dimanche 23 janvier 2011

Singeries

De quels singes descendons-nous ?

Gustavo DUCH

Je vous présente ma dernière recherche en « Éthologie Comparative Journalistique » qui, comme vous allez le constater, apporte de nouvelles données pour comprendre l’histoire de l’évolution de notre espèce Homo Sapiens. C’est une recherche en « éthologie » parce qu’elle analyse le comportement de certains êtres vivants ; elle est « comparative » parce que bien qu’on m’ait toujours enseigné que comparaison n’est pas raison, être rebelle fait du bien, et c’est une étude « journalistique » parce que j’ai fait les expériences que je rapporte confortablement assis devant les journaux et les dépêches d’agences qui me parviennent jusque sur mon bureau.

Expérience numéro 1 : on aménage trois cages contigües avec passage possible de l’une à l’autre. Dans la cage du milieu, on place une panière pleine de fruits. On laisse une des cages entièrement vide et dans la troisième, on introduit un chimpanzé de l’espèce commune, mais privé de nourriture depuis plusieurs jours et, donc, très affamé. On fait alors entrer dans la cage du milieu un autre spécimen de l’espèce chimpanzé, également affamé. On observe ce qui se passe. Après avoir échangé quelques grognements peu amènes, le second chimpanzé saisit la panière de fruits, va s’enfermer à double tour dans la cage restée vide et se boulotte la totalité des victuailles.

Expérience numéro 2 : On dispose les trois cages exactement comme dans l’expérience Nº 1, mais dans une des cages vides de nourriture, on introduit un chimpanzé pygmée ou bonobo, totalement affamé, et on fait entrer ensuite, dans la cage où se trouve le panier de fruits, un autre bonobo, également famélique. On observe la scène : le second bonobo prend le panier de fruits, le porte jusque dans la cage où se trouve son collègue et, après quelques caresses et quelques jeux amicaux, les deux bonobos se partagent les fruits. Quand ils ont la panse bien pleine, ils recommencent leurs jeux et leurs caresses.

Expérience numéro 3 : on dispose d’un océan immense et très riche en poissons de toutes espèces. À une extrémité de cet océan vit une population appauvrie qui dispose de très peu de ressources pour se sustenter. À l’autre extrémité vit une population riche, avec des chalutiers ultramodernes. La situation politique du moment permet seulement à cette dernière population de tirer profit de l’Océan à sa convenance. Qu’observe-t-on le jour de l’ouverture de la pêche ? Les chalutiers de cette deuxième population riche ramassent dans leurs chaluts tous les poissons possibles et — des fois qu’ils rencontreraient quelques pirates — ils s’équipent des systèmes de défense les plus sophistiqués. Le dernier cri en la matière étant le « canon laser longue portée pour aveugler l’ennemi ».

Les conclusions qui se dégagent de ces trois expériences sont évidentes :

1 - le chimpanzé, aussi grande que puisse être sa faim, est doué d’un égoïsme encore plus grand.

2 - Les quelques bonobos qui vivent encore en matriarcat dans la jungle du Congo pratiquent l’altruisme et savent ce que c’est que bien vivre.

3 - Les humains descendent assurément des chimpanzés.

Gustavo Duch Guillot
Galicia Hoxe
http://gustavoduch.wordpress.com/20...¿de-que-mono-desciende-el-hombre/


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