lundi 31 janvier 2011

Leurres & Révolutions

 Ce qui se passe au Maghreb, en Égypte n'est sans doute qu'un prélude, les prédateurs attendent leur heure: ces insurrections ne sont pour eux, comme naguère le furent les luttes des pays d'Amérique du Sud, qu'un terrain d'expérimentations. Devenus encombrants, les Ben Ali et autres Moubarak (membre de l'internationale socialiste!!! Comme DSK, comme Ségolène!) seront remplacés par des démocrates propres sur eux bénis par le FMI et ses technocrates lamentables. Tant que nous dépendrons du système économique en cours rien ne changera en profondeur car il est à l'origine des dérèglements mortifères de l'humanité dans son ensemble.

Toutes les causes que nous défendons ne proviennent-elles pas de là? S'attaquer au mal profond ne revient-il pas à changer radicalement de mode de vie? Se donner le luxe de se priver pour que les voisins défavorisés, jusque là ignorés, puissent vivre décemment. La solidarité ça se partage, comme le pain, comme une poignée de main, comme un poème, comme les idées et les richesses aussi. Commençons par balayer le pas de notre porte. La mondialisation? Je l'éprouve comme un leurre, une idéologie d'uniformisation et de formatage des masses. Une insurrection ne fait pas une révolution: la première n'est que le résultat d'une situation devenue intolérable tandis que la seconde, par essence, se fait dans la durée, en mobilisant au maximum la conscience citoyenne qui devrait être au centre de tout processus et de toute action politique. Le jeu de la gouvernance mondiale qui se met en place consiste à discréditer la pensée politique (laquelle n'a rien à voir avec une construction idéologique). N'oublions pas non plus que le capitalisme découle d'une idéologie (avec ses stratèges, ses décideurs et ses corps de police) et, à cet égard n'a rien à envier au stalinisme qui ne fut qu'un capitalisme d'état totalitaire. Et ce capitalisme là, il ne nous a pas trop inquiété, n'est-ce pas, lorsqu'il sévissait dans les pays arabes ou africains tenus d'une main de fer par des dictateurs aux ordres des sociétés multinationales, téléguidés par les services secrets étrangers. Vacances de rêve à Hammamet  ou à Marrakech pour un prix dérisoire qui, dans les coulisse, se monnaye en vies humaines.

La consommation débridée, synonyme de profits colossaux, à laquelle aspirent la grande majorité des peuples, révèle aujourd'hui ses limites ainsi que les risques imminents qu'elle fait encourir aux prochaines générations. Les lois du marché, tels que nous les assènent les chantres de la pensée unique, n'ont été que l'habillage d'une idéologie odieuse qui n'a eu de cesse d'écraser la beauté vivante des valeurs communes à toutes les cultures.

"Que la Terre est jolie" disait le poète Armand Robin, "Pas besoin des fleurs d'ailleurs!"


G. Hadey

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