samedi 21 mai 2011

Vers une révolution mondiale?

 « Ce n’est pas un indice de (bonne) santé que d’être bien adapté à une société malade »
En ce vendredi 20 mai 2011, le mouvement de contestation majeur en Espagne vient de passer un cap au niveau mondial.

x51dx.jpg
Photo DR / Madrid ce vendredi
Pour tous les militants que nous sommes, il est difficile de ne pas jubiler devant tant d’effervescence. Sans explication, le mouvement s’est propagé à une vitesse incroyable à l’ensemble des pays du monde. Ce soir, ce n’est plus seulement l’Espagne mais aussi les USA, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Portugal, le Japon, la Suède, la Grande Bretagne, le Cambodge, Roumanie, Ecosse, Colombie… en bref, le monde entier est touché !
Sur la carte suivante (voir en ligne), on peut constater l’étendue de la mobilisation (412 rassemblements pour la plupart reconduits) qui va entièrement dans le même sens, un nouveau système mondial basé sur plus de solidarité.
campementsmonde.png
En France, des rassemblements se sont produit dans une dizaine de villes parmi lesquelles Paris, Grenoble, Toulouse, Nice, Montpellier, Rennes, Nancy. On a compté 300 personnes à Paris, 150 à Grenoble et 150 à Toulouse, les chiffres des autres villes ne sont pas connus. Les 3 rassemblements sont reconduits comme dans la plupart des autres villes mondiales. A Paris, des commissions ont été montées et devraient rapidement se mettre en contact avec les espagnols mobilisés, les « indignés ». Le site internet « REELLE DEMOCRATIE MAINTENANT » tente de reccueillir et diffuser les informations du mouvement en France. Centralisation des information aussi sur TWITTER à l’adresse suivante : cliquez.

249312_218662314829698_218389384856991_802946_5631047_n.jpg
Photo DR / Rassemblement à Paris ce vendredi soir

243039_1868794892300_1613921906_1812041_6978212_o-300x225.jpg
Photo DR / Rassemblement à Paris ce vendredi soir
Qu’en est-il en Espagne ? Le mouvement se poursuit, dans la plupart des grandes villes, des dizaines de milliers de manifestants occupent les grandes places en continue. A Barcelone par exemple, Daniel, un contact sur place parle de 10 000 personnes en permanence. La journée de samedi s’annonce particulièrement tendue sachant que les rassemblements ont été interdits. « Demain nous appelons à une grande concentration durant la « journée de réflexion » ce qui est totalement interdit, il y a donc un risque d’expulsion. » nous explique Daniel.
Ci dessous, la déclaration des manifestants qui occupent Barcelone :

DECLARATION DE PRINCIPES
Qui sommes nous au campement de Barcelone?
Nous sommes des personnes venues librement et de forme volontaire : après la manifestation du 15 mai, nous avons décidé de rester ensemble et d’être toujours plus nombreux dans la combat pour la dignité. Nous ne représentons aucun parti politique ni aucune association, et ne sommes représentés par personne.
Nous partageons la même inquiétude des vies précaires, des inégalités, mais ce qui nous unis avant tout, c’est une volonté de changement. Nous sommes réunis parce que nous voulons une société nouvelle qui donne priorité à la vie par-dessus les intérêts économiques et politiques. Nous avons le sentiment d’être piétinés par l’économie capitaliste, et d’être exclus du système politique actuel qui ne nous représente pas, Nous faisons le pari pour une transformation profonde de la société, et avant tout, que la société elle-même soit protagoniste de ce changement.
Ils nous croyaient endormis, qu’ils pouvaient continuer à réduire nos droits sans manifester d’opposition. Ils se trompaient : nous nous sommes engagés, pacifiquement mais avec détermination, pour une vie que nous méritons tous.
Nous avons appris du Caire, d’Islande, de Madrid..
Il est l’heure d’étendre le combat et prendre la parole.


Sans nul doute que les rassemblements vont encore s’accroitre dans le monde ce samedi. Allons nous vers une révolution mondiale ?!
Raphaël Rezvanpour




Manifeste de « Democracia Real Ya !

Nous sommes des per­son­nes cou­ran­tes et ordi­nai­res. Nous sommes comme toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour tra­vailler ou pour cher­cher un boulot, des gens qui ont famille et amis. Des gens qui tra­vaillent dur tous les jours pour vivre et donner un futur meilleur à celles et ceux qui les entou­rent.
Parmi nous, cer­tain-e-s se consi­dè­rent plus pro­gres­sis­tes, d’autres plus conser­va­teurs. Quelques un-e-s croyants, d’autres pas du tout. Quelques un-e-s ont des idéo­lo­gies très défi­nies, d’autres se consi­dè­rent apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous très préoc­cupé-e-s et indi­gné-es par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale autour de nous. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, entre­pre­neurs, ban­quiers, ... . Par le manque de défense des hommes et femmes de la rue.
Cette situa­tion nous fait du mal quo­ti­dien­ne­ment ; mais, tous ensem­ble, nous pou­vons la ren­ver­ser. Le moment est venu de nous mettre au tra­vail, le moment de bâtir entre tous une société meilleure. Dans ce but, nous sou­te­nons fer­me­ment les affir­ma­tions sui­van­tes :
    •    L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.
    •    des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation, au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse.
    •    Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de l’humanité.
    •    La démocratie part du peuple, par conséquent le gouvernement doit appartenir au peuple. Cependant, dans ce pays, la plupart de la classe politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens grâce à des voies directes de démocratie et aussi, procurant le plus de bienfait possible à la majorité de la société, et pas celle de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par les sigles inamovibles du PPSOE [1]

    •    La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns crée inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même, enrichissant une minorité et le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au malaise.
    •    La volonté et le but du système est l’accumulation d’argent, tout en la plaçant au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs malheureux.
    •    Nous, citoyens, faisons parti de l’engrenage d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui ne connait même pas nos besoins. Nous sommes anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons bouger le monde.
    •    Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une abstraite rentabilité économique qui ne tourne jamais à notre avantage, nous pourrons effacer les abus et les manques que nous endurons tous. Nous avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de l’Etre Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.
    •    A la vue de cela, je suis indi­gné/e
    •    Je crois que je peux le chan­ger.
    •    Je crois que je peux aider.
    •    Je sais que, tous ensem­ble, on le peut.
    •    Sors avec nous. C’est ton droit.
    



Traduction: Rebellyon.infohttp://rebellyon.info/Manifeste-du-collectif-espagnol.html



Aucun commentaire: