lundi 4 mai 2009

ça ira, ça ira...


En dépit des beaux jours qui reviennent, une pellicule grise de saletés nocives nous colle à la peau, en rétrécissant notre champs créatif légitime, en étouffant nos désirs de liberté partagée... La valse des informations emporte tout, jusqu’au vertige, dans son tourbillon de faits, d’analyses, de révélations, d’images, et de commentaires ad infinitum... Nous sommes au bord de l’implosion ! Le peuple, où est le peuple ? A quoi ressemble-t-il ? Beaucoup commencent à se réveiller, sous le coup de menaces de licenciements, de fermetures de leurs lieux de travail, d’arrestations abusives, de trahisons à répétitions. Auraient-ils seulement bougé autrement ? Je ne le pense pas. Les syndicats sont à la traîne, comme d’habitude, préservant leur morceau de gras. Ils n’incitent en rien à bâtir un projet de société innovant répondant aux besoins des travailleurs, sinon, ils prendraient, s’ils étaient vraiment les défenseurs des classes laborieuses, exemple sur les expériences autogestionnaires en Argentine, la réappropriation collective des richesses (Bolivie, Vénézuéla...). Non rien de tout cela, ils continuent de plus bel à "collaborer" avec le patronat et les pouvoirs en place. Quant aux partis de gauche, je n’y vois au fond qu’une triste parodie électorale sans imagination : d’ailleurs, ce sont toujours les mêmes bizarrement qui tiennent fermement les rênes, ils reproduisent, les schémas hiérarchiques qui structurent cette société en voie de pourrissement avancé. Il faut changer radicalement les méthodes, les règles, les modes d’organisations, bousculer les traditions éculées (manifs moutonnières, réunions politiques autour d’un leader...), élaborer des stratégies multidirectionnelles afin de déjouer l’appareil reppressif, et surtout redonner un élan libertaire (libérateur) au combat politique qui actuellement reste fragmenté avec des actions au coup par coup, sans portée universelle. La ministre de l'intérieur interdit le port de la cagoule dans les manifs ? Alors maquillons-nous, déguisons-nous, allons même jusqu’à nous voiler la face. Les flics chargent ? Jetons-nous à terre et ne bougeons plus. Organisons des assemblées, des comités, des fêtes. Dansons dans les rues, tous ensemble. Lançons des mots d’ordres bigarrés, débordons les lignes constitutionnelles où les luttes sont réduites à peau de chagrin. Bref, participons au démantèlement de la société capitaliste (foutons à la porte les patrons, sans préavis) dans laquelle nous avons "grandi", remettons de la poésie vivante dans la vie et fi du sérieux de circonstances qui est l’apanage des élus corrompus et des privilégiés. Un peuple renaîtra seulement dans l’action collective qui consiste à transformer le monde dans le respect du plus grand nombre. "L’insurrection qui vient" n’aboutira que si elle est portée par un projet (non un programme qui a quelque chose de définitif et de cloisonné) qui soit tout à la fois constructif, réaliste et ouvert à notre rêve incorrigible de construire un avenir qui ne dépende plus du parasitisme mortifère engendré et entretenu par l’illusion grotesque de l’économie de marché. Nous ne voulons plus de ce jeu de dupes qui ne fait qu’accroître les inégalités au-delà de toute Il s’agit essentiellement de réinventer la vie, de faire en sorte que la révolution soit une fête de la fraternité retrouvée. Et "ça ira, ça ira, les capitalistes on les aura" Utopiquement vôtre.

Gaël Hadey

1 commentaire:

Amos a dit…

L'insurrection qui vient, demain, après ou plus tard. Mais elle vient, c'est dans l'air comme la tension avant l'orage. Reste plus qu'à accueillir les ondées salvatrices qui draineront la fange de nos caniveaux...