vendredi 27 novembre 2009

Le goût du gouffre

En ces temps de crise, corruption institutionnalisée et de n'importe quoi, un peu de recentrage ne peut pas nuire à la clarté d'esprit!

Je lis trop d'articles fustigeant à tout va la création ex-nihilo d'énormes masse "d'argent". Les auteurs restent dans le vague, agitant le drapeau noir de l'hyper inflation. Et personne ne fait le moindre effort pour contextualiser le monstre (de papier)...

Alors voici quelques réflexions sorties de mon chapeau d'ex économiste distinguée (oups). Ce n'est pas la création monétaire en soi qui pose problème. Au contraire, en période de déflation où la masse monétaire générée par le crédit fond comme neige au soleil, apporter de l'huile dans les engrenages aurait dû amortir la crise économique bien réelle, elle. C'est la façon dont cet "argent" créé a été généré puis mis en circuit qui est LE problème, ce n'est pas en revenant à un étalon or ou autre qu'on résorbera la crise, non et non et non. La seule et unique source originelle des crises cycliques propres au système capitaliste sont toutes dues au paradigme de base : l'accumulation d'un maximum de profit comme seul et unique but général de l'ensemble des activités économiques. Pas un seul système ne peut survivre si son fonctionnement complexe par nature se trouve polarisé par un seul et unique facteur, penser qu'une telle chose est possible est totalement absurde et stupide. Hélas, c'est ce simplisme qui en a fait sa force, puisant son énergie dans cet immense réservoir que constituent nos pulsions instinctives générées par de multiples frustrations, blessures et carences affectives et ainsi de suite. Puis ces millions de décisions individuelles aveugles aux conséquences à moyen et long terme s'amalgament et forment des courants puissants et potentiellement incroyablement destructeurs.
Un grand visionnaire , il y a déjà un siècle, avait parfaitement compris ce mécanisme et l'a admirablement décrit : Ivan Illich, dont les écrits ont inspirés d'autres penseurs hors normes, dont David Bohm. Et cela Frances Moore Lappé l'a très bien compris, son travail, un travail de pionnier bien trop solitaire dans la jungle actuelle du pré-pensé, mérite qu'on s'y intéresse de toute urgence : ce sont nos croyances amalgamées qui génèrent notre réalité, nous sommes tous co-responsables de notre sort! Et cela les indiens kogi l'ont compris depuis quelques siècles déjà! C'est une de mes intuitions depuis des années que chaque grande culture a son propre génie, un domaine où elle excelle et que nous sommes tous complémentaires, nous avons tous besoin de coopérer, d'apprendre les uns des autres, ce qui n'est possible que dans le respect et l'humilité, deux caractéristiques complètement absentes dans la culture occidentale d'inspiration anglo-saxonne, qui domine aujourd'hui, surtout caractérisée par son absolu totalitarisme intellectuel et une arrogance démesurée.

Pour en revenir à la création d'argent actuelle (cette foutue planche à billets, ce qui n'est pas exact techniquement), si cet argent était distribué sans taux d'intérêt aux secteurs de l'économie les plus exsangues (infrastructures, formation, service, agriculture bio, projets verts, etc), l'effet serait réellement bénéfique. Hors cet argent part sur le compte des banques qui chargent un intérêt à l'état pour l'argent qu'elles reçoivent gratuitement! C'est un comble) et de plus cet argent est prêté au compte-goutte à des taux élevés, le gros allant alimenter une nouvelle bulle spéculative. Nous nageons dans l'absurde, pas étonnant que la crise devienne peu à peu abyssale...

Laurence D.

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