vendredi 30 septembre 2011

L’hérésie moderne


Par Christian Ferrer, 1998

Voici un texte de Christian Ferrer dont j’avais apprécié l’intervention lors de la rencontre Internationale anarchiste de Barcelone en 1993 (1) et qui me semble sortir de la langue de bois que tant de nos amis « les anarchistes croyants » continuent à répandre à travers leurs périodiques. Il faudrait un peu de courage et un peu de simplicité pour que les libertaires sortent de leurs querelles et tours d’ivoires pour essayer d’emprunter d’autres chemins que ceux d’une pensée et des pratiques toujours ancrées à des vieux reflexes idéologiques… Des textes comme celui de Ferrer peuvent nous y aider. Bonne lecture.
Mimmo Pucciarelli







Michel Bakounine par Félix Nadar
Il y a des idées politiques qui ont mérité leur nom, surtout lorsque leur histoire a accumulé à travers le temps des attaques gouvernementales et des connotations de panique. L’anarchisme en est une. Extrêmes et excentriques, les idées anarchistes ont promu une pensée du « dehors », une idéologie réfractaire aux symboles politiques de son temps. À partir de cette forme anomique, les anarchistes ont apprêté et répandu une série d’idées inattendues qui donnèrent un contour à l’imaginaire anti-hiérarchique, antagoniste de la domination de l’homme par l’homme. Il n’est pas surprenant qu’une « légende noire » ait accompagné l’histoire de la pensée libertaire: utopisme, nihilisme asocial, chimère politique, meneurs d’émeutes violentes, maximalistes intraitables. Les récusations ne furent pas rares mais, bien que diverses et dites avec de la bonne ou de la mauvaise foi, elles ne sont pas moins triviales, car la qualité « absolue » ou « puriste » des demandes anarchistes ne les rendent pas forcément irréalisables mais, au contraire, en font une pensée exigeante qui n’a jamais facilité des négociations politiques ou éthiques. D’où aussi le fait que l’anarchisme n’ait jamais inspiré l’indifférence publique.

Une audace imaginative

Il est difficile d’offrir à l’homme de la fin du XXe siècle – le siècle de l’apprentissage de la soumission à l’imaginaire hiérarchique, sous des formes impitoyables ou sophistiquées – un panorama de ce qui signifia l’invention anarchiste. On s’étonne encore du fait que l’on ait pu imaginer une société sans hiérarchies et que l’on ait instauré des modes de vie et des institutions régies par des coutumes et des valeurs libertaires dans des domaines tels que l’anarcho-syndicalisme et l’anarcho-individualisme, le groupe par affinité et l’amour libre, l’enseignement de l’anti-autoritarisme dans les écoles rationalistes et la diffusion d’une mystique de la liberté jusqu’aux coins du monde les plus inhospitaliers. Si l’on relève les actes historiques des anarchistes, pénétrés par une morale exigeante et tenace, par l’invention imaginative d’actes de résistance, par l’humour parodique à caractère anticlérical, par les innovations dans le domaine pédagogique, on trouvera une réserve de savoir réfractaire, produit d’une macération historique aujourd’hui oubliée ou méconnue par les cultures de gauche. En fait, la survivance de l’anarchisme est, d’une part, presque miraculeuse, étant donné l’ampleur de l’hostilité qu’il dut surmonter et des défaites qu’il dut supporter ; sa persévérance est, d’autre part, compréhensible : il n’est apparu, jusqu’à présent, d’antidote théorique et existentiel contre la société de la domination qui soit de meilleure qualité.

Un enfant de la modernité

Tout au long de la Modernité, l’anarchisme fut répandu de la même manière que les anciennes hérésies, comme une urgence spirituelle qui poussa les idéaux émancipateurs au-delà des limites symboliques et matérielles permises par les institutions auxquelles on avait octroyé le monopole de la régulation de la liberté. Peut-être parce que les anarchistes furent les réalisateurs les plus fidèles de l’idéal jacobin ainsi que des courroies de transmission de l’ancien élan millénariste, purent-ils faire de la devise Liberté, Égalité, Fraternité, le trépied d’une mystique démesurée.

En ceci l’anarchisme pérennise une lignée dissidente : il fut, au XIXe siècle, la réincarnation de l’espace de l’insolence politique qu’occupèrent les rébellions paysannes de l’Europe centrale, les sectes radicales anglaises ou les sans-culottes dans des siècles précédents. Dans les événements animés par le mouvement anarchiste se sont incarnées les énergies utopiques qui permirent de faire circuler l’appel à une société antipode, même si les pères fondateurs de L’Idée n’ont pas tracé des contours réellement planifiés du futur.

Au XIXe siècle trois doctrines – libéralisme, marxisme et anarchisme – se constituèrent aux sommets du triangle tendu des philosophies politiques émancipatrices. Le XXe siècle se nourrit de leurs maximes, leurs espérances et leurs systèmes théoriques aussi bien qu’il les mit à l’épreuve et les épuisa. Selon des modèles différents, aussi bien Stuart Mill que Marx et Bakounine étaient traversés par la passion par excellence du XIXe siècle : la passion de la liberté. Il y a, entre les trois idées, des canaux souterrains qui les lient au même lit illustré du fleuve moderne. Mais des abîmes séparent aussi les idées libertaires du marxisme : l’accent mis par les anarchistes sur la corrélation morale entre les moyens et les fins, leur scepticisme en ce qui concerne le rôle du « parti d’avant-garde » et de l’État dans les processus révolutionnaires et la ferme confiance des anarchistes en l’autonomie individuelle et dans les critères personnels – sans exclure ni les affections ni les désirs – lors de la prise des décisions. Du libéralisme, les anarchistes ne purent jamais accepter la vision de liberté politique et de justice économique en termes de pôles irréconciliables. Les anarchistes préférèrent ne pas choisir l’un ou l’autre desideratum moral et laissèrent l’élan nourrissant et fondant de leurs idées, la liberté absolue, résoudre cette tension à l’intérieur d’un horizon mental et organisationnel plus large.

Le mythe de la liberté

Pour Bakounine (peut-être la figure la plus emblématique de l’histoire de l’anarchisme) la liberté était un « mythe », dans le même sens que pour George Sorel l’était la grève générale : une construction symbolique capable de faire contrepoids aux croyances étatiques et religieuses ; mais également un « environnement » prégnant, l’oxygène spirituel d’espaces illimités et inédits pour l’action humaine. Bakounine – et après lui une longue liste de militants anarchistes – souligna qu’il est abject d’accepter qu’un supérieur hiérarchique nous conforme à un modèle et insista sur le fait que seule la rébellion peut purifier le corps social. Dans le rejet des mots autorisés et des liturgies institutionnelles de l’Occident, les anarchistes mesuraient la possibilité d’implanter les avancées d’une nouvelle société, forgeant un réseaux de contre-sociétés à la fois du dedans et du dehors de la condition oppressée de l’humanité. D’où le fait que l’anarchisme n’est pas seulement un mode de penser la domination mais fondamentalement un moyen de vivre contre la domination. Dans sa volonté de « retourner » l’imaginaire hiérarchique, l’anarchisme postula les fondements aussi bien d’une science, que d’une expérience de la liberté: la science de la désobéissance comme chemin de la prise de conscience de soi et par soi, et l’expérience de vivre au quotidien en tant qu’esprits libres, car l’histoire est pour l’anarchiste le terrain d’essais de la liberté.

Puisqu’il fit de la liberté un mythe et demanda des libertés sans restrictions, l’anarchisme put réaliser l’autopsie politique de la modernité. Comme Marx dévoila le secret de l’exploitation économique, Bakounine « découvrit » le secret de la domination : le pouvoir hiérarchique en tant que constante historique et garantie de toute forme d’iniquité. L’intuition théorique des pères fondateurs de l’anarchisme plaça la question du pouvoir dans sa mire : ils soulignèrent que les inégalités du pouvoir précèdent les différences économiques. C’est donc dans le domaine politique (2) – et non seulement dans les activités réalisées dans les processus industriels – où l’on peut trouver la clé de compréhension de l’opposition oppresseurs / dominés. Sa version moderne la plus achevée, l’État libéral ou autocratique, se constituait garant de la hiérarchisation. Aujourd’hui, il faudrait peut-être identifier cette garantie aussi dans d’autres institutions. Mais pour les anarchistes, un territoire gouverné par le bâton ou par des mots tendres, cela leur est égal, car la zone d’ombre qu’ils combattirent c’est la volonté de soumission à la puissance étatique – principe de souveraineté plutôt qu’appareil. Toutes les inventions culturelles et politiques de nature libertaire sont réunies dans une stratégie horizontale de la contre-puissance, négation de la représentation parlementaire qui réduit les arts linguistiques et vitaux d’une communauté à un jeux où, comme par enchantement, les majorités et les minorités coïncident. Selon Bakounine, les modalités de la domination s’adaptaient aux grands changements historiques mais les significations imaginaires associées à la hiérarchie persistaient, y compris dans les démocraties ; et ces mêmes significations devenaient interdiction, condition d’impossibilité pour penser le secret de la domination. Tout au long du XXe siècle, on a vu se répandre dans l’espace public la question de la « dignité » économique et l’on a pu thématiser l’oppression de genre : tout cela a déjà acquis une sorte de carte de citoyenneté en tant que problèmes théoriques, politiques, sectoriels, académiques ou médiatiques. Mais la hiérarchie est toujours un tabou.
La camaraderie humaine

L’idée d’une camaraderie humaine sans État ni hiérarchies est un tabou politique de la Modernité — et de l’histoire — (tabou combattu, pourtant, non seulement dans certains moments historiques emblématiques mais aussi dans des pratiques quotidiennes qui d’habitude passent inaperçues aux yeux des anthropologues de la politique obsédés par les conditions de gouvernabilité d’un territoire ou par la légitimité de la forme-État ou par la fiscalisation de ses actes).

La possibilité d’abolir le pouvoir hiérarchique : voilà l’impensable, l’inimaginable de la politique ; impossibilité assurée par les techniques de la hiérarchie qui régulent jusqu’aux moindres actes humains, qui font pression sur les nécessités quotidiennes, qui encouragent le désir de soumission et qui réussirent même, peut-être, à s’enraciner dans l’inconscient. Selon Hobbes ou Machiavel, il ne peut exister d’unité entre le peuple et son gouvernement sans soumission — volontaire ou involontaire, légitime ou illégitime —, et il n’y a pas de soumission sans terreur.

Fonder une politique sur la base de la camaraderie communautaire et non sur la peur fut la réponse anarchiste à la vision désincarnée de ces penseurs politiques et, dans ce but, il était nécessaire d’annuler ou d’affaiblir les institutions auto-reproductrices de la hiérarchie afin de permettre une métamorphose sociale qui ne soit pas dirigée par l’État. Cette prétention ne peut qu’être considérée comme une anomalie périlleuse par les bien-pensants et comme un danger par la police.

Les fins et les moyens

Le génie de l’anarchisme fut de promouvoir non seulement un idéal de Rédemption humaine au futur mais aussi des nouvelles institutions et des nouveaux modes de vie à l’intérieur de la société contestée qui, en même temps tentaient de la remplacer (des syndicats, des groupes par affinités, des écoles libres, des nouveaux instruments pédagogiques, des modes d’auto-organisation communautaire et des modes d’autogestion de la production). D’où l’obsession de l’anarchisme à garantir la correspondance entre les fins et les moyens.

La discipline partisane, les élites illustrées et les machines électoralistes sont la négation du groupe d’appartenance constitué par des esprits voisins, de la capacité organisatrice de la communauté et des attributs personnels.

Le marxisme ne sait encore comment sortir de ses vieilles certitudes autoritaires ni tirer quelque enseignement libertaire des 70 ans de désastre soviétique.
Dans le cas du libéralisme, les perspectives de ses promoteurs sont axées sur la possibilité de faire régner la loi dans les institutions politiques. Mais le fait de pouvoir élire un maître par les urnes n’améliore pas un système de domination ; de la même manière, le contrôle des actes du gouvernement est une tâche défensive qui renforce souvent, d’ailleurs, l’imaginaire hiérarchique des sociétés.

Le problème de la « légitimité » du gouvernement, si importante pour les philosophes politiques libéraux, est, pour une pensée contre-institutionnelle telle que l’anarchisme, un problème mal posé. Bakounine soutenait au XIXe siècle que les parlements démocratiques étaient des sociétés déclamatoires. Et il parlait, alors, d’hommes qui prenaient au sérieux l’art du bon gouvernement et du bien commun et non des mafias politiques actuelles, enchaînées à des alliances de pouvoir dont elles sont inséparables. Le souci de l’institutionnalisation des formes démocratiques et de la légitimité des gouvernements élus dédaigne la substance secrète de la Raison d’État.

L’élargissement du concept de citoyenneté et son institutionnalisation dans le moule de la représentation politique fut le chemin émancipateur opposé à celui choisi par les anarchistes. Si les tumultueuses virtualités de la foule du XIXe siècle trouvèrent dans les idées libertaires une sorte de confirmation politique, c’est parce qu’elles s’adaptaient avec souplesse aux passions déchaînées du peuple. Mais l’énergie obscure du lumpen-prolétariat ou des séditions populaires ne fut jamais appréciée par ceux qui supposent que le fonctionnement automatique des sociétés est une condition préalable et une soupape de sécurité au moment de permettre la discussion publique des libertés. Puisque les anarchistes furent toujours des étrangers de la politique, ils savent que la jurisprudence du persécuté est différente de celle du persécuteur.

Les oiseaux des orages

La politique et l’éthique anarchistes comptèrent sur des arts communautaires étrangers au processus d’institutionnalisation des pouvoirs modernes ainsi que sur la pêche, l’énergie personnelle, qui octroya à la force et à l’insistance de son rejet un style et une trempe singuliers. Elles sont également à l’origine du désordre fertile et de l’imagerie politique contestataire — étrangers à d’autres traditions politiques — que l’anarchisme engendra. Voilà pourquoi il est inévitable que, dans des moments fébriles de l’histoire, l’on soupçonne la présence d’anarchistes : aussi bien dans les soulèvements dissidents que dans les émeutes spontanées. Les anarchistes furent, en général, des oiseaux des orages, et le nom d’un Buenaventura Durruti, au XXe, siècle correspond peut-être à celui de Bakounine, un siècle auparavant.

Dans les pratiques historiques du mouvement libertaire, on trouvera moins une théorie achevée de la révolution qu’une volonté de révolutionner culturellement et politiquement la société. De fait, il pourrait difficilement se produire ce que le XIXe siècle appela révolution, si, auparavant, n’avaient pas germé des modes de vie différents. Dans l’éducation de la volonté, dont se souciaient tant les théoriciens anarchistes, résidait la possibilité d’en finir avec l’ancien régime spirituel et psychologique, pour lequel l’État moderne avait reconstitué une nouvelle voie de transmission.

Voilà ce en quoi réside la grandeur de la pensée libertaire, sans oublier la variante anarcho-individualiste qui est moins une volonté anti-organisatrice qu’une demande existentielle, une pulsion anticonformiste.
La confiance anthropologique en la promesse humaine (élan typique du XVIIIe siècle) fut le centre de gravité à partir duquel l’anarchisme déploya une philosophie politique vitale, qui pressentait que la liberté n’était point une abstraction ni une possibilité future mais un sédiment actif dans les relations sociales, sédiment déformé ou contrefait par l’oppression. Sans doute les anarchistes sont-ils des héritiers des Lumières et c’est précisément pour cela que la confiance qu’ils accordaient à l’éducation rationaliste voire « scientiste » ne les fit point devenir des simples positivistes.

Des expressions multiples

Bakounine ou Kropotkine croyaient que l’origine des maux sociaux n’était point la méchanceté humaine – certitude conservatrice – mais l’ignorance, laquelle pouvait être résolue, en partie, par le « démasquer » (sic !) par excellence du XIXe siècle : la science. Contrairement à ce que beaucoup supposent, à commencer par le marxisme, la pensée anarchiste est très complexe et il n’est pas aisé de l’articuler dans un décalogue. Il n’exista jamais de dogme écrit dans un livre sacré, ce qui conféra de la liberté théorique et tactique à ses militants. L’anarchisme ne s’occupa pas non plus de construire un système d’idées fermées, pas plus qu’une théorie systématique à propos de la société. Peut-être, la diversité même des idées et des pratiques anarchistes favorisa-t-elle sa survie : lorsqu’une des ses variantes s’affaiblissait ou s’avérait inefficace, une autre s’y substituait. De l’anarcho-individualisme au syndicalisme révolutionnaire, des expériences communautaires aux révoltes des jeunes, de la diffusion des idées dans des petits groupes aux expériences d’autogestion de la révolution espagnole, les anarchistes pivotèrent sur l’une ou l’autre face de leur histoire.

En outre, les anarchistes savent que leur idéal constitue une prétention ardue car ses exigences théoriques et pragmatiques le placent  » en dehors » des discours socialement acceptés ; ils savent aussi que leurs pratiques sont incompatibles avec toute forme de domination. Mais si les idées anarchistes appartiennent encore au domaine de l’actualité c’est parce qu’elles soutiennent et transmettent des savoirs impensables par d’autres traditions théoriques qui s’estiment émancipatrices. C’est dans la défense de ce savoir antagoniste que réside leur dignité et leur futur.

url de l’article: http://kropot.free.fr/Ferrer-heresie.htm

Trouvé sur: Résistance 71

mardi 27 septembre 2011

Fukushima et la bataille pour la vérité

De larges franges de la population japonaise accumulent des niveaux conséquents de contamination interne.

ParPaul Zimmerman
Global Research, 27 septembre 2011
La catastrophe nucléaire de Fukushima est un cauchemar. Des rejets fantômes de radioactivité hantent la terre japonaise. Les vies, une fois en sécurité, sont maintenant confrontées à un fléau ineffable promettant de sales maladies et la mort.
De larges franges de la population accumulent des niveaux signifiants de contamination interne, préparant le terrain à une tragédie de santé publique.
Un accroissement subtil dans le nombre de fausse-couches et de morts de foetus seront la première manifestation que quelque chose cloche. Une incidence élevée d'anomalies de naissance commenceront à l'automne et continueront dans un futur indéterminé. Des maladies de la thyroïde et des taux élevés de bébés et d'enfants leucémiques suivront. Les cas de cancers monteront en flèche d'ici 10 ans et plus.
Tchernobyl fut le précurseur de ce scénario d'épreuves. Il a enseigné à l'humanité les vérités biologiques inéluctables qui émergent dans les populations contaminées de l'intérieur par des niveaux élevés de produits de fission. Et pourtant les tricheurs du gouvernement et de l'industrie attaquent ces vérités comme des alarmes sans fondement. Avec une froide indifférence, ils nient que Tchernobyl a occasionné un grand nombre de victimes. Ils tournent leur regard aveugle vers l'immense corps de la recherche et proclament sournoisement qu'aucune preuve n'existe pour dire que plus d'une poignée de gens ont souffert de préjudices de la catastrophe ukrainienne. Ils publient de la propagande, drapée au nom de la science, qui rejette le risque de bas niveaux de contamination interne. Pensant que leur subterfuge a réussi et intoxiqué par leur arrogance, ils se positionnent déjà pour mettre en scène-gérer la perception du public pour Fukushima.
Le gouvernement japonais, sa commission de sécurité nucléaire, et Tokyo Electric Power Company ont déjà démontré qu'ils feront tout en leur pouvoir pour laisser les habitants ignorant de ce qu'il se passe. La crise sanitaire qui émerge est programmée pour être gommée. Suivant un plan directeur éprouvé, calculé selon les précédentes retombées de radiations autour du monde, des données pertinentes pour évaluer l'impact médical de l'accident ne seront pas compilées.

Les doses de radiations reçues par la population seront terriblement sous-estimées. Les risques associés à de faibles niveaux de contamination interne seront supprimés de toute discussion sur le risque. Les journaux académiques qui soutiennent l'agenda nucléaire seront noyés dans des études bidon qui démontrent qu'aucun détriment de santé n'a été subi par la population. L'incidence élevée de leucémie infantile sera attribuée à quelque virus non encore identifié provenant du mélange de population à la suite des évacuations causées par le tsunami. (cette théorie est actuellement en vogue pour nier que l'incidence élevée de leucémie parmi les enfants de moins de 5 ans vivant près des réacteurs nucléaires est induite par la radioactivité.) Les anomalies de naissance seront sommairement rejetées comme impossibles parce que les modèles de risques soutenus par la commission internationale sur la protection contre la radiation ne les prédit pas. La possibilité que les modèles soient élaborés frauduleusement échappe à la considération.

Comment la VÉRITÉ va-t-elle remonter quand elle est bloquée par cette matrice institutionnalisée de tromperie ? Quelle agence peut prendre l'initiative d'un document précis de l'étendue de la catastrophe, identifier ses victimes et celles à risque, et publier aux gens une information sanitaire digne de foi ? Qui va prendre la responsabilité de protéger les enfants ? Attendre que le gouvernement vienne à la rescousse est naïf. L'histoire des accidents radioactifs témoigne que les gouvernements trompent régulièrement ses citoyens en égard à leur programme d'armes nucléaires et à l'industrie nucléaire. Non, une seule alternative s'offre au peuple japonais. Ils doivent devenir proactifs. Ils doivent prendre l'initiative et retirer le contrôle du gouvernement et de l'industrie sur la ''perception'' de la catastrophe.

L'accident de Fukushima demande qu'une campagne populaire soit initiée pour dégager une évaluation honnête de la situation actuelle, faire un catalogue des conséquences médicales au fur et à mesure de leur émergence et offrir des conseils avisés sur la manière dont les habitants peuvent se protéger. A l'aide de la plate-forme d'Internet, des scientifiques de toutes disciplines pertinentes doivent se regrouper avec des profanes intéressés, avec quelque chose de valide pour pouvoir créer un projet de recherche d'accès libre largement diffusé. Une encyclopédie en ligne évolutive archivera toutes les données pertinentes et les préserveront de falsifications futures. L'accident doit être documenté dès son départ. Avec des rapports contradictoires publiés fréquemment, toutes les informations disponibles, qu'elles viennent de sources gouvernementales, d'enquêtes citoyennes ou de témoignages doivent être rassemblées pour une future évaluation. Les données météo mondiales depuis le 11 mars 2011 doivent être réunies. Toutes les mesures officielles et officieuses de radioactivité de l'environnement, à la fois au Japon et dans le reste du monde, doivent être collectées et comparées. Ce sont des informations essentielles requises pour des études épidémiologiques futures. Les zones agricoles contaminées doivent être recensées. Des échantillons de tout produit comestible pour l'homme et les animaux doivent être évalués sur le plan de la sécurité. Lorsqu'une maladie causée par les rayonnements est suspectée de démarrer dans la population, les professionnels de santé et les victimes doivent rendre publiques leurs expériences. Au début, cette information sera anecdotique mais néanmoins inestimable. Elle identifiera des tendances morbides et mortelles à leur départ et définira des sous-groupes de population requérant une investigation scientifique plus systématique. Des chercheurs indépendants ou en groupe doivent prendre l'initiative de poursuivre l'étude dans leurs champs d'expertise et d'intérêt. (une excellente suggestion de Gordon Edwards de la coalition canadienne pour la responsabilité nucléaire est une collecte étendue de dents de lait pour fournir des données objectives sur la dispersion géographique et l'absorption de strontium-90)
Les méthodologies, données et résultats devront être postés en ligne dès leur disponibilité. Un libre accès au corps de travail en son entier doit être garanti afin de permettre un examen par les gens du monde entier. La transparence est primordiale. Un dialogue ouvert permettra à des points de vue divergents d'être équitablement représentés. Les désaccords sur les protocoles de recherche ou l'interprétation des résultats montreront le chemin vers de nouvelles voies d'investigation où clarification et consensus pourraient se faire. Une investigation objective via une méthode scientifique sera l'arbitre final de la vérité. Le but ultime de cet effort sera de fournir une détermination impartiale des conséquences radioactives pour la santé des gens, estimer la justesse des standards actuels pour la sécurité en matière de radiations et identifier la manière d'améliorer le bien-être commun de l'humanité.
Il est urgent que cette initiative commence immédiatement. Les données doivent être capturées tant qu'elles sont encore non polluées. Une importance particulière est la mise en sécurité des statistiques de santé des japonais antérieures à l'accident. Les taux de résultats de diverses grossesses ; la fréquence de différents types d'anomalies de naissance ; l'incidence de problèmes thyroïdiens, les problèmes cardiaques, les cancers et ainsi de suite, tout doit être catalogué. Il y a une bonne raison pour que ces données basiques aient besoin d'être préservées. L'histoire des accidents radioactifs est remplie d'exemples de falsifications totales de données qui ont empêché une évaluation juste des effets de faibles niveaux de contamination interne sur la santé humaine. Par exemple, une preuve existe que les donnée de morbidité et de mortalité publiées par les services de santé publique gouvernementaux ont été altérées en raison de rejets radioactifs venant d'installations d'armement nucléaires et de centrales nucléaires commerciales qui ont fait cacher des morts par cancers dans la population. L'accident de Three Mile Island, dépeint avec persistance par le gouvernement et les porte-paroles de l'industrie comme un événement bénin, a produit en fait maladies et morts chez les humains et les animaux d'élevage qui se trouvaient sous le vent. Après l'accident de Tchernobyl, des centaines de milliers de dénommés ''liquidateurs'' ont participé aux opérations de nettoyage tout près des réacteurs détruits et ont aussi construit un sarcophage de béton autour des bâtiments du réacteur pour ensevelir la radioactivité.

Selon le comité européen sur les risques radioactifs, ces populations dans les années suivantes ont été décrites avec un taux plus faible de leucémie que la population générale. Ce n'est que plus tard qu'il a été mis en lumière que les médecins soviétiques avaient interdiction d'enregistrer la leucémie dans leurs diagnostics. L'enregistrement des cancers au Pays de Galles a été cité par ce comité comme des cas à enlever de ses bases de données afin d'empêcher l'installation de traitement du combustible nucléaire de Sellafield en Grande-Bretagne d'être accusée de causer des maladies à la population. Également mentionné par le comité l'altération des cas de mortalité infantile en Allemagne après Tchernobyl pour masquer l'impact de l'accident sur la santé du public.

Les méfaits ne se sont pas confinés à falsifier les enregistrements concernant la santé. En 1957 un incendie s'est déclaré dans le réacteur de graphite de Windscale en Angleterre sur le site maintenant occupé par l'installation de Sellafield. La somme de radiations libérée et l'incidence des cancers induits dans la population de l'Irlande sont restés des questions profondément litigieuses. Selon le comité, à un endroit précis après l'incendie, les enregistrements météo ont été changés ''avec le motif apparent de dissimuler l'endroit- source probable ''. De manière similaire, le réacteur prototype surgénérateur de Monju à Tsuruga, au Japon, a souffert d'un incendie dévastateur en 1995. La préfecture et les officiels de la ville ont découvert que l'opérateur avait trafiqué les images vidéo de l'incendie pour cacher l'échelle de la catastrophe.

Si une documentation exacte des conséquences sanitaires de Fukushima doit réussir, une condition est primordiale : le projet DOIT garder son indépendance vis à vis des agences internationales qui dominent actuellement la discussion sur les effets des radiations. Le mandat tacite de ces organisations est de soutenir les programmes d'armes nucléaires et l'industrie du nucléaire, et elles le font donc en publiant des études scientifiques frauduleuses qui minimisent les risques pour la santé des matériaux radioactifs libérés dans l'environnement.
Par exemple, l'organisation mondiale de la santé, l'agence internationale de l'énergie atomique, le comité scientifique des Nations-unies sur les effets des radiations atomiques, et autres organisations des Nations-unies ont publié conjointement L'héritage de Tchernobyl : impacts sur la santé, l'environnement et socio-économiques. Cette étude est traditionnellement citée comme preuve que Tchernobyl n'a eu que peu d'impact sur la santé des gens. Elle concluait que seuls les 28 premiers à être intervenus sont morts de syndrome aigu de radiations et que 4000 enfants avaient développé un cancer de la thyroïde, quinze d'entre eux étant morts en 2002. En outre, elle estimait que 4000 autres cancers fatals pourraient se déclarer dans la population totale. Cette version stérilisée de la catastrophe l'a été par des méthodes sournoises par consultation unique de 350 sources d'information, la plupart publiées en anglais, tout en ignorant les 30.000 publications et les 170.000 sources d'information disponibles en d'autres langues que l'anglais. Un résumé de cette abondante littérature, publiée sous le nom de Tchernobyl : conséquences de la catastrophe pour les hommes et la nature, a conclu que les victimes de radiations ont approché les 980.000.

Un autre exemple, un nombre de prestigieuses institutions ont publié de la désinformation sur les risques pour la santé des armes à uranium appauvri. Elles ont toutes conclu que l'uranium en tant qu'arme ne crée aucun effet de santé adverse quand il est à l'intérieur du corps des soldats sur les champs de bataille et sous le vent des populations. La justification pour ces conclusions sont venues d'une enquête sur la littérature scientifique au sujet de la contamination par l'uranium parmi les ouvriers des industries de l'uranium et du nucléaire et des populations exposées à des niveaux élevés d'uranium dans leur eau de boisson. Historiquement les deux seuls types d'effets adverses pour la santé documentés parmi ces populations est une fonction altérée du rein due à la toxicité chimique de l'uranium et un cancer du à la radioactivité de l'uranium.

Mais des études sur les vétérans souffrant de syndrome de la Guerre du Golfe ne révèlent aucune preuve de maladie rénale. Et selon les modèles promulgués par la commission internationale de protection radiologique, la dose de radiations venant de l'uranium des champs de bataille est trop faible pour démarrer un cancer. La conclusion ? Cas réglé ! L'uranium appauvri ne peut être le facteur des souffrances sévères des vétérans ou l'incidence croissante de cancer et d'anomalies de naissance à Fallujah et autres régions d'Irak. Aussi convaincante soit la logique de cette tentative d'études, elles souffrent toutes de lacunes fatales. Elles échouent toutes à connaître que les micro et nano-particules d'uranium dérivées d'une combustion ont des biocinétiques uniques quand elles sont internalisées qui ne sont pas comparables aux expositions des types historiques d'uranium, et qu'elles échouent adroitement à prendre en compte la recherche la plus à jour sur la toxicologie de l'uranium.

De nouvelles recherches conduites depuis la première guerre du golfe ont démontré que l'uranium est génotoxique (capable d'endommager l'ADN), cytotoxique (poisons pour les cellules), mutagéniques (capable d'induire des mutations), tératogéniques (capable d'interférer avec le développement normal de l'embryon) et neurotoxiques (capable d'endommager le tissu nerveux). Cette recherche doit encore déloger le mantra périmé que l'uranium est seulement capable de causer une maladie rénale et le cancer.

La communauté pour la protection contre les radiations est également malintentionnée. La fondation sur la recherche des effets des radiations d'Hiroshima mène des recherches perpétuelles sur la santé des survivants des bombes atomiques de la fin de la deuxième guerre mondiale. La Life Span Study (étude de l'estimation de vie) est l'unique élément de preuve importante utilisée par la commission internationale sur la protection contre les radiations pour mettre en place des guides mondiaux pour la sécurité contre les radiations. Cette sécurité contre les radiations pour tous les types d'exposition et toutes les sortes de maladie induites par les radiations reliée si lourdement à cette recherche est incroyablement dérangeante parce que la Life Span Study est profondément et irréparablement imparfaite. Démarrée cinq ans après les bombardements, après que des dizaines de milliers de victimes aient succombé à une exposition non identifiée de niveaux de radiations, ses résultats sont désespérément faussés au profit de radiations moins dangereuses qu'elles ne le sont en fait. De plus, l'étude ne peut fournir aucune information significative sur les résultats à la naissance des foetus exposés in utero. Plus problématique est le fait qu'aussi bien l'étude que les groupes de contrôle ont été contaminés de l'intérieur par la pluie noire qui est retombée sur les villes détruites après les explosions. La contamination passée sous silence du groupe de contrôle compromet totalement toute conclusion significative des taux de maladies induites par radiations dans le groupe d'étude. La Life Span Study est affectée de nombreuses imperfections qui soulèvent de sérieuses questions quant à la raison de son devenir en tant que pièce maîtresse des standards de radioactivité.

Les japonais ont été victimes de l'horreur nucléaire davantage que tout autre peuple sur Terre. Ils sont aujourd'hui plongés dans une tragédie imperceptible qui apportera lentement mais inévitablement la maladie et les épreuves à des millions d'entre eux. En réponse à ce crime, une opportunité rare et courageuses existe. En entreprenant une campagne nationale pour documenter honnêtement la catastrophe qui les submerge, ils peuvent mener toute l'humanité à sortir du bourbier de déception et de tromperie qui a permis à des armes et des réacteurs nucléaires de proliférer. La vérité a finalement une opportunité de triompher sur le mensonge. De manière faible mais signifiante, ceci réparerait la malveillance d'Hiroshima, Nagasaki et Fukushima.

Paul Zimmerman est l'auteur de : Une première dans l'art de décevoir : le culte des nucléaristes, des armes à l'uranium et de la science frauduleuse. Une présentation plus technique, mieux référencée de la nature frauduleuse des normes actuelles pour les radiations et la dissimulation des effets de l'uranium appauvri peut être trouvée dans ses pages. Des extraits, en téléchargement gratuit, sont disponibles à www.du-deceptions.com


Traduit par Hélios
 
 

vendredi 23 septembre 2011

La crise économique les balaiera tous !

Article placé le 21 sept 2011, par Robert Bibeau (Québec)



LES « SOLUTIONS » DU GROUPE ATTAC

Au milieu de cette crise récurrente du système économique qui n’en finit plus de tituber et de hoqueter sous ses propres contradictions insolubles – incapable de sauver sa destinée, sinon en transférant le poids immense des dettes souveraines sur le dos des différents peuples appauvris –, voilà qu’une voix venue de France susurre ses « solutions » et apporte sa contribution afin d’empêcher ce système moribond d’effectuer le grand plongeon.

Suzanne George, présidente d’honneur d’ATTAC-France et auteur prolifique, était en visite à Montréal pour consolider l’Université d’été des Nouveaux Cahiers du Socialisme, un groupe de militants contrits de voir s’étioler ce système économico – politique « démocratique » qu’ils ont tant chéri (1).

Madame George et ses semblables, analystes de « gauche » de moult horizons, sont outrés de constater les disparités de revenus entre les riches et les pauvres, conséquences inéluctables et fondement du système capitaliste. L’auteur du livre « Leurs crises, nos solutions » présenta donc une série de statistiques révoltantes démontrant hors de tout doute raisonnable que les riches sont toujours plus riches et que les pauvres toujours plus pauvres, jusqu’à la famine et la multiplication des SDF (sans domicile fixe), pourrions-nous surenchérir aux propos de Madame George.

Puis, constatant que l’État bourgeois (pas du tout démocratique comme chacun a pu le constater lors du G-20 à Toronto à l’été 2010), l’État au service des riches, l’État des capitalistes géré par leurs hommes de main contre forte rémunération ; constatant disions-nous que tous les États nationalisent les dettes souveraines et privatisent les actifs publics, dégrèvent la fiscalité des riches et surchargent la fiscalité des travailleurs et de la petite bourgeoisie en voie de paupérisation (d’où leurs récriminations) ; la présidente honoraire crie au scandale et propose non pas la destruction de ce système inique mais plutôt des solutions pour le sauver de l’extinction.

À la traîne de Gérald Fillion, l’analyste de service à la télévision de Radio-Canada, Suzanne George déclame, et nous citons : « Il fallait les sauver (les banques) parce que l’on ne pouvait pas laisser tout le système s’écrouler, c’aurait été les assurances, la sécurité sociale, les investissements, les retraites et tout, alors cela n’était pas possible (…).  Il fallait dire aux banques : vous êtes partiellement ou totalement socialisées,  voilà un cahier des charges que vous allez suivre et vous allez investir un quota dans les PME-PMI qui ont un projet vert ou qui ont un projet d’investissement pour le bien de la communauté… Vous allez suivre ce cahier des charges et vous allez payer des taxes normalement et vous allez rémunérer vos directeurs normalement. Il fallait  reprendre le contrôle de cette finance qui était devenue folle (Ajoutez à cette panoplie la taxation des transactions boursières selon le principe de la taxe Tobin. NDLR). Il faut limiter les hauts salaires. Tout doit être codifié dans la loi. (…)  Ce qui manque c’est la volonté politique de le faire. » (2). Mélenchon ou le Nouveau Parti Anticapitaliste français n’auraient pas dit autrement (3).

Comment se fait-il que personne n’y avait pensé auparavant? Tous ces « traders » boursiers astucieux, assez du moins pour frauder la bourse, le public et les gouvernements ; tous ces analystes financiers ingénieux ; tous ces banquiers industrieux, capables de doper la profitabilité de leurs institutions en pleine crise financière ; tous ces milliardaires frauduleux, suffisamment du moins pour voler le fisc pendant des années, mais pas assez futés pour suivre les conseils de madame la présidente émérite qui, à la fin, ne souhaite que leur bien !  C’est à désespérer de réchapper leur système capitaliste en faillite. Pourquoi ne peuvent-ils s’autodiscipliner ces accapareurs de la richesse collective ?

En effet, plutôt que de laisser s’écrouler leur système économique désuet, elle leur offre l’opportunité de le sauvegarder en lui refaisant une virginité. Qu’y a-t-il à redire à ce projet philanthropique du groupe ATTAC et de madame Suzanne ? L’auteur prolifique  devrait pourtant observer que dans tous les États occidentaux les assurances collectives, la sécurité sociale, les budgets à l’éducation et aux services de santé, les retraites et les investissements publics qu’elle prétend sauver vont à vau-l’eau et sont attaqués de toutes parts justement dans le but de dégager les crédits requis pour rehausser la profitabilité des banques, comme elle le souhaite ; pourtant malgré cet effort titanesque la crise capitaliste s’approfondit (4).

Un pays qui imposerait à ses banques transnationales les politiques proposées par ATTAC et l’universitaire réputée verrait celles-ci vider leurs coffres et expatrier leurs capitaux vers les paradis fiscaux (Macao, Bahamas, Caïmans et Monaco), ce qu’elles ont déjà amorcé de toute façon (5).

UN CHERCHEUR RÉALISTE ET ENRAGÉ

Appelons maintenant à la barre un expert analyste du système « néolibéral » comme se plaisent à l’appeler les opportunistes de service.
Monsieur Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS à Paris est une sommité en son domaine. Il affirme que : « Le néolibéralisme est un régime d’endettement généralisé : ménages, institutions financières, États. La crise menace de mettre à bas tout le système des institutions financières, car si la puissance publique a pu sauver les banques de la crise de la dette privée, il n’est pas certain qu’elle puisse y parvenir pour les dettes publiques (dettes souveraines NDLR). ».

C’est aussi ce que nous pensons et,  comme le professeur Lordon,  nous constatons que : « Le système européen actuel touche à l’absurde. D’un côté, les marchés financiers, pour être « rassurés », exigent l’austérité pour que toutes les sources de revenus des pays leur soient versées au travers du remboursement des dettes ; mais d’un autre côté, l’austérité empêche la croissance qui seule peut générer les recettes fiscales permettant de rembourser les dettes… Les plans européens continuent à fabriquer des surendettés futurs pour « sauver » les surendettés présents. » (6).

Ce monsieur Lordon est un fin limier exaspéré par l’entêtement de ces banquiers et de ces milliardaires qui ne veulent rien écouter de ceux qui tentent de les sauver; le directeur lance donc l’appel insurrectionnel que voici : « Jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, seule peut le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement, nulle part, n’a le réel désir de l’attaquer. » (7).

Nous apprécions à sa juste valeur la franchise du professeur. Ce n’est pas tous les jours qu’un directeur du CNRS appelle à l’insurrection généralisée. Mais nous regrettons que l’auteur n’aille pas jusqu’au bout de son labeur puisque en conclusion il propose ceci : « Sur ces ruines fumantes – tout rebâtir ». Monsieur Lordon ne semble pas avoir compris que c’est le projet de construction capitaliste qui est fautif. Le capitalisme version améliorée ne peut être que la copie conforme du capitalisme version détériorée. C’est « built in » comme disent les anglais, ce système est ainsi fait.

Le capitalisme sans la recherche du profit maximum et l’accaparement de la plus value ce n’est plus du capitalisme. Si un magnat de la finance refuse d’appliquer cette loi et d’absorber ses concurrents, c’est lui qui sera avalé et qui se retrouvera un jour salarié de son coéquipier.

UN MILITANT ALTERMONDIALISTE UTOPISTE ET DÉSESPÉRÉ

Terminons notre tour d’horizon de penseurs qui présentent  – La crise et leurs solutions –.  M. James Petras, comme son homologue Noam Chomsky, se situe à la « gauche » du kaléidoscope politique américain. Il est donc difficile de critiquer ces  auteurs car un préjugé favorable auréole chacune de leurs humeurs. La petite bourgeoisie réformiste adore ces parangons de la refondation du système d’exploitation capitaliste teinté d’anarchisme.

L’altermondialiste Petras constate que les États-Unis dépensent des sommes faramineuses (3 200 milliards de dollars depuis 2001, dit-il) pour soi-disant éradiquer le terrorisme mené par une petite organisation nébuleuse du nom d’Al Qaïda, et le militant désespère de faire entendre raison au Pentagone et aux Présidents américains qui font fausse route et ruinent le pays selon lui.

Voici un extrait de son analyse des causes profondes des agressions américaines successives au Moyen-Orient : « Les Think tanks américains lourdement influencés par Israël, les experts et conseillers qui dépeignaient les adversaires islamistes comme étant ineptes, inefficaces et lâches, se sont totalement trompés sur le compte de la résistance afghane. » (8), et des résistances iraquienne, libanaise, somalienne et pakistanaise, pourrions-nous ajouter.

Changez de think tank et vous changerez le système politique et le système économique en place, laisse entendre le professeur Petras. Il serait beaucoup plus sage pour les riches américains (1% de la population détenant plus de 18% du PIB national selon Petras) qui ont placé Obama à la tête de leur état-major, de cesser de se comporter en impérialistes et de se métamorphoser en gentils coopérants aidant ces peuples farouchement anti-Yankees à se développer économiquement et « démocratiquement », redorant ainsi le blason de l’empire en décrépitude (9).

Mais il suffisait d’y penser voyons. Plutôt que d’éliminer le renard furetant dans le  poulailler, il vaudrait mieux le convaincre de protéger les poules et de s’en faire des amies plutôt que des proies pour sa survie. Bonne chance dans ce projet de conversion pacifiste, monsieur Petras. D’ailleurs, le Pentagone est déjà convaincu du bien fondé de l’argumentation de monsieur Petras. À preuve, le chef d’État-major inter armées des USA a déjà expliqué qu’il massacrait les populations d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan, du Yémen, du Soudan, de Somalie et de Libye pour leur bien, afin de leur apporter la « démocratie occidentale » et de libérer les femmes musulmanes de leur voile et de l’oppression grâce à de nombreuses  bombes à fragmentation et à l’uranium appauvri. Il est déjà installé au milieu des poulaillers irakien, afghan, pakistanais, soudanais, somalien et libyen, votre renard généreux et désintéressé, monsieur Petras.

Mais ce qui désespère au plus haut point ce diplômé de Berkeley, c’est que son segment de classe petit-bourgeois est en voie de paupérisation. Depuis 2001, des milliers d’emplois aux salaires moyens sont disparus, gémit-il. Qui défendra le système capitaliste de la vindicte populaire, se lamente le militant de « gauche », si la petite bourgeoisie appauvrie ne joue plus son rôle de chien de garde opportuniste de la dictature des riches ? Alors, vous les riches, pourquoi ne pas laisser une petite part de vos énormes bénéfices à la classe moyenne qui pourra vous rendre de grands services « Le Grand Soir » venu? Vous vous rappellerez que madame George a lancé ce cri d’alarme et fait cette suggestion précédemment. Malheureusement, n’y comptez pas, chers militants  altermondialistes, car l’impérialisme c’est le profit maximum et la guerre optimum.

RENVERSER LE SYSTÈME – LES CONDITIONS

Pour que survienne le renversement de ce système économique, politique et idéologique désuet, un certain nombre de conditions objectives et subjectives doivent être rassemblées dans un pays ou un groupe de pays donné. La première condition objective c’est la généralisation de la crise économique très difficilement surmontable pour la grande bourgeoisie qui abandonne alors la petite bourgeoisie (classe moyenne) à son sort, la laissant amère et rancunière. La seconde condition objective suppose que cette crise économique entraîne une crise politique où la classe dirigeante, celle qui contrôle le pouvoir d’État et détient le monopole de la violence légale, ne parvient plus à concilier les intérêts divergents de ses différentes factions, ce qui entraîne des conflits et des tensions intestines sérieuses et l’impossibilité pour elle de gouverner. Alors l’anarchie se répandrait dans toute la société et la petite bourgeoisie aigrie ne parviendrait plus à jouer son rôle de chien de garde du système malgré ses efforts pour répandre ses pis aller et ses solutions bidon (la crise du rehaussement du plafond de la dette étatsunienne a failli entraîner une telle conjoncture en mai-juin 2011). Ce sera probablement pour la prochaine.

Les conditions subjectives portent sur le niveau de conscience de la classe révolutionnaire qui doit avoir atteint le stade de la conscience économique en soi et de la conscience politique pour soi, c’est-à-dire le niveau où la classe révolutionnaire (souvenez-vous de la Révolution française et de la Constituante) pose la question de la prise du pouvoir d’État et du renversement total du système économique et politique puis idéologique en place.

Cette dernière condition subjective requiert qu’une organisation révolutionnaire fondée sur une théorie révolutionnaire puisse prendre la direction du mouvement de révolte spontanée et le dirige consciemment vers la prise du pouvoir d’État. Hors de ces conditions tout mouvement de révolte populaire n’est qu’une révolte éphémère sur le front des revendications économiques qui, tôt ou tard, sera désorientée et éradiquée dans le sang (ce que Madame Hillary Clinton, soutenue par les opportunistes de gauche et les intégristes de droite, a réussi dans la plupart des révoltes arabes qui tentent présentement de retrouver un second souffle, le bon souffle cette fois), de même dans les révoltes anti-austérité dans les pays occidentaux.

Tous les efforts des collaborateurs opportunistes et intégristes des régimes capitalistes et néo-colonialistes infiltrés dans les mouvements de révolte populaire spontanés ne visent qu’à empêcher l’éclosion de ces conditions objectives et subjectives afin de donner un chance supplémentaire pour que ce système pourri survive et perdure par delà le bien et le mal.

Robert Bibeau
Lire d’autres articles de Robert Bibeau ici
Notes :
(1) Susan George. Leurs crises, nos solutions.   http://www.pressegauche.org/spip.php?article7970
(2) Susan George. Crise après crisehttp://www.youtube.com/watch?v=cS4tyRNWRw4
(3) http://www.jean-luc-melenchon.fr/
(4) Les bourses européennes rechutenthttp://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/330783/les-bourses-europeennes-rechutent-lourdement?utm_source=infolettre-2011-09-06&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
(5) Robert Bibeau. Comprendre la crise économique. http://www.centpapiers.com/comprendre-la-crise-economique-et-financiere-2/56027
(6) Frédéric Lordon.  Le commencement de la finhttp://www.m-pep.org/spip.php?article2343
(7) Frédéric Lordon.  Le commencement de la finhttp://www.m-pep.org/spip.php?article2343
(8) James Petras. Les multi milliards de la chasse aux terroristes et l’évaporation de la classe moyenne. http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=25574
(9)  James Petras. La classe laborieuse en Europe et aux USA. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26362

Obama refuse de grâcier Troye Davis

Désormais, l'ombre d'un certain président nord-américains, prix Nobel de la Paix (???), projètera sur le monde entier celle d'un certain citoyen nommé Troye Davis, torturé (4h à attendre dans les sangles du fauteuil de la mort) et assassiné lâchement par la cour suprême des États-unis. Il y a des bénédictions ultimes qui tuent à petits feux les faux dieux de l'humanité.
A. Chenet


Troy Anthony Davis (9 octobre 1968 - 21 septembre 2011)
  

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jeudi 22 septembre 2011

"The wandering who" de Gilad Atzmon

Arracher le voile de la civilité israélienne (Counterpunch)

Par William A. COOK



Dans son livre "The wandering who ?", Gilad Atzmon fait une plongée saisissante dans le fonctionnement de l’organisation créée par le mouvement sioniste ; il dévoile ce qui se cache derrière son apparente civilité, son apparente amitié pour les USA et la sollicitude qu’il manifeste aux puissances occidentales - l’Angleterre, le Canada, l’Australie, la France et l’Allemagne - à savoir un assassin prêt à tuer tous ceux qui s’opposent à ses objectifs tribaux. En février dernier, Atzmon a dit que l’Islam et le Judaïsme étaient deux systèmes de croyances à orientation tribale dont le but n’était pas le "développement personnel" mais bien plutôt "la survie de la famille au sens large". Ces systèmes de croyances n’ont rien à voir avec les libertés ou les droits individuels ; Ils ont pour but d’assurer le maintien de leurs "modes de vie" respectifs. Mais à la différence du tribalisme islamique, le tribalisme dans le Judaïsme "ne peut jamais vivre en harmonie avec l’humanisme et l’universalisme". "Les deux systèmes religieux fournissent des réponses pour tout ce qui concerne la spiritualité, la vie civile, la culture et la vie quotidienne." De sorte que ".... l’Islam et le Judaïsme sont plus qu’une simple religion : ils véhiculent tout un ’mode de vie’ et prétendent apporter des solutions exhaustives aux problèmes existentiels...."

"The wandering who" relate le parcours d’un homme né à Jérusalem, élevé dans le "mode de vie" juif farci des mythes de la fondation de l’état hébreu ; "La suprématie était distillée dans nos coeurs, nous regardions le monde à travers des lorgnettes racistes et chauvines. Et ça nous ne nous gênait pas du tout." Il a fait son service militaire dans les années 1980 et a donc servi au Liban et, à la fin de son adolescence, il a eu une révélation due en grande partie au fait qu’il écoutait avec attention les voix qui venaient de l’autre côté du mur du ghetto c’est à dire de l’extérieur de l’état d’Israël. Cette révélation l’a conduit à faire une distinction entre identité et identifier, entre autonomie et soumission servile à une idéologie, une distinction entre les Juifs qui sont des personnes, le Judaïsme qui est une religion et la judaïcité qui est une idéologie à l’origine de politiques identitaires et du discours politique correspondant.
Et donc qu’est-ce qui caractérise un Juif ? Atzmon distingue entre ceux qui suivent la religion juive ; ceux qui se considèrent comme des êtres humains qui se trouvent être d’origine juive ; et ceux qui mettent leur appartenance à la communauté juive au dessus de toute autre considération. Chaim Weizman, le premier président israélien qui était sioniste, considérait que la judaïcité était "la qualité principale" et passait avant la citoyenneté, la profession, le fait d’être chef de famille ; selon lui "le fait d’être Juif était la clé et la caractéristique fondamentale de la personne." Vladimir Jabotinsky a écrit : "...le noyau de sa structure spirituelle demeurera toujours juif, parce que son sang, son corps, son type racial physique sont juifs" (“A Letter on Autonomy,” 1904). C’est ce principe identitaire que Atzmon considère comme toxique non seulement pour le Judaïsme mais pour la sécurité et la sauvegarde du peuple juif, de ses amis et de ses voisins. "... c’est sans doute à ce moment-là que j’ai renoncé à être Elu et que je suis devenu une personne ordinaire." "Pour moi être juif c’est avant tout combattre l’injustice et lutter pour la justice dans le monde, et cela signifie être respectueux des autres peuples quelles que soient leurs nationalités ou leurs religions et à l’écoute de ceux qui souffrent où qu’ils se trouvent et quels qu’ils soient" (“On Jewish Identity,” 1/15/2011).

Il est significatif que Atzmon se tourne vers la légende du Juif errant pour explorer la complexité inhérente aux contradictions du Judaïsme dans le monde d’aujourd’hui : le tribalisme contre l’universalisme, le fait d’appartenir au peuple élu qui s’oppose à l’égalité démocratique, le fait d’appartenir à une nation qui ne respecte pas les lois à la différence des pays qui les respectent, le fait que le gouvernement soit contrôlé par l’idéologie sioniste au lieu d’écouter la voix des citoyens et une moralité tribale fabriquée pour les besoins de la cause qui se heurte aux droits naturels et inaliénables de tous.

La valeur symbolique de la légende originelle réside dans le fait qu’elle met en relief l’idée de "la différence", le concept unique de "peuple élu," qui, en séparant les Juifs du reste de l’humanité, a engendré un isolement psychologique et idéologique qui est devenu un outil stratégique dans les mains des Sionistes et des néo-conservateurs pour manipuler le peuple juif et la création de l’état juif. La "qualité principale" de la judaïcité telle que décrite par Jabotinsky et Weizmann, empêche l’assimilation et force ainsi les Juifs à demeurer éternellement des étrangers où qu’ils soient. Ils ne peuvent s’identifier personnellement qu’à la tribu, à travers un engagement total et absolu à leur judaïté, et c’est cela qui rend possible l’utilisation des Juifs du monde entier comme "sayanims" (assistants) au service des objectifs de l’état juif. "Le sayan est quelqu’un qui est prêt à trahir le pays dont il est citoyen par amour pour ses frères de clan."

Il y a des milliers de sayanim dans le monde. Rien qu’à Londres, il y en a environ 2000 qui sont actifs et 5000 autres sur la liste. Ils remplissent différentes missions ; un sayan... qui tient une agence de location de voitures, peut aider le Mossad a louer une voiture sans avoir à remplir les documents habituels... un sayan banquier peut vous procurer l’argent dont vous avez besoin au milieu de la nuit, un sayan médecin peut soigner une blessure par balle sans en avertir la police... L’idée est d’avoir une réservoir de personnes prêtes à rendre les services nécessaires en gardant ça pour elles par loyauté à la cause.

"Aux yeux des sionistes, la Judaïcité est un réseau d’opération international... être un Juif est un engagement profond qui va bien au-delà d’un ordre moral ou légal". Atzmon met en lumière l’existence d’une organisation opérationnelle contrôlée par l’idéologie sioniste et les sayanim néo-conservateurs aux USA qui a associé les intérêts israéliens à ceux des USA grâce à un rapport appelé : Guide pour la planification de la Défense des USA (USA Defense Planning Guidance Report) pour les années fiscales 1994-1999. "Au Moyen-Orient et dans le Golfe Persique, nous cherchons à instaurer la stabilité régionale, empêcher les agressions contre nos amis et nos intérêts dans cette région, protéger les ressortissants et les biens étasuniens et protéger notre accès aux eaux et espaces aériens internationaux et au pétrole de la région. Les USA s’engagent à assurer la sécurité d’Israël et à maintenir l’équilibre qualitatif nécessaire à la sécurité d’Israël." Cette stratégie manipulatrice "a transformé le mode de fonctionnement tribal juif en un système de fonctionnement collectif." Elle a aussi transformé "les armées étasuniennes et anglaises en forces de mission sionistes" quand Israël et les Néo-Cons ont manipulé les gouvernements étasuniens et anglais pour qu’ils attaquent les ennemis d’Israël en Irak tout en imposant des sanctions à la Syrie et en justifiant l’occupation et l’oppression des Palestiniens et la consternante destruction du Liban en 2006 et de Gaza en 2008-2009.

Atzmon met en lumière l’âme profonde -ou plus exactement la perte de l’âme- de l’état israélien à mesure qu’il est passé du sionisme primitif à un mélange politiquement astucieux de Judaïsme ancestral et d’objectifs laïques. On peut dire que cet amalgame est le petit-fils maudit du professeur Leo Strauss qui a été l’enseignant de Paul Wolfowitz et des Neo-Cons qui se regroupaient aux pieds de son autel du déterminisme — Richard Perle (ancien président du Defense Policy Board), William Kristol (rédacteur en chef du Weekly Standard), Gary Schmitt (président directeur du Project for the New American Century), Stephen Campone (sous secrétaire de Defense for Intelligence sous Rumsfeld), Abram Shulsky (un ami de Perle et le chef de l’unité spéciale des services secrets de Rumsfeld qu’on appelle parfois la “Specious Planning Unit”), Dick Cheney et Donald Rumsfeld qui sont liés par PNAC (Project for the New American Century)— tous des "leaders" qui croient en une sorte de déterminisme de la vie humaine selon lequel les élites seraient nées pour commander et la vaste majorité serait née pour leur obéir.

J’avais moi même dénoncé la montée en puissance de ces croyances dans un article de 2003 "Insanité morale : la Cabale qui corrompt," et je présentais en deux paragraphes les conséquences de cette doctrine néfaste.

Puisque Strauss a enseigné que le déterminisme mettait naturellement "la minorité éclairée" en position de diriger "la multitude bornée", puisque la vertu est déterminée par l’élite dirigeante, puisque la moralité n’existe pas, puisque la justice est seulement l’intérêt du plus fort, puisque le pouvoir de la minorité éclairée est absolu, autoritaire et ne peut être remis en question, puisque la religion est "le ciment qui tient la société ensemble", utiliser la religion à des fins politiques, mentir, tricher, dissimuler et intimider sont un bien nécessaire pour atteindre les objectifs recherchés par le gouvernement. La manipulation des "masses bornées" devient une fin en soi et la distorsion des mots et des concepts devient la méthode de manipulation...
Seul des adeptes de Strauss pouvaient avoir l’arrogance de décider d’une politique nationale et internationale concernant 300 millions de personnes qu’ils ne représentaient absolument pas. Deux ans plus tard, un an après le 9 septembre, le rapport mentionné plus haut a pris le nom de “Rapport stratégique pour la sécurité nationale des USA” (The National Security Strategy Report of the United States of America), un document qui détaille le projet national et international des USA pour la période du second mandat de Bush. Inutile de dire que peu d’Etasuniens ont eu connaissance des détails de ce rapport avant qu’il ne soit mis en oeuvre — ni le citoyen moyen, ni son représentant au Congrès ou au Sénat. Cependant c’est nous qui payons pour les plans que ces hommes ont élaborés, c’est nous qui sommes victimes de la censure mondiale qui accompagne leur mise en oeuvre et c’est nous qui subissons les restrictions des libertés civiles imposées par ce régime sous le nom de "mesures de sécurité".
L’analyse d’Atzmon révèle les stratégies utilisées par les Sionistes pour contrôler les populations : "Des politiciens marginaux essaient de ’faire honte’ en public à leurs frères et soeurs assimilés. L’objectif est double. D’abord cela envoie le message clair que la vraie intégration est impossible... Deuxièmement, cela pousse la personne assimilée à la collaboration avec son clan d’origine. ’Vous n’échapperez jamais à qui vous êtes, alors il faut mieux en être fier’". Mais cela ne s’arrête pas là. Les lobbys sionistes disent aux Juifs assimilés : "Vous n’échapperez jamais à qui vous êtes, alors pourquoi ne pas en être fiers et travailler pour nous ?" De fait cette proposition même entre en conflit avec la moralité en ce sens qu’elle force les Juifs américains à faire passer leur "qualité principale" de Judaïté avant la loyauté à leur nation. "D’abord ils sont Juifs et ensuite seulement humanistes."

Le Sionisme, comme le remarque Atzmon, a utilisé "la séparation" juive et l’insécurité qu’elle engendre dans ses relations avec le genre humain pour les contraindre à l’obéissance et à l’engagement. Cette tactique a été caractéristique du pouvoir sioniste depuis la période du Mandat britannique. Dans mon livre "the Introduction to The Plight of the Palestinians" (l’introduction au calvaire des Palestiniens), j’ai donné des preuves de cette coercition relevées dans des document classifiés de la police du Mandat britannique, particulièrement le Serment à la Hagana par lequel on faisait allégeance au haut commandement sioniste :

Le Serment à la Hagana, va plus loin que la peur. En fait, il dit que l’individu remet sa conscience au Haut Commandement et accepte que le bien et le mal soient déterminés par cette autorité indépendamment de la loi locale, étatique ou internationale, et même indépendamment des valeurs morales et traditionnelles du Judaïsme. Cet engagement est pour toujours, jusqu’à la mort.

A partir du moment où un individu a fait ce serment, il s’engage dans une vie de secret et partant de déloyauté et de trahison envers ceux avec qui il partage sa vie quotidienne. Ni ses actions et sa vraie identité ne sont connues de ceux qu’il côtoie régulièrement. C’est une vie de mensonges, de tricheries, de coercition, d’extorsion et d’obéissance à un groupe qui lui dicte ses faits et gestes ; il n’y a plus de liberté, plus d’autonomie, plus de loyauté envers les autres, et même l’amitié envers autrui devient difficile voire impossible ; il devient le serviteur du groupe, un véritable esclave soumis à leurs désirs et leur volonté. L’objectif d’un tel contrôle des individus est de les rendre capables d’espionner, de trahir leurs amis, de mettre à l’index ceux de leur propre communauté qui pensent différemment, d’emprisonner des gens sans procès, de torturer, et même de procéder à des exécutions extra-judiciaires. C’est un engagement total à une cause supérieure à toutes les autres, conçue et dictée par une oligarchie discrète qui n’est soumise à aucune institution et à personne.
Atzmon développe sa thèse selon laquelle les Sionistes s’efforcent de tirer profit du séparatisme juif en entretenant le mythe de la persécution perpétuelle des Juifs comme preuve de la nécessité de soutenir le projet israélien qui les maintient dans un ghetto virtuel et qui engendre une sorte de syndrome de stress pré-traumatique dérivant de la narrative grandiloquente de victimisation israélienne consécutive à l’Holocauste ; être rejeté à la mer, effacé de la carte, délégitimé, sont autant d’aspects de la catastrophe imminente qui menace l’état juif.

De telles interprétations confrontent les Juifs de la Diaspora au sens de la promesse et de l’accomplissement du rêve sioniste, le retour à Sion. "En faisant le lien entre Eretz Israel et la Diaspora, le Colon remplace la ’négation de la Diaspora’ par une ’négation des goyim’ (un retour à la condition juive avant le Sionisme)". Cela rend impossible l’assimilation des juifs et cela les ramène à la spécificité tribale, assortie d’intérêts politiques et mondiaux. En même temps, "Cela laisse les Juifs de la Diaspora dans le vide : ils ne peuvent pas s’intégrer à leur environnement social et ils ne vivent pas dans un état juif". Le rejet de l’appel sioniste est considéré comme un acte de trahison, une sorte de haine de soi. Malheureusement, mais en accord avec les symboles véhiculés par la légende du Juif errant, "....cela souligne la nature judéo-centrée, raciste et expansionniste de l’état juif. ...Et les Juifs de la Diaspora se retrouvent étroitement associés à une idéologie fanatique, ethnocentrique et à une liste infinie de crimes contre l’humanité."

L’Election contient en elle-même sa propre justification. Les Elus croient que tout ce que dit le livre qui leur confère ce statut unique est forcément vrai. Puisque les mots utilisés ne sont pas les leurs mais ceux de leur D..U, ils ne sont pas soumis aux limitations du langage. Les Elus trouvent leur identité en eux-mêmes, mais dans le cadre de leur groupe pas dans celui de l’humanité toute entière. Atzmon note que le sens religieux de l’Election contient le fardeau moral "d’être un modèle exemplaire de comportement éthique," mais dans la vision sioniste cela "s’est réduit à un chauvinisme des liens du sang, brutal et ethnocentrique" ... une sorte de "suprématie tribale dans laquelle ’aime-toi autant que tu détestes les autres’ est devenu la réalité concrète." Par conséquence, "cette forme de suprématie est au coeur de la revendication sioniste de la Palestine au mépris de ses habitants ancestraux." La justice ne rentre pas en ligne de compte.

Peut-être que la corruption la plus perverse imposée au peuple juif et à leur religion par les Sionistes qui ont pris le contrôle du nouvel état israélien, a été la manipulation de l’Holocauste pour en faire tout à la fois une religion et une industrie. Norman Finkelstein décrit la création de l’industrie et Atzmon avec l’aide du Professeur Yeshayahu Leibowitz, un philosophe de l’Université Hébraïque né en Lettonie et de Adi Ophir, un philosophe israélien professeur adjoint à l’Institut Cohn d’histoire et de philosophie des sciences et des idées de l’Université de Tel Aviv, étudient le déroulement et les conséquences de la transformation de l’Holocauste en une religion. Leibowitz, selon Uri Avnery (19.3.05, “Remember What ? Remember How ?"), a écrit : "la religion juive est morte il y a 200 ans. Maintenant il n’y a plus rien pour unifier les Juifs du monde entier sauf l’Holocauste." Atzmon suggère que Lebowitz a été le premier à se rendre compte que l’Holocauste était devenu une religion avec ses prêtres, ses prophètes, ses commandements et ses dogmes, ses rites et ses temples.

La religion de l’Holocauste est, de toute évidence, judéo-centrée jusqu’à la moelle. Elle définit la raison d’être (en Français dans le texte, ndt) des Juifs. Pour les Juifs sionistes, elle signifie que la Diaspora est un problème et que les Goyim (non-juifs ndt) sont des assassins potentiels irrationnels. Cette nouvelle religion juive prêche la vengeance. C’est peut-être la plus sinistre religion de tous les temps car, au nom des souffrances des Juifs, elle donne le droit de tuer, d’écraser, de bombarder, d’annihiler, de piller, de faire du nettoyage ethnique. Elle e fait de la vengeance une valeur occidentale acceptable.

Mais revenons à la légende du Juif Errant. En 1848, Nathaniel Hawthorne a écrit "La collection du virtuose" un récit exotique qui décrit toutes les choses étranges et fantastiques décrites dans les légendes que le virtuose a rassemblées dans son Musée.*

Hawthorne utilise la légende du Juif errant pour capturer le mystère d’un comportement qui hante les écrivains depuis des siècles et qui continue de confondre les savants qui cherchent une explication aux actions apparemment dénuées de "sympathie naturelle", des actions qui dénotent une totale insensibilité à la souffrance humaine, qu’elle soit émotionnelle ou physique, à l’angoisse, à la perte d’un être cher, d’un enfant, d’un fils ou d’une fille, d’un père ou d’une mère, des actions perpétrées sans raison apparente qui n’engendrent aucun remords et qui dénotent un manque complet de compassion. La légende peint un homme qui, témoin des souffrances d’un innocent - bien qu’il n’ait commis aucune faute, le Christ porte sa croix par compassion pour ses frères et soeurs, en sacrifice d’expiation - se moque de cet innocent en lui enjoignant "d’avancer plus vite" car le Juif Errant "est lié aux réalités de cette terre ... à ce que je peux voir, toucher, comprendre et je n’en demande pas plus." Rien ne peut l’empêcher de traverser la vie sans s’arrêter, en se saisissant de tout ce que le monde peut offrir, à n’importe quel prix et sans se soucier des autres. "Son âme est morte en lui" affirme Hawthorne, il n’a aucune sympathie naturelle pour ses congénères.
Hawthorne s’est colleté avec l’image d’une âme perdue, coupée des racines qui relient à une conception de l’humanité où chacun est un frère ou une soeur pour l’autre ; où les religions qui aident les êtres humains sur terre enseignent que l’amour et la compassion sont des forces vitales fondamentales qui unissent les hommes et donnent un sens à tout ; où le pardon et la bonté permettent de guérir et de faire progresser le bien commun ; où l’île qu’est cette planète unit l’espèce humaine par des liens éternels d’interdépendance pour que nos enfants aient un avenir ; c’est la source de notre humanité ; elle émane d’une âme qui étreint tout, et c’est l’expérience universelle de ceux qui endurent les souffrances et les peines de cette vie qui serait insupportable sans les fontaines d’amour qui répandent la joie sur le monde. C’est une conception qui demande à tous de tout partager pour que nous puissions tous survivre en dépit des ravages du temps et des circonstances. C’est l’essence de toutes les religions qui croient vraiment en l’humanité et qui constatent la précarité de la vie. En conséquence ceux qui essaient de détruire cette unité d’esprit qui nous lie tous ensemble par intérêt personnel, pour accumuler les biens matériels qu’on peut amasser en ce monde, sont détestables.

L’image du Juif Errant est celle d’une personne qui abandonne les siens par intérêt personnel, qui renonce à l’amour humain et à la compassion pour s’approprier à n’importe quel prix les biens de ce monde, la fortune, la situation, le pouvoir même s’il doit détruire et tuer pour cela car finalement lui seul existe et il a tous les moyens de parvenir à ses fins. Aucun être humain n’est indispensable et donc par définition ils sont tous inférieurs à l’homme libéré des contraintes morales et spirituelles.
Le Juif Errant est donc une autre métaphore de l’histoire de Caïn qui a assassiné son frère, acte pour lequel Dieu Tout Puissant l’a maudit et condamné à errer sur la terre comme un fugitif.... Le Juif Errant, comme Caïn est chacun d’entre nous." (William A. Cook, “The Eternal Jew Goes on Forever,” 8/24/2009).

Gilad Atzmon nous aide à comprendre comment cela s’applique de nos jours ; il est notre Hawthorne qui voyage à travers notre époque pour mettre en lumière des actions que nient, pour ne pas dire défient, l’unité de l’humanité pour le profit de quelques uns. Il propose une explication critique dévastatrice de la Judaïté telle qu’elle a été manipulée pour contrôler le peuple juif et imposer la volonté des dictateurs sionistes israéliens et étasuniens au peuple américain à travers le contrôle du Congrès des USA. Il dévoile dans les détails l’arrogance, le mensonge et l’hypocrisie des dirigeants, nous dit pourquoi ils sont si obsédés par le terrorisme et la force, et nous révèle au passage leur trahison et le vide de leurs discours dans toute leur horreur.

Il considère que Hawthorne dans sa description du Virtuose, du Juif Errant, a capturé avec justesse l’état d’esprit de ceux qui influencent dans un sens amoral et entaché de déterminisme les décisions de l’ONU et des USA , "... il y avait une amertume indéfinissable dans sa voix, comme s’il était dénué de sympathies naturelles, et l’objet d’une malédiction dont aucun autre être humain n’avait souffert avant lui et qui lui avait ôté toute humanité. Cependant... il semblait qu’une des pires conséquences de cette malédiction était que la victime ne considérait plus cela comme une calamité, mais avait fini par penser que c’était la meilleure chose qui pouvait lui arriver."

Cet état d’esprit ne permet pas de ressentir du remords parce que la sécurité tribale tient lieu de conscience individuelle ; la tribu seule décide de ce qui est bien : l’individualisme, les droits naturels, l’autonomie, la responsabilité personnelle démocratique n’existent plus. Cet état d’esprit qui se greffe sur une concentration tribale des pouvoirs au niveau mondial, n’entend plus qu’une seule voix, la sienne. Il nie la démocratie et pourtant se donne le nom de démocratie ; il parle d’universalisme et ne protège que lui-même ; il parle de fraternité aux nations qui respectent les lois tandis que lui ne respecte que la sienne ; il se présente comme une nation pénétrée de la morale d’antan mais met en oeuvre des politiques d’apartheid.

Celui qui ne défendrait pas cet état d’esprit se perdrait lui-même et perdrait la Judaïté qui lui donne son identité. C’est en fait une torture auto-infligée ; une identité incroyablement forte fabriquée à partir de vieux contes qui ont octroyé à des gens ordinaires une supériorité sur les autres qui doivent de ce fait être dénigrés et même détruits. C’est une caractéristique tribale, la protection du groupe à tous prix, l’alternative étant de se perdre dans la multitude avec qui il faut vivre. Cela pouvait se comprendre dans l’ancien temps mais ce n’est plus possible dans un monde où 192 nations se sont alliées sur la base de l’égalité, du respect et de la dignité humaine.

Pour rester fidèles à leur idéologie, ils doivent refuser l’égalité et l’équité ainsi que la justice et la liberté pour tous. Etant donné le pouvoir qu’ils ont et l’argent qu’ils utilisent pour contrôler le Congrès étasunien, le parlement britannique et des instances comparables au Canada, en Australie, en France et en Allemagne, comme Atzmon le démontre, le fait qu’une petite élite contrôle les politiques internationales est une menace pour la sécurité internationale et pour la paix.

Le Juif du 21ième siècle qu’il est, parcourt le monde, comme Jérémie en son temps, pour annoncer la catastrophe imminente qui se profile derrière le masque de civilité de l’état hébreu. Le monde rencontre cette nation dans les halls de l’ONU par l’intermédiaire de ses représentants impeccablement habillés qui parlent bien et même avec éloquence des droits, de la démocratie, de la justice, de l’auto-défense et du terrorisme qui menace le monde civilisé. Mais derrière le masque de civilité il y a un pays dont les agressifs leaders fascistes ont comme seul but de contrôler les organisations érigées pour apporter la justice et l’équité à tous. Leur objectif est de gagner du temps pour parvenir à leurs fins : la création de Eretz Israël par le nettoyage ethnique continuel du peuple autochtone. Gilad Atzmon, craint qu’ils n’y parviennent et il s’oppose de toutes ses forces aux Sionistes qui soutiennent cette politique. Dans son livre "The Wandering Who" il proclame son propre choix ; nous sommes Un, un en esprit, un dans la compassion, un dans le respect et la dignité de toute l’humanité.

William A. Cook


William A. Cook est professeur d’anglais à l’Université de La Verne au sud de la Californie et auteur de Tracking Deception : Bush Mid-East Policy, The Rape of Palestine, The Chronicles of Nefaria, et The Plight of the Palestinians publié l’année dernière.


Note : "A Virtuoso’s Collection" est la dernière histoire du livre "Mosses from an Old Manse" de Nathaniel Hawthorne. Il a été publié pour la première fois dans le Boston Miscellany of Literature and Fashion, I (Mai 1842). Le conte répertorie un certain nombre de figures historiques et mythiques, des objets, des animaux, des livres, etc. qui font partie de la collection d’un musée. Le narrateur est conduit à travers la collection par le virtuose lui-même qui se révèle être le Juif Errant.


Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/2011/09/16/tearing-the-veil-from...


Source: Le Grand Soir
Traduction : Dominique Muselet