

Notre pays s’enfonce dans les ténèbres du Moyen Âge, par Mikis Theodorakis
22 février 2012
« Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté. » Le compositeur Grec Mikis Theodorakis, ancien résistant et héros de la lutte contre le régime des colonels, aujourd’hui âgé de 87 ans, lance un appel à l’opinion internationale.


Par Mikis Theodorakis, 12 février 2012

Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux parties politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut).

Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement : d’une part, par la vente d’armes et de leurs produits et d’autre part, par les intérêts sur l’argent prêté au gouvernement (et non pas au peuple). Comme nous l’avons vu, le peuple grec était la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour vous convaincre : en 1986, Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de cet emprunt n’ont été remboursés qu’en 2010 et ils s’élevaient à 54 milliards d’euros.

L’année passée, M. Juncker a déclaré qu’il avait remarqué lui-même l’hémorragie financière massive de la Grèce qui était due aux dépenses excessives (et forcées) pour l’achat de matériel de guerre - de l’Allemagne et la France en particulier. Et il a conclu que ces vendeurs nous conduisaient à un désastre certain. Hélas, il a avoué qu’il n’a rien fait pour contrecarrer cela, afin de ne pas nuire aux intérêts des pays amis !

En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’a pas été épargnée. Cependant, le niveau de vie qui était jusque-là assez haut (la Grèce se classait parmi les 30 pays les plus riches du monde), est resté pratiquement inchangé, malgré une augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement par une crise économique. La dette des grands pays tels que les États-Unis et l’Allemagne sont estimées à des milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si ces deux facteurs sont positifs, il est possible d’emprunter auprès des grandes banques à un taux d’intérêt inférieur à 5%, jusqu’à ce que la crise soit passée.

En 2009, (en novembre), au moment de l’arrivée de G. Papandréou au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour faire comprendre ce que le peuple grec pense aujourd’hui de sa politique désastreuse, je cite deux chiffres : aux élections de 2009 PASOK - le parti politique de G. Papandreou - a remporté 44% des voix. Aujourd’hui, les sondages ne lui donnent plus que 6%.
M. Papandréou aurait pu faire face à la crise économique (qui reflétait celle de l’Europe) avec des prêts de banques étrangères au taux habituel, c’est-à-dire inférieur à 5%. S’il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problème. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.

Mais M. Papandréou avait déjà commencé sa conspiration contre le peuple grec en été 2009, lorsqu’il a rencontré secrètement M. Strauss-Kahn, dans le but de passer la Grèce sous la tutelle du FMI. Cette révélation a été divulguée par l’ancien président du FMI.

Pour y arriver, la situation économique de notre pays devait être déformée, afin que les banques étrangères aient peur et augmentent les taux d’intérêt de prêt à des montants prohibitifs. Cette opération onéreuse a commencé avec l’augmentation artificielle du déficit publique de 12% à 15% pour l’année 2009 (n.d.t : M. Andreas Georgiou, président du conseil d’administration de l’Institut National de Statistique, ELSTAT, a subitement décidé en 2009, sans demander l’accord, ni informer son conseil d’administration, de comptabiliser dans le calcul du déficit public certains organismes et entreprises publiques qui ne l’avaient jamais été auparavant dans aucun autre pays européen, excepté la Norvège. L’objectif était de faire passer le déficit de la Grèce au-dessus de celui de l’Irlande (14%), afin que ce soit elle qui joue le rôle de maillon faible de l’Europe.) Pour ce forfait, le procureur M. Pepònis a déféré M. Papandréou et M. Papakonstantinou (ministre des Finances) à la justice, il y a 20 jours.

Ensuite, M. Papandréou et le ministre des finances ont mené une campagne de discrédit pendant 5 mois, au cours de laquelle ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce est, comme le Titanic, en train de couler, que les Grecs sont corrompus, paresseux et donc incapables de faire face aux besoins du pays. Après chacune de leurs déclarations, les taux d’intérêt montaient, afin que la Grèce ne puisse plus faire des emprunts et afin de donner un caractère de sauvetage à notre adhésion au FMI et à la Banque Centrale Européenne. En réalité, c’était le début de notre fin.

En mai 2010, un ministre, celui des finances, a signé le fameux Mémorandum (Mnimònio, en grec), c’est-à-dire notre soumission à nos prêteurs. D’après le Droit grec, l’adoption d’un tel accord nécessite d’être mis aux voix et d’être approuvé par les trois cinquièmes des députés. Donc, le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent, fonctionnent illégalement - non seulement par rapport au Droit grec, mais aussi au Droit européen.

Depuis lors, en supposant que notre parcours vers la mort soit représenté par un escalier de 20 marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Imaginez que le Mémorandum accorde aux étrangers notre indépendance nationale et le trésor publique, à savoir : nos ports, nos aéroports, le réseau routier, l’électricité, l’eau, toute la richesse naturelle (souterraine et sous-marine) etc. Même nos monuments historiques, comme l’Acropole, Delphes, Olympie, Epidaure etc. après avoir renoncé à tous nos droits.

La production a été freinée, le taux de chômage a grimpé à 18%, 80’000 magasins ont fermé, tout comme des milliers d’usines et des centaines d’artisanats. Un total de 432’000 entreprises ont déposé leur bilan. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques quittent notre pays qui s’enfonce de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Age. Des milliers de personnes qui étaient aisés jusqu’à un temps récent, sont maintenant à la recherche de nourriture dans les ordures et dorment sur le trottoir.

Entretemps, nous sommes censés vivre grâce à la générosité de nos prêteurs d’argent, les banques européennes et le FMI. En fait, l’intégralité du paquet de dizaines de milliards d’euros versé pour la Grèce, retourne à son expéditeur, tandis que nous sommes de plus en plus endettés à cause des intérêts insupportables. Et parce qu’il est nécessaire de maintenir en fonction l’Etat, les hôpitaux et les écoles, la Troïka charge la classe moyenne et inférieure de notre société de taxes exorbitantes qui mènent directement à la famine. La dernière fois que nous avons vécu une situation de famine généralisée dans notre pays était au début de l’occupation allemande, en 1941, avec près de 300’000 morts en six mois seulement. De nos jours, le spectre de la famine revient dans notre pays infortuné et calomnié.
Si vous pensez que l’occupation allemande nous a coûté un million de morts et la destruction complète de notre pays, comment pouvons-nous accepter, nous les Grecs, les menaces de Mme Merkel et l’intention des allemands de nous imposer un nouveau Gauleiter... mais cette fois-ci, il sera porteur d’une cravate...

La période de l’occupation allemande, de 1941 jusqu’à octobre 1944, prouve à quel point la Grèce est un pays riche, et à quel point les Grecs sont travailleurs et conscients (conscience du devoir de liberté et de l’amour pour la patrie).

Lorsque les SS et la famine tuaient un million de personnes et la Wehrmacht détruisait notre pays, confisquait toute la production agricole et l’or de nos banques, les Grecs ont pu survivre grâce à la création du Mouvement de Solidarité Nationale et d’une armée de partisans comptant 100’000 soldats, - ce qui a retenu 20 divisions allemandes dans notre pays.

En même temps, non seulement les Grecs ont-ils survécu grâce à leur application au travail, mais il y a eu lieu, dans des conditions d’occupation, un grand développement de l’art grec moderne, en particulier dans le domaine de la littérature et de la musique.

La Grèce a choisi la voie du sacrifice pour la liberté et la survie en même temps.

Nous avons été attaqués, nous avons répondu avec Solidarité et Résistance et nous avons survécu. Nous faisons maintenant exactement la même chose, avec la certitude que le peuple grec sera finalement vainqueur. Ce message est envoyé à Mme Merkel et M. Schäuble, en soulignant que je reste un ami du peuple allemand et un admirateur de sa grande contribution à la science, la philosophie, l’art et la musique en particulier. La meilleure preuve de cela est le fait que j’ai confié l’intégralité de mon œuvre musicale à deux éditeurs allemands, Schott et Breitkopf, qui sont parmi les plus grands éditeurs dans le monde, et ma collaboration avec eux est très amicale.

Ils menacent de nous expulser de l’Europe. S’ils ne veulent une fois pas de nous, c’est dix fois que nous ne voulons pas faire partie de l’Europe de Merkel - Sarkozy.

Aujourd’hui, dimanche 12 février, moi et Manolis Glezos - le héros qui a arraché la croix gammée de l’Acropole, donnant ainsi le signal du début, non seulement de la résistance grecque, mais aussi de la résistance européenne contre Hitler - nous nous préparons à participer à une manifestation à Athènes. Nos rues et nos places vont être remplies de centaines de milliers de personnes qui manifesteront leur colère contre le gouvernement et la Troïka.

J’ai entendu hier le premier ministre-banquier dire, en s’adressant au peuple grec, que nous avons presque touché le fond. Mais qui nous a amené à ce point en deux ans ? Ce sont les mêmes qui, au lieu d’être en prison, menacent les députés, afin qu’ils votent pour le nouveau Mémorandum pire que le premier, qui sera appliqué par les mêmes personnes qui nous ont amenés là où nous sommes. Pourquoi ? Parce que c’est ce que le FMI et l’Eurogroup nous obligent à faire, en nous menaçant que, si nous n’obéissons pas, c’est la faillite... Ici l’on joue du théâtre de l’absurde. Les cercles qui nous haïssent (grecs et étrangers) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique de notre pays, nous menacent et nous font du chantage, afin de pouvoir poursuivre leur œuvre destructrice, jusqu’à notre extinction définitive.

Au cours des siècles, nous avons survécu dans des conditions très difficiles. Il est certain que, non seulement les grecs vont survivre, mais ils vont aussi revivre s’ils nous amènent de force à l’avant-dernière marche de l’escalier avant la mort.

A présent je consacre toutes mes forces à unir le peuple grec. J’essaie de le convaincre que la Troïka et le FMI ne sont pas une route à sens unique. Qu’il y a une autre solution : changer l’orientation de notre nation. Se tourner vers la Russie pour une coopération économique et la formation de partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse de notre pays en des termes favorables à notre intérêt national.

Je propose de ne plus acheter du matériel militaire des Allemands et des Français. Nous allons tout faire pour que l’Allemagne nous paie les réparations de guerre dues. Ces réparations s’élèvent, avec les intérêts, à 100 milliards d’euros.

La seule force capable de faire ces changements révolutionnaires, c’est le peuple grec uni en un Front de Résistance et de Solidarité pour que la Troïka (FMI et banques européennes) soit chassée du pays. En parallèle, il faut considérer comme nuls tous ses actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats de la richesse publique). Bien sûr, leurs partenaires grecs - qui ont déjà été condamnés dans l’esprit de notre peuple en tant que traîtres -, doivent être punis.

Je suis entièrement concentré sur ce but (l’Union du peuple en un Front) et je suis persuadé que nous l’atteindrons. Je me suis battu les armes à la main contre l’occupation hitlérienne. J’ai vu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j’ai fondé PAM (Patriotikò Mètopo - front patriotique), la première organisation de résistance contre la junte militaire. Je me suis battu dans la clandestinité. J’ai été arrêté et emprisonné dans « l’abattoir » de la police de la junte. Finalement, j’ai encore survécu.

Aujourd’hui, j’ai 87 ans, et il est très probable que je ne serai pas vivant le jour du sauvetage de ma patrie bien-aimée. Mais je vais mourir la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin de faire mon Devoir envers les idéaux de Liberté et de Droit.

Publication Mikis Theodorakis


Source: Contre Info




Manolis Glezos, l’éternel résistant 


22 février 2012
El Mundo Madrid         



Manolis Glezos au Parlement grec, à Athènes, en février 2012.
Manolis Glezos au Parlement grec, à Athènes, en février 2012.
AFP
A 89 ans, il est l’une des figures des protestations contre l’austérité. Apparatchik du parti communiste depuis 70 ans, il est aussi un symbole national depuis le jour de 1941 où il a osé décrocher le drapeau nazi de l’Acropole.

Toutes les manifestations grecques ont plusieurs points communs. Elles ont toutes lieu sur la place Syntagma. La plupart des manifestants sont des citoyens pacifiques, scandalisés par les plans d'austérité et l'incapacité de la classe politique à gérer une catastrophe financière sans précédent.
Il y a un autre point commun : à chaque fois, on retrouve un vieil homme déchaîné en pleine action. Il est tout devant, au centre, sans pour autant être un chef. C'est une figure de premier plan, certes, mais c'est aussi un homme comme un autre. Il est âgé, oui, et fragile, mais aussi passionné que les autres. Il s'embarque toujours dans des embrouilles.

Une lueur d'espoir pour toutes les nations

En mars 2010, un policier lui a envoyé du gaz lacrymogène et il a dû être emmené en lieu sûr. Ce mois-ci, il a subi la même attaque, au même endroit. Il s'est évanoui et a dû être emmené à l'infirmerie du Parlement. La police le considère comme un agitateur. Il s'appelle Manolis Glezos et il mène le même combat depuis 70 ans. Il en a 89.

Quatre grands événements ont marqué l'histoire contemporaine de la Grèce : l'occupation nazie, la guerre civile, la dictature militaire et l'effondrement du système financier. Manolis Glezos les a tous connus.
L'événement qui l’a marqué à jamais a eu lieu quand il était jeune. Dans la nuit du 30 mai 1941, alors que les nazis occupaient tout son pays, il s'est faufilé en douce jusqu'au sommet de l'Acropole en passant par une grotte avec Lakis Santas, un camarade et ami.
Ensemble, ils ont réussi à décrocher le drapeau nazi de son mât et à s'éclipser sans que les gardes ne se rendent compte de rien.

La valeur symbolique de ce geste fut immense. Ce simple acte de défi, pendant l'une des périodes les plus obscures de la guerre, se transforma en une lueur d'espoir pour toutes les nations occupées du monde.

La fin de la Seconde Guerre mondiale n'a pas sonné la fin des souffrances pour la Grèce. Une guerre civile de quatre ans a alors commencé, opposant l'armée de la nouvelle république grecque aux guérillas communistes – les plus efficaces dans la résistance contre les nazis. Ce nouveau conflit a laissé le pays encore plus divisé et exsangue.

Manolis Glezos était un membre éminent du parti communiste et le directeur de son journal officiel. En tant que tel, il a été fait prisonnier à de nombreuses reprises. Il a été condamné à mort deux fois et a été élu député alors qu'il était en prison. Au total, il a passé presque 16 ans de sa vie en prison ou en exil.

Tous les moments cruciaux de l'histoire de la Grèce

“Manolis Glezos est le symbole de la conscience collective grecque, explique Nilos Marantzidis, qui enseigne les sciences politiques à l'université de Macédoine à Thessalonique. Son acte révolutionnaire pendant la guerre a été le moment décisif de sa carrière. Mais ses idées politiques ont changé avec le temps. Le Glezos des années 50 est très différent de celui des années 80. On remarque tout de même une constante tout au long de son parcours : pour lui, la Grèce est une nation unie qui doit constamment lutter contre des ennemis étrangers.”


Dans les années 1980, Manolis Glezos, alors membre de l'EDA (un parti de gauche), s'est présenté à trois élections en tant que représentant du PASOK, le parti socialiste dirigé par Andreas Papandréou, qui a gouverné la Grèce pendant l'essentiel de ces années. C'est à cette période que l'Etat, corrompu, a commencé à accumuler des dettes phénoménales.

“Pendant les années 1980, le pays a développé un nouveau discours pour se décrire et affronter le passé, analyse Nilos Marantzidis. Manolis Glezos était en bonne place pour être le personnage principal de cette histoire.”


C'est peut-être pour cela qu'il a réussi à rester une figure politique aussi longtemps. Très peu de gens ont réussi à être présents à tous les moments cruciaux de l'histoire de la Grèce contemporaine.
La crise financière grecque arrive à un tournant. Depuis 2 ans, un flot continu de mesures d'austérité a anéanti l'économie et les citoyens perdent patience. Evidemment, le peuple descend dans la rue. Et Manolis Glezos est là à chaque fois, accompagné de son camarade d'indignation, Mikis Theodorakis, un compositeur légendaire âgé de 87 ans.

118 camarades exécutés

Manolis Glezos est âgé, mais on ne dirait pas qu'il fêtera ses 90 ans en septembre. Nous parlons de ce dont parlent tous les Grecs : la crise financière. “Actuellement, la seule solution est d'organiser des élections générales, assure-t-il. Notre système électoral est sens dessus dessous. Le gouvernement est complètement déconnecté de ce que veut le peuple. Il faut des élections et il faut que les partis de la gauche s'unissent, laissent de côté leurs différends et saisissent l'occasion de gouverner.”


Manolis Glezos a des idées très claires concernant l'avenir du pays. Selon lui, la Grèce devrait refuser de payer un seul euro de sa dette “odieuse”. Il a une stratégie en 5 points pour réformer l'économie. Il sait exactement ce qui doit être fait pour ressusciter l'industrie lourde et il a émis des propositions pour restructurer son infrastructure énergétique... Et il est convaincu que la Grèce doit exiger de l'Allemagne les réparations qu'elle lui doit depuis la guerre.

Tout au long de sa carrière, il a toujours été partisan de la démocratie absolue, du droit du peuple de se gouverner lui-même. Lorsqu'il était maire de son village natal, Apiranthos, sur l'île de Naxos, il a brièvement mis en place un système d'autogouvernement en 1986.

On pourrait mépriser certaines de ses idées et de les considérer comme les errements d'un vieil homme (c'est ce que font certains), mais personne ne peut nier la puissance des idées qu'il représente, tout comme la manière dont il s'est servi (avec honneur) de son propre symbolisme pendant 70 longues années.
Quand on lui demande ce qui le motive, ce qui entretient son ardeur après toutes ces années passées à lutter, il répond : “118 amis. J'ai perdu 118 camarades. Ils ont été exécutés pendant la guerre civile. A cette époque, avant chaque bataille, on se fixait des objectifs, on annonçait nos rêves et nos buts, parce qu'on savait que tout le monde ne reviendrait pas vivant. On voulait que les survivants parviennent à réaliser quelques-uns de ces rêves. Et c'est moi qui ai survécu le plus longtemps.”


Traduction : Leslie Talaga




Source: presseurope

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