mercredi 30 novembre 2011

Lévy et la mort

Pour en finir avec Goebbels Henry-Levy.
Goebbels Henri-Levy (GHL) revient de la guerre taché du sang libyen, fanfaronnant dans un livre de 600 pages qui contredisent son titre « La guerre sans l’aimer, » où il ne se délecte que de ça. Il s’en enorgueillit même, s’attribue des lauriers, distribue des médailles, tance les mauvais élèves, juge, justifie des exactions, des condamnations à mort, des bombardements de population civile, explique, enjolive, détourne le regard chaque fois qu’il faut, et tente au final de s’en faire des choux gras par un pavé indigeste et sans élan à 22 euros, la veille de noël ! Combien de droits d’auteurs reversés aux veuves de sa guerre ? Aux veufs de ses bombardements ? À part ça il n’aime pas la guerre ! 

L’homme n’aime pas la guerre mais l’accompagne gaiement d’un plateau de télévision à l’autre, d’un éditorial à l’autre pour faire son service après-vente et la promotion de son livre. Il fallait le voir, Levy invité par Cohen sur la 5, prophétisant la bave aux lèvres que la Libye étant « libérée » c’était au tour de la Syrie et de l’Iran. Qu’il ne fallait pas hésiter à « violer » les conventions internationales pour arriver à ces fins inéluctables. Goebbels considérait également que dans le cadre de la lutte contre le communiste, les conventions internationales pouvaient être violées. 
Assurément cet homme aime la guerre, il la suit, marche à ses côtés, la précède comme une meute de chiens reniflant les tombereaux de cadavres. 

GHL justifie la destruction de la Libye et l’empoisonnement fatal à l’uranium de la population libyenne par la libération d’un vieux dictateur (qui avait tout de même réinventé la sécurité sociale et les études gratuites pour tous,) comme le nazi Goebbels justifiait l’invasion barbare de la Pologne et l’ouverture des camps de concentration par la libération du communisme. Tout ira mieux ensuite puisque l’imposteur, le propagandiste, le fauteur de guerre ébahi de lui-même, GHL vous le dit ! 

Véritable réquisitoire pour la guerre civile, donnant tout pour qu’elle aboutisse, allant chercher le diable, mentant aux libyens sur ses intentions, appelant et tentant de justifier de quelques traits de plumes les bombardements à l’uranium des villes fidèles à Kadhafi. Peu lui importe que la convention de Genève qualifie cela de crimes de guerre, il en revendique la responsabilité ! Joli témoignage à charge le jour où Tripoli dressera un « Nuremberg » chargé de punir les empoisonneurs de l’humanité libyenne. 

GHL nous sert Malraux en en-tête et parapluie : « Que la victoire demeure avec ceux qui auront fait la guerre sans l’aimer. » Porte étendard sioniste et néoconservateur comme il le revendique lui-même, chantre d’une idéologie raciste pire encore que l’apartheid, GHL espère planquer ses crimes idéologiques derrière le panache d’un authentique résistant contre le fascisme. A la différence tout de même que Malraux s’est levé aux cris de Guernica tandis que GHL étouffe ceux de Syrte. Malraux s’est battu, GHL s’est planqué. Elle est bien bonne celle-là, même le vrai Goebbels n’y avait pas pensé ! « Que la victoire demeure avec ceux qui auront gazé sans aimer ça! » 
Le génocide musulman à l’uranium dépasse déjà par sa dimension le génocide juif de la Shoa. Hitler et Goebbels étaient en quelque sorte des amateurs du 20ème siècle, bienvenue dans le siècle du bombardement des populations civiles à l’uranium, portés par des philosophes en cols blancs. Les femmes de Falludjah (Irak) renoncent à avoir des enfants dont 80% naissent difformes et 100% malades. Les médecins conseillent aux femmes de Falludjah, en baissant les yeux surement, de ne plus faire d’enfants…Clap de fin messieurs les néo-nazis. 

Les témoignages affluent, l’offensive de l’Otan à broyé des familles entières, vidé des villes de ses habitants, rasé Syrte comme on l’a fait de Dresde, disséminé de l’uranium sur toute les zones habitées. On estimera à plus de 200 milliards les destructions d’infrastructures civiles. Les « chiffres officiels » donnent 70 000 morts, dont beaucoup sous la torture simplement parce qu’ils étaient noirs et fidèles à leur protecteur. Aucun chiffre des centaines de milliers de blessés, des disparus, des millions des déplacés, des exilés, des empoisonnés. La Tunisie, dont la France avait refusé d’accueillir 15 000 gavroches épuisés et affamés au lendemain de sa révolution, estime recueillir 500 000 déplacés libyens sur son sol. Combien en Algérie ? Combien en Egypte ? Combien de noyés dans la mer ? Et l’uranium. Et l’uranium. Et l’uranium. GHL ne voit rien de tout cela, la Terreur de 1793 a retrouvé un philosophe. Il en est absolument fier et se répand d’auto satisfécits dans son livre et à toutes les tribunes. Faut-il rappeler que GHL a soutenu absolument toutes les guerres de Georges Bush ? 

La torture et l’assassinat d’un vieux lion, enfants et petits-enfants, justifiant la destruction et l’empoisonnement de son peuple, Machiavel transpire plus entre les lignes de ce livre que Malraux. 
Quel peuple se suiciderait à l’uranium pour être libre d’un vieux dictateur bientôt débile ? Si la fin justifie les moyens, que dire de la déclaration de GHL au dernier diner du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France : « en Libye je suis resté fidèle à moi-même, à Israël et au sionisme. » fermez le ban ! Avec des « leaders d’opinions » qui « n’aiment pas la guerre » comme celui-là, la France du 21ème siècle à des soucis à se faire. 

Mais derrière la propagande pousse sans cesse la vérité. Ni GHL ni le printemps libyen ne viennent de nulle part. La dislocation de la Libye est sur l’agenda américain et israélien depuis 2001. Les rebelles de Benghazi sont armés, entraînés, islamisés depuis 40 ans par les américains dans des bases au Soudan, et depuis 20 ans par les français dans des bases au Tchad. Plusieurs tentatives de coup d’Etat armés ont été tentées par ces groupes dans les années 80 et 90. Elles furent écrasées par l’armée libyenne. 10 000 morts. Mais la division du peuple libyen opérait. Cette fois-ci l’opération a été minutieusement préparée, et soutenue au sol par 5 000 soldats de la nouvelle armée Qatarie, sorte de légion étrangère de l’Otan. Les commandos européens et israéliens, l’approvisionnement en armes et combattants par la mer et le plus grand bombardement de l’histoire de l’aviation française ont fait le reste. 
La finalité recherchée par les fauteurs de guerre du 21ème siècle est le pillage des ressources, et la dislocation du monde musulman afin de protéger la colonie occidentale Israël, d’où la fidélité revendiquée des engagements de GHL à ces principes. Aucune autre puissance régionale ne doit subsister. C’est pour cela que GHL est si sûr de la fin de la Syrie et de l’Iran, il accompagne l’agenda de l’Otan, machine de guerre occidentale inégalée dans l’histoire de l’humanité, qui doit dévorer pour survivre. 

Tandis que les révolutions populaires de Tunisie et d’Egypte offraient leurs héros aux mains nues en martyrs, dés le deuxième jour, les « islamistes pro-occidentaux » étaient armés suffisamment pour prendre la caserne de Benghazi d’assaut. Alors que les révolutions tunisienne et égyptienne réussirent rapidement, avec relativement peu de morts, les guerres civiles soutenues et alimentées par les armes de l’Otan se transforment en d’immondes et interminables carnages, et au bout du compte échecs de la révolution démocratique, et captation du pouvoir par des autorités affidés à l’Otan. J’accuse GHL, Israël et l’Otan d’avoir fait échoué, à dessein, le « printemps arabe » en Libye et en Syrie. 

Parmi les nombreux mensonges et contradictions égrenés dans ce livre de propagande néo-nazi, on trouve la liste des journaux qu’il a contactés pour financer sa propagande, le « New York Times Syndicate, le JDD, Corriere en Italie, El Païs en Espagne, Expressen et Aftenpostera en Scandinavie… » Et la phrase sublime un peu plus loin, page 54, s’adressant aux libyens : « […] nous ne sommes rien de tout cela et surtout pas, rassurez-vous, des journalistes qui vont écrire ce soir, ou demain, ou même après-demain ce dont ils sont les témoins. » 

Il faut dire pour conclure, que tout journaliste qui relaie la propagande de ce criminel de guerre en col blanc, du Point à ARTE en passant par France Télévision, Libération, ceux précités et tant d’autres, entrera lui-même dans l’histoire comme collabo-rat-sioniste au plus grand crime contre l’humanité de l’histoire. Suivant en cela les journalistes des années 40 dans les poubelles de l’histoire malgré leurs airs satisfaits du moment. 
Il faut que cela cesse. J’appelle au boycott de tout les médias qui approchent ou servent la soupe à cet imposteur. 

Vincent Després Levard, le 28 novembre 2011.
fraternitesdesignorants@laposte.net


Source: http://www.alterinfo.net/

Message de Denis Hamouri

 au lendemain du 28 novembre 2011

 Il était tellement prévisible que Salah Hamouri ne serait pas libéré à la date définie par le jugement. Il a été retenu dans les geôles israélienne, simplement parce qu' il a toujours refusé de s'excuser our avoir épousé la cause palestinienne et de reconnaître la préparation d'un attentat contre un rabbin extrêmiste, parce ce que, même en prison, il ne renonce pas à sa liberté d'être lui-même, et davantage encore. En ne le libérant pas à la date convenue, le gouvernement israélien bafoue sa propre justice et emprisonne par le fait même le peuple censé l'avoir élu dans un carcan de honte et de non- droit.

Toute cette affaire n'a fait que nous confirmer le soutien inconditionnel du gouvernement français à l'état d'Israël, contre toute raison. La Palestine, ce pays violé et déchiqueté, n'a plus aucune légitimité dans le contexte géostratégique international, sinon celle, dérisoire, de révéler l'ampleur du désastre dans lequel toute l'humanité se trouve plongée. La famille de Salah peut être fière, au-delà de la douleur qui est la sienne, de Salah et je tiens à saluer ici son courage héroïque (le mot n'est pas trop fort dans ce cas),  un courage exemplaire qui devrait nous aider, en ces temps immoraux ,  à tenir debout et à continuer la lutte de libération collective. G.H.

 

 

Mesdames,
Messieurs,
Chers amis,

Alors que mon fils, Salah, [1] devait sortir le 28 novembre, les autorités israéliennes en ont décidé autrement, de manière totalement arbitraire.
Bien sûr vous imaginez la déception énorme qui est celle de Salah et aussi celle de sa famille.
Mais je voudrais vous dire, en notre nom à tous, un « grand merci ». Un grand merci car depuis tellement longtemps vous vous êtes mobilisés en faveur de Salah et de la liberté – la sienne et celle de la Palestine.
Sans vous, qui êtes des dizaines de milliers, on ne parlerait même pas du tout de Salah et on n’aurait même pas fait attention à son sort pourtant injuste et terrible.
Merci vraiment car si Salah n’est pas sorti hier ce n’est pas par manque d’efforts de votre part mais bien malgré ces efforts. Vous n’avez rien à vous reprocher, au contraire vous pouvez être fiers de vous. On voit mieux, du coup, l’épaisseur du mur à percer et le poids et la détermination des forces adverses.
Aujourd’hui on me demande : « Mais que faire pour Salah ? »
Je vous répondrais : continuer à exiger sa libération et à élargir encore et encore le cercle des amis qui peuvent nous rejoindre dans cette cause qui dépasse le cas de Salah. Il sait, mon fils, tout ce que vous faîtes et il vous en est gré. Sachez-le.
Les autorités françaises nous ont contactés et ont contacté Salah en proposant de le placer dans la liste des prochains prisonniers palestiniens qui doivent sortir, théoriquement, à la mi-décembre.
Salah comme nous-mêmes, mon mari et moi, avons tous considéré que si cela devait se faire, il est impensable que l’on demande quoi que ce soit à Salah. Pas d’excuses, pas d’écrits d’aucune sorte, pas de signature, pas d’éloignement de sa terre natale. Sans conditions en un mot.
Nous en sommes-là. Nous n’avons aucune garantie que cela se fera. Mais nous refusons toute idée de discussion quant à sa sortie éventuelle. Cela a assez duré. Il ne s’est pas excusé hier pour « adoucir » sa peine, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va le faire.
Je tenais à vous informer de cette situation. Verrons-nous notre fils à Noël ? Rien n’est fait, rien n’est certain. Nous avons encore besoin de vous !
Merci infiniment pour ce que vous avez déjà fait avec son Comité de soutien.
Denise Hamouri, Jérusalem, le 29 novembre 2011.

Notes
[1] Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien, est emprisonné dans les geôles israéliennes depuis 7 ans. Il a purgé sa peine et devait sortir de prison le 28 novembre 2011. Le régime colonial israélien en a décidé autrement en l’obligeant a faire 140 jours supplémentaire de détention.

 au lendemain du 28 novembre 2011


Mesdames,
Messieurs,
Chers amis,

Alors que mon fils, Salah, [1] devait sortir le 28 novembre, les autorités israéliennes en ont décidé autrement, de manière totalement arbitraire.

Bien sûr vous imaginez la déception énorme qui est celle de Salah et aussi celle de sa famille.
Mais je voudrais vous dire, en notre nom à tous, un « grand merci ». Un grand merci car depuis tellement longtemps vous vous êtes mobilisés en faveur de Salah et de la liberté – la sienne et celle de la Palestine.

Sans vous, qui êtes des dizaines de milliers, on ne parlerait même pas du tout de Salah et on n’aurait même pas fait attention à son sort pourtant injuste et terrible.

Merci vraiment car si Salah n’est pas sorti hier ce n’est pas par manque d’efforts de votre part mais bien malgré ces efforts. Vous n’avez rien à vous reprocher, au contraire vous pouvez être fiers de vous. On voit mieux, du coup, l’épaisseur du mur à percer et le poids et la détermination des forces adverses.
Aujourd’hui on me demande : « Mais que faire pour Salah ? »

Je vous répondrais : continuer à exiger sa libération et à élargir encore et encore le cercle des amis qui peuvent nous rejoindre dans cette cause qui dépasse le cas de Salah. Il sait, mon fils, tout ce que vous faîtes et il vous en est gré. Sachez-le.

Les autorités françaises nous ont contactés et ont contacté Salah en proposant de le placer dans la liste des prochains prisonniers palestiniens qui doivent sortir, théoriquement, à la mi-décembre.

Salah comme nous-mêmes, mon mari et moi, avons tous considéré que si cela devait se faire, il est impensable que l’on demande quoi que ce soit à Salah. Pas d’excuses, pas d’écrits d’aucune sorte, pas de signature, pas d’éloignement de sa terre natale. Sans conditions en un mot.

Nous en sommes-là. Nous n’avons aucune garantie que cela se fera. Mais nous refusons toute idée de discussion quant à sa sortie éventuelle. Cela a assez duré. Il ne s’est pas excusé hier pour « adoucir » sa peine, ce n’est pas aujourd’hui qu’il va le faire.

Je tenais à vous informer de cette situation. Verrons-nous notre fils à Noël ? Rien n’est fait, rien n’est certain. Nous avons encore besoin de vous !

Merci infiniment pour ce que vous avez déjà fait avec son Comité de soutien.

Denise Hamouri, Jérusalem, le 29 novembre 2011.

Notes
[1] Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien, est emprisonné dans les geôles israéliennes depuis 7 ans. Il a purgé sa peine et devait sortir de prison le 28 novembre 2011. Le régime colonial israélien en a décidé autrement en l’obligeant a faire 140 jours supplémentaire de détention.

mardi 29 novembre 2011

Lybie, Syrie même stratégie

Au crible des informations tendancieuses, la situation en Syrie
par Mère Agnès-Mariam de la Croix

On m’a demandé mon avis sur ce qui se passe chez nous. Vous le savez je travaille en Syrie à la réhabilitation d’un monastère du VIème siècle tombé en ruine. Notre communauté monastique est dévouée au témoignage et à l’unité de l’Église d’Antioche et chargée de servir les pèlerins et les personnes en recherche spirituelle. Nous recevons près de 20 000 visiteurs par an. Cette affluence, avec le réseau local et régional d’amitiés de la communauté, nous permet d’avoir une idée assez objective de la situation qui nous préoccupe...

La suite sur: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1465




Chemins de Damas


Un témoignage de Syrie par Marie-Ange PATRIZIO

Chers amis, Je reviens (samedi 19 novembre 2011) d’un voyage de 6 jours en Syrie, à l’invitation des Eglises d’Orient [11], autorisé par le gouvernement syrien, et, pour ma part, à la demande de Mère Agnes-Mariam de la Croix, dont j’ai fait la connaissance à la fin du mois d’avril 2011...


La suite sur: http://www.legrandsoir.info/chemins-de-damas.html




La France entraîne les rebelles pour combattre en Syrie
Le 27 Novembre 2011.

Un journal turc a dévoilé que les forces militaires françaises entraînent les rebelles armés syriens pour se battre contre le gouvernement du président Bashar Al-Assad...

La suite sur: http://resistance71.wordpress.com/

lundi 28 novembre 2011

Salha Hamouri sera-t-il libéré?


Message adressé à la famille Hamouri
Je pense fort à vous aujourd'hui, à vous et à Salah bien sûr. Ce devait être son jour de sortie. Et on peut craindre qu'il ne sorte pas.

Je pense à vous tous qui avez enduré tant d'injustices, de lâcheté, de mépris, de nuits blanches.
Je pense à la joie qui était la votre à l'idée de pouvoir serrer Salah dans vos bras et pouvoir enfin l'embrasser depuis toutes ces années.

Je veux vous dire toute ma solidarité et mon amitié.
Et vous dire aussi une autre chose : le cas de Salah est aujourd'hui connu et soutenu par des dizaines de milliers de Français.

Jamais en France un Comité de soutien n'avait été aussi important et divers que celui qui soutient l'exigence de libération de Salah.

Nous restons mobilisés. Nous ne lâcherons pas.

Toute mon amitié et ma solidarité active.


Jean-Claude Lefort
Coordinateur du Comité national de soutien

Auteur : Jean Claude Lefort - Source : Comité national de soutien à Salah Hamouri

dimanche 27 novembre 2011

Les effets de la catastrophe de Fukushima sur la santé

Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 17:41

Source: Le blog de Fukushima

Des vidéos illustrent cet article qui fait le point sur la situation absolument dramatique au Japon. Si vous voulez les visionner, rendez-vous à la source signalée ci-dessus.


Les mères de Fukushima avaient alerté le monde dès le mois de juin : les enfants avaient des saignements de nez, des diarrhées, de la toux, des thyroïdes enflées, etc. Elles n’ont eu cesse d’informer et d’agir pour que tous les enfants soient évacués de la région de Fukushima. Encore dernièrement, elles se sont mobilisées à Tokyo pour sensibiliser la population, mais en vain pour l’instant. Pourtant, l’actualité semble leur donner raison. Un grand nombre d’informations convergentes indiquent que, suite à la catastrophe nucléaire, l’état général de la santé des Japonais vivant dans une vaste région correspondant au moins à 8% du Japon est en train de se dégrader.
 
 
Tweet d'un habitant d'Ibaraki : "Je travaille dans un hôpital d'Ibaraki. Il y a eu des patients avec des saignements de nez perpétuels en avril. Il y en a eu sans raison avec de la diarrhée et de la fièvre en juillet. Maintenant même les membres du personnel de l'hôpital souffrent de diarrhée sans raison...Ça commence à craindre." Tweet d'un habitant de Fukushima : "Mon ami vit à Iwakashi. Il vient finalement de commencer à avoir de l'hématurie (sang dans les urines, NdT). Mes petits enfants ont des saignements de nez. Ils ne peuvent évacuer parce qu'ils n'ont pas assez d'argent." (source)
 
Même si ces tweets n’ont aucune valeur statistique, ils se rencontrent de plus en plus souvent et sont à mettre en relation avec l’augmentation de certaines pathologies, visible sur ces graphiques mis en ligne par le gouvernement japonais : conjonctivites, pneumonies, et diverses autres maladies sont en nette augmentation en 2011.

 
On avait déjà remarqué chez les enfants de Fukushima que leur thyroïde avait été affectée. Un groupe de chercheurs, sous la direction du Professeur Satoshi Tashiro de l'Université de Hiroshima, avait contrôlé la glande thyroïde de 1149 enfants de la préfecture juste après l'accident, en mars, de la centrale nucléaire. De l'iode 131 avait été détecté chez environ la moitié des enfants. Les enfants, que l’on a affublés de dosimètres, semblent ainsi être devenus des sujets de recherche ! Chez les jeunes évacués, on avait aussi remarqué des dysfonctionnements de la glande thyroïde. Plus au sud, dans la préfecture de Gunma, 80% des patients atteints de problèmes thyroïdiens voient aujourd’hui leur état s’aggraver. Devant l'inquiétude et la pression des parents, une étude à grande échelle sur les problèmes de thyroïde a commencé le 10 octobre : 360 000 enfants de la région de Fukushima seront suivis de manière régulière tout au long de leur vie.
 
D’autres anomalies ont été remarquées pour ces enfants vivant en zone contaminée comme la perte de poids, le ralentissement ou l’arrêt de la croissance et même des attaques cardiaques, ce qui peut être mis en lien avec la grande toxicité du césium-137. L’ACRO, laboratoire français, a aussi fait des mises en garde à plusieurs reprises, à partir d’analyses effectuées sur l’urine des enfants de Fukushima : 100% des prélèvements révèlent la présence des césiums radioactifs. Ainsi, plus de 4 mois après les rejets massifs de radioactivité dans l’environnement, ils étaient toujours contaminés alors que leurs parents font des efforts pour limiter cette contamination interne. Il est fort probable que cela soit dû à la nourriture.
 
Et pourtant, cette nourriture contaminée, on la vante et on en fait la promotion pour ne pas laisser tomber la région de Fukushima et son économie agricole. Mais… un présentateur vedette de la télévision japonaise, Norikazu Otsuka, qui mangeait des produits irradiés devant les caméras « pour montrer leur innocuité », a dernièrement été diagnostiqué par son médecin comme ayant contracté une leucémie aiguë.
 
Un autre promoteur et consommateur des légumes de Fukushima, l’empereur du Japon lui-même, vient également d’être hospitalisé, ainsi que deux autres membres de sa famille. Akihito souffre d’une pneumonie, la princesse Aiko a contracté une Mycoplasma pneumoniae, et la princesse Masako serait victime de fièvre et de toux : ils ont tous les trois des symptômes communs. Or la pneumonie, nous l’avons vu, est une maladie qui augmente fortement au Japon cette année ; Takeo Nishioka, Président de la Chambre des conseillers de la Diète du Japon est d'ailleurs décédé d’une pneumonie le 5 novembre 2011 à l’âge de 75 ans. Même si les cas de l’empereur et de sa famille n’auront pas forcément la même issue, on peut s’interroger sur ces cas à répétition. En avril, on tentait d’expliquer l’augmentation des cas de pneumonies dans la région de Tohoku par l’ingestion d’eau de mer : au moins 11 personnes étaient mortes de la pneumonie et environ 150 avaient été hospitalisés dans la préfecture de Miyagi, le nombre de patients étant de cinq à six fois plus élevé que d’habitude. Mais aujourd’hui, comment expliquer cette augmentation ? Comme pour Tchernobyl, il est probable que les radionucléides, en contamination interne, provoquent ces maladies respiratoires.
 
Le problème, ce sont ces idiots qui se bousculent à la télévision pour faire croire aux gens que la situation n’est pas grave. Ainsi, d’après plusieurs scientifiques médiatisés, le plutonium ne serait pas si dangereux. La radioprotection pour tous n’est pas un concept avancé au Japon. Et la population, quand elle ne s’organise pas de manière autonome, en fait les frais. Une télévision alternative, OurPlanet-TV, informe de manière indépendante en diffusant des émissions sur le sujet même de la santé. Par exemple, en juillet dernier, l’émission ContAct a invité Mika Noro, présidente de l'association " Le pont pour Tchernobyl ", qui a partagé son expérience : s’étant rendue au Bélarus en 1993 (pays le plus touché par les retombées radioactives de Tchernobyl), elle a éclairé avec lucidité et compétences les symptômes cliniques chez les enfants de Fukushima. Après la catastrophe de Fukushima, Our Planet-TV a lancé une enquête pour savoir si les retombées radioactives avaient eu des effets sur la santé de la population. Suite à cet appel, ils ont été amenés à étudier plus de 500 cas. Cette enquête met ainsi en évidence que la radioactivité, même à faible dose, a des effets réels sur la santé, ce qui était déjà connu par ailleurs avec la reconnaissance de l’augmentation du risque de cancer.
 
Dans cette vidéo sous-titrée en français, on voit entre autres le Dr Masamichi Nishio, chef  du centre anti-cancéreux d’Hokkaïdo commenter le livre de Yablokov et Nesterenko et témoigner que la  CIPR (Commission  Internationale contre les rayonnements) a renoncé à étudier les effets des radiations internes car cela aurait gêné le développement de l’industrie nucléaire.

 
Dans les écoles le problème est identique. Dans le même esprit de se persuader que tout va bien dans le meilleur des mondes, on continue de fonctionner comme si de rien n’était. Par exemple, on demande aux enfants de nettoyer une piscine contaminée sans protection, ou on leur demande d’aller ramasser les feuilles d’automne sans précaution particulière alors que l’on sait parfaitement qu’elles sont contaminées au césium. Pire encore, on force les enfants à boire du lait contaminé. Et gare à celui qui ne veut pas. Le 29 septembre 2011, Akira Matsu du New Komeito (parti politique japonais NKP) est intervenue sur ce sujet devant les responsables gouvernementaux japonais et notamment Yoshihiko Noda, 1er Ministre, Osam Fujumina, chef de Cabinet du secrétariat et Yukio Edo, Ministre de l’industrie et de l’économie. Elle a dénoncé le cynisme et la barbarie du gouvernement envers les populations contaminées de la région de Fukushima.

Un autre grave problème qui se pose d’ores et déjà dans la région de Fukushima est la fuite du personnel médical depuis la catastrophe. C’est ainsi, les personnes les mieux informées des dangers sanitaires et qui ont les moyens de déménager s’en vont. Les autres restent, alors que de toute évidence il faudrait au moins évacuer les enfants, plus fragiles aux effets de la radioactivité. Le problème est immense mais il semble que l’on veuille à tout prix l’ignorer. 8 mois après la catastrophe, on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas, ou qu’on n’a pas eu le temps de trouver des solutions pour évacuer la population.
 
La contamination est massive, le gouvernement le sait depuis les premiers jours de la catastrophe. Les premiers touchés ont été les sauveteurs qui ont opéré dans les régions dévastées par le tsunami, comme le relate ce témoignage : l'un d'entre eux qui était intervenu dans les zones sinistrées d’Iwate et Fukushima est décédé le 26 octobre 2011 d’une défaillance de la fonction rénale, trois mois après avoir appris que lui et les membres de son équipe avaient subi une contamination interne par les radionucléides. La personne qui témoigne assistait à une conférence de de Taro Yamada lors du ''Forum National des cantines scolaires'' qui s'est tenu le 6 novembre 2011 dans la ville de Sapporo. Sa déclaration a été enregistrée dans la vidéo ci-dessous (sous-titrages en français). Mais pour une personne qui parle, combien se taisent ? Quel est l’état de santé des autres membres de son équipe ?
 
Les personnes les plus touchées sont évidemment les « liquidateurs », ces ouvriers de la centrale de Fukushima Daiichi qui reçoivent des doses « héroïques ». Malgré l’assurance de Tepco qui affirme qu’il n’y a pas de décès liés aux travaux de décontamination et de maintenance de ce qui reste de la centrale, on constate un fort taux de mortalité pour les ouvriers de la centrale, ce qui est en contradiction avec l’espérance de vie des Japonais qui est la plus élevée au monde. En l’espace de 5 mois, 4 employés sont morts de façon anormale et rapide : le 12 mai 2011, un sexagénaire employé par la sous-traitance s’est senti mal et est décédé 2 jours plus tard. Le 16 août 2011, un employé de la centrale nucléaire est mort d’une leucémie foudroyante. Il avait travaillé pour Tepco durant une semaine, affecté à la surveillance de points chauds. Le 6 octobre 2011, un autre travailleur employé à la centrale est décédé subitement. Enfin, dernier en date, le 11 octobre 2011, un employé d'une cinquantaine d'années est mort brusquement alors qu'il se rendait à son lieu de travail, la centrale de Fukushima Daiichi.
A ces décès, il faut ajouter tous ceux dont on ne parle pas : de nombreuses personnes, employées par la sous-traitance, ont disparu ainsi des décomptes de Tepco. L’agence de sûreté nucléaire, on se souvient, avait épinglé l’entreprise en juin car celle-ci avait « égaré » des listes d’employés vacataires qui étaient intervenus sur le site, empêchant tout suivi médical de 69 personnes contaminées.
 
Il n’en a pas fallu plus pour que des rumeurs circulent sur internet sur le décès effectif de ces ouvriers intérimaires, information impossible à vérifier à ce jour bien qu’un journaliste du Shukan Asahi, M. Imanishi, ait entendu que des ambulances arrivaient 10 fois par jour à la centrale. A qui étaient destinées ces ambulances, et pourquoi ni les employés de Tepco, ni les ouvriers hospitalisés, ni les médecins n’ont-ils le droit de parler ? Il est évident que si un jour un journaliste arrivait à prouver ce genre d’information, l’image du nucléaire serait ternie à jamais et anéantirait tous les efforts du lobby nucléaire pour cacher la vérité. Il est incroyable que la catastrophe de Tchernobyl n’ait d’ailleurs pas eu plus d’impact sur l’énergie nucléaire dans le monde. La raison en est que l’OMS, qui était la plus à même de prendre des mesures de protection des populations, s’est tue. Condamnée au silence par un vieil accord avec l’AIEA, elle est devenue une institution criminelle, laissant tomber malade les gens vivant dans les territoires contaminés, et niant les effets des faibles doses sur la santé humaine.
 
Il faut en effet savoir que Tchernobyl a généré un million de victimes, comme le rappelle Janette Sherman, biologiste américaine et spécialiste en toxicologie. Dans la vidéo ci-dessous, elle présente le livre déjà cité « Chernobyl. Consequences of the catastrophe for people and environnement » d'A. Yablokov et de V. et A. Nesterenko, édité en 2009 par  l'Académie des Sciences de New York avec plus de 5000 références scientifiques (et bientôt édité en français).
Les auteurs de ce livre estiment à 985 000 le nombre de décès survenus à cause de Tchernobyl dans le monde entier entre 1986 et 2004, chiffre qui a encore augmenté depuis cette date. Janette Sherman dénonce également l'accord entre l'OMS et l'AIEA, signé en 1959. L'OMS est théoriquement garante de la santé des populations dans le monde et fait autorité auprès des États membres. Elle devrait, conformément à sa Constitution, être indépendante de tout intérêt commercial. Pourtant le 28 mai 1959, elle a signé avec l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) un accord par lequel aucune de ces deux agences de l'ONU ne peut prendre de position publique qui puisse nuire aux intérêts de l'autre (accord référencé WHA 12-40). Or, l'AIEA a été constituée en 1957 pour faire la promotion du nucléaire civil...

Cet interview a été réalisé le 6 mars 2011 soit 5 jours avant la catastrophe de Fukushima. (Sous-titrage en français.
 
Il faut aussi voir pour être complet la conférence de presse donnée par le Dr. Helen Caldicott, physicienne australienne, auteure et avocate anti-nucléaire qui a fondé plusieurs associations qui luttent contre l'utilisation de l'énergie nucléaire, de l'uranium appauvri pour des munitions, et des armes nucléaires en général. La conférence s’est tenue à Montréal, au Canada, le 18 mars, une semaine seulement après la catastrophe nucléaire.

Fukushima est bien pire que Tchernobyl.

Il est certain que la situation ne va pas s’améliorer au Japon, l'expérience de Tchernobyl le démontre. Le fait de laisser vivre des millions de personnes dans un environnement contaminé apportera son lot de problèmes et de souffrances. Une grande sagesse a fait fuir de cette zone dangereuse beaucoup de femmes enceintes, protégeant leurs futurs enfants des radiations. Mais qu’en est-il de celles qui sont restées ? Que doit-on déduire du non-dit du milieu médical, relevé par Keiko Ichikawa ? Si les médecins japonais cachent les malformations et les enfants mort-nés, comment de réelles statistiques pourront-elles être établies ? On connaît déjà les dégâts épouvantables causés par l’uranium appauvri dus aux bombardements lors de la guerre en Irak, et on imagine avec effroi l’avenir des populations japonaises soumises à de fortes contaminations. La santé est un sujet difficile à aborder, le lobby nucléaire est très puissant dans le monde entier et cherchera à minimiser toutes les mauvaises nouvelles. Mais la santé n’a pas de prix et chacun doit se battre pour la conserver. Amis lecteurs, ce sujet est très grave, soyez vigilants et dénoncez toute désinformation, partout où vous le pouvez !
 
 

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Merci à Etienne Servant pour ses infos en continu sur Fukushima Informations, à Kibo-promesse pour ses articles de qualité, à Véronique Ratel, de IndependentWHO pour l’aide apportée à la collecte des sources, à Jeep pour ses traductions sur aweb2u, à Hélios pour ses traductions sur Bistro bar blog et à Kna60 pour la mise en ligne de nombreuses vidéos sous-titrées en français ! Sans toutes ces personnes bénévoles à la recherche de la vérité, cet article n’aurait pu voir le jour.
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Rappel : la seule solution envisageable pour éviter une catastrophe sanitaire est d’évacuer les zones contaminées !
 



Par Pierre Fetet - Publié dans : Au Japon - Communauté : Fukushima blogs
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mardi 22 novembre 2011

Le Droit de Rêver - Notre Combat pour la Justice


Arundhati ROY
« Plaignons le pays qui réduit au silence ses écrivains quand ils disent ce qu’ils pensent… Plaignons le pays qui jette en prison ceux qui réclament la justice, tandis que des tueurs à grande échelle, des massacreurs, des arnaqueurs organisés, des pillards, des violeurs, et tous ceux qui s’attaquent aux plus pauvres des pauvres se promènent en toute liberté. » –

Arundhati Roy




18 novembre 2011, “ Information Clearing House ” (« site d’informations qu’on ne trouve pas sur CNN ou Fox News »), Assemblée de “ L’Université populaire ” qui s’est tenue en l’Église commémorative de Judson, le 16 novembre 2011.

Mardi matin, la police a évacué Zucotti Park, mais aujourd’hui le peuple est de retour. La police devrait savoir que cette manifestation n’est pas une bataille pour un territoire. Nous ne luttons pas pour occuper un parc, ici ou là. Nous nous battons pour la justice. Pas seulement pour le peuple des États-Unis, mais pour tout le monde.

Ce que vous avez réussi depuis le 17 septembre, lorsque le mouvement Occupation a débuté dans tous les États-Unis, c’est d’introduire un nouvel imaginaire, un nouveau discours politique au cœur de l’Empire. Vous avez réintroduit le droit de rêver dans un système qui s’efforce de transformer les gens en des zombies qui, par l’hypnose, assimilent le consumérisme abrutissant au bonheur et à l’épanouissement.

En tant qu’écrivain, je me permets de vous dire que vous avez réussi quelque chose d’extraordinaire et que je ne saurais vous remercier comme vous le méritez.
Nous parlons de justice. Aujourd’hui, au moment où nous nous exprimons, l’armée des États-Unis mène une guerre d’occupation en Irak et en Afghanistan. Des drones étatsuniens tuent des civils au Pakistan et au-delà. Des dizaines de milliers de soldats étatsuniens, ainsi que des escadrons de la mort, pénètrent en Afrique. Si dépenser des billions de dollars pris dans vos poches pour occuper et administrer l’Irak et l’Afghanistan ne suffit pas, alors on vous vante les mérites d’une guerre contre l’Iran.

Depuis la Grande Dépression des années trente, la production d’armements, ainsi que des guerres menées à l’étranger ont été pour les États-Unis le meilleur moyen de stimuler leur économie. Tout récemment, sous la présidence d’Obama, ce pays a conclu une vente d’armes de 60 milliards de dollars avec l’Arabie saoudite – peuplé de musulmans modérés, n’est-ce pas ? Les États-Unis espèrent vendre des milliers de bombes à charge pénétrante (http://www.youtube.com/watch?v=SuniKsBxZ10) aux Émirats Arabes Unis. Les États-Unis ont vendu pour 5 milliards de dollars d’avions militaires à mon pays, l’Inde, qui compte plus de pauvres que tous les pays africains les plus pauvres réunis. Toutes ces guerres, des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, jusqu’au Vietnam, la Corée, l’Amérique latine, ont fait des milliers de victimes, alors qu’elles étaient toutes menées pour garantir le « mode de vie américain ».

Nous savons aujourd’hui que l’ « American way of life », ce modèle auquel le reste du monde est censé aspirer, signifie que 400 personnes possèdent la moitié de la richesse des États-Unis. En conséquence, des milliers de gens ont été expulsés de leur habitation et ont perdu leur emploi tandis que le gouvernement renflouait des banques et des grandes sociétés (à elle seule, American International Group, première société mondiale d’assurance et de services financiers, a reçu 182 milliards de dollars).

Le gouvernement indien est en adoration devant la politique économique des États-Unis. Après 20 années d’économie de marché, les 100 Indiens les plus riches possèdent un quart du PNB du pays tandis que 80% de la population vit avec moins d’un demi dollar par jour. 250000 paysans, poussés dans une spirale de mort, se sont suicidés. On appelle ça le progrès, et nous nous considérons désormais comme une superpuissance. Comme vous, nous avons tous les titres requis : des bombes atomiques et des inégalités indécentes.

La bonne nouvelle est que les gens en ont assez et ne vont pas en supporter davantage. Le mouvement Occupation a rejoint des milliers d’autres mouvements de résistance dans le monde entier. Les plus pauvres se lèvent et bloquent les grandes sociétés dans leur trajectoire. Peu d’entre nous rêvaient que vous seriez, vous le peuple des États-Unis, à nos côtés, tentant le même combat au cœur de l’Empire. Les mots me manquent pour rendre compte de l’énormité de ce que cela signifie.
Le 1% qui domine le monde affirme que nous n’avons aucune revendication. Peut-être ne savent-ils pas que notre colère, à elle seule, pourrait les anéantir. Je vous propose quelques petites choses – quelques pensées « pré-révolutionnaires » qui me sont venues à l’esprit – pour que nous réfléchissions ensemble.

Nous voulons poser un couvercle sur ce système qui produit de l’inégalité. Nous voulons plafonner l’accumulation sans limites de richesses et de biens par des individus comme par des sociétés. En tant que « couvercleux » et « plafonneux », nous exigeons :

Premièrement : la fin des propriétés croisées dans le monde des affaires. Ainsi, des marchands d’armes ne pourront pas posséder des chaînes de télévision ; des sociétés minières ne pourront pas posséder des journaux. Des compagnies privées ne pourront pas financer des universités ; des laboratoires pharmaceutiques ne pourront pas contrôler des caisses nationales de santé.

Deuxièmement : les ressources naturelles et les infrastructures indispensables (l’eau, le gaz, la santé, l’éducation) ne pourront pas être privatisées.

Troisièmement : toute personne a un droit au logement, à l’éducation et aux soins médicaux.
Quatrièmement : les enfants des riches ne pourront pas hériter de leurs parents.
Ce combat a réveillé nos imaginations. Au fil des ans, le capitalisme avait réduit l’idée de justice au concept de « droits de la personne », tandis que l’idée, le rêve d’égalité étaient devenus blasphématoires. Nous ne nous battons pas simplement pour rafistoler un système qui doit être remplacé.

En tant que « couvercleuse » et « plafonneuse », je salue votre combat.

Salaam and Zindabad.

Arundhati Roy


SOURCE : http://www.informationclearinghouse.info/article29766.htm
Arundhati Roy a obtenu le Booker prize en 1997 pour son roman Le dieu des petits riens. Parmi ses essais, on pourra lire en français : La Démocratie : notes de campagne, Éditions Gallimard, Paris, 2011.
Parmi ses articles en français : “ Assiéger l’Empire ” (http://www.monde-diplomatique.fr/2003/03/ROY/10013), “ Les périls du tout humanitaire ” (http://www.monde-diplomatique.fr/2004/10/ROY/11569), “ Le monstre dans le miroir ”, (http://anti.mythes.voila.net/evenements_histoire/inde/arundh...) et (http://divergences.be). Critique lucide du néo-impérialisme, des occupations militaires, des modèles violents de ‘ développement économique ’, Arundhati Roy a reçu le Sydney Peace Prize en 2004. Sa dénonciation inlassable des politiques répressives de l’État indien l’a conduite à être traitée, au choix, de séditieuse, de sécessionniste, de maoïste et de fauteuse de troubles antipatriotique.

Traduction : Bernard Gensane
URL de cet article 15190
http://www.legrandsoir.info/le-droit-de-rever-notre-combat-pour-la-justice-information-clearing-house.html

dimanche 20 novembre 2011

Attention danger!

"Les pierres de la loi font les murs des prisons, les bordels sont battis des briques de la religion" 
W. Blake.


par Rudolph



Le meurtre d'Abel de W. Blake
Cette société est toute entière contenue dans cette phrase. De l’obligation faite au maire de lire les ineptie d’un mini-président, auteur de mini traité.
La bassesse de cette époque transparaît dans le choix de ses chefs. Chefs finalement imposés et autoproclamés par l’entremise d’une caste de nantis faisant et défaisant les gouvernements à leurs services. Des voix s’élèvent un peu partout qui se demandent si ce n’est pas le malin qui est au faîte de cette pyramide du commandement. Je suis étonné que certains se le demandent encore. Lorsque un david rockefeller ose écrire page 405 de son livre de mémoire : "Quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des É-U, caractérisant ma famille et moi en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être." in David Rockefeller, MEMOIRES,

Tout est dit !
"Une cabale secrète" est l’autre définition de ce "conspirationnisme" dont les médias affublent les être humains éveillés, ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Dans leur bouche le qualificatif est devenu une preuve de bêtise. Mais un de leur chef se targue d’en être.

Cherchez l’erreur, une vérité pour les médias, une vérité pour ceux qui dirigent les médias. On nous ment depuis tellement de temps il ne nous reste qu’à nous raccrocher à des lambeaux d’humanité.
Attention, braves gens, images choquantes, des femmes et des hommes violés, avilis, et finis à la perceuse. Au 21éme siècle dans les geôles de nos distingués "amis" en Afrique, en Asie, et jusque chez nous dans cet occident autoproclamé démocratique.

Images choquantes attentions danger !
La réponse toujours la même des braves gens. "Ce ne devrait pas être possible de..."
Oui certes, il ne devrait pas être possible de mourir de faim, de froid, de peur, sous la torture au fond d’une prison illégale ou d’un quelconque bateau transformé en prison tout aussi illégalement et qui vogue en eau internationale, là où aucune loi ne s’applique.

Mais c’est ainsi dormez en paix, il faudra être bien sage et déposer dans l’urne un morceau de votre âme, paisible et sereine, pour que rien ne change et que l’on puisse encore longtemps dire : "Il ne devrait pas être possible de ...
Dans cette urne, servant aussi de réceptacle aux cendres de votre humanité et à votre libre arbitre.

Je me souviens du film Alien et de cette phrase sur l’affiche "dans l’espace personne ne vous entend crier".
Force est de constater qu’il n’est pas besoin d’aller aussi loin... Personne ne vous entendra crier, personne ne désire vous entendre, il faudrait remettre en question tant de choses, il faudrait changer de paradigme, accepter d’être les vrais décideurs ou les vrais coupable de nos actes, au lieu de laisser à une infime minorité le soin de mener notre troupeau à l’abattoir.

Les villes se couvrent d’affiches demandant d’aider les autres, mettez la main au portefeuille et aidez vos frères moins chanceux. Nous n’avons pas besoin d’aide, mais de justice !
Mais c’est pourtant la charité que ces affiches demandent pour le peuple. Ne vous croyez pas à l’abri si vous gagnez encore peu ou prou votre vie. Regardez autour de vous et essayez d’imaginer un seul petit grain de sable dans le système.
Imaginez simplement que l’énergie soit coupé dans le pays.... Plus de chauffage, plus de lumière, plus d’hôpitaux, plus de nourriture... et qui décide de cela ? Certainement pas le peuple, mais les banquier, ceux qui enlèvent les triples A, ceux qui plongent un pays dans la misère d’une simple geste en retirant l’argent de vos portefeuilles.

Il ne devrait pas être possible à un enfant de naitre pour mourir de froid à paris.
Cette petite fille ne se posera jamais la question d’un droit ou d’un devoir de vote.
Ces yeux étaient grand ouvert mais on ne lui a pas laisser le temps de voir...

Mes yeux à moi ont déjà trop vu la misère s’étaler jusque devant nos portes. Portes que l’on fermepour ne plus voir, pour ne plus entendre, afin que cesse le murmure de l’injustice.
On pose des écouteurs sur les oreilles et des lunettes de soleil sur notre regard.
Elle joggait tranquillement bien isolée, bien dans son monde, et bien sais-tu, mes salutations lui ont fait peur.
Je n’aurais pas cru lorsque que l’on m’apprenait la politesse, qu’un simple bonjour serait un acte subversif, une accusation d’agression.

Je n’aurais pas cru voir une guerre "humanitaire" une "guerre pour faire la paix" et le cynisme de me demander de croire à que cela puisse être vrai.

Je n’aurais pas cru qu’il soit possible au Japon de donner à boire de l’eau contenant du césium 137 radioactif à des enfants, à des femmes enceintes, et dire que tout va bien. Que les normes sont respectées, puisque l’on a obligeamment augmenter ses normes de 100 fois.
L’avenir, pour eux, sera sans système immunitaire, avec des malformations monstrueuses, comme en Ukraine après Tchernobyl. Mais rassurons nous les actionnaires de Tepco n’auront pas à trouver de "système immunitaire" pour les absoudre de toute responsabilité dans cette affaire, il existe déjà !

Je n’aurais jamais cru que l’on demanderait à tout un peuple, inventeur de la démocratie, de se serrer la ceinture pour des dettes qui n’existent pas, au profit de ceux qui possèdent déjà tout.

Combien le Parthénon... ? Il fera sûrement un beau palace !
Je n’aurais pas cru possible qu’un pauvre puisse vendre une partie de son corps afin d’acheter un iphone et un ipad.
Je croyais certaines choses à jamais dans le domaine du sacré.
Tant de choses.
Il parait que jadis les guerre ne tuait que ceux qui les faisaient.
J’ai ouï dire que les droits de l’homme un temps furent une charte unanimement reconnue.
Là bas sur le monument de Guidestone les 10 nouveaux commandements, narguent l’intelligence humaine.

Et pendant ce temps là, Attali se permet de donner des leçon : "Brave gens la dette est bien là ! Et il faut la rembourser puisque ce sont les privilégiés démocratiquement élus qui les ont empruntées en notre nom."
Messire votre sérénissime sérénité est trop bonne.
Mais assez de stupidité. La dette est remboursée depuis longtemps... 2 fois 10 fois 100 fois et peu être mille fois.
Mais de toute façon ce n’est pas notre dette, mais celle de ces parasites qui s’arrogent le droit de nous gouverner. Qui s’arrogent le droit en pleine crise de passer une nuit à Canne pour 37000 euros, comme un certain président. (Je me demande ce qui peut coûter aussi cher, le souper aux chandelles, le café le pousse café, le droit de cuissage sur les soubrettes, ou le maître d’hôtel, je n’ai vraiment aucune idée des "services" compris dans cette somme.)

Parce qu’il paraît que l’humain doit être gouverné, il ne serait pas capable de gérer sa vie, ses biens, et son avenir.
C’est pourtant ce que tout chef de famille fait, jour après jour.
Il n’existe pas ce genre de déficit dans une famille et la moindre ménagère sait équilibrer ses comptes.
Aucun ministre des finance ne l’a fait depuis 50 ans.
Un trésorier demande une fois par an au moins quitus pour la gestion qu’on lui a confiée.
Avez vous vu un gouvernement demander quitus de quoi que ce soit depuis votre naissance ?
Combien de temps allons nous encore supporter la racaille qui nous tue ?

Pauvre petite fille, je disais que tu n’as pas eu le temps de voir ou tu arrivais ; mais peut être après tout, toi qui venais du ciel, toi encore gorgée de la lumière des étoiles tu n’as pu supporter l’obscurité et le froid ou l’on voulait t’enfermer...
Tu t’es évadée avant que d’accepter tes chaînes... Et tu as bien fait !

Rudolph


Source: Oulala.net

mercredi 16 novembre 2011

Appel commun pour sauver les peuples d’Europe

A FAIRE CIRCULER TOUS AZIMUTS: cet appel collectif nous concerne tous autant que nous sommes. L'horizon s'assombrit chaque jour davantage, les coups d'état se multiplient, un horrible bruit de bottes se fait entendre, nos libertés diminuent comme neige au soleil. Le temps est passé de se perdre en conjectures, de s'indigner sans rien changer et de ne pas se lever contre la dictature des marchés et de leurs bras armés. Où que nous soyons, rejoignons les îlots de résistance qui se forment. Cette fois-ci nous ne pourrons pas dire, comme en 39, que nous ne savions pas.  






article  MIS EN LIGNE LE 7 novembre 2011 Par ROBERT JOUMARD


11 personnalités grecques, dont le compositeur grec Mikis Theodorakis et Manolis Glezos, le héros de la résistance qui arracha en 1941 le drapeau hitlérien qui flottait sur l’Acropole durant l’occupation nazie, dénoncent le fascisme financier qui menace et appellent les peuples d’Europe à s’unir pour en finir avec la domination des marchés.



65 ans après la défaite du nazisme et du fascisme, les peuples européens sont aujourd’hui confrontés à une menace dramatique, non militaire cette fois, mais financière, sociale et politique.
Un nouvel "Empire de l’Argent" a attaqué systématiquement un pays européen après l’autre au cours des 18 derniers mois, sans rencontrer de véritable résistance.

Les gouvernements européens n’échouent pas seulement à organiser une défense collective des peuples européens face aux marchés, mais, au contraire, cherchent à "calmer" les marchés en imposant des politiques qui nous rappellent la manière dont les gouvernements ont tenté d’affronter le nazisme dans les années 30. Ils organisent des "guerres de la dette" entre les peuples européens, tout comme ils firent de la belle époque à la première Guerre mondiale.

L’offensive des marchés a commencé par une guerre contre la Grèce, un État membre de l’Union européenne, dont le peuple a joué un rôle décisif dans la résistance à la barbarie et dans la libération de l’Europe au cours de la seconde Guerre mondiale. Au début, il s’agissait d’une guerre de communication, qui nous rappelait les campagnes contre les pays hostiles, proscrit comme l’Irak ou la Yougoslavie. Cette campagne présentait la Grèce comme un pays de citoyens paresseux et corrompus, tout en entreprenant de rejeter la responsabilité de la crise de la dette sur les "poorcs" [PIIGS, acronyme anglais des initiales du Portugal, de l’Italie, de l’Irlande, de la Grèce et de l’Espagne] de l’Europe et non sur les banques internationales.

Rapidement, cette offensive s’est muée en une offensive financière, qui entraina la soumission de la Grèce à un statut de souveraineté limitée et l’intervention du FMI dans les affaires internes de la zone euro.

Quand ils eurent obtenu ce qu’ils attendaient de la Grèce, les marchés prirent pour cible les autres pays de la périphérie de l’Europe, plus petits ou plus grands. Le but est toujours le même : garantir pleinement les intérêts des banques contre ceux des États, la démolition de l’état providence européen, qui était la pierre angulaire de la démocratie et de la culture européennes, la démolition des États européens et la soumission de ce qu’il reste des structures étatiques à la nouvelle "Internationale de l’Argent".

L’Union européenne, qui était présentée à ses peuples comme l’outil du progrès collectif et de la démocratie, tend à devenir l’outil de la fin de la prospérité et de la démocratie. Elle était présentée comme un outil de résistance à la mondialisation, mais les marchés souhaitent qu’elle soit l’instrument de la mondialisation.

Elle était présentée aux Allemands et aux autres peuples européens comme le moyen d’augmenter pacifiquement leur pouvoir et leur prospérité, et non comme le moyen d’abandonner tous les Européens aux injonctions des marchés financiers, de détruire l’image de l’Europe et de transformer les marchés en acteurs d’un nouveau totalitarisme financier, en nouveaux maîtres de l’Europe.
Nous sommes confrontés au risque de reproduire l’équivalent financier des première et seconde guerres mondiales sur notre continent et de nous dissoudre dans le chaos et la décomposition, au bénéfice d’un Empire international de l’Argent et des Armes, dont le pouvoir des marchés est à l’épicentre économique.

Les peuples d’Europe et du monde font face à une concentration sans précédent historique du pouvoir financier mais aussi politique et médiatique par le capital financier international, c’est-à-dire par une poignée d’institutions financières, d’agences de notation et une classe politique et médiatique qu’ils ont convertie, dont les centres sont plutôt externes qu’internes à l’Europe. Ce sont les marchés qui attaquent aujourd’hui un pays européen après l’autre, utilisant le levier de la dette pour démolir l’État providence européen et la démocratie.

L’ "Empire de l’Argent" exige aujourd’hui la transformation rapide, violente et brutale d’un pays de la zone euro, la Grèce, en un pays du Tiers monde, à l’aide d’un programme dit de "sauvetage", en fait de "sauvetage" des banques qui ont prêté aux pays. En Grèce, l’alliance des banques et des leaders politiques a imposé - par le biais de l’UE, la BCE et le FMI - un programme qui équivaut à un "assassinat économique et social" du pays et de sa démocratie, et qui organise le pillage du pays avant la banqueroute à laquelle il mène, en souhaitant d’en faire le bouc émissaire de la crise financière mondiale et l’utiliser comme le "paradigme" pour terroriser tous les peuples européens.

La politique, qui est menée actuellement en Grèce et qui tend à se généraliser, est la même que celle qui fut appliquée au Chili de Pinochet, dans la Russie d’Eltsine ou en Argentine et aura les mêmes résultats, si on n’y met pas fin immédiatement. Victime d’un programme supposé l’aider, la Grèce est maintenant au bord d’un désastre économique et social ; elle sert de cobaye pour étudier les réactions des peuples au darwinisme social et terroriser l’ensemble de l’Union européenne, par ce qui peut arriver à l’un de ses membres.

Les marchés peuvent aussi pousser et utiliser le leadership de l’Allemagne pour détruire l’Union européenne. Mais cela constitue un acte d’un extrême aveuglement politique et historique pour les forces dominantes de l’UE et d’abord pour l’Allemagne que de penser qu’il puisse y avoir un projet d’intégration européenne ou seulement de simple coopération, sur les ruines d’un ou de plusieurs membres de la zone euro.

L’Union européenne ne peut en aucun cas s’établir sur la destruction planifiée d’acquis politiques et sociaux majeurs, de grande portée mondiale. Cela conduira au chaos et à la désintégration et favorisera l’émergence de solutions fascistes sur notre continent.

En 2008, les banques privées géantes de Wall Street ont forcé les États et les banques centrales à les sortir de la crise qu’elles avaient elles-mêmes créée, en faisant payer aux contribuables le coût de leur fraude gigantesque, comme leurs prêts immobiliers, mais aussi le coût opérationnel du capitalisme casino dérégulé imposé au cours des vingt dernières années. Ils transformèrent leur propre crise en une crise de la dette publique.

Maintenant, ils utilisent la crise et la dette, qu’ils ont eux-mêmes créée, pour dépouiller les États et les citoyens du peu de pouvoir qu’ils détiennent encore.

C’est une partie de la crise de la dette. La seconde partie est que le capital financier, avec les forces politiques qui le soutient globalement, impose un agenda de mondialisation néolibérale, qui se traduit inévitablement par la délocalisation de la production hors de l’Europe et la convergence vers le bas des normes sociales et environnementales européennes avec celles du Tiers Monde. Pendant de nombreuses années, ils ont caché ce processus derrière les prêts, et maintenant ils utilisent les prêts pour finir le travail.

L’ "Internationale de l’Argent", qui souhaite éliminer toute notion d’État en Europe, menace aujourd’hui la Grèce, demain l’Italie ou le Portugal ; elle encourage la confrontation entre les peuples d’Europe et met l’Union européenne devant le dilemme de se transformer en une dictature des marchés ou de se dissoudre. Le but est que l’Europe et le reste du monde reviennent à la situation d’avant 1945, ou même à avant la Révolution française et les Lumières.

Dans l’Antiquité, l’abolition par Solon des dettes qui forçaient les pauvres à devenir esclaves des riches, appelée la réforme Seisachtheia, posa les bases qui allaient conduire à l’émergence, dans la Grèce antique, des idées de démocratie, de citoyenneté, de politique et d’Europe, et d’une culture européenne et mondiale.

En luttant contre la classe fortunée, les citoyens d’Athènes ouvrirent la voie à la constitution de Périclès et à la philosophie politique de Protagoras, qui déclara que "l’homme est la mesure de toute chose".
Aujourd’hui, les classes fortunées cherchent à venger cet esprit de l’homme : "les marchés sont la mesure de tous les hommes" est la devise que nos leaders politiques embrassent, en s’alliant au démon de l’argent, comme le fit Faust.

Une poignée de banques internationales, d’agences de notation, de fonds d’investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos états et notre démocratie, utilisant l’arme de la dette pour asservir la population européenne, instituant en lieu et place de nos démocraties imparfaites la dictature de l’argent et des banques, le pouvoir de l’empire totalitaire de la mondialisation, dont le centre politique se situe à l’extérieur de l’Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l’empire.

Ils ont commencé par la Grèce, l’utilisant comme cobaye, pour se tourner ensuite vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre. L’espoir de quelques pays européens d’y échapper finalement prouve que les leaders européens sont face à la menace d’un nouveau « fascisme financier », auquel ils ne répondent pas mieux que face de la menace d’Hitler dans l’entre-deux-guerres.
Ce n’est pas par accident qu’une grande partie des médias contrôlée par les banques ont choisi de s’attaquer à la périphérie européenne, en traitant ces pays de « porcs », et de diriger leur campagne médiatique méprisante, sadique et raciste à travers les médias qu’ils possèdent, non seulement contre les Grecs, mais aussi contre l’héritage grec et la civilisation grecque antique. Ce choix montre les buts profonds et inavoués de l’idéologie et des valeurs du capital financier, promoteur d’un capitalisme de destruction.

La tentative d’une partie des médias allemands d’humilier des symboles tels que l’Acropole ou la Venus de Milo, monuments qui furent respectés même par les officiers d’Hitler, n’est rien d’autre que l’expression d’un profond mépris affiché par les banquiers qui contrôlent ces médias, pas tant contre les Grecs, que contre les idées de liberté et de démocratie qui sont nées dans ce pays.

Le monstre financier a produit quatre décennies d’exemption de taxe pour le capital, toutes sortes de « libéralisation du marché », une large dérégulation, l’abolition de toutes les barrières aux flux de capitaux et de marchandises, d’attaques constantes contre l’état, l’acquisition massive des partis et des médias, l’appropriation des surplus mondiaux par une poignée de banques vampires de Wall Street. Maintenant, ce monstre, un véritable « état derrière les États » se révèle vouloir la réalisation d’un « coup d’état permanent » financier et politique, et cela depuis plus de quatre décennies.

Face à cette attaque, les forces politiques de droite et la social-démocratie européennes semblent compromises après des décennies d’entrisme par le capitalisme financier, dont les centres les plus importants sont non-européens. D’autre part, les syndicats et les mouvements sociaux ne sont pas encore assez forts pour bloquer cette attaque de manière décisive, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises par le passé. Le nouveau totalitarisme financier cherche à tirer avantage de cette situation de manière à imposer des conditions irréversibles dans toute l’Europe.

La coordination immédiate et transfrontalière des actions d’intellectuels, des gens des arts et lettres, des mouvements spontanés, des forces sociales et des personnalités qui comprennent l’importance des enjeux s’impose ; nous avons besoin de créer un front de résistance puissant contre « l’empire totalitaire de la mondialisation » qui est en marche, avant qu’il ne soit trop tard.

L’Europe ne peut survivre que si elle met en avant une réponse unie contre les marchés, un défi plus important que les leurs, un nouveau « New Deal » européen.

-  Nous devons stopper immédiatement l’attaque contre la Grèce et les autres pays de l’UE de la périphérie ; nous devons arrêter cette politique irresponsable et criminelle d’austérité et de privatisation, qui conduit directement à une crise pire que celle de 1929.

-  Les dettes publiques doivent être radicalement restructurées dans la zone euro, particulièrement aux dépens des géants des banques privées. On doit reprendre le contrôle des banques et placer sous contrôle social, national et européen le financement de l’économie européenne. Il n’est pas possible de laisser les clés de la finance européenne aux mains de banques comme Goldman Sachs, JP Morgan, UBS, la Deutsche Bank, etc... Nous devons bannir les dérives financières incontrôlées, qui sont le fer de lance du capitalisme financier destructeur et créer un véritable développement économique, à la place des profits spéculatifs.

-  L’architecture actuelle, basée sur le traité de Maastricht et les règles de l’OMC, a installé en Europe une machine à fabriquer de la dette. Nous avons besoin d’une modification radicale de tous les traités, de soumettre la BCE au contrôle politique de la population européenne, une « règle d’or » pour un minimum social, fiscal et environnemental en Europe. Nous avons un urgent besoin d’un changement de paradigme ; un retour de la stimulation de la croissance par la stimulation de la demande, via de nouveaux programmes d’investissements européens, une nouvelle réglementation, la taxation et le contrôle des flux internationaux de capitaux et de marchandises ; une nouvelle forme de protectionnisme doux et raisonnable dans une Europe indépendante qui serait le protagoniste dans la lutte en faveur d’une planète multipolaire, démocratique, écologique et sociale.

Nous appelons les forces et les individus qui partagent ces idées à s’unir dans un large front d’action européen aussi tôt que possible, à produire un programme de transition européen et à coordonner notre action internationale, de façon à mobiliser les forces du mouvement populaire, à renverser l’actuel équilibre des forces et à vaincre les actuels leaderships historiquement irresponsables de nos pays, de façon à sauver nos populations et nos sociétés avant qu’il ne soit trop tard pour l’Europe.

Athènes, octobre 2011


Alexis Tsipras
John Mylopoulos
Dimitris Constantakopoulos
Theodosis Pelegrinis
Constantinos Tsoukalas
Costas Douzinas
Costas Vergopoulos
Kyriakos Katzourakis
Katia Gerou
Mikis Theodorakis
Manolis Glezos

Texte traduit de l’anglais en français (première moitié par R. Joumard le 7 novembre 2011 à partir du texte publié par http://arirusila.wordpress.com/2011/10/11/fw-common-appeal-for-the-rescue-of-the-peoples-of-europe/, et seconde moitié publiée par http://www.cnr-resistance.fr/mikis-thedorakis-et-manolis-glezos-appellent-les-peuples-deurope-a-se-soulever-contre-les-marches-financiers/ et revue par R. Joumard).

Source française: ATTAC-RHONE




Κοινή Έκκληση για τη Σωτηρία των Λαών της Ευρώπης

Εξήντα πέντε χρόνια μετά την ήττα του ναζισμού και του φασισμού, οι λαοί της Ευρώπης αντιμετωπίζουν σήμερα μια δραματική απειλή, όχι στρατιωτική αυτή τη φορά, αλλά οικονομική, κοινωνική και πολιτική.
Mια νέα «Αυτοκρατορία του Χρήματος» επιτίθεται εδώ και 18 μήνες, συστηματικά, στη μία ευρωπαϊκή χώρα μετά την άλλη, χωρίς να αντιμετωπίζει ουσιαστική αντίσταση.

Οι ευρωπαϊκές κυβερνήσεις όχι μόνο δεν οργανώνουν τη συλλογική άμυνα των ευρωπαϊκών εθνών απέναντι στις «αγορές», αλλά προσπαθούν να τις καθησυχάσουν, επιβάλλοντας πολιτικές «κατευνασμού», που θυμίζουν έντονα τον τρόπο που αντιμετώπισαν τον φασισμό, στη δεκαετία του 1930. Και οργανώνουν πολέμους χρέους μεταξύ των λαών της Ευρώπης, με την ίδια ελαφρότητα που οδηγήθηκαν από τη belle époque στον Αʼ Παγκόσμιο Πόλεμο.

Η επίθεση των «αγορών» άρχισε με έναν πόλεμο κατά της Ελλάδας, χώρας-μέλους της ΕΕ, της οποίας ο λαός έπαιξε αποφασιστικό ρόλο στην αντίσταση κατά της βαρβαρότητας και την απελευθέρωση της Ευρώπης κατά τον 2ο Παγκόσμιο Πόλεμο. Αρχικά, ο πόλεμος αυτός ήταν επικοινωνιακός και θύμισε τις καμπάνιες εναντίον εχθρικών “χωρών-παριών”, όπως το Ιράκ ή η Γιουγκοσλαβία. Αυτή η καμπάνια  παρουσίασε διεθνώς την Ελλάδα ως μια χώρα διεφθαρμένων τεμπέληδων, επιχειρώντας να αποδώσει στα «γουρούνια» της Ευρώπης και όχι στις διεθνείς τράπεζες την ευθύνη για την κρίση χρέους.

Σύντομα, η επίθεση αυτή εξελίχθηκε σε χρηματοπιστωτική κρίση, που κατέληξε στην υπαγωγή της Ελλάδας σε καθεστώς περιορισμένης κυριαρχίας και την επέμβαση του ΔΝΤ στα εσωτερικά της ευρωζώνης.
Όταν πήραν αυτό που ήθελαν από την Ελλάδα, οι “αγορές” στράφηκαν εναντίον των υπολοίπων, μικρότερων ή μεγαλύτερων χωρών της ευρωπεριφέρειας. Παντού, η επιδίωξη είναι μία: η πλήρης κατοχύρωση των αξιώσεων των τραπεζών έναντι των κρατών, η κατεδάφιση του ευρωπαϊκού κοινωνικού κράτους, θεμέλιου της ευρωπαϊκής δημοκρατίας και του ευρωπαϊκού πολιτισμού, η διάλυση των ευρωπαϊκών κρατών και η υποταγή όσων κρατικών δομών απομένουν στη νέα “Διεθνή του Χρήματος”.

H Eυρωπαϊκή Ένωση, που παρουσιάστηκε στους λαούς της ως μέσο για την συλλογική προκοπή και δημοκρατία τείνει να μετατραπεί σε μέσο κατάργησης της ευημερίας και της δημοκρατίας. Παρουσιάστηκε ως μέσο αντίστασης στην «παγκοσμιοποίηση», οι αγορές όμως τη θέλουν εργαλείο αυτής της «παγκοσμιοποίησης».
Παρουσιάστηκε στους Γερμανούς και τους άλλους ευρωπαϊκούς λαούς ως μέσο ειρηνικής αύξησης της ισχύος και της ευημερίας τους, ο τρόπος όμως με τον οποίο αφήνεται κάθε λαός έρμαιο των χρηματοπιστωτικών αγορών, καταστρέφει την εικόνα της Ευρώπης και καθιστά τις «αγορές» φορείς ενός νέου χρηματοπιστωτικού ολοκληρωτισμού, αφεντικά της Ευρώπης.

Κινδυνεύουμε να επαναλάβουμε, στην ήπειρό μας, το χρηματιστικό ισοδύναμο του Αʼ και του Βʼ Παγκοσμίου Πολέμου, να διαλυθούμε μέσα στο χάος και την αποσύνθεση, προς μεγάλη χαρά μιας διεθνούς Αυτοκρατορίας του Χρήματος και των Όπλων, στο οικονομικό κέντρο της οποίας βρίσκεται η δύναμη των «Αγορών».

Οι λαοί της Ευρώπης και όλου του κόσμου αντιμετωπίζουν μια ιστορικά πρωτοφανή συγκέντρωση οικονομικής, αλλά επίσης πολιτικής και εκδοτικής ισχύος, του διεθνούς χρηματιστικού κεφαλαίου, μιας χούφτας δηλαδή χρηματοπιστωτικών ιδρυμάτων και οίκων αξιολόγησης και μιας πολιτικής και εκδοτικής τάξης εξαγορασμένης από αυτά, με κέντρα περισσότερο εκτός, παρά εντός Ευρώπης. Αυτές είναι οι «αγορές», που επιτίθενται σήμερα στο ένα ευρωπαϊκό κράτος μετά το άλλο, χρησιμοποιώντας τον μοχλό του χρέους για να κατεδαφίσουν το ευρωπαϊκό κοινωνικό κράτος και τη δημοκρατία.

Η «Αυτοκρατορία του Χρήματος» επιβάλλει σήμερα τη γρήγορη, βίαιη, βάρβαρη μετατροπή μιας χώρας της ευρωζώνης, της Ελλάδας, σε χώρα του τρίτου κόσμου, με ένα πρόγραμμα δήθεν «σωτηρίας» της, στην πραγματικότητα “σωτηρίας” των τραπεζών που τη δάνεισαν. Στην Ελλάδα, η συμμαχία των τραπεζών και των πολιτικών ηγεσιών επέβαλε, δια της Ε.Ε., της ΕΚΤ και του ΔΝΤ, ένα πρόγραμμα που ισοδυναμεί με “οικονομική-κοινωνική δολοφονία” της χώρας και της δημοκρατίας της, οργανώνει τη λεηλασία της πριν από τη χρεωκοπία στην οποία οδηγεί, θέλοντας να τη καταστήσει αποδιοπομπαίο τράγο για την παγκόσμια οικονομική κρίση και να την χρησιμοποιήσει για να «παραδειγματίσει» και να τρομοκρατήσει όλους τους ευρωπαϊκούς λαούς.

Η πολιτική που ασκείται σήμερα στην Ελλάδα και επιχειρείται σταδιακά να γενικευθεί είναι η ίδια που εφαρμόστηκε στη Χιλή του Πινοτσέτ, στη Ρωσία του Γιέλτσιν ή στην Αργεντινή και θα έχει τα ίδια αποτελέσματα αν δεν διακοπεί άμεσα. Ως αποτέλεσμα ενός προγράμματος που υποτίθεται σκόπευε να τη βοηθήσει, η Ελλάδα είναι σήμερα στο χείλος της οικονομικής και κοινωνικής καταστροφής. Χρησιμοποιείται ως πειραματόζωο, για να μελετηθούν οι λαϊκές αντιδράσεις στον κοινωνικό δαρβινισμό και να τρομοκρατηθεί όλη η Ευρωπαϊκή Ένωση με αυτό που μπορεί να συμβεί σε ένα μέλος της.

Ίσως μάλιστα, οι αγορές σπρώχνουν και χρησιμοποιούν την ίδια την ηγεσία της Γερμανίας σε μια πράξη ουσιαστικής καταστροφής της Ευρωπαϊκής Ένωσης. Συνιστά όμως πράξη ακραίας πολιτικής, ιστορικής τύφλωσης να νομίζουν οι κυρίαρχες δυνάμεις της ΕΕ και, πρώτη από όλες, η Γερμανία, ότι θα υπάρξει οποιοδήποτε σχέδιο ευρωπαϊκής ενοποίησης ή και απλής συνεργασίας, στα ερείπια ενός ή περισσοτέρων μελών της ευρωζώνης.

Η προγραμματιζόμενη κατεδάφιση των κυριότερων, παγκόσμιας σημασίας, πολιτικών και κοινωνικών επιτευγμάτων των ευρωπαϊκών λαών δεν μπορεί να θεμελιώσει καμιά Ευρωπαϊκή ʽΈνωση. Θα οδηγήσει στο χάος και την αποσύνθεση και θα ευνοήσει την ανάδειξη φασιστικών λύσεων στην ήπειρό μας.

Οι ιδιωτικές τράπεζες-γίγαντες της Wall Street υποχρέωσαν το 2008 τα κράτη και τις κρατικές τράπεζες να τις σώσουν από την κρίση που οι ίδιες προκάλεσαν, πληρώνοντας με τα λεφτά των φορολογουμένων το κόστος των τεράστιων απατών τους, όπως τα ενυπόθηκα δάνεια, αλλά και το κόστος της λειτουργίας ενός αρρύθμιστου καπιταλισμού-καζίνο, που επέβαλαν τα τελευταία είκοσι χρόνια. Μετέτρεψαν την δική τους κρίση σε κρίση δημόσιου χρέους.

Τώρα, χρησιμοποιούν την κρίση και το χρέος, που οι ίδιες δημιούργησαν, για να πάρουν από τα κράτη και από τους πολίτες τις λιγοστές εξουσίες που ακόμα διαθέτουν.

Αυτό είναι μονάχα το ένα μέρος της κρίσης χρέους. Το άλλο είναι, ότι το χρηματοπιστωτικό κεφάλαιο, μαζί με τις πολιτικές δυνάμεις που το στηρίζουν παγκοσμίως, επέβαλε την ατζέντα της νεοφιλελεύθερης παγκοσμιοποίησης, η οποία οδηγεί αναπόφευκτα στη μεταφορά της παραγωγής εκτός Ευρώπης και την προς τα κάτω σύγκλιση των κοινωνικών και οικολογικών κεκτημένων της Ευρώπης με αυτά του Τρίτου Κόσμου. Για πολλά χρόνια έκρυψαν αυτή τη διαδικασία πίσω από δάνεια, όμως τώρα χρησιμοποιούν τα δάνεια για να την ολοκληρώσουν.

Η «Διεθνής του Χρήματος» που θέλει να καταργήσει κάθε έννοια κράτους στην Ευρώπη, απειλεί σήμερα την Ελλάδα με χρεωκοπία, αύριο την Ιταλία ή την Πορτογαλία, ενθαρρύνει την αντιπαράθεση του ενός ευρωπαϊκού λαού στον άλλο, θέτει την Ευρωπαϊκή Ένωση προ του διλήμματος είτε να μετατραπεί σε δικτατορία των αγορών, είτε να διαλυθεί στα εξ ων συνετέθη. Επιδιώκει να γυρίσει την Ευρώπη, και όλο τον κόσμο μαζί της, σε μια κατάσταση σαν αυτή προ του 1945, αν όχι πριν από τη Γαλλική Επανάσταση και τον Διαφωτισμό.

Στα αρχαία χρόνια, η διαγραφή από τον Σόλωνα, των χρεών που κράταγαν τους φτωχούς δούλους των πλουσίων, η περίφημη μεταρρύθμιση της Σεισάχθειας, έβαλε τα θεμέλια για την γέννηση, στην Αρχαία Ελλάδα, των ιδεών της Δημοκρατίας, του Πολίτη, της Πολιτικής και της Ευρώπης, των θεμελίων του ευρωπαϊκού και παγκόσμιου πολιτισμού.

Αγωνιζόμενοι εναντίον της τάξης του πλούτου, οι πολίτες της Αθήνας άνοιξαν τον δρόμο στο πολίτευμα του Περικλή και την πολιτική φιλοσοφία του Πρωταγόρα που διακήρυξε «Πάντων χρημάτων μέτρων άνθρωπος».
Σήμερα, η τάξη του πλούτου επιχειρεί να εκδικηθεί το πνεύμα του Ανθρώπου: «Πάντων ανθρώπων μέτρον αγορές» είναι το σύνθημα που πρόθυμα ασπάζονται οι πολιτικές μας ηγεσίες, συμμαχώντας με τον διάβολο του Χρήματος, όπως έκανε ο Φάουστ.

Μια χούφτα διεθνών τραπεζών, οίκων αξιολόγησης, επενδυτικών funds, μια παγκόσμια συγκέντρωση χρηματοπιστωτικού κεφαλαίου χωρίς ιστορικό προηγούμενο, διεκδικεί την εξουσία στην Ευρώπη και τον κόσμο, διαλύει τη μεσαία τάξη και τη μισθωτή εργασία, ετοιμάζεται να καταργήσει τα κράτη και τη δημοκρατία μας, χρησιμοποιώντας το όπλο του χρέους για να υποδουλώσει τους λαούς της Ευρώπης, να βάλει στη θέση της όποιας, όσης Δημοκρατίας διαθέτουμε, τη Δικτατορία του Χρήματος και των Τραπεζών, την εξουσία μιας ολοκληρωτικής Αυτοκρατορίας της Παγκοσμιοποίησης, το πολιτικό κέντρο της οποίας βρίσκεται εκτός της ηπειρωτικής Ευρώπης, παρά την παρουσία πανίσχυρων ευρωπαϊκών τραπεζών στην καρδιά της Αυτοκρατορίας.

Άρχισαν από την Ελλάδα, που χρησιμοποιούν έκτοτε ως πειραματόζωο, για να προχωρήσουν στη συνέχεια στις άλλες χώρες της ευρωπαϊκής περιφέρειας και, σταδιακά, του κέντρου. Η ελπίδα ορισμένων ευρωπαϊκών κρατών ότι θα γλυτώσουν τελικά, δεν αποδεικνύει παρά το ότι οι σημερινοί Ευρωπαίοι ηγέτες αντιμετωπίζουν την απειλή του νέου, “χρηματοπιστωτικού φασισμού”, όχι λιγότερο αψήφιστα από όσο αντιμετώπισαν στον μεσοπόλεμο την απειλή του Χίτλερ.

Και δεν πρέπει ασφαλώς να θεωρηθεί τυχαίο, ότι ένα μεγάλο μέρος των ΜΜΕ, ελεγχόμενο από τους τραπεζίτες, επέλεξε να επιτεθεί εναντίον της ευρωπαϊκής περιφέρειας, ονομάζοντας αυτές τις χώρες “γουρούνια” (PIGS) και στράφηκε σε μια περιφρονητική, σαδιστική, ρατσιστική καμπάνια, όχι μόνο εναντίον των Ελλήνων, αλλά και εναντίον της αρχαίας ελληνικής κληρονομιάς και του αρχαίου ελληνικού πολιτισμού. Αυτή η επιλογή δείχνει τους βαθύτερους στόχους της ιδεολογίας και των αξιών του χρηματοπιστωτικού κεφαλαίου, που προωθεί τον καπιταλισμό της καταστροφής.

Η προσπάθεια μερίδας των γερμανικών ΜΜΕ να χρησιμοποιήσει κατά τρόπο εξευτελιστικό σύμβολα όπως η Ακρόπολη ή η Αφροδίτη της Μήλου, μνημεία απέναντι στα οποία στάθηκαν προσοχή ακόμα και οι αξιωματικοί του Χίτλερ, δεν είναι παρά η έκφραση της βαθειάς περιφρόνησης των τραπεζιτών, που ελέγχουν αυτά τα ΜΜΕ, όχι τόσο ή μόνο προς τους Έλληνες, όσο κυρίως προς τις ιδέες της ελευθερίας και της δημοκρατίας που γεννήθηκαν στον τόπο τους.

Το χρηματοπιστωτικό τέρας παρήγαγαν τέσσερις δεκαετίες αποφορολόγησης του κεφαλαίου, κάθε είδους “απελευθέρωσης των αγορών”, γενικευμένης απορρύθμισης, κατάργησης οποιωνδήποτε φραγμών στην κυκλοφορία κεφαλαίων και εμπορευμάτων, διαρκούς επίθεσης στο κράτος, μαζικής εξαγοράς των πολιτικών κομμάτων και των ΜΜΕ, οικειοποίησης του παγκόσμιου πλεονάσματος από μια χούφτα τράπεζες-βαμπίρ της Wall Street. Τώρα, αυτό το τέρας, αληθινό “Κράτος πίσω από τα Κράτη”, αποκαλύπτεται διεκδικώντας την ολοκλήρωση του οικονομικού και πολιτικού “διαρκούς πραξικοπήματος” που διεξάγει εδώ και τέσσερις δεκαετίες.

Απέναντι σε αυτή την επίθεση, οι δυνάμεις της ευρωπαϊκής δεξιάς και της σοσιαλδημοκρατίας  μοιάζουν συμβιβασμένες, μετά από δεκαετίες “εισοδισμού” του χρηματοπιστωτικού κεφαλαίου, τα πιο σημαντικά κέντρα του οποίου βρίσκονται εκτός Ευρώπης. Από την άλλη πλευρά, τα συνδικαλιστικά και τα κοινωνικά κινήματα δεν είναι ακόμη ικανά να αποτρέψουν αποφασιστικά αυτή την επίθεση, όπως επανειλημμένα έκαναν στο παρελθόν. Αυτή την κατάσταση επιδιώκει να εκμεταλλευθεί ο νέος χρηματοπιστωτικός ολοκληρωτισμός, για να επιβάλλει τετελεσμένες, μη αντιστρέψιμες καταστάσεις σε όλη την Ευρώπη.

Είναι επιτακτική η ανάγκη για τον άμεσο συντονισμό δράσης πάνω από τα σύνορα των ευρωπαϊκών κρατών, μεταξύ των ανθρώπων των τεχνών και των γραμμάτων, των διανοούμενων, των αυτόβουλων κινημάτων, των κοινωνικών δυνάμεων και προσωπικοτήτων που αντιλαμβάνονται τη σημασία του διακυβεύματος. Πρέπει να δημιουργήσουμε ένα ισχυρό μέτωπο αντίστασης στην επελαύνουσα  “Ολοκληρωτική Αυτοκρατορία της Παγκοσμιοποίησης”, προτού είναι αργά.

Η Ευρώπη μπορεί να επιβιώσει μόνο αν προτάξει μια ενωμένη απάντηση ενάντια στις Αγορές, μια πρόκληση μεγαλύτερη από αυτή που αυτές της απευθύνουν, ένα καινούριο, πανευρωπαϊκό «New Deal».

- Πρέπει να σταματήσουμε άμεσα την επίθεση κατά της Ελλάδας και των άλλων χωρών της περιφέρειας της Ε.Ε. Πρέπει να διακοπεί άμεσα η ανεύθυνη και εγκληματική πολιτική λιτότητας και ιδιωτικοποιήσεων, που οδηγεί κατευθείαν σε μια κρίση βαθύτερη από αυτή του 1929.

- Πρέπει να αναδιαρθρωθεί ριζικά το δημόσιο χρέος όλης της Ευρωζώνης και ειδικά σε βάρος των ιδιωτικών τραπεζικών γιγάντων. Οι τράπεζες πρέπει να επανελεγχθούν και η χρηματοδότηση της ευρωπαϊκής οικονομίας να τεθεί υπό εθνικό και ευρωπαϊκό δημόσιο και κοινωνικό έλεγχο. Δεν είναι δυνατόν να κρατάνε τα οικονομικά κλειδιά της Ευρώπης τράπεζες όπως η Goldman Sachs, η JPMorgan, η UBS, η Deutsche Bank κ.α. Πρέπει να απαγορευθούν τα ανεξέλεγκτα χρηματοπιστωτικά παράγωγα, αιχμή του δόρατος του καταστροφικού χρηματοπιστωτικού καπιταλισμού και να δημιουργηθεί πραγματική οικονομική και παραγωγική ανάπτυξη, αντί της κερδοσκοπικής κερδοφορίας.

- Η παρούσα αρχιτεκτονική, βασισμένη στους κανόνες του Μάαστριχτ και του ΠΟΕ, έχει εγκαθιδρύσει ένα μηχανισμό παραγωγής χρέους στην Ευρώπη. Χρειάζεται ριζική αλλαγή όλων των συνθηκών, η υπαγωγή της ΕΚΤ στον πολιτικό έλεγχο των ευρωπαϊκών λαών, ένας χρυσούς κανών για ένα μίνιμουμ κοινωνικών, φορολογικών, οικολογικών στάνταρτ στην Ευρώπη. Να επιτραπεί ο απʼ ευθείας δανεισμός χωρών από την ΕΚΤ. Χρειαζόμαστε επειγόντως αλλαγή υποδείγματος.  Την επιστροφή στην τόνωση της ανάπτυξης μέσω της τόνωσης της ζήτησης, μέσω νέων ευρωπαϊκών προγραμμάτων επενδύσεων, μια νέα ρύθμιση, επαναφορολόγηση, επανέλεγχο της διεθνούς ροής κεφαλαίου και εμπορευμάτων. Μια νέα μορφή έξυπνου και λογικού προστατευτισμού, στο πλαίσιο μιας ανεξάρτητης Ευρώπης, πρωταγωνίστριας στον αγώνα για έναν πολυπολικό, δημοκρατικό, οικολογικό, κοινωνικό πλανήτη.

Απευθύνουμε έκκληση στις δυνάμεις και στα άτομα που συμμερίζονται αυτές τις ιδέες, να συμπτύξουμε το ταχύτερο δυνατό ένα ευρύ, πανευρωπαϊκό μέτωπο δράσης. Να εκπονήσουμε ένα μεταβατικό ευρωπαϊκό πρόγραμμα, να συντονίσουμε την απαραίτητη όσο ποτέ διεθνή δράση μας, ώστε να κινητοποιήσουμε τις δυνάμεις του λαϊκού κινήματος, για να ανατρέψουμε τους σημερινούς συσχετισμούς δύναμης, τις σημερινές ιστορικά ανεύθυνες ηγεσίες των χωρών μας, για να σώσουμε τους λαούς μας και τις κοινωνίες μας. Να προστατέψουμε τη δημοκρατία πριν να είναι πολύ αργά για την Ευρώπη.

Αθήνα, Οκτώβριος 2011 
Αλέξης Τσίπρας
Γιάννης Μυλόπουλος
Δημήτρης Κωνσταντακόπουλος
Θεοδόσης Πελεγρίνης
Κωνσταντίνος Τσουκαλάς
Κώστας Δουζίνας
Κώστας Βεργόπουλος
Κυριάκος Κατζουράκης
Κάτια Γέρου
Μίκης Θεοδωράκης
Μανώλης Γλέζος


Την έκκληση συνυπογράφουν:
ΙΤΑΛΙΑ
Paolo Ferrero, Εθνικός Γραμματέας του Κόμματος Κομμουνιστικής Επανίδρυσης


ΙΣΠΑΝΙΑ
Jose Luis Centella, Γενικός Γραμματέας του Κομμουνιστικού Κόμματος Ισπανίας
Willy Meyer, Ευρωβουλευτής της Ενωμένης Αριστεράς Ισπανίας
Maite Mola, Αντιπρόεδρος του Κόμματος Ευρωπαϊκής Αριστεράς, υπεύθυνη Διεθνών Σχέσεων του Κομμουνιστικού Κόμματος Ισπανίας.


ΦΙΝΛΑΝΔΙΑ
Eero Ojanen, συνθέτης, πιανίστας
Monna Kamu, τραγουδιστής
Niko Saarela, ηθοποιός
Juha-Pekka Väisänen, εννοιολογικός καλλιτέχνης, Γενικός Γραμματέας του Κομμουνιστικού Κόμματος Φινλανδίας
Erkki Susi, Αρχισυντάκτης της εβδομαδιαίας εφημερίδας Tiedonantaja


ΓΑΛΛΙΑ
Pierre Laurent, Πρόεδρος του Κόμματος Ευρωπαϊκής Αριστεράς, Εθνικός Γραμματέας του Γαλλικού Κομμουνιστικού Κόμματος
Jean-Luc Melenchon, Ευρωβουλευτής, Συμπρόεδρος του Κόμματος της Αριστεράς (Parti de Gauche), υποψήφιος του Μετώπου της Αριστεράς (Front de Gauche) στις γαλλικές Προεδρικές Εκλογές 2012.
Martine Billard, Συμπρόεδρος του Κόμματος της Αριστεράς (Parti de Gauche)
Francis Wurtz, τ. Ευρωβουλευτής, τ. Πρόεδρος της Κοινοβουλευτικής Ομάδας της Ευρωπαϊκής Ενωτικής Αριστεράς-Βορειοευρωπαϊκής Πράσινης Αριστεράς (GUE/NGL) στο Ευρωκοινοβούλιο
Samir Amin, Πρόεδρος του Παγκόσμιου Φόρουμ Alternatives
 Gerard Filoche, μέλος του Εθνικού Συμβουλίου του Σοσιαλιστικού Κόμματος 
Jean-Pierre Page, συνδικαλιστής, στέλεχος CGT
 Bernard Cassen, επίτιμος πρόεδρος της ATTAC Γαλλίας


ΓΕΡΜΑΝΙΑ-ΕΛΒΕΤΙΑ
Klaus Ernst, Συμπρόεδρος της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke), Βουλευτής στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο
Dr. Gesine Loetzsch, Συμπρόεδρος της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke), Βουλευτής στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο 
Oskar Lafontaine, Βουλευτής της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke) στο Κοινοβούλιο του Ζααρ, τ. πρωθυπουργός του Κρατιδίου του Ζάαρ (1985-1998).
Prof. Dr. Lothar Bisky, καθηγητής ΜΜΕ και πολιτισμού, Ευρωβουλευτής της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke)
Dr. Gregor Gysi, Πρόδρος της Κοινοβουλευτικής Ομάδας της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke) στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο
Dr. Diether Dehm, τραγουδιστής, στιχουργός, Βουλευτής της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke) στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο
Wolfgang Gehrcke, Βουλευτής της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke) στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο
Sahra Wagenknecht, Βουλευτής της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke) στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο
Ulrich Maurer, Βουλευτής της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke) στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο
Stefan Liebich, Βουλευτής της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke) στο Ομοσπονδιακό Κοινοβούλιο
Renate Harcke, μέλος του Συμβουλίου της Γερμανικής Αριστεράς (Die Linke)
Prof. Dr. Wolfgang Methling, τ. Υπουργός περιβάλλοντος του Κρατιδίου Μακλεμβούργου-Δυτικής Πομερανίας (1998-2006)
Angelica Domröse, ηθοποιός, σκηνοθέτης στο θέατρο και την τηλεόραση
Heidrun Hegewald, ζωγράφος, συγγραφέας
Gina Pietsch, τραγουδίστρια, ηθοποιός
Renate Richter, ηθοποιός
Peter Sodann, ηθοποιός στο θέατρο και την τηλεόραση
Hilmar Thate, ηθοποιός στο θέατρο και την τηλεόραση
Hannes Wader, τραγουδιστής, στιχουργός
Konstantin Wecker, τραγουδιστής, στιχουργός
Prof. Dr. Manfred Wekwerth, σκηνοθέτης, συνεργάτης του Bertolt Brecht
Prof. Dr. Jean Ziegler, συγγραφέας, μέλος της Συμβουλευτικής Επιτροπής του Συμβουλίου του ΟΗΕ για τα Ανθρώπινα Δικαιώματα
Klaus Höpcke, δημοσιογράφος
Barbara und Winfried Junge, κινηματογραφιστές, βραβευμένοι για την ταινία “Die Kinder von Golzow”/”The Golzow-Children”
Asteris Koutoulas, συγγραφέας
Takis Mitsidis, πολιτιστικός διευθυντής
Kostas Papanastasiou, αρχιτέκτονας, ηθοποιός, τραγουδιστής
Eckart Spoo, δημοσιογράφος, συντάκτης της πολιτικής-πολιτιστικής επιθεώρησης Ossietzky
Prof. Gunter Reisch, σκηνοθέτης
Dr. Beate Reisch, λογοτέχνης
Katja Ebstein, τραγουδίστρια, ηθοποιός
Prof. Dr. Heinrich Fink, θεολόγος, τ. Πρύτανης του πανεπιστημίου Humboldt του Βερολίνου
Daniela Dahn, συγγραφέας
Rolf Becker, ηθοποιός