dimanche 28 juin 2009

Le plan secret de vaccination contre la grippe porcine de Sarkozy

par F. William Engdahl

Mondialisation.ca, Le 4 juin 2009



Selon un article sur des fuites dans un journal français, le gouvernement français est en train de mettre au point des plans secrets, pour imposer à l'ensemble de la population française une campagne de vaccination obligatoire, prétendument contre l’éventuelle maladie de grippe porcine. Ce plan, sans précédent, va même à l’encontre des recommandations des avis de la santé publique. Les géants pharmaceutiques bénéficient de cette mesure, tandis que la grippe porcine pousse la tendance à la militarisation de la santé publique et au recours inutile à la panique dans la population pour faire avancer l'ordre du jour.

Selon un article de l'édition du 30 mai du quotidien français Le Journal du Dimanche, le régime Sarkozy a autorisé une dépense d'environ 1 milliard d’euros pour acheter des vaccins, destinés prétendument à lutter ou à protéger contre le virus H1N1 de la grippe porcine. Le seul problème, c’est que, à ce jour, ni l'OMS, ni le Center for Diseases Control (CDC) des États-Unis n’ont réussi à isoler, photographier au microscope électronique, ni à classer chimiquement le virus Influenza A H1N1. Rien de scientifique n’indique non plus que des virologistes français l'aient fait. Rendre obligatoire des médicaments contre une maladie supposée, qui n'est même pas caractérisée, est pour le moins douteux.

Encore plus étrange, il y a l'aveu de la Food & Drug Administration du régime étasunien, l’organisme chargé de la santé et la sécurité de ses citoyens, selon lequel, le « test » autorisé à sortie prématurée pour contrôler le H1N1 n'est même pas éprouvé. Plus précisément, dans tous les décès présentés à ce jour comme preuve scientifique de mort attribuable au virus H1N1 de la grippe porcine, il n'existe aucune preuve médico-légale qu’ils soient dus effectivement à ce genre de virus. Les épidémiologistes européens pensent que les décès rapportés à ce jour sont « le fruit du hasard » ou de ce qu’on dénomme infections opportunistes.

Ce que nous savons avec certitude, c'est que les gens qui sont morts ont souvent eu avant des complications respiratoires de nature non divulguée. Des gens meurent chaque jour de maladies respiratoires. Aux États-Unis seuls, quelques 36.000 décès liés à la grippe sont enregistrés chaque année, sans panique ni frayeur excessive. La plupart sont des personnes âgées ou des patients atteints de maladies pulmonaires. À ce jour, dans toute la France, 24 personnes ont été identifiées par les autorités de santé comme ayant les « symptômes » du H1N1. Il est intéressant de noter ce que citent l'OMS et le CDC comme symptômes du H1N1 : température, toux, maux de tête, écoulement nasal. Hmmmmm. Connaissez-vous quelqu'un avec les symptômes de la grippe porcine ? On notera aussi que, dans le dépouillement de plus de 15.000 cas de grippe porcine du H1N1 « confirmés » dans le monde, la grande majorité a guéri miraculeusement en trois à sept jours, tout comme dans le cas d'un mauvais rhume.

Objectif : Militariser la santé publique

Il devient de plus en plus évident qu’une arrière-pensée est derrière les vagues successives de panique de masse créées ces dernières années par la CDC, l'OMS et des organismes gouvernementaux. Nous avons été affolés de manger du bœuf quand le bétail, au Royaume-Uni et ailleurs, a développé une maladie mortelle appelée ESB ou « maladie de la vache folle. » Plus tard émergea la preuve du fait que l'ESB était la conséquence de la vaccination des vaches pour tuer des insectes inoffensifs qu’elles ont sous la peau. Plus récemment, après des rapports de cas de ce qu'on appelle la « fièvre catarrhale » chez la vache, le mouton et la chèvre en Belgique et en Hollande en 2006, les autorités vétérinaires d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche ont imposé une vaccination obligatoire ou un traitement avec des médicaments pour soi-disant protéger les animaux des morsures d'insectes prétendument porteurs de maladie habituellement inoffensives.

La vaccination des animaux des cheptels a été rendue obligatoire contre une maladie qui est en général si anodine qu’elle passe inaperçue, et qui dans de rares cas extrêmes pourrait être liée à la mort. Tous les animaux de plus de trois mois devaient être vaccinés. Les vaccins, selon un rapport de la publication suisse Aegis-Impuls de 2008, ont provoqué la mort en masse, une baisse de la natalité, une diminution de la production laitière, des crises cardiaques et d'autres graves effets. Les vaccins ont été utilisés en dépit du fait que personne apparemment n’avait certifié leur sûreté avant. Ils contenaient typiquement de l'hydroxyde d'aluminium et du Thiomersol ou mercure, en tant qu’adjuvants et/ou conservateurs, tous deux hautement toxiques et tous deux également utilisés dans la plupart des vaccins humains.

En dépit de la masse de protestations et de rapports auprès des autorités vétérinaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche, il n’a pas été tenu compte des alertes et la vaccination de masse obligatoire a continué. Il n'est guère étonnant que les agriculteurs prennent leurs tracteurs pour protester dans la rue.

Le rapport d'un plan secret du gouvernement français, visant à vacciner tous les citoyens français de plus de trois mois, plus de 100 millions de doses, est plus que préoccupant. Selon Le Journal du Dimanche, anticipant un probable retour du virus en automne, le gouvernement français va dépenser près d'un milliard d'euros pour acheter des vaccins. Les autorités annonceront en automne si elles décident de rendre le vaccin obligatoire. « Nous serons prêts à attaquer dans un délai très court, » explique la ministre de la Santé. Selon les sources, l'État veut commander 100 millions de doses vaccinales contre la grippe auprès de trois laboratoires, GlaxoSmithKline, Novartis et Sanofi. Les deux derniers sont des compagnies françaises.

Le rapport français vient juste après l’adoption par le Sénat de l'État du Massachusetts d’un projet de loi de vaccination obligatoire contre la prétendue grippe porcine du H1N1. Dans l'hôpital d'État de l'État de New York, le planning des autorités est de débattre de rendre obligatoire la vaccination annuelle contre la grippe pour tout employé de la santé publique, bien qu’il n’existe aucun vaccin approuvé contre le H1N1. De plus en plus, il commence à apparaître que la peur des pandémies d’oiseaux ou de porcs est un prétexte pour justifier les vaccins obligatoires avec des substances dont les effets secondaires néfastes sont manifestement plus grave que la grippe dont ils devraient nous prémunir.

Novavax, une compagnie pharmaceutique étasunienne de Rockville dans le Maryland, vient juste d’annoncer assez opportunément qu’elle développe un vaccin contre le H1N1, basé sur des « particules apparentées aux virus, » contenant trois protéines du virus de la grippe sans les gènes nécessaires à la réplication. Le vaccin est produit grâce à des techniques de modification génétique des organismes ou des OGM. L'annonce a été faite dans les jours où la compagnie a annoncé une perte d'exercice financier de 36 millions de dollars.

Le médicament Tamiflu, qui est officiellement recommandé par l'OMS comme traitement pour « atténuer » les symptômes d’une éventuelle grippe porcine ou Influenza A H1N1, telle qu'elle a été rebaptisée, est lui-même hautement toxique. Santé Canada a informé les Canadiens de rapports internationaux sur des hallucinations et des comportements anormaux, dont l’automutilation, chez des patients prenant le médicament antiviral Tamiflu. Dans certains cas, la mort a été le résultat, et de graves complications pulmonaires sont largement associées au Tamiflu, le médicament dont le principal bienfaiteur financier est considéré comme son plus grand actionnaire, l'ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

En 1976, aux États-Unis, le Président Gerald Ford, soucieux de remporter une élection serrée, face à une éventuelle pandémie, ordonna une vaccination de masse de la population, pour montrer aux électeurs qu'il était un Président « pratique. » La pandémie de 1976 n’arriva jamais, mais un grand nombre de gens souffrirent des graves effets neurologiques secondaires du vaccin, dont la production avait été précipitée, parmi lesquels furent signalés 25 décès du syndrome de Guillain-Barré.

La vaccination obligatoire avec des médicaments dont les effets secondaires sont inconnus, parce qu'ils n'ont pas été rigoureusement testés de façon indépendante, commença à frapper le genre humain aux États-Unis ou en Allemagne durant les années 30, lors d’expériences humaines de masse, effectuées avec des prisonniers handicapés mentaux et d’autres personnes défavorisées.

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Article original en anglais, Sarkozy’s Secret Plan for Mandatory Swine Flu Vaccination, publié le 3 juin 2009.

Traduction : Pétrus Lombard.

F. William Engdahl est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13850


vendredi 19 juin 2009

Les Indiens organisent la lutte pour leurs droits

par
Caroline Stevan


Amérique latine Jeudi18 juin 2009



La pression – agricole, industrielle ou énergétique – sur la terre menace les zones indigènes. Partout sur le continent latino-américain, la contre-attaque est en cours

Les Indiens d’Amazonie ont remporté une victoire contre Lima. Lundi, le premier ministre, Yehude Simon, a promis l’abrogation des décrets autorisant l’exploitation de leurs terres. Mardi, il a annoncé sa démission. De violents affrontements – 34 morts et 200 blessés – auront cependant été nécessaires pour infléchir le gouvernement, après des mois de mobilisation pacifiste. Si elle y est la plus spectaculaire, l’offensive indigène est loin de se cantonner au Pérou. Des marches ont récemment été organisées en Colombie, la contestation indienne a également traversé l’Equateur, le Paraguay ou le Chili. Au Brésil, la Cour suprême a validé fin mars les limites d’une réserve aborigène, boutant de ce fait les riziculteurs blancs à l’extérieur d’une zone qu’ils avaient investie illégalement.

Pression de l’agro-industrie

L’enjeu central reste celui de la terre. D’autres problématiques existent – participation politique, défense d’une identité culturelle propre ou accès à l’éducation et au marché du travail, pour ceux qui habitent en ville notamment. Elles sont toutefois secondaires. «Tous les pays d’Amérique latine ont reconnu le droit des indigènes à avoir leurs territoires, avec plus ou moins d’autonomie, mais le poids des grands propriétaires terriens et de divers lobbies fait que ces acquis ne sont guère respectés», note Bruno Clément, responsable des programmes Brésil-Bolivie et Nicaragua pour l’ONG romande E-Changer.

Prospection minière et pétrolière au Pérou, barrages hydroélectriques ou fermes de saumon au Chili, exploitation forestière au Brésil: les «réserves» indiennes regorgent de ressources et suscitent nombre de convoitises, nationales et internationales. «La pression sur la terre augmente, du fait notamment du développement de l’agro-industrie, lui-même lié à l’essor des agrocarburants», confirme Capucine Boidin, maître de conférences à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Iheal), à Paris. En réponse, les indigènes durcissent le ton.
«La lutte n’est pas nouvelle mais elle est plus politisée, précise Christian Gros, spécialiste de la région. Cela tient à la démocratisation générale du continent et au parcours même des leaders indiens, qui passent désormais par l’université.» En outre, les communautés peuvent s’appuyer sur des textes internationaux pour faire valoir leurs droits. A la convention 169 de l’Organisation internationale du travail, adoptée en 1989, a succédé en 2007 la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

«L’activisme indigène est devenu plus visible parce qu’il a l’appui de l’opinion publique internationale, soucieuse de la protection de l’environnement et de la survie de ces populations. Il bénéficie également de relais parmi les ONG, dont nous faisons partie», ajoute Sophie Baillon, porte-parole de Survival France. Si les Indiens des Andes ou d’Amazonie disposent de soutien à l’extérieur du continent, ils sont aussi davantage connectés entre eux. Un «sommet indigène» a été organisé fin mai à Puno, dans le sud-est du Pérou.

Quant au dernier forum social mondial, à Belém en janvier dernier, il avait pour thème l’Amazonie. «Il y a des liens et une volonté d’échanges de la part de ces groupes, mais la coordination reste toutefois compliquée du fait, notamment, de dizaines de langages différents, tempère Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris. Les chefs d’Etat bolivien et nicaraguayen ont par ailleurs apporté leur soutien aux Indiens du Pérou, mais cela peut être interprété comme une instrumentalisation de la question, en raison de vieux contentieux entre ces pays

Présidée par l’Aymara Evo Morales depuis janvier 2006, la Bolivie semble vouée à rester une exception. L’Etat andin s’est doté de la Constitution la plus généreuse du continent quant aux droits indigènes, mais il est le seul pays de la zone habité par une majorité d’Indiens (60% environ). Et, là encore, la lutte pour la gestion des terres crée des remous depuis de nombreux mois.

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/622b5108-5b7e-11de-93d9-be50bf0fa769%7C1

dimanche 14 juin 2009

Quand le chien du jardinier montre ses dents

BAGUA, PERÚ

Solidaridad con las Comunidades Nativas de la Amazonía Peruana/Solidarité avec les communautés natives de l’Amazonie péruvienne

Source :
http://www.tlaxcala.es/detail_artistes.asp?lg=es&reference=328 (Extraits)







par Javier Diez Canseco

Le Pérou, divisé et discriminatoire, vient à nouveau d’exploser. Alan García et son cabinet ont donné l'ordre de déloger – à feu et à sang – les autochtones qui occupaient Corral Quemado et les zones proches de la route Fernando Belaunde, déchaînant une sanglante vague de violence. Avec troupes de choc, véhicules blindés et hélicoptères, jets de lacrymogènes et tirs à balles réelles, ils ont allumé l’incendie. Celui-ci s’est rapidement propagé depuis les hameaux d’Utcubamba et Bagua Chica, jusqu'à la caserne de pompiers n° 6, où 38 policiers étaient retenus. Le bilan n’est pas précis, car les cadavres auraient être jetés dans le fleuve, mais nous savons que des dizaines d’autochtones, civils et policiers, sont morts, leurs familles les pleurent sans pouvoir récupérer leurs corps, et d’anciennes cicatrices se rouvrent.

Tel un croisé médiéval contre les infidèles, García a décidé de mettre fin à la revendication autochtone, qui, avec une grande fermeté, s’oppose à son plan de bradage de l'Amazonie découpée en parcelles au bénéfice des grandes entreprises extractrices de matières premières, au mépris des droits des communautés et de l'environnement.

Maintenant, de manière psychotique, c’est un soi-disant complot, même international, une manipulation d’indigènes ignorants. Mais García avait annoncé ses plans aux communautés et aux petits propriétaires ruraux dans « Le chien du jardinier ». En octobre 2007, il avait dit que la modernité et le progrès allaient de pair avec de gros investissements et des entreprises transnationales. L'investissement « a besoin de propriété (de la terre) sûre, mais nous nous avons fait l’erreur d’attribuer des petits lots de terrain à des familles pauvres qui n'ont pas un centime pour investir ». Il poursuivait, catégorique : « C’est de la démagogie et un mensonge de dire que ces terres ne peuvent pas être touchées parce qu'elles sont des objets sacrés et que cette organisation communale est l'organisation originaire du Pérou ». Et il soulignait : « … dans tout le Pérou (il y a) des terres en friche parce que le propriétaire n'a pas de formation ni de ressources économiques, par conséquent sa propriété n’est qu’apparente. Cette même terre vendue par grandes parcelles apporterait la technologie dont les membres des communautés profiteraient également». C’est on ne peut plus clair : la propriété des pauvres « est apparente » et inutile faute de capital. La propriété réelle, que l'État doit imposer, c’est la grande propriété.

Avec les dispositions législatives que le Congrès lui a déléguées pour « adapter la législation au Traité de libre-échange avec les USA », sans scrupules et manoeuvrier, il a cru trouver l'occasion d'imposer sa vision révélée. Il a lancé une offensive contre les communautés et l'Amazonie avec des décrets législatifs (DL) sans consultation (en violant la Convention 169 de l'OIT et d'autres) et a provoqué la réaction des peuples amazoniens. Les efforts pour aboutir par la négociation ont été vains jusqu'à ce qu'en août 2008, grâce à une grève, ils arrachent la dérogation à deux DL et la révision des autres. On assista ensuite au retour du jeu de bascule et de la tromperie. Le 9 avril une seconde grève fut décrétée. Mais là, le Congrès avait penché du côté de García et fit échouer la discussion et sur l'approbation antérieure de ses propres décisions de déroger aux DL anti-amazoniens. Entretemps, Simon ([e Premier ministre, Yehude Simon, NdT] biaisait par un « dialogue » et jouait la montre, cherchant à ignorer les leaders de l'Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne (Aidesep), et il préparait la répression.

Le gouvernement savait que beaucoup de gens de la zone étaient des anciens combattants de la guerre du Cenepa [conflit avec l’Équateur en 1995 dans le District de Cenepa, dans la province de Condorcanqui, zone frontalière,NdT], réservistes ou ronderos [membres des milices d’autodéfense communautaires nées dans les années 1970 dans le Nord du pays et instrumentalisées par le gouvernement au cours de la lutte contre le Sentier lumineux dans les années 80, NdT]. Les autochtones ont averti que dans cette lutte, il y allait de leur vie , même s’ils ne voulaient pas de violence. Mobilisés massivement, ils ont recherché plusieurs fois la voie des négociations, qui s’est avérée infructueuse. Mais García faisait pression sur le cabinet et sur Cabanillas [Mercedes Cabanillas, ministre de l'Intérieur, NdT] pour en finir avec le conflit. Ainsi est née l’opération maladroite du « jour de l'environnement » - aujourd’hui prétendue réponse à un complot - qui, avec les premiers morts, a déchaîné des colères plus grandes, des ressentiments plus profonds et une sanglante et une cruelle suite de morts et de blessés. L’exécution des policiers détenus et entravés à l’intérieur de la caserne n° 6 est condamnable et inacceptable, elle révèle qu'il y a des secteurs qui - sans direction - peuvent libérer toute sorte de démons.

Les persécutions et la décapitation de la direction des communautés autochtones, l’Aidesep, se poursuivent, ce qui va accentuer le chaos et la riposte débridée, tandis que le Président de la Cour Suprême en personne dénonce les pressions politiques sur le pouvoir judiciaire.

La situation a suscité l’appel à une Journée Nationale de Lutte le 11 juin avec divers arrêts de travail et mobilisations régionaux. Il y a urgence :

1) Le gouvernement devrait déclarer temporairement inapplicables (« vacatio legis ») les DL contestés, tandis que le Congrès traiterait les requêtes en inconstitutionnalité et de dérogations ; 2) Le Congrès devrait inscrire les thèmes à l’ordre du jour et les résoudre, sans fuir ses responsabilités ;
3) Le cabinet Simon-Cabanillas doit s’en aller et assumer sa responsabilité politique dans cette tuerie ;
4) Appeler à une investigation internationale de ce qui s'est produit, étant donné la dénonciation par Villa Stein (président de la Cour Suprême) des pressions politiques sur le pouvoir judiciaire, l'illégitimité du Congrès et de l'Exécutif ;
5) Nommer une commission de médiation : peut-être le Défenseur du Peuple, les évêques amazoniens et Salomón Lerner [professeur qui a présidé la Commission Vérité et Réconciliation, qui a enquêté sur les événements de 1980 à 2000, NdT] ;
6) Arrêter les persécutions contre les dirigeants autochtones nationaux à Lima, lever l'état d’urgence et le couvre-feu.

García, le grand responsable - qui répète sa gestion brutale de la révolte des pénitenciers de juin 1986-, doit partir. Et nous, nous devons continuer à demander une assemblée constituante qui reconnaisse un Pérou plurinational et qui défende ses ressources naturelles, parmi d'autres changements, pour le refonder.

Article publié dans La República le 08 juin 2009

Source : http://alainet.org/active/30753

Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala


lundi 8 juin 2009

Au Pérou, on massacre les indiens


UN massacre au Pérou et motus bouche cousue dans les médias occidentaux. Le pétrole fait couler le sang des indiens amazonniens
Gaza était déjà un signal fort, inadmissible, et après, à qui le tour???
André chenet



PS Pour vous rendre compte de la situation, suivez les liens.



Communiqué:
Halte au massacre des manifestants indiens dans l’Amazonie péruvienne

Nous apprenons avec horreur le bain de sang qui vient d’avoir lieu lors d’une opération aéro-terrestre de la police péruvienne contre des manifestants indigènes de l’Association Interethnique pour le Développement de l’Amazonie Péruvienne (AIDESEP), qui occupaient la route Belaunde Terri au lieu-dit « Curva del Diablo », dans le département d’Amazonas. Il y aurait plus de 30 morts, et il semble que la police cherche à dissimuler des corps. Parallèlement, nous apprenons qu’un mandat d’arrêt est lancé contre le président de l’Aidesep, Alberto Pizango.

Les indigènes manifestaient pour l’abrogation de textes législatifs pris contre leurs droits reconnus par la Convention 169 du Bureau International du Travail, en fonction de l’accord de libre-échange conclu entre les administrations précédentes du Pérou et des États-Unis.

La délégation du Parlement européen pour la Communauté andine avait à plusieurs reprises alerté le Président péruvien Alan Garcia sur les dangers pour la paix civile que faisait courir sa politique de répression des mouvements populaires, en particulier indigènes, sa criminalisation de leur représentation, et les menaces contre les organisations péruviennes de défense des Droits de l’homme comme l’APRODEH et son président Pancho Soberon.

Nous appelons le Président Garcia à interrompre toutes les opérations contre les manifestations indigènes et à inviter l’organisation des Etats Américains à venir mener une enquête indépendante sur les évènements.

Nous appelons le Président de la Commission Européenne, J.M. Barroso, les Commissaires aux Relations extérieures et au Commerce international, Mmes Ferrero Waldner et Ashton, à suspendre la « ronde » en cours de négociations commerciales avec le Pérou tant que l’affaire n’est pas éclaircie et ses causes analysées. Nous les appelons à revenir à une négociation de bloc à bloc entre l’Union européenne et la Communauté Andine subordonnant tout accord commercial au dialogue politique, notamment sur la question du respect des droits de l’homme, comme l’ont fait les Etats-Unis dans leurs relations avec la Colombie.

source : http://lipietz.net/spip.php?article2455


Massacre au Pérou 1/2

Comme je l'ai indiqué hier, il n'est pas possible de se taire lorsque des manifestants se font massacrer, et ce, où que ce soit ! Au Pérou, un président playboy fait couler le sang. Il sert ainsi, strictement, les intérêts des multinationales qui veulent s'accaparer l'Amazonie, tout en servant, en même temps la sauvagerie des riches de son pays. Tout, dans cette barbarie est inacceptable !

Je donne d'abord la parole à Cristina Castello par les deux communiqués en espagnol qu'elle m'a fait parvenir. Ensuite, vous pourrez lire deux textes pris sur deux sites différents, en français, cette fois. Soyons solidaires des victimes.

Pour l'heure, deux jours après le massacre, je n'ai rien entendu aux informations de la télévision et, hormis un texte sur le site du Point, je n'ai rien lu sur ce crime odieux dans nos journaux. Ici, on préfère faire joujou avec les élections européennes dont 60% des Français n'ont rien eu à faire ! Cela donne une idée de ce que nos médias sont devenus... Jean Dornac (http://humeursdejeandornac.blogspot.com/2009/06/massacre-au-perou-12.html)

Quand Chavez ou Correa parlent de réduire l’abime social qui sépare les élites latinas et les peuples indigènes, on les traite dédaigneusement de populistes… mais quand Alan Garcia se fait l’exécuteur des basses oeuvres des grands groupes miniers U.S. et de l’acccord de libre-échange (ALENA/NAFTA) alors là… silence géné…







¿Qué dice la "Coordinadora Nacional de Derechos Humanos"? Reacciona recién cuando hay cientos de muertos. Y apela a eufemismos monstruosos. "¿Excesos? " ¿"Excesos", como un exceso en la comida con la bebida? Basta de eufemismos. Este espanto se llama asesinato, crimen, genocidio, masacre. Hay un asesino suelto en el Perú, Alan García Pérez, ante el silencio cómplice de los gobiernos del continente. Ante el silencio cómplice de las llamadas "organizaciones de derechos humanos" ¿De qué derechos humanos hablan? Desde el corazón de la vida, pregúntese cada uno de ustedes, si esto es un "exceso". Y si es un "posible" exceso, o la evidencia del horror. ¿Qué gobierno de la América morena se hará presente ahora, en este instante, ya, para salvar una vida, para detener al asesino Alan García? Y ya sé que mis palabras me costarán el rechazo de ciertos gobiernos, No me importa: la ética es una sola; el amor a la humanidad no es más que uno; la defensa de la vida es un imperativo.

Cristina Castello
http://www.cristinacastello.com/

Voir aussi: EUROPE SOLIDAIRE SANS FRONTIÈRES
ET : MEDIAPART

dimanche 7 juin 2009

L'AMARANTE, plante sacrée



Amarante contre monsanto

Effet boomerang chez Monsanto

Aux États-Unis, cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont du être abandonnés par les agriculteurs et cinquante mille autres sont gravement menacés. Cette panique est due à une «mauvaise» herbe qui a décidé de s’opposer au géant Monsanto, connu pour être le plus grand prédateur de la Terre. Insolente, cette plante mutante prolifère et défie le Roundup, l’herbicide total à base de glyphosphate, auquel nulle «mauvaise herbe ne résiste».


Quand la nature reprend le dessus.

C’est en 2004, qu’un agriculteur de Macon, en Géorgie, ville située à environ 130 kilomètres d’Atlanta, remarqua que certaines pousses d’amarantes résistaient au Roundup dont il arrosait ses cultures de soja.


Les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe ont été ensemencés avec des graines Roundup Ready, qui comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup auquel nulle «mauvaise herbe ne résiste».


Depuis cette époque, la situation s’est aggravée et le phénomène s'est étendu à d'autres états, Caroline du Sud, et du Nord, Arkansas, Tennessee et Missouri. Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique située à Winfrith, dans le Dorset, il y aurait eu un transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Ce constat contredit les affirmations péremptoires et optimistes des défenseurs des OGM qui prétendaient et persistent à affirmer qu'une hybridation entre une plante génétiquement modifiée et une plante non-modifiée est tout simplement «impossible».

Pour le généticien britannique Brian Johnson, spécialisé dans les problèmes liés à l’agriculture : «Il suffit d’un seul croisement réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est créée, la nouvelle plante possède un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation.» Ainsi, un gène de résistance aux herbicides a, semble-t-il, donné naissance à une plante hybride issue d’un saut entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, devenue impossible à éliminer.


La seule solution est d’arracher les mauvaises herbes à la main, comme on le faisait autrefois, mais ce n’est pas toujours possible étant donné l’étendue des cultures. En outre, ces herbes, profondément enracinées sont très difficiles à arracher et 5 000 hectares ont été tout simplement abandonnés.


Nombre de cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle, d’autant que les plants OGM coûtent de plus en plus cher et la rentabilité est primordiale pour ce genre d’agriculture. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley, dans le Missouri, affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ces derniers temps, ce secteur représentait 80 % de son commerce. Aujourd’hui, les graines OGM ont disparu de son catalogue et la demande de graines traditionnelles augmente sans cesse.


Déjà, le 25 juillet 2005, The Guardian publiait un article de Paul Brown qui révélait que des gènes modifiés de céréales avaient transité vers des plantes sauvages, créant ainsi une «supergraine» résistante aux herbicides, croisement «inconcevable» par les scientifiques du ministère de l’environnement. Depuis 2008, les médias agricoles américains rapportent de plus en plus de cas de résistance et le gouvernement des États-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.

Plante diabolique ou plante sacrée


Il est amusant de constater que cette plante, «diabolique» aux yeux de l’agriculture génétique, est une plante sacrée pour les Incas. Elle fait partie des aliments les plus anciens du monde. Chaque plante produit en moyenne 12 000 graines par an, et les feuilles, plus riches en protéines que le soja, contiennent des vitamines A et C et des sels minéraux.


Ainsi ce boomerang, renvoyé par la nature sur Monsanto, non seulement neutralise ce prédateur, mais installe dans des lieux une plante qui pourra nourrir l’humanité en cas de famine. Elle supporte la plupart des climats, aussi bien les régions sèches que les zones de mousson et les hautes terres tropicales et n’a de problèmes ni avec les insectes ni avec les maladies, donc n’aura jamais besoin de produits chimiques.


Ainsi, «la marante» affronte le très puissant Monsanto, comme David s’opposa à Goliath. Et tout le monde sait comment se termina le combat, pourtant bien inégal ! Si ces phénomènes se reproduisent en quantité suffisante, ce qui semble programmé, Monsanto n’aura bientôt plus qu’à mettre la clé sous la porte. À part ses salariés, qui plaindra vraiment cette entreprise funèbre ?


Sylvie SIMON (Votre Santé)

vendredi 5 juin 2009

Agent Orange Vietnam : bienvenue Angela la rebelle

Angela Davis rejoint le « Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange et au procès de New York » (CIS)






Angela Yvonne Davis est née le 26 janvier 1944 au « Deep South », dans les bas-fonds de Birmingham, quartier surnommé « Dynamite Hill », état de l’Alabahma. C’est l’époque des grands troubles et du racisme exacerbé dans une société ségrégationniste. Ses parents sont communistes activistes. La petite Angela, élevée dans la contestation et la résistance, reçoit les influences de ses futures convictions politiques et conceptions philosophiques. A 12 ans, elle participe au boycott d’une compagnie de bus pratiquant la ségrégation.

En 1958, elle obtient une bourse pour étudier à l’ « Elisabeth Irwin High School » de New York où existe un programme d’aide aux élèves noirs du Sud pour continuer leur scolarité. Ce lycée privé est surnommé « Little Red Scholl House » à cause de sa sensibilité aux mouvements sociaux et politiques de gauche. Angela y rencontre les enfants des leaders communistes, Bettina Aptheker qui, plus tard, en 1975 écrira un livre sur elle. Angela est recrutée par les Jeunesses Communistes, « Youth Communist Group ».

Angela obtient son baccalauréat. En 1961, elle rentre à l’Université de Brandeis dans le Massachusetts où elle rencontre le philosophe Herbert Marcuse, son guide. Puis elle étudie en France de 1963 à 1964. Elle rencontre le racisme, traîne de l’empire colonial français. Elle se trouve à Biarritz quand elle apprend l’attaque à la bombe dans l’église de sa ville natale : quatre enfants qu’elle connaît personnellement sont tués. Fait divers routinier dans le Sud profond des Etats-Unis où la vie d’une personne noire ne vaut rien.

Après la Sorbonne, elle va en Allemagne à l’Université Goethe de Francfort et suit les cours de Théodore Adorno. Ces séjours à l’étranger enrichissent son expérience de vie, militantisme avec les Algériens en France et avec les jeunesses socialistes en Allemagne, et ses connaissances philosophiques marxistes.

Maintenant, Angela est forte. Elle décide de rentrer aux Etats-Unis pour mettre son savoir en pratique et mener le combat de son peuple, le peuple noir.
En 1968, doctorat en poche, Angela Davis devient enseignante à l’Université de San Diego. Elle milite à l’intérieur du parti communiste et des Black Panthers totalement immergée dans la communauté noire qui endure les rafles en permanence et l’oppression de la police raciste, lynchages, supplices et exécutions sommaires sont le quotidien. Dans ce contexte, revendiquer des droits civiques c’est risquer sa vie à chaque instant et être à l’index. Témoin de l’assassinat de trois de ses amis sur le campus, puis dénoncée comme communiste par un de ses étudiants, Angela est renvoyée par la direction de l’université, incitée par le gouverneur d’alors, Ronald Reagan. Désormais, Angela est surveillée de près par le gouvernement.

C’est dans cet environnement que se produisent les circonstances qui vont façonner le destin d’Angela Davis. On est le 7 août 1970, une prise d’otages visant à libérer George Jackson, membre des Black Panthers condamné à la prison à vie à l’âge de dix-huit ans pour un vol de 70 $ (dans une station-service, je crois), tourne mal. Quatre personnes sont abattues et trois autres sont grièvement blessées. Angela est membre du comité de soutien de George Jackson, elle est accusée par le FBI d’avoir procuré les armes qui ont permis ce coup de force. Certes, elle est noire, mais en plus elle est une femme. Angela est la troisième femme de l’Histoire à être inscrite sur la liste des personnes les plus recherchée par le FBI, la célèbre « Most Wanted List ». Mais Angela est introuvable. Durant deux mois, la panthère noire déjoue la poursuite du FBI. Pendant cette traque à travers les Etats-Unis, sa renommée se façonne, grandit, et de nombreuses pancartes fleurissent sur les murs et les portes : « Angela notre sœur, tu es la bienvenue dans cette maison ».



Angela Davis est arrêtée le 13 octobre 1970, dans un hôtel. Accusée de meurtres et de séquestrations… c’est la peine de mort.

Angela est placée en détention provisoire pendant seize mois au « Women’s Detension Center » de New York. L’opinion publique internationale se mobilise pour la supporter, John Lennon et Yoko Ono chantent la chanson « Angela », les Rolling Stones écrivent et composent pour elle « Sweet Black Angel ». Prévert lui écrit un poème. Des manifestations monstres grondent dans les capitales. A Paris, 100 000 personnes demandent sa libération avec en tête de la foule, Aragon et Sartre.

Grâce à la pression internationale, elle est acquittée de toutes les charges qui pèsent contre elle par un jury composé uniquement de blancs, au cours d’un procès hyper médiatisé qui met à jour une machination du FBI. Angela est libérée sous caution. Un monstre sacré est né, une grande figure pour la justice et l’égalité. Elle multiplie ses combats, pour la paix au Viêt Nam, pour l’égalité des femmes, contre le racisme et l’oppression.

Aujourd’hui, Angela a 62 ans, toujours rebelle. Elle lutte pour l’abolition de la peine de mort aux Etats-Unis et contre le système carcéro-industriel. Cette industrie pénitentiaire devenue une manne inépuisable pour le gouvernement et les sociétés privées qui la contrôlent. Angela donne des cours sur l’éveil de la conscience à l’université de Santa Cruz en Californie, encourage l’esprit critique face au prêt à penser.

Elle a écrit (titres traduits):

1971 : S’ils frappent à l’aube
1972 : Les bases de la défense : le coup monté
1974 : Autobiographie
1981 : Femmes, race et classe
1985 : Les violences contre les femmes et le perpétuel défi du racisme
1989 : Femmes, culture et politique
1999 : Le message féministe dans le blues
1999 : Philosophie d’Angéla Davis
2003 : Les prisons sont-elles obsolètes ?

Principaux livres sur Angéla Davis :

1972 : Regina Nadelson : Who is Angela Davis ? The biography of a revolutionary
1972: Charles Ashman: The people vs Angela Davis
1973: Reginald Major: Justice in the roud: the trial of Angela Davis
1975: Bettina Aptheker: The morning breaks
1975: Mary Timothy: The story of the trial of Angela Y. Davis

André Bouny, père adoptif d’enfants vietnamiens, préside le « Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange et au procès de New York » (CIS)