samedi 25 septembre 2010

Big Pharma













Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique : Les plantes médicinales bientôt interdites dans L'UE



vendredi 24 septembre 2010 par NewsOfTomorrow
(Source : Gaia-health, par Heidi Stevenson, trad. NewsOfTomorrow.org, 12 sept. 2010)


C’est quasiment fait. Nous allons voir disparaître les préparations à base de plante, ainsi que la possibilité pour les herboristes de les prescrire.

L’industrie pharmaceutique, qui depuis quelques décennies tente d’éliminer toute concurrence, a presque atteint son but. Le 1 avril 2011—dans moins de huit mois—pratiquement toutes les plantes médicinales seront illégales dans l’Union Européenne. L’approche adoptée aux Etats-Unis est un peu différente, mais a le même effet dévastateur. Les gens sont devenus des réceptacles pour toutes les cochonneries que l’industrie pharmaceutique et l’agrobusiness choisit de déposer, et nous n’avons d’autre choix que de payer le prix qu’ils demandent.

L’industrie pharmaceutique et l’agrobusinesss sont presque arrivés à contrôler chaque aspect de notre santé, depuis la nourriture que nous mangeons jusqu’à la façon dont nous nous soignons quand nous sommes malades. Soyez-en sûrs : cette prise de contrôle prendra tout ce qu’il reste de notre santé.

Dès le 1er avril prochain

Dans un des pires poisson d’avril de tous les temps, la directive européenne pour les produits à base de plantes médicinales traditionnelles (THMPD) a été décrétée le 31 mars 2004.(1) Elle réglemente l’usage des produits à base de plante qui étaient auparavant librement échangés.

Cette directive demande à ce que toutes les préparations à base de plante soit soumises au même type de procédure que les médicaments. Peu importe si une plante est d’un usage courant depuis des milliers d’années. Le coût de cette procédure, estimé à 90,000 à 140,000 euros par plante, est bien au-delà de ce que la plupart des fabricants peuvent payer, et chaque plante d’un composé doit être traitée séparément.

Peu importe si une plante utilisée depuis des milliers d’années est sans danger et efficace. Elle sera considérée comme un médicament. Bien sûr, les plantes sont loin d’être des médicaments. Ce sont des préparations faites à partir de sources biologiques. Elles ne sont pas nécessairement purifiées, car cela peut modifier leur nature et leur efficacité, comme pour tout aliment. C’est une distorsion de leur nature et de la nature de l’herboriste de les prendre pour des médicaments. Cela, bien sûr, ne compte pas pour le monde pharmaceutique européen contrôlé par Big Pharma, qui a gravé le corporatisme dans le marbre de sa constitution.

Le Dr. Robert Verkerk de l’Alliance for Natural Health, International (ANH) décrit le problème qui se pose si l’on demande à ce que les préparations à base de plantes répondent aux mêmes normes de conformité que les médicaments :

Faire passer un remède classique à base de plante provenant d’une culture médicale traditionnelle non-européenne au travers du système d’autorisation de mise sur le marché de l’UE s’apparente à faire passer une cheville carrée dans un trou rond. Le système de régulation ignore les traditions spécifiques et n’est donc pas adapté. Une adaptation est requise de toute urgence si la directive est discriminatoire à l’égard des cultures non-européennes et viole par conséquent les droits de l’homme.(2)
Droit commercial

Pour mieux comprendre comment cela peut se produire, il faut savoir que les lois du commerce ont été au centre des initiatives visant à mettre tous les aspects de l’alimentation et la médecine sous le contrôle de l’industrie pharmaceutique et de l’agrobusiness.

Si vous avez suivi ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis concernant le lait cru et la Food and Drug Administration (FDA) qui déclare que les aliments se transforment par magie en médicaments quand on affirme qu’ils sont bons pour la santé, vous avez pu remarquer que la Federal Trade Commission (FTC) a pris part au processus.

Les aliments et les médecines traditionnelles sont considérés comme des questions commerciales plutôt que comme une question de droits de l’homme. Cela place les désirs des grandes corporations, plutôt que les besoins et désirs des gens, au centre des lois sur les aliments et plantes. C’est cette distorsion qui transparaît dans les déclarations outrageusement absurdes de la FDA, affirmant par exemple que les Cheerios (des céréales de petit-déjeûner) et les noix sont presque des médicaments simplement parce qu’on dit que c’est bon pour la santé.

Le but de tout cela est de sécuriser le monde pour le libre-échange des méga-corporations. Les besoins et la santé des gens ne rentrent tout simplement pas en considération.

Comment combattre cette intrusion sur notre santé et notre bien-être

Ce n’est pas chose faite, du moins, pas tout à fait. Si vous tenez aux plantes, et si vous vous souciez des vitamines et autres suppléments, agissez s’il vous plait. Même si ces questions vous semblent sans importance, pensez aux gens pour qui ça l’est. Doit-on leur interdire le droit au traitement médial et aux soins de santé de leur choix ?

L’ANH lutte activement contre ces intrusions. Ils vont actuellement devant les tribunaux pour tenter de stopper la mise en application de la THMPD. Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils réussiront, mais l’histoire récente montre qu’aucune manœuvre légale ne peut s’opposer à ce rouleau compresseur. Nous ne pouvons pas nous asseoir et attendre les résultats de leurs efforts. Nous devons voir leurs efforts comme faisant partie d’un tout, dans lequel chacun de nous joue un rôle.

C’est à nous—à chacun d’entre nous—d’agir. Si vous vivez en Europe, envoyez s’il vous plait une lettre ou un message à votre Membre du Parlement Européen. Consultez cette page pour trouver qui c’est et comment le contacter. Puis, envoyez une lettre déclarant, en termes non équivoques, que vous soutenez fortement l’action de l’ANH pour stopper la mise en application de la THMPD et que vous espérez qu’ils vont aussi prendre position pour les droits des gens et choisir les remèdes médicinaux.

Imaginez-vous devant vos enfants ou petits-enfants vous demandant pourquoi vous ne l’avez pas fait. Comment allez-vous leur dire que leur bien-être ne vous intéressait pas ? Comment allez-vous leur dire que regarder la dernière émission de télé-réalité importait plus que de consacrer quelques instants à écrire une simple lettre ?

C’est seulement en luttant activement que cette farce contre notre bien-être peut être stoppée. Si nous restons dans l’apathie, alors ça arrivera. Notre droit à protéger notre santé et celle de nos enfants est sur la balance. Si vous vous souciez du bien-être de vos enfants et petits-enfants, vous devez agir. Exprimez-vous, car maintenant, c’est le moment de vérité. Vous pouvez rester assis et ne rien faire, ou vous pouvez vous exprimer.

Et après l’avoir fait, parlez-en à toutes les personnes que vous connaissez. Dites-leur qu’il est temps d’agir. Il n’y a vraiment pas de temps à perdre.


mardi 21 septembre 2010

Le veau d’or est l’Etat

de Michel Santi


Deux ans après la période mémorable ayant vu l’effondrement de Lehman et la résurrection forcée du groupe AIG, les marchés - peu soucieux de questions existentielles ou simplement analytiques - connaissent un nouvel accès d’euphorie. Pourtant, le capitalisme est mort !
Nulle entreprise de quelque importance ne peut en effet aujourd’hui se targuer d’avoir pu traverser les tourmentes grâce à la qualité de sa gestion car le marché libre - je veux dire celui où tout un chacun assumerait les conséquences de ses actes - est devenu un instrument quasi préhistorique. La valorisation d’une société n’est ainsi pas tant calculée de nos jours en fonction de sa capacité d’endettement (elle même reflet de sa santé financière) que de la capacité d’accès de cette même entreprise aux fonds de l’Etat... En fait, nous vivons dans un monde où l’Etat fait preuve d’un acharnement obsessionnel à maintenir les grandes entreprises en vie par crainte de réactions d’un marché qui serait susceptible de déstabiliser toute l’économie s’il décrétait d’exprimer son mécontentement ! Ce monstre ayant constamment besoin d’être nourri, seule la caste des actionnaires semble digne d’être satisfaite : Qu’il est facile de vanter le capitalisme quand on gagne à tous les coups.

Ce spectacle déplorable de méga entreprises sauvées coûte que coûte a dénaturé la mission originelle (et noble) du capitalisme via une déresponsabilisation de ses acteurs à la faveur d’un passage du flambeau aux mains de l’Etat, c’est-à-dire aux mains de politiciens n’ayant jamais eu à naviguer dans le monde réel ! Ce faisant, les critères d’antan sont devenus désuets et ringards, les frontières du passé ont reculé, voire disparu et pour cause puisque c’est l’Etat qui prend aujourd’hui littéralement en charge les entreprises sensibles. Puisque c’est également l’Etat qui, aux Etats-Unis, soutient un marché immobilier détruit par des banquiers et des actionnaires avides. La politique monétaire des taux zéro se poursuivra à n’en point douter le temps nécessaire pour que cette caste privilégiée puisse enfin voler de ses propres ailes.

Les Empereurs de Wall Street ont atteint leur but. Quant à nous, nous sommes des dégâts collatéraux : nous étions là au mauvais moment c’est tout...


Sources:

http://www.gestionsuisse.com/

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-veau-d-or-est-l-etat-81633?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+agoravox%2FgEOF+%28AgoraVox+-+le+journal+citoyen%29

dimanche 19 septembre 2010

La grande arnaque Européenne


La mise en garde prémonitoire du Général De Gaulle:

"Ainsi commencée, la mise en oeuvre du Marché commun va donner lieu à un vaste déploiement d’activités, non seulement techniques, mais aussi diplomatiques. En effet, l’opération, indépendamment de sa très grande portée économique, se trouve enveloppée d’intentions politiques caractérisées et qui tendent à empêcher la France de disposer d’elle-même.
C’est pourquoi, tandis que la Communauté se bâtira dans les faits, je serai, à plusieurs reprises, amené à intervenir pour repousser les menaces qui pèsent sur notre cause. La première tient à l’équivoque originelle de l’institution.

Celle-ci vise-t-elle - ce qui serait déjà beaucoup ! - à l’harmonisation des intérêts pratiques des six Etats, à leur solidarité économique vis- à-vis de l’extérieur et, si possible, à leur concertation dans l’action internationale ? Ou bien est-elle destinée à réaliser la fusion totale de leurs économies et de leurs politiques respectives afin qu’ils disparaissent en une entité unique ayant son Gouvernement, son Parlement, ses lois, et qui régira à tous égards ses sujets d’origine française, allemande, italienne, hollandaise, belge ou luxembourgeoise, devenus des concitoyens au sein de la patrie artificielle qu’aura enfantée la cervelle des technocrates ?

Il va de soi que, faute de goût pour les chimères, je fais mienne la première conception. Mais la seconde porte tous les espoirs et toutes les illusions de l’école supranationale. Pour ces champions de l’intégration, l’« exécutif » européen existe déjà bel et bien : c’est la Commission de la Communauté économique, formée, il est vrai, de personnalités désignées par les six Etats, mais qui, cela fait, ne dépend d’eux à aucun égard.

A entendre le choeur de ceux qui veulent que l’Europe soit une fédération, quoique sans fédérateur, l’autorité, l’initiative, le contrôle, le budget, apanages d’un gouvernement, doivent désormais appartenir, dans l’ordre économique, à ce choeur d’experts, y compris - ce qui peut être indéfiniment extensif - au point de vue des rapports avec les pays étrangers.
Quant aux ministres « nationaux », dont on ne peut encore se passer pour l’application, il n’est que de les convoquer périodiquement à Bruxelles, où ils recevront dans le domaine de leur spécialité les instructions de la Commission.

D’autre part, les mêmes créateurs de mythes veulent faire voir dans l’Assemblée, réunissant à Strasbourg des députés et des sénateurs délégués par les Chambres des pays membres, un « Parlement européen », lequel n’a, sans doute, aucun pouvoir effectif, mais qui donne à « l’exécutif » de Bruxelles une apparence de responsabilité démocratique. (…)

A quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ? A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l’Europe devrait faire et ce qu’ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ? Pour les Six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain communs, alors que leur origine, leur situation, leur ambition, sont très différentes ?"

Charles de Gaulle - "Mémoires d’espoir", 1970.
Source : ARC REPUBLICAIN DE PROGRES.


URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/EUROPE-La-mise-en-garde-premonitoire-du-General-De-Gaulle.html

samedi 11 septembre 2010

Message de Fidel Castro

Nous vivons un moment exceptionnel dans l’histoire de l’humanité.

Ces jours-ci marquent la fin du délai fixé par le Conseil de sécurité des Nations Unies à l’Iran pour qu’il se plie aux exigences édictées par les États-Unis au sujet de sa recherche nucléaire et de son enrichissement de l’uranium à des fins médicales et de production d’électricité.

La seule chose qu’on a pu prouver à ce sujet.

La crainte que l’Iran cherche à produire des armes nucléaires n’est rien d’autre qu’une supposition.

À propos de ce problème délicat, les États-Unis et leurs alliés occidentaux, dont deux des cinq puissances nucléaires ayant droit de veto, la France et le Royaume-Uni, appuyés par les puissances capitalistes les plus riches et les plus développées du monde, ont fomenté toujours plus de sanctions contre l’Iran, un riche pays pétrolier de religion musulmane. Les mesures adoptées aujourd’hui comprennent l’inspection de ses cargos et de très dures sanctions économiques qui conduisent à l’étranglement de son économie.

J’ai suivi de près les graves dangers que renferme cette situation, car, si un conflit éclatait dans cette zone, la guerre deviendrait rapidement nucléaire et aurait des conséquences meurtrières pour le reste de la planète.

En signalant ces dangers, je ne cherchais pas à me faire de la publicité ni à faire sensation. Je cherchais simplement à alerter l’opinion mondiale dans l’espoir qu’une fois mise sur ses gardes devant un tel danger, elle puisse contribuer à l’éviter.

Nous sommes du moins parvenu à attirer l’attention de l’opinion mondiale sur un problème que les grands médias ne mentionnaient même pas.

Ceci m’oblige à utiliser une partie du temps que je voulais consacrer au lancement de ce livre, à la publication duquel nous avons travaillé d’arrache-pied. Je ne voulais pas qu’il coïncide avec le 7 ou le 9 septembre. La première date marquait les quatre-vingt-dix jours fixés par le Conseil de sécurité pour savoir si l’Iran acceptait ou non l’inspection de ses cargos. La deuxième signalait la fin des trois mois de délai indiqués dans la Résolution du 9 juin, ce qui était peut-être l’intention du Conseil de sécurité.

Nous n’avons eu droit pour l’instant qu’à une déclaration insolite du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le Japonais Yukiya Amano, un homme des Yankees, qui a jeté de l’huile sur le feu, puis, en bon Ponce Pilate, s’est lavé les mains.

Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangère commente cette déclaration avec tout le mépris qu’elle mérite. Selon une dépêche de l’agence EFE, son affirmation que « "nos amis ne doivent pas s’inquiéter, car nous ne croyons pas que la région soit en conditions de vivre de nouvelles équipées militaires" et que "l’Iran est absolument préparé à répondre à toute invasion militaire" est une référence évidente au dirigeant cubain Fidel Castro "qui a mis en garde contre la possibilité d’une attaque nucléaire israélienne avec l’appui des États-Unis". »

Les nouvelles sur ce point se succèdent et se mêlent à d’autres aux répercussions notables.

Le journaliste Jeffrey Goldberg, de la revue The Atlantic, que notre public connaît déjà, publie des parties du long entretien qu’il a eu avec moi, dont il a programmé différents autres points intéressants avant un long article.

Il écrit :

« Bien des choses étranges sont survenues durant mon récent séjour à La Havane […], mais l’une des plus inhabituelles a été la capacité de Fidel Castro à s’examiner soi-même […], mais que Castro ait été disposé à admettre qu’il avait commis une erreur à un moment crucial de la crise des Fusées à Cuba semblait vraiment surprenant… qu’il se repentait d’avoir demandé à Khrouchtchev de lancer des missiles atomiques sur les États-Unis. »

C’est vrai qu’il a abordé ce point et qu’il m’a posé la question. Il écrit textuellement dans la première partie de son reportage :

« Je lui ai demandé : "À un moment donné, il semblait logique que vous recommandiez aux Soviétiques de bombarder les États-Unis. Ce que vous leur avez recommandé vous semble logique maintenant." Fidel a répondu : "Après avoir vu ce que j’ai vu, et avoir su ce que je sais maintenant, ça ne valait vraiment pas la peine." »

Je lui avais bien expliqué le contenu du message [écrit à Khrouchtchev] : Si les USA envahissaient Cuba, où se trouvaient alors des armes atomiques soviétiques, l’URSS ne devrait jamais en de telles circonstances s’exposer à recevoir la première frappe comme ce fut le cas le 22 juin 1941 quand l’armée allemande et toutes les forces européennes l’attaquèrent.

Comme on peut le constater dans la deuxième partie de l’article de l’auteur, le lecteur ne pourra jamais savoir ce que je lui ai dit : « Si les USA envahissaient Cuba, où se trouvaient alors des armes atomiques soviétiques. » C’est uniquement dans ce cas que j’avais recommandé d’empêcher l’ennemi de frapper le premier. Ni saisir l’ironie mordante de ma réponse : « …après avoir su ce que je sais maintenant… », qui est une allusion évidente à la trahison commise par un président russe qui, bourré d’alcool, livra aux USA les plus importants secrets militaires de son pays.

Plus loin dans son article, Goldberg écrit : « Je lui ai demandé s’il croyait que le modèle cubain était quelque chose qu’il valait encore la peine d’exporter. » Il est évident que la question enserrait implicitement la théorie que Cuba exportait la Révolution. Je lui réponds : « Le modèle cubain ne fonctionne même plus pour nous. » Je le lui ai dit sans amertume ni préoccupation. Je me divertis maintenant de constater qu’il a interprété ça au pied de la lettre et, comme il le dit, qu’il a consulté Julia Sweig, analyse du Centre des relations extérieures qui l’accompagnait, puis qu’il a élaboré la théorie qu’il a exposée. Le fait est que ma réponse signifiait exactement le contraire de ce que les deux journalistes étasuniens ont interprété au sujet du modèle cubain.

Je pense, et tout le monde le sait, que le système capitaliste ne sert plus ni aux USA ni au monde qu’il mène de crise en crise, des crises toujours plus graves, mondiales et répétées dont il ne peut réchapper. Comment un système pareil pourrait-il servir à un pays socialiste comme Cuba ?

De nombreux amis arabes, apprenant que j’avais rencontré Goldberg, se sont inquiétés et m’ont fait savoir qu’ils le considéraient comme « le plus grand défenseur du sionisme ».

Tout ceci prouve la grande confusion qui règne dans le monde. J’espère donc que ce que je vais leur dire de ma pensée sera utile.

Mes idées sont contenues dans 333 Réflexions – quel hasard ! – dont les vingt-six dernières sont consacrées exclusivement aux problèmes de l’environnement et au danger imminent d’une conflagration nucléaire.

Je dois ajouter maintenant brièvement.

J’ai toujours condamné l’Holocauste. Je l’ai dit très clairement dans les Réflexions : « Le discours d’Obama au Caire », « Le coup de griffe en suspens » et « L’avis d’un expert ».

Je n’ai jamais été l’ennemi du peuple hébreu, dont j’admire la capacité de résister durant deux mille ans à la dispersion et aux persécutions. Nombre des talents les plus brillants, dont Karl Marx et Albert Einstein, étaient juifs, parce que c’est une nation où les plus intelligents survivaient par loi naturelle. Ils ont été persécutés et calomniés dans notre pays et dans le monde.

Mais ce n’est là qu’une petite part des idées que je défends. Ils n’ont pas été les seuls à avoir été persécutés et calomniés pour leurs croyances. Les musulmans ont été, durant bien plus de douze siècles, attaqués et persécutés par les chrétiens européens à cause de leurs croyances, tout comme l’avaient été les premiers chrétiens dans l’antique Rome avant que le christianisme ne devienne la religion officielle de l’Empire. Il faut accepter et rappeler l’Histoire telle qu’elle est, avec ses réalités tragiques et ses guerres féroces. Voilà ce dont j’ai parlé et voilà pourquoi j’explique avec juste raison les dangers que court aujourd’hui l’humanité, maintenant que les guerres sont devenues le plus gros risque de suicide pour notre fragile espèce.

Si on ajoute à ce risque une guerre contre l’Iran, même de type classique, mieux vaudrait alors pour les États-Unis de mettre la clef sous le paillasson. Comment pourraient-ils résister à une guerre contre un milliard et demi de musulmans ?

Défendre la paix, pour un vrai révolutionnaire, ne signifie pas renoncer aux principes de justice sans lesquels la vie humaine et la société perdraient leur sens.

Je continue de croire que Goldberg est un grand journaliste, capable d’exposer ses points de vue d’une manière attrayante et contrôlée qui invitent au débat. Il n’invente pas de phrases : il les transfère et les interprète.

Je ne dirai rien de la teneur de bien d’autres moments de notre conversation. Je ne révélerai pas les thèmes que nous avons abordés, tout en attendant avec intérêt le long article promis.

Les nouvelles qui ne cessent d’arriver à torrent de partout m’obligent à conclure cette présentation sur ces mots dont les germes sont contenus dans le livre La contre-offensive stratégique que je viens de présenter.

J’estime que tous les peuples ont le droit à la paix et à la jouissance des biens et des ressources naturelles de la planète. Ce qui se passe dans bien des parties d’Afrique est une honte : des millions d’enfants, de femmes et d’hommes réduits à l’état de squelettes faute d’aliments, d’eau et de médicaments. Les vues qui nous arrivent du Moyen-Orient sont effarantes : les Palestiniens privés de leurs terres, leurs maisons démolies par de monstrueuses machines ; des hommes, des femmes et des enfants bombardés au phosphore blanc et par d’autres moyens d’extermination. Les scènes provenant d’Afghanistan et d’Iraq sont dantesques : des familles entières exterminées dans les villages sous les bombes que larguent des avions sans pilotes ; des Iraquiens mourant après des années de guerre ; plus d’un million de vies sacrifiées dans ce conflit imposé par un président étasunien…

On aurait pu s’attendre à tout, sauf à ce que des gitans français soient expulsés à cause de la cruauté de l’extrême droite qui a déjà porté à sept mille les victimes de cette autre espèce d’holocauste racial. Il va donc de soi que les Français protestent énergiquement, surtout que, simultanément, les millionnaires limitent leurs droits à la retraite et réduisent les possibilités d’emplois.

On apprend des États-Unis qu’un pasteur de l’État de la Floride prétend brûler dans son temple le livre sacré du Coran. Même les chefs militaires yankees et européens en missions de guerre punitives se sont affolés devant un geste qu’ils jugeaient dangereux pour leurs soldats.

Walter Martínez, l’animateur prestigieux du programme Dossier de Venezolana de Televisión était sidéré devant tant d’insanité.

On a appris hier, jeudi 9, dans la soirée, que le pasteur avait renoncé. Il vaudrait la peine de savoir ce que lui ont dit les agents du FBI qui lui ont rendu visite « pour le convaincre ». Un show médiatique incroyable, un chaos : typiques d’un Empire en perdition.

Je vous remercie de m’avoir écouté


Fidel Castro, Le 10 septembre 2010