vendredi 9 septembre 2011

Plaidoyer pour la surtaxation du ketchup, des chambres à air et des tapettes à mouche


Dans ma jeunesse, quand le gouvernement avait besoin de pognon, il commençait par augmenter l’essence et les clopes. Ensuite seulement, il commençait à réfléchir.

Plus question d’augmenter l’essence, ce serait la révolution. Les clopes, c’est déjà fait. Mais ça ne suffit pas, désormais, il faut être plus imaginatif, d’autant que les sommes à trouver n’ont plus rien à voir avec celles de ma jeunesse.

- D’abord on va mettre une taxe sur les sodas. On va dire que ça fait grossir.
- Ah ouais, c’est bien, ça.
- Ensuite, on va augmenter la TVA sur les parcs à thème.
- Ca va pas, non ? Et mon Futuroscope (Dans toute niche, il y a un chien qui sommeille. Celui-là est certes un peu has-been (comme l’a si bien noté Lionnel Lucas, le ministre qui croit que l’Homme descend d’Adam et Eve )), mais il peut encore aboyer fort.
- Bon, alors on va mettre une taxe de 2% sur les hôtels de luxe. C’est une bonne idée, ça, les pauvres ne pourront plus dire qu’on ne taxe pas les riches (auxquels on vient de quasiment supprimer l’ISF). Et puis ça les occupera, ils ne verront que du feu pour la CSG et les mutuelles.

Comme je les sens bien lancés, je leur suggère d’ajouter une taxe sur le ketchup, une autre sur les chambres à air, et une autre sur les tapettes à mouche.
- Ah ben pourquoi ?
- Parce que je déteste le ketchup !
- Ah oui, mais pourquoi les chambres à air et les tapettes à mouche ?
- Et pourquoi les parcs à thèmes et les nuits d’hôtel de luxe ?

C’est sûr, avec ça, la France est sauvée.

Sont-ils à ce point cons, cette bande de pignoufs, pour faire semblant de ne pas comprendre que ces mesurettes sont inutiles et grotesques ?

Que s’il faut vraiment trouver des milliards, il n’y a pas besoin d’aller bien loin. Pourquoi attendre que les super-riches aillent se faire sucer dans les hôtels de luxe pour les taxer ? Il suffit de s’attaquer à la base, à leurs revenus et/ou leur patrimoine indécent(s) !
- Supprimons tous les cadeaux faits aux riches dès l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, ainsi que les subventions aux heures sup. (Bling, 15 milliards)
- Remettons la TVA à 19.6 pour la restauration (Bling, 3 milliards)
- Quitte à gratter sur les parcs à thèmes, supprimons le plus onéreux et le plus inutile d’entre eux : le sénat ! Cette aire de repos qui ne sert qu’à engraisser des notables polycumulards déjà bien gras nous coûte plus de 300 millions d’euros par ans.
- Reconstruisons un barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec la dernière tranche à 100% (alias “revenu maximum”), seule manière d’éviter d’avoir à brailler contre les “salaires indécents”.
- Respectons l’esprit et la lettre de l’impôt sur les sociétés et de l’ISF : 33%, c’est 33% ! 1.8%, c’est 1.8% ! Ah, pardon. On me signale dans l’oreillette, que Nicolas Sarkozy, grand apôtre de la rigueur et pourfendeur des déficits budgétaires, aurait il y a quelques semaines à peine, baissé le taux de l’ISF des super-riches de 1.8 à 0.5%, plombant le budget d’environ 2 milliards de plus… Ce n’est pas possible, ce doit être une erreur. Un mec droit et rigoureux comme lui, il n’aurait tout de même pas fait une ânerie pareille alors même qu’on le soupçonne d’avoir palpé des enveloppes de Mme Bettencourt et que la France est en faillite. Si ?
En 2009, les seules sociétés du CAC40 n’ont payé que 6.5 milliards d’euros, alors que leurs bénéfices s’élevaient à 47 milliards. C’est un manque à gagner de 10 milliards ! Et encore, c’était une année de “crise”…
- Notre constitution proclame l’égalité… Faisons-la respecter en remettant à plat la politique de l’héritage et en empêchant de laissant prospérer des dynasties de millionnaires oisifs. Avec une telle politique, Madame Bettencourt ne dormirait pas sur un scandaleux et inutile sac d’or de 17 milliards d’euros, et DSK se serait défendu avec les mêmes moyens que l’accusé lambda…

Ca c’est pour soigner. Mais si on s’en tient là, c’est un pansement humide qui pisse dans un violon : il faut que la France (et le monde, aussi…) se désintoxique de la finance internationale, des banksters d’affaire, des spéculateurs de tout poil, et de leurs complices politicards.
Les Etats-Unis vont-ils juger un jour les bandits de Wall Street, qui se sont mis tous les ans depuis l’ère Reagan des dizaines de millions de dollars dans leurs propres poches, et des milliards dans celles de leurs actionnaires, tout en coûtant des milliers de milliards à la collectivité ? Que sont devenus les Paulson, les Rubin, Les Blankfein, les Greenspan, les Bernanke, et plus généralement les dirigeants et les gros actionnaires de Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Citigroup, Bank of American, Deutsche Bank, AIG, Fannie&Freddie…sans oublier les agences de notation et la FED ? Et les politiciens corrompus ? Ils ont mis des millions d’Américains à la rue, ont fait perdre leur boulot à des dizaines de millions de salariés dans le monde et mis les finances publiques en ruine pour se faire sauver.
Il faut juger et condamner tous ceux qui ont mis les États européens dans cette même situation, et revenir aux bases : nationalisation (par confiscation) du système bancaire, retour à la création de monnaie par les États, fermeture de la bourse. S’il faut pour cela (et il semble qu’il le faille) sortir du carcan européen, eh bien sortons : son échec lamentable est désormais reconnu par tous, et les ouiouistes devront également être jugés.

A cause de tous ces fâcheux, l’ordre du monde a été bouleversé. Désormais, un salarié ne bosse plus que pour engraisser une oligarchie de porcs parasitaires. Il doit travailler toujours plus, plus longtemps, gagner toujours moins, être toujours plus précaire. Son travail est totalement dévalorisé, seuls comptent une poignée de patrons qui gagnent 100 ou 1000 fois plus que leurs salariés, une autre poignée de banksters de Wall Street ou d’ailleurs, et une dernière poignée de  gros actionnaires qui en veulent toujours plus.

En plus, on nous pousse à voter pour les politiciens complices de ce système pourri… Sarkozy ou Hollande ? Aubry ou Borloo ? On s’en fout, ils sont tous d’accord avec ce système pourri, ils ne veulent pas en sortir, ils sont même incapable d’en imaginer un autre, et ils veulent nous faire payer les ardoises et les stocks options des banksters : qu’ils dégagent !


Source: Le blog de SuperNo

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