mercredi 12 octobre 2011

Heureuse libération de Gilad Shalit : et Salah Hamouri ?


Source : AFPS


L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) se félicite de la conclusion d’un accord aboutissant à la libération de Gilad Shalit et de 1027 prisonniers palestiniens.


« Nous avons une pensée pour toutes les personnes libérées et pour leurs familles. Nous voulons y voir une étape de la marche vers la réconciliation nationale palestinienne. » a déclaré Jean-Claude Lefort, président de l’AFPS. « Cette bonne nouvelle ne doit toutefois pas éclipser le fait que 5000 autres prisonniers politiques sont toujours détenus, dont un autre ressortissant français, Salah Hamouri, emprisonné depuis sept ans suite à un procès inique, ainsi qu’un grand nombre de députés et responsables politiques palestiniens. » a-t-il ajouté.
L’AFPS appelle les autorités françaises à agir pour la libération de notre compatriote franco-palestinien. Salah Hamouri, détenu arbitrairement depuis près de sept ans. Ce dernier, dont la détention doit se terminer en novembre, risque actuellement de voir sa peine rallongée de 140 jours sous l’effet de la loi dite « Shalit ».

L’AFPS exprime par ailleurs sa préoccupation face à l’aggravation récente des conditions de détention des prisonniers palestiniens. Parmi ces mesures figurent l’interdiction faite aux prisonniers palestiniens de poursuivre des études universitaires, l’interdiction à l’accès aux livres, l’intensification de la pratique de fouilles humiliantes sur les prisonniers, la limitation drastique du droit de visite, la mise à l’isolement des leaders palestiniens, et l’aggravation arbitraire des peines d’emprisonnement. Depuis le 27 septembre, plusieurs centaines de prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim illimitée dans plusieurs prisons israéliennes pour protester contre ces punitions collectives, qui constituent une violation du droit international.

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Inquiétudes pour Salah Hamouri. Denise, sa mère que "l'Humanite.fr" a jointe au téléphone, nous informe que Salah a été transféré à la prison de Shana avec une cinquantaine de prisonniers palestiniens.

"Salah, nous dit-elle, est à l'isolement.  Pis, il est interdit de visite jusqu'au 5 novembre. Au Consulat, on me répond qu'il n'est pas possible d'intervenir sous prétexte que les fêtes juives ont débuté."
Alors qu'elle venait lui rendre visite, dimanche, les autorités pénitentiaires israéliennes lui avait fait savoir que Salah avait été transféré dans une autre prison. Elles avaient refusé, alors,  de lui dire dans quel établissement. Cette mesure de rétorsion aurait été prise contre la grève de la faim entamée par les prisonniers palestiniens.

Il y a quelques jours, nous apprenions que Salah Hamouri qui devait être libéré le 28 novembre pouvait effectuer 140 jours supplémentaires.
Les dirigeants israéliens décidant que les peines de prison de la "justice" militaire seraient non plus réalisées selons les années administratives (soit 245 jours) mais en années civiles. Résultat : vingt jours de plus d'enfermement. Cette "loi" est plus connue en Israël sous le nom de "loi Shalit", du nom du soldat franco-Israélien capturé par le Hamas !

Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé,  Patrick Le Hyaric, Vice-président du Groupe de la Gauche Unitaire Européenne Gauche Verte Nordique, réclamait une intervention ferme du gouvernement français.






Sur Politis:

                 Par Denis Sieffert - 12 octobre 2011


Affaire Shalit : un autre « point de vue »

L’affaire Gilad Shalit est l’exemple même du fossé qui sépare, non seulement Israël des Palestiniens, mais le monde arabe et les capitales occidentales.

Selon une vision française qui va de la presse audiovisuelle (c’est plus complexe dans la presse écrite) à l’Elysée, il n’y a qu’un langage : le jeune franco-israélien Gilad Shalit, enlevé en lisière de Gaza en juin 2006, et dont la libération est attendue dans les heurs qui viennent, est « l’otage du Hamas ». Des bâtiments officiels exposent son portrait. Dans l’imaginaire occidental, il est un jeune homme innocent enlevé par un groupe terroriste. Sarkozy téléphone à ses parents. On ne s’étonne pas du fait qu’il puisse être échangé contre 1027 prisonniers palestiniens. « Prisonniers » et pas « otages ».

Au contraire, dans la représentation palestinienne, et arabe, Gilad Shalit est un soldat en service, dont le char avait ou allait tirer sur des Palestiniens, puisque, rappelons-le, en juin 2006, Israël menait une offensive meurtrière à Gaza. Il est un prisonnier de guerre. Quant aux milliers de « prisonniers » palestiniens qui croupissent dans les prisons israéliennes, ils ont pour la plupart été arrêtés au cours de rafles. Ils sont souvent détenus sans procès, et sans charges sérieuses contre eux. Et si on reproche au Hamas de n’avoir jamais permis à un avocat de visiter Shalit, il en est de même pour de très nombreux détenus palestiniens, interdits de visites, alors qu’ils sont plutôt victimes d’une punition collective que d’accusations qui les concerne personnellement.

On le voit, la vision et le vocabulaire qui dominent dans la plupart des médias occidentaux sont fortement marqués par l’empreinte coloniale. On y oublie que nous avons affaire à un conflit colonial, et que c’est Gilad Shalit qui, en l’occurrence, représente l’entreprise coloniale. Cela dit, Shalit est un jeune soldat pris dans une logique dont il n’est pas responsable. Tout le monde ne peut pas être aussi héroïque que ces jeunes Israéliens qui préfèrent aller en prison plutôt que de tuer des Palestiniens. Et il faut donc se féliciter de sa prochaine libération.

Sans oublier que de l’autre côté aussi, ces détentions arbitraires, comme celle du jeune franco-palestiniens Salah Hamouri détenu depuis 2005 (pas un coup de fil de Sarkozy à sa mère, française) sur une simple « présomption », provoquent des drames humains et des déchirements. Il n’y a pas d’un côté, le visage de l’innocence, et de l’autre une « statistique ». Au plan politique, l’affaire démontre qu’Israël, contrairement aux dénégations officielles, négocie avec les « terroristes » du Hamas, et que ces derniers savent aussi faire de la politique…


Nota Bene :

Photo : HANDOUT / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES / AFP




Source: http://www.politis.fr/Affaire-Shalit-un-autre-po0.htmlint-de,1556


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