mardi 29 décembre 2009

La haine de l'autre

"Ce que Sarkozy propose, c'est la haine de l'autre"
LE MONDE | 26.12.09 | 14h42 • Mis à jour le 26.12.09 | 15h21

Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il.

Que vous inspire le débat sur l'identité nationale ?

Je m'en suis tenu à l'écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l'approche d'une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l'islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu'historien, j'observe comment cette thématique de l'identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.

Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?

Le Front national a commencé à s'incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s'intéresser aux problèmes posés par l'intégration des populations immigrées.

On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d'exister jusqu'en 2007. Comme je l'ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d'immigrés d'origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national.

On estime généralement que c'est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national...

Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux.

Comment qualifiez-vous cette droite ?

Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.

Le chef de l'Etat a assuré qu'il s'efforçait de ne pas être "sourd aux cris du peuple". Qu'en pensez-vous ?

Pour moi, c'est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre.

La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse !

Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l'extrême droite ?

On est dans le registre de l'habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu'il exprimait son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.

Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...

Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre.

Quels sont les points de comparaison avec cette période ?

Un ministre a lui-même - c'est le retour du refoulé, c'est l'inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : "Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.") En manifestant d'ailleurs une ignorance de l'histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l'histoire allemande de l'entre-deux-guerres, c'est que ce n'était pas qu'un débat sur l'identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l'ont montré. La France n'est pas du tout dans ce schéma.

Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.

La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?

Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.

C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...

L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.

Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 27.12.09

lundi 21 décembre 2009

Chavez à Copenhague _ dDiscours sous-titré


Chavez à Copenhague 1/2 Sous-titré fr
envoyé par librepenseur007. - L'info internationale vidéo.


Copenhague, le Happy end politique…
(Niques tragicomiques de l’actualité.)

par Camille Loty Malebranche

En cette fin de semaine où Copenhague avec son sommet onusien sur le réchauffement planétaire a été au centre des baragouins médiatiques de toutes sortes, plusieurs petites perles ne manquent pas d’orner la couronne des rois histrions de l’actualité. Tout d’abord, il ne faut pas en douter, les chefs d’État sont des hommes et femmes de bien qui veulent sauver la planète. La preuve, ces braves, malgré la neige, malgré leur lourde charge, eux qui peinent si dur pour servir leurs peuples en s’enrichissant par banques et comptes interposés, peuvent bien jouer leur rôle au nom des nations qu’ils représentent magistralement en défendant les intérêts de leurs exploiteurs, leurs bourreaux, sacrificateurs autorisés de la planète pour la "croissance économique des États" !

Ainsi, la chose la plus belle qui soit arrivée à Copenhague fut la sublime prestation histrionique de nos chers représentants. Forts de l’appui de la masse informe des individus, citoyens par omission de nos pays, ils ont encore une fois chié une belle parodie d’amour de l’humanité et de la vie, leur défense bouffonne de nos droits collectifs à la vie et à un environnement sain. Et, parce que très honorables oracles qu’ils sont de nos misères, nos faiblesses et nos peurs, ils ont pu rassurer ceux de la foule incrédule, qu’ils sont nos protecteurs et qu’ils agissent et veillent à notre avenir planétaire dont le réchauffement du climat est une menace majeure en tant qu’indice de mille déséquilibres de la nature par la faute de l’homme. Ainsi, le simple individu doit se charger de couvrir et de prendre la surexploitation des ressources par les compagnies milliardaires pour la prospérité des Pdg et des grands actionnaires qui jettent leur curée aux politiciens bons orateurs de leur ordre de production et de consommation.

Nous sommes désormais dans le capitalisme écolo, la ploutocratie verte où, sous prétexte de protection de l’environnement, sans rien demander de substantiel aux compagnies pétrolières, commerciales énergivores de toutes sortes il faut demander aux individus ordinaire de diminuer le peu de ressources qu’ils consument tout en les extorquant par d’autres taxes ultérieures comme celle que l’on projette sur le carbone sans oublier celles qui sont déjà en train d’être imposées pour redresser l’économie en crise par la faute des banquiers, des financiers, des grands négociants et de leurs complices politiciens après tous les milliards durement acquis des nations qu’on a versés à ces ploutocrates pour leur jouissance privée.

Pour revenir à Copenhague, à n’en pas douter, la chose est belle, le simulacre fascinant, la scène psychédélique. Comme une eschatologie écologique collective qui ne peut que produire la rémission de tous les crimes écologiques des compagnies, vraies maîtresses des états et des politiciens, Obama (puisque lui, le roi de l’occident, l’a exigé) et ses amis ont pu trouver un accord final heureux qui doit renouveler la foi en ses délégués du plus simple individu affublé de pouvoir démocratique par les urnes, travesti de citoyenneté fictive, rêvant de souveraineté à travers « ses politicards représentants » dans un monde rendu marché aux fictions qui masquent les cauchemars !

Le « citoyen » n’est plus qu’un intervenant imaginaire et virtuel désinformé qui croit participer à son destin par la délégation de ses pouvoirs dans la société et l’État, en oubliant que délégation sans outil de contrôle effectif des délégués par les délégants, est toujours synonyme de déperdition et d’aliénation des vrais droits citoyens auxquels les tyrans substituent la mièvrerie et la faraude finauderie du spectacle des sommets politiques pour égayer les individus bernés de citoyenneté factice.

La politique ploutocratique, cette ironie de la citoyenneté asservie par le spectacle et l’information désinformante…

Copenhague est et restera à tout analyste digne de ce nom, un cinoche de niques politiques où les dirigeants du monde fors des dérangeurs du type de Chavez et de Morales, se sont payé la tête des machines anthropomorphes qui se laissent croire encore citoyens malgré tout le mensonge avéré qu’on leur fait gober et qu’ils acceptent voire légitiment au quotidien.

Et parmi les crises à foison de notre temps, disons que peut-être la plus terrible est la crise du sens, symptomatique d’une grave crise d’humanité dans un monde où les êtres déshumanisés, les choses anthropomorphes de nos cités, acquiescent par acte de foi au système délétère et mensonger, à être réduits en amas de réflexes collés à la bêtise de l’ordre économique sans recul réflexif, sans volonté d’action révolutionnaire, comme une « aboulie » autopunitive choisie par lâcheté ! Autopunition qui n’a d’autre nom que l’aliénation, cette pire crise qui soit de la liberté collective et de la citoyenneté au nom de laquelle, les individus appuient leurs prétendus élus qui, pour être leurs élus, ne sont guère choisis par eux et donc ne sauraient représenter leurs intérêts de peuple.

Devant un tel miracle de conformisme, crions vive le happy end hollywoodien de la politique-farce des sommets internationaux !


Vive la complaisance molle des peuples dont l’inertie consensuelle des intelligences et le silence des consciences soumises facilitent l’imposture et l’insulte à l’humanité !


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


mardi 15 décembre 2009

Du bon usage de l'esprit critique

La corruption a existé depuis que des groupes d'humains ont inventé l'oppression en nommant cela civilisation. Aujourd'hui les moyens techniques sont énormes, c'est la seule nouveauté.
Certains depuis la nuit des temps ont développé et transmis l'art de cultiver la paix intérieure et la sagesse. Il est beaucoup plus enrichissant, surtout en temps de crise aigue, de lire des auteurs comme Eric Julien (indiens Kogi), Jean-Marie Pelt, Fukuoka, Krishnamurti, etc, que de se polariser avec rage sur tout ce qui est noir au point de chercher le microgramme de noir chez tous les gens qui ne sont pas assez enragés.

Des élites psychopathes, ce n'est pas nouveau, c'est nouveau pour nous, occidentaux hyper gâtés qui nous bercions dans l'illusion du progrès et de la démocratie, au point d'en avoir oublié en moins d'une génération l'esprit de solidarité qui animait nos parents et d'avoir brader des acquis sociaux chèrement acquis par pure vue à court terme, égocentrisme exacerbé et un esprit critique tombé en panne ainsi qu'un sens du sacré complètement anastésié et remplacé par un florilège de dogmes divers et variés.

Si on lit avec attention l'excellent livre : "Ponérologie Politique" de Andrew M. Lobaczewski et de Ph. D., on voit qu'un leadership psychopathe n'est pas viable dans le temps, non ils ne sont ni des génies doués d'omniscience, ni tout puissants comme un enfant s'imaginerait un dieu le père terrible et omnipotent... Il existe de par le monde des millions de gens honnêtes et braves, aspirant à une vie simple et un peu de bonheur et qui sont en train de se réveiller, de prendre conscience de ce qui se passe. J'ai plusieurs exemples dans ma propre famille, c'est en soi un petit miracle auquel je n'aurais même pas cru il y a à peine 1 an!!!!!! Alors au lieu de chercher des poux dans les cheveux des autres et tirer à bout portant sur tout ceux qui prennent le risque de parler en public sans baver de rage, je trouve nettement plus constructif de se réjouir de cette immense vague en train d'émerger. Les mayas auraient-ils vu juste lorsqu'ils prédirent la fin de l'ère du pouvoir et l'émergence de l'ère de l'éthique pour 2010?

Laurence D.


Lien: http://quantumfuture.net/fr/article-lkj-ponerologie01.htm

samedi 12 décembre 2009

Lettre de Michel Onfray au président


Monsieur le Président, devenez camusien !, par Michel Onfray








LE MONDE | 24.11.09 | 14h05

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le
temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au
Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent
inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous
donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre
et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de
l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans
modèles.
De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs
: il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux :
désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de
santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses
compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la
liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes
soviétiques ou avec le maoïsme.
Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les
assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les
guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien
un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.
Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet
homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l'instituteur
qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant,
par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour
du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du
Latran : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre
le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé." Dès lors, c'est à La
Princesse de Clèves que Camus doit d'être devenu Camus, et non à la Bible.
De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation,
que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l'américanophilie la plus
ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New
York, une autre fois, torse nu dans la baie d'une station balnéaire présentée comme très
prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président
aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d'autres fois encore, notamment
celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son
Amérique.
Savez-vous qu'Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme
un antimarxiste, était aussi, et c'est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un
antiaméricain forcené, non pas qu'il n'ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent
dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l'argent roi, de la
religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l'impérialisme libéral imposé à
la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le
Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande "une vraie démocratie
populaire et ouvrière", la "destruction impitoyable des trusts", le "bonheur des plus
humbles d'entre nous" (OEuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, "La Pléiade", tome
II, p. 517) ?
Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer
souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, "désormais, quand il y a
une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit", et, en même temps, vouloir
honorer un penseur qui n'a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie
colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L'Homme
révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme
en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l'inconscient
collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises,
italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer
pour le "syndicalisme révolutionnaire" présenté comme une "pensée solaire" (t. III, p.
317).
Est-ce cet Albert Camus qui appelle à "une nouvelle révolte" libertaire (t. III, p. 322) que
vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la "forme
de la propriété" dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n'est
pas une exception, c'est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant
à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : "Le pouvoir rend fou celui qui
le détient" (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l'anarchiste, le libertaire, l'ami des
syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme
en Caligula quiconque le détient ?
De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande
pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse,
l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction
physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat,
annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment
pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien
de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de
principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.
Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un
"individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant
que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le
triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la
liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la
liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral
sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du
socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société,
Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour
les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de
liberté.
Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom
aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sanslogis
et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il
n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs,
descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du
Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés,
défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous
demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement
individualiste ?
Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de
réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine
serait sauvée, avant qu'elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un
article intitulé "La condition ouvrière" qu'il fallait faire "participer directement le
travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national" (t. III, p. 1059) ? Il faut la
paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire
du philosophe un social-démocrate...
Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle
(Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l'intelligence contre les
partisans du sang de l'armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c'était
par défaut : Albert Camus n'a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme
en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a
toujours cru - pourvu qu'elle soit morale.
Comment comprendre, sinon, qu'il écrive dans L'Express, le 4 juin 1955, que l'idée de
révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé
de soutenir le cynisme et l'opportunisme des totalitarismes du moment et qu'elle
"réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions
et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la
liberté" (t. III, p. 1020) - ce qui dans L'Homme révolté prend la forme d'une opposition
entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien... Or, doit-on le
souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n'est pas
la critique de tout le socialisme, loin s'en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous
silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute
à son aspiration à l'hégémonie d'un seul.
Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite
le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu'il aurait
probablement échangée contre celle de Lourmarin... Mais si vous voulez que nous
puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l'efficacité de
son exemplarité (n'est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra
commencer par vous.
Donnez-nous en effet l'exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le
Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que,
comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme
Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu'au
contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que,
comme Camus, vous n'entendez pas mener une politique d'ordre insoucieuse de justice et
de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l'action politique à l'amélioration des
conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des
sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la
logique du socialisme libertaire...
A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec
cette annonce d'un Camus au Panthéon, qu'à un nouveau plan de communication de vos
conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du
philosophe n'aura pas été opportuniste, autrement dit, qu'elle aura produit des effets
dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez
camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu'en agissant de la sorte vous vous
trouveriez à l'origine d'une authentique révolution qui nous dispenserait d'en souhaiter
une autre.
Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et
néanmoins libertaires.

Michel Onfray, philosophe





lundi 7 décembre 2009

Le filet se resserre


Les accusations d’un mafieux repenti fragilisent Silvio Berlusconi

Le Monde le 04/12/09

L’agenda politique, judiciaire et peut-être le sort du président du conseil italien, Silvio Berlusconi, sont suspendus à la date du vendredi 4 décembre. Ce jour-là, la cour d’appel de Palerme, transférée pour des raisons de sécurité, depuis la Sicile, dans le tribunal bunker de Turin (Piémont), entendra le témoignage du mafieux repenti Gaspare Spatuzza, dans le cadre du procès en appel du sénateur Marcello Dell’Utri. Ce dernier, collaborateur historique de M. Berlusconi, a été condamné en décembre 2004 à neuf ans de prison pour association mafieuse en première instance.

Gaspare Spatuzza, homme de main des frères Graviano à Palerme, soutient que MM. Dell’Utri et Berlusconi auraient été les interlocuteurs politiques de Cosa Nostra lors de la campagne d’attentats de 1993 dont il fut l’un des artificiers : le 14 mai 1993 à Rome (aucune victime), le 27 mai à Florence (5 morts, 48 blessés) et le 27 juillet à Milan (5 morts) et Rome (quelques blessés). Selon le repenti, les deux hommes souhaitaient créer un chaos propice à l’arrivée au pouvoir de Forza Italia, le parti qu’ils s’apprêtaient à créer, en échange de quoi la Mafia escomptait une politique plus clémente à son égard.

Après l’attentat raté du 31 octobre visant le stade olympique de Rome, Gaspare Spatuzza a témoigné que son chef, Giuseppe Graviano, lui aurait dit : "Tout est bien arrangé avec les politiques, nous avons obtenu tout ce que nous voulions." "Il m’a confirmé le nom de Berlusconi, ajoute Spatuzza dans le procès-verbal de son interrogatoire paru dans la presse. Puis il m’a également parlé d’un compatriote sicilien et m’a indiqué le nom de Dell’Utri." Ces aveux ont été qualifiés de "bombe atomique" par le président de l’Assemblée nationale, Gianfranco Fini.

Arrêté en 1997, condamné à perpétuité pour meurtres dont celui d’un prêtre, Gaspare Spatuzza fait partie de ces condamnés "passés du côté de l’Etat" en espérant un aménagement de leur peine. Pour expliquer son choix, le repenti a évoqué des "motifs religieux". En prison, il a passé six examens de théologie et, en 2007, il a envoyé une lettre au pape pour lui souhaiter un "bon anniversaire".

Ce n’est pas la première fois que M. Berlusconi et son ancien bras droit, qui se connaissent depuis le début des années 1960, sont soupçonnés de liens avec la Mafia. Une première enquête du parquet de Florence (Toscane) – classée sans suite en 1998 – n’avait pas pu apporter la preuve de ces contacts avant les élections de 1994 qui ont porté le Cavaliere au pouvoir pour la première fois. Les détails apportés par Spatuzza ont relancé les investigations du parquet.

Dans un communiqué publié dimanche 29 novembre, le président du conseil a dénoncé "l’attaque la plus incroyable et ignoble" qu’il ait subie. "S’il y a une personne qui par nature, par sensibilité, mentalité, origine, culture et action politique est très éloignée de la Mafia, c’est bien moi", a-t-il dit. "S’il existe un gouvernement qui a fait de la lutte contre la Mafia l’un de ses objectifs les plus clairs et les plus cohérents, c’est le mien", a-t-il ajouté.

"La personne la plus éloignée de la Mafia" ? Sur les conseils de M. Dell’Utri, M. Berlusconi a employé comme "palefrenier ", entre 1973 et 1975, un mafioso du nom de Vittorio Mangano afin que ce dernier, dit le Cavaliere, protège sa famille. Vittorio Mangano mourra d’un cancer en 2000, une semaine après avoir été condamné à perpétuité pour un double meurtre. La fortune rapide de M. Berlusconi a aussi suscité parfois des interrogations. Selon le journaliste Marco Travaglio, auteur de L’Odeur de l’argent (Fayard, 2001), cette fortune aurait même en partie une origine mafieuse.

C’est lors du second mandat de M. Berlusconi, en 2002, que le régime sévère de prison pour les mafieux, dit "41 bis", est devenu définitif. Le ministère de l’intérieur a indiqué que, depuis sa victoire électorale d’avril 2008, "huit mafieux étaient arrêtés chaque jour", dont 15 des 30 fugitifs les plus recherchés.

Le retour au premier plan des liens entre Mafia et politique a donné à M. Berlusconi l’occasion d’une nouvelle "sortie", samedi, contre "ceux qui donnent une mauvaise image de l’Italie" : "Si je trouve qui est l’auteur de "La pieuvre" (une série télévisée à succès) et qui a écrit des livres sur la Mafia, je jure que je l’étrangle." "De l’humour", ont précisé ses proches.

Par Philippe Ridet
Passages mis en gras par ReOpenNews


http://www.reopen911.info/News/2009/12/06/berlusconi-implique-dans-les-attentats-de-1993-en-italie/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Reopen911-News+%28ReOpen911+-+News%29

samedi 5 décembre 2009

Tarnac :

"Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires"

Article paru dans l'édition du 04.12.09 du journal Le Monde:

Extraits:

...

"S'il suffit de ne se reconnaître dans aucune des organisations politiques existantes pour être "autonome", alors il faut bien admettre que nous sommes une majorité d'autonomes dans ce pays. S'il suffit de regarder les directions syndicales comme des traîtres avérés à la classe ouvrière pour être d'"ultragauche", alors la base de la CGT est présentement composée d'une série de dangereux noyaux d'ultragauchistes."

...

"Partout dans la machine sociale, cela explose à bas bruit, et parfois à si bas bruit que cela prend la forme d'un suicide. Il n'y a pas un secteur de cette machine qui ait été épargné dans les années passées par ce genre d'explosion : agriculture, énergie, transports, école, communications, recherche, université, hôpitaux, psychiatrie. Et chacun de ces craquements ne donne, hélas, rien, sinon un surplus de dépression ou de cynisme vital - choses qui se valent bien, en fin de compte.

Comme le plus grand nombre aujourd'hui, nous sommes déchirés par le paradoxe de la situation : d'un côté, nous ne pouvons pas continuer à vivre comme cela, ni laisser le monde courir à sa perte entre les mains d'une oligarchie d'imbéciles, de l'autre, toute forme de perspective plus désirable que le désastre présent, toute idée de chemin praticable pour échapper à ce désastre se sont dérobées. Et nul ne se révolte sans perspective d'une vie meilleure, hormis quelques âmes sympathiquement désespérées."

...

"Et rien ne doit plus nous empêcher de reprendre, et plus largement sans doute, qu'auparavant, notre tâche : réélaborer une perspective capable de nous arracher à l'état d'impuissance collective qui nous frappe tous. Non pas exactement une perspective politique, non pas un programme, mais la possibilité technique, matérielle, d'un chemin praticable vers d'autres rapports au monde, vers d'autres rapports sociaux ; et ce en partant des contraintes existantes, de l'organisation effective de cette société, de ses subjectivités comme de ses infrastructures."

...

Lire l'article: ICI

Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Mathieu et Yildune sont les dix personnes mises en examen dans l'affaire dite "de Tarnac".

LIen: http://www.soutien11novembre.org/

vendredi 27 novembre 2009

Le goût du gouffre

En ces temps de crise, corruption institutionnalisée et de n'importe quoi, un peu de recentrage ne peut pas nuire à la clarté d'esprit!

Je lis trop d'articles fustigeant à tout va la création ex-nihilo d'énormes masse "d'argent". Les auteurs restent dans le vague, agitant le drapeau noir de l'hyper inflation. Et personne ne fait le moindre effort pour contextualiser le monstre (de papier)...

Alors voici quelques réflexions sorties de mon chapeau d'ex économiste distinguée (oups). Ce n'est pas la création monétaire en soi qui pose problème. Au contraire, en période de déflation où la masse monétaire générée par le crédit fond comme neige au soleil, apporter de l'huile dans les engrenages aurait dû amortir la crise économique bien réelle, elle. C'est la façon dont cet "argent" créé a été généré puis mis en circuit qui est LE problème, ce n'est pas en revenant à un étalon or ou autre qu'on résorbera la crise, non et non et non. La seule et unique source originelle des crises cycliques propres au système capitaliste sont toutes dues au paradigme de base : l'accumulation d'un maximum de profit comme seul et unique but général de l'ensemble des activités économiques. Pas un seul système ne peut survivre si son fonctionnement complexe par nature se trouve polarisé par un seul et unique facteur, penser qu'une telle chose est possible est totalement absurde et stupide. Hélas, c'est ce simplisme qui en a fait sa force, puisant son énergie dans cet immense réservoir que constituent nos pulsions instinctives générées par de multiples frustrations, blessures et carences affectives et ainsi de suite. Puis ces millions de décisions individuelles aveugles aux conséquences à moyen et long terme s'amalgament et forment des courants puissants et potentiellement incroyablement destructeurs.
Un grand visionnaire , il y a déjà un siècle, avait parfaitement compris ce mécanisme et l'a admirablement décrit : Ivan Illich, dont les écrits ont inspirés d'autres penseurs hors normes, dont David Bohm. Et cela Frances Moore Lappé l'a très bien compris, son travail, un travail de pionnier bien trop solitaire dans la jungle actuelle du pré-pensé, mérite qu'on s'y intéresse de toute urgence : ce sont nos croyances amalgamées qui génèrent notre réalité, nous sommes tous co-responsables de notre sort! Et cela les indiens kogi l'ont compris depuis quelques siècles déjà! C'est une de mes intuitions depuis des années que chaque grande culture a son propre génie, un domaine où elle excelle et que nous sommes tous complémentaires, nous avons tous besoin de coopérer, d'apprendre les uns des autres, ce qui n'est possible que dans le respect et l'humilité, deux caractéristiques complètement absentes dans la culture occidentale d'inspiration anglo-saxonne, qui domine aujourd'hui, surtout caractérisée par son absolu totalitarisme intellectuel et une arrogance démesurée.

Pour en revenir à la création d'argent actuelle (cette foutue planche à billets, ce qui n'est pas exact techniquement), si cet argent était distribué sans taux d'intérêt aux secteurs de l'économie les plus exsangues (infrastructures, formation, service, agriculture bio, projets verts, etc), l'effet serait réellement bénéfique. Hors cet argent part sur le compte des banques qui chargent un intérêt à l'état pour l'argent qu'elles reçoivent gratuitement! C'est un comble) et de plus cet argent est prêté au compte-goutte à des taux élevés, le gros allant alimenter une nouvelle bulle spéculative. Nous nageons dans l'absurde, pas étonnant que la crise devienne peu à peu abyssale...

Laurence D.

dimanche 8 novembre 2009

LIBERTE DE LA PRESSE


Info obs Le journaliste tunisien indépendant Slim Boukhdhir affirme avoir été enlevé et violenté par la police mercredi dernier. Il raconte à nouvelobs.com que son domicile est depuis ce matin encerclé par la police et qu'il n'a plus droit ni de sortir, ni de recevoir des visites.

La chasse aux journalistes continue en Tunisie. Après Taoufik Ben Brick, arrêté la semaine dernière et écroué pour agression, c'est au tour de Slim Boukhdhir, journaliste indépendant, d'être inquiété par la police.
Le journaliste a expliqué à nouvelobs.com, samedi 7 novembre, sa situation.

"Une situation grave"


Slim Boukhdhir raconte avoir été enlevé chez lui et violenté par des policiers, mercredi 28 octobre, la veille de l'arrestation de Taoufik Ben Brick. A sa sortie du poste, Slim Boukhdir dit être allé chez le médecin : fracture du nez et multiples blessures, on lui prescrit 14 jours de repos.
Depuis, sa rue est quadrillée par des policiers en civil, rapporte-t-il, qui surveillent les allées et venues aux abords de sa maison. Pendant huit jours, les personnes qui viennent lui rendre visite se font systématiquement contrôler, poursuit-il.
Aujourd'hui, la tension est montée d'un cran. Slim Boukhdhir n'a plus droit aux visites. Les policiers, "nombreux", ne laissent passer dans la rue que les résidents, et personne ne peut plus entrer chez lui. Sa femme, sortie pour faire des courses a été "harcelée" jusqu'au magasin. "Nous n'avons pas de nourriture, pas d'eau minérale, pas de pain, pas de lait" explique Slim Boukhdhir. "C'est une situation grave" ajoute-t-il, "ma fille de trois ans a vu les policiers, elle pleure tout le temps. Depuis aujourd'hui, je suis complètement isolé".

"Il faut relayer cette information"


Slim Boukhdir avait déjà été arrêté en décembre 2007 et condamné à un an de prison pour "outrage à fonctionnaire", "atteinte aux bonnes mœurs" et "refus de présenter ses papiers d’identité". Il est sorti de prison le 21 juillet 2008, et a été "interdit de voyager et de travailler dans les médias nationaux".
Son témoignage intervient dans un climat d'extrême tension, alors que Ben Ali vient d'être réélu, et que de nombreux pays européens s'inquiètent du sort des journalistes indépendants en Tunisie.
"Mercredi dernier, le pouvoir a menacé ceux qui ont critiqué la transparence des élections et l'absence de liberté de la presse" a déclaré le journaliste à nouvelobs.com. "La chose était préparée" a-t-il ajouté. "Il faut relayer cette information".

Clémence Artur (Nouvelobs.com)

Lien: http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20091107.OBS7174/tunisie__le_domicile_dun_journaliste_encercle_par_la_po.html

jeudi 5 novembre 2009

L'extrême-droite comme si vous y étiez


de Serge Portelli, magistrat et vice-président du Tribunal de Paris



Que le combat pour la démocratie passe d’abord par les mots; qu’il faille, inlassablement, mener cette lutte, dérisoire, dirait-on, pour conserver son sens au langage que nous partageons et leur réalité à ces valeurs que nous défendons: les jours sombres que nous traversons et qui nous attendent nous rappellent à ce devoir essentiel. Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots. *

Le sarkozysme n’est pas la droite classique. L’idéologie qui l’anime n’est pas celle que nous connaissions. Le discours qu’il développe n’est en rien celui que nous entendions, avec tant de variantes pourtant, de De Gaulle à Chirac, en passant par Pompidou ou Giscard d’Estaing. Le vocabulaire qu’il utilise - avec soin - n’est pas celui de la droite républicaine. Son dictionnaire ordinaire emprunte de plus en plus au langage de l’extrême droite et ce langage - qui s’impose insidieusement grâce à l’empire et l’emprise médiatique du système - nous habitue progressivement au pire.

Même si les livres d’histoire et de sciences politiques ne le présente pas ainsi, l’un des actes fondateurs de notre démocratie est, en 1981, la suppression de la peine de mort. Nous avons abandonné pour de bon l’un des derniers oripeaux de la barbarie. Dans sa course éperdue à l’électorat et aux idées lepénistes, Nicolas Sarkozy n’arrête pas de tutoyer cette peine de mort et de jouer avec cette abolition fondatrice. Dans la stratégie ordinaire du discours paradoxal, tout est dit pour nous rapprocher de l’idée que cette peine est envisageable, quitte au dernier moment à se draper vertueusement dans un discours abolitionniste auquel plus personne ne croit. L’utilisation permanente du mot “monstre” pour désigner les auteurs des crimes les plus graves fait partie de cette dérive perverse du vocabulaire. On exclut ainsi ces hommes de l’humanité ordinaire: inutile de chercher à les ramener un jour parmi nous - ce qui, au-delà de la nécessaire sanction, est la mission première de la justice -, nous sommes dans la logique de l’élimination. Dire d’un homme qu’il est un “monstre”, c’est tuer l’homme en lui.

Le traitement de la délinquance sexuelle offre à présent l’occasion d’une nouvelle et très grave dérive. Là aussi, tout commence par les mots. Il existe, parmi toutes les possibilités de traitement de cette criminalité, une option médicale à base de traitement hormonal. Un médecin, peut, dans certains cas bien précis et avec un luxe de précaution - notamment dans le respect absolu du secret médical - le prescrire avec l’accord du patient. Que le patient soit un condamné ne change rien à ces principes. Nicolas Sarkozy se bat depuis des années - bien avant d’être nommé président de la République - pour que ce traitement soit imposé de force à ceux que l’on nomme les délinquants sexuels. Il a été puissamment aidé par ces termes, employés à dessein, de “castration chimique”. Ces mots sont faux. Le traitement est évidemment réversible. Mais le mot “castration” permet de faire le lien immédiat avec la castration dans son sens propre, à savoir l’ablation physique. À la répéter inlassablement, l’idée germe insensiblement qu’une atteinte physique est possible. Et tous ceux qui, en public, essaient de rectifier cette dénomination impropre et dangereuses passent pour des puristes inconséquents. Il n’a pas fallu longtemps pour que Michel Alliot-Marie, le nouveau garde des sceaux, franchisse le pas et évoque franchement la castration physique. “Pour l’instant, reconnaît-elle, la castration physique est interdite en France, mais elle existe ailleurs. Je pense que cela mérite une analyse et qu’aujourd’hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement”. Combien de dizaines de milliers de bulletins de vote seront-ils gagnés par ces propos qui donnent la nausée? Dans ce concours d’inhumanité, quelle sera la prochaine idée qui permettrait de satisfaire nos pulsions primaires de vengeance et de mort? Non, rassurez-vous, la peine de mort n’est pas encore là. Pas tout à fait. Nous aurons droit à des dénégations indignées - mais brèves - pour tenter de gagner sur tous les tableaux. Mais l’essentiel est là: l’idée que l’on peut toucher au corps du condamné. Que l’on peut le punir dans sa chair. Qu’il doit expier physiquement. Un germe malsain de plus est déposé dans notre démocratie. Il produira ses effets plus tard, si nous ne réagissons pas vigoureusement en refusant avec la dernière vigueur toute idée de “castration”, en dénonçant le subterfuge des mots et cette noire démagogie.

Eric Besson, lui, avec le zèle touchant des ultimes convertis, tentant de faire oublier ses anciennes et virulentes dénonciations du sarkozysme, avoue sans pudeur qu’en exécution des consignes du président de la République, il cherche à récupérer les voix de l’extrême-droite. Il veut, dit-il, “la mort” du Front National. La paradoxe est que cet homme qui se disait de gauche et se dit à présent de droite, patauge dorénavant non seulement dans les idées mais les pratiques de l’extrême droite. Enfermer des enfants dans des centres de rétention, expulser des jeunes scolarisés, détruire des familles, faire vivre dans l’angoisse des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, simplement “coupables” de n’avoir pas de papiers, mobiliser en permanence et pervertir l’appareil d’Etat dans des tâches purement électoralistes, renvoyer des étrangers par charters dans des pays en guerre.... voici la réalité de cette politique nauséabonde. Utiliser la souffrance d’êtres humains pour asseoir son pouvoir aujourd’hui et le conserver demain. Dévoyer les valeurs de la République pour fortifier un clan. Mais il faut, là encore, tordre le cou aux mots pour légitimer ce combat déloyal. L’appellation de ce ministère d’ identité nationale est une honte permanente, une opération de grossière propagande qu’il nous faut dénoncer chaque jour. Sans que jamais ne s’installe le renoncement. La dernière trouvaille est d’engager un vaste débat sur ce qu’est l’identité nationale. Les préfets, qui ont pourtant d’autres chats à fouetter, vont être requis pour cette opération de campagne électorale. Il n’est d’autre réponse que de refuser catégoriquement cette dérisoire opération de marketing politique, refuser le piège de ces mots détournés.

Le plus triste est qu’Eric Besson lui-même avait, il y a si peu de temps, en janvier 2007, parfaitement analysé cette imposture qu’il met aujourd’hui en oeuvre. Son livre, “Les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy”, était, et reste, une des meilleures descriptions de ce qu’est le sarkozysme. Disséquant le nouveau nationalisme prôné par son adversaire de l’époque, il écrivait: “En fait, sous la fausse bonne idée (reprendre les voix du Front National), les propos de Nicolas Sarkozy renvoient à une période que l’on croyait révolue, celle où la droite républicaine n’était pas au clair avec l’extrême droite”.

Eric Besson veut un débat où l’on ne se paye pas de mots? Qu’il commence par s’y inviter lui-même, qu’il nous explique et nous commente ces pages lumineuses où il dénonçait un populisme inquiétant qui flatte le peuple et attise ses peurs en dérivant chaque jour un peu plus vers la droite extrême. Ou si cette image lui fait trop honte, qu’il parle réellement de ce qu’est et sera l’immigration. Qu’il parte par exemple du rapport 2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui vient d’être publié: "Lever les barrières : mobilité et développement humains". Qu’il explique à l’opinion publique que l’immigration profite non seulement au migrant, mais aussi aux pays de départ et d'accueil. Ou qu’il évoque les migrations climatiques qui vont radicalement changer la donne de tous ces problèmes. Ou qu’il parle honnêtement de sa politique en matière d’asile en expliquant que les chiffres qu’il avance pour vanter la générosité de la France ne sont pas de son fait: ils résultent de la jurisprudence des juges de cour nationale du droit d’asile. Chaque année, infirmant les décisions de l’OFPRA, ces juges courageux et consciencieux accordent, à eux seuls, plus d’asiles que l’administration!

Cessons de mêler le mot “France”, les couleurs du drapeau ou le chant d’un hymne de liberté, à ce qui fait chaque jour notre honte et notre souffrance. Si débat il doit y avoir, qu’il soit sur les valeurs de notre démocratie, sur le glissement progressif vers un Etat-limite dans lequel l’appareil d’Etat est mis au service d’une idéologie mortelle pour nos libertés.


Lien: Chronique de l'humanité ordinaire



mardi 20 octobre 2009

On nous prend pour des vaches à lait

Dans la série: "On nous prend pour des vaches à lait"
Les chiffres ci-dessous sont issus du rapport des comptes de la Sécu:

a Une partie des taxes sur le tabac, destinée à la Sécu, n'est pas reversée. 7.8 milliards
b Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu, n'est pas reversée. 3.5 milliards
c Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu, n'est pas reversée 1. 6 milliards
d La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu, n'est pas reversée 1.2 milliards
e La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée. 2.0 milliards
f Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés 2.1 milliards
g Retard de paiement par les entreprises 1.9 milliards

En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards d'euro.

Conclusion, si les responsables de la Sécu et nos gouvernants avaient fait leur boulot efficacement et surtout honnêtement,
les prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd'hui 9 milliards d'excédent.

Or Pour combler "le déficit" de la sécu, nos chers gouvernants ont trouvé que le mieux,
serait de nous faire payer (encore...)

A Dorénavant, sur une consultation médicale, nous versons 1 euro,
B Nous sommes restreints lors de nos arrêts maladie ...
C Nous devons consulter un généraliste avant de voir un spécialiste ...
D Pour tout traitement de plus de 91 euro, nous en sommes de 18 euros de notre poche,
E Taxe de 0,50c sur les boites
F etc.......

Si les pouvoirs publics étaient seulement convaincus qu'il nous faut consommer 5 fruits et légumes par jour
pour sauver notre santé et donc l'assurance maladie, ils supprimeraient la TVA sur ces produits !

Cordialement.

Evelyne DUBIN
Secrétaire Générale INDL

dimanche 11 octobre 2009

Qu’avons-nous fait de la Démocratie ?


7 octobre 2009

par Arundhati ROY

Alors que nous débattons encore pour savoir s’il y a une vie après la mort, je propose que l’on rajoute une nouvelle question à la liste : y’a-t-il une vie après la démocratie ? Si oui, de quelle vie s’agit-il ? Par « démocratie » j’entends le modèle appliqué, la démocratie occidentale libérale et ses variantes telles qu’elles existent et non pas la démocratie idéalisée ou rêvée.
Donc, y’a-t-il une vie après la démocratie ?
...

Lire la suite sur: http://www.legrandsoir.info/Qu-avons-nous-fait-de-la-Democratie.html

mardi 6 octobre 2009

Un Juif dans la foule

En plein souk Elerbaa,

Au milieu du Ksar El Mouensa,

Une foule de gens s’activait,

Entre légumes et poissons frais.

Mais contrairement à leur nature,

Quelques choses leur manquaient,

L’habituel sourire doux et distrait,

Et le bel entrain dans l’allure.

Pardi, il y avait de quoi,

Des innocents meurent à Gaza,

Un vrai carnage cette fois,

Et aucun des grands ne broncha.

Autant que moi, la foule était triste,

Une rage au corps, une rage cœur,

Un mélange de colère et de peur,

Et un grand malaise qui persiste.

Mais quand le Juif me vit de loin,

J’ai vu son visage s’épanouir,

Il prit ma main avec entrain,

Comme si j’allais partir.

Et sans lui montrer mon émotion,

Je lui ai dit calmement :

« Tu n’as rien à craindre mon ami,

Nos âmes pleurent, nos cœurs crient,

Mais au fond nous restons,

Fidèles à nos traditions,

Celles de la paix et l’amitié,

Celles de justice et d’équité ».



Lihidheb Mohsen Eco artiste

4170 Zarzis 20.02.2009

(Un Juif qui me connaissait de vue seulement)



Lihidheb mohsen
Eco-artiste
sea memory collection
4170 Zarzis Tunisia
Phone 0021698254426


www.seamemory.org

http://zarzissea.skyblog.com
www.el-khadra.net
http://boughmiga.skyblog.com
www.zarzis.info

lundi 5 octobre 2009

Contre la privatisation de la Poste


Si la poste devait tomber entre les mains de la racaille financière, et c'est ce qui est en train de se produire, nous n'aurons plus qu'à boucler nos boîtes à lettres et fermer notre bec ... Dans un même temps, exigeons la re-nationalisation des banques et qu'on nous rende les autoroutes qui nous ont été confisquées. LA POSTE, EDF, éducation nationale, Hôpitaux, Sécurité Sociale...... Même combat. Les citoyens français, je parle de ceux à qui il reste une conscience vive et lucide, vont-ils se laisser enterrer vivant, ou pour le moins asphyxier? Ne regardons-plus la télé, n'achetons plus les journaux d'une certaine grande presse aux ordres. Arrêtons d'enrichir tous ceux qui nous dépouillent!!! Cessons-en une fois pour toutes avec les luttes catégorielles. Le pouvoir, en République, appartient au peuple, et que les traîtres qui le représentent à tous les étages soient "démissionnés". La solution est dans l'autogestion, comme à Barcelone. Courage les amis, et vive le temps des cerises! André Chenet
SIGNEZ LA PÉTITION
Lien: http://www.pastouchealaposte.ras.eu.org/

Brève histoire de la Poste
La Poste, des origines à demain
par : Paul Soriano


La poste est l’une des plus anciennes activités organisées par les hommes dans le domaine de l’intermédiation, dont l’avatar le plus moderne n’est rien moins qu’Internet. En France, on a coutume de faire remonter la poste à Louis XI, voire seulement à Henri IV, mais la datation est arbitraire (elle se fonde sur l’organisation de la poste et non sur l’activité postale proprement dite).

Extrait de : "La Poste dans tous ses états"

Lien:
- http://www.irepp.com/breve-histoire-de-la-poste-article0055.html#top

mardi 29 septembre 2009

Pour une insurrection des consciences


Par Pierre Rabhi le vendredi 11 septembre 2009,


"je vous invite aujourd'hui, si vous êtes touché par ces valeurs et voulez les défendre, à signer la charte internationale pour la Terre et l'Humanisme" Pierre Rabhi

Je signe la Charte

Chers amis,

C'est sur cet appel que j'ai construit ma campagne électorale comme candidat à la candidature aux élections présidentielles françaises de 2002.

Le témoignage qui suit m'a paru le meilleur gage que je puis donner pour renouveler plus que jamais cet appel. Insurgé moi-même, depuis plus de 45 ans contre notre modèle de société, j'en ai prévu les grandes impasses dès la fin des années 50.

L'examen objectif des mythes fondateurs de ce modèle : progrès, croissance etc et le chaos provoqué par lui , sur toute la planète, a été les causes de notre choix familial de tenter la cohérence d'une vie, en nous installant dès 1961 sur une petite ferme du sud de l'Ardèche. Ferme considérée comme non viable, selon les critères officiels, et qui est devenue une petite oasis. Nos 5 enfants y ont grandi, s'y sont épanouis. Pour mettre en valeur cette garrigue rocailleuse, nous avons fait le choix de l'agroécologie comme option agronomique, conciliant la nécessité d'une nourriture suffisante et saine, tout en améliorant la terre nourricière et en respectant les écosystèmes naturels. Cette démarche, fondée sur une science et des techniques agronomiques exemptes de toute nuisance, engendra une philosophie, une éthique, une profonde sensibilité à la réalité vivante et donc à la nécessité impérative d'en prendre soin. Elle est l'oeuvre la plus essentielle et la plus belle qui soit, véritable nourriture pour le coeur et l'esprit. C'est ainsi que, sans être exemptés de certaines difficultés et souffrances de l'existence, nous avons fait le choix délibéré de la « sobriété heureuse ».

L'expérience acquise en agroécologie se révéla être une merveilleuse alternative à l'agriculture chimique, destructrice des pays prospères, et la méthode la plus adaptée à la condition des paysans les plus démunis du tiers-monde. La transmission de ces connaissances me mit en présence de la détresse de ceux à qui les biens les plus vitaux, comme l'alimentation, sont confisqués. Placé entre une nature meurtrie et des êtres humains laissés pour compte, j'ai engagé ma vie à contribuer à concilier la terre et la nature avec l'histoire humaine. Cela a nécessité des actions internationales avec de la formation et la création de diverses structures au service de cet engagement.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai voulu mettre à profit le temps privilégié des élections présidentielles pour donner une voix à l'urgence écologique et humaine. En dépit d'un temps trop court, du manque d'expérience et d'appareils politiques, mon appel a été entendu au delà de ce que j'aurais osé espérer. Des milliers de personnes nous ont rejoint, soutenu de leur temps et de leurs moyens financiers. 96 comités nationaux se sont constitués, 184 signatures d'élus ont été collectées en deux mois et demi. Nous étions loin des 500 signatures requises mais l'essentiel était acquis, à savoir l'amplification d'un courant d'opinion fondé sur des propositions concrètes, pour un véritable changement de paradigme mettant enfin résolument, honnêtement, généreusement, l'humain au coeur de nos préoccupations. Car l'acharnement thérapeutique que la gouvernance du monde exerce sur le modèle dominant, affecté d'une lucropathie chronique sous le prétexte d'en prolonger la vie, en exacerbe l'agonie, induisant, sous le prétexte de croissance indéfinie, encore plus d'exclusion humaine et d'exactions contre la nature. Avec la crise, les consciences s'interrogent autrement et les valeurs que nous préconisons et servons prennent de la pertinence auprès d'un public de plus en plus large.

Il s'agira désormais, hors de toute tergiversation, de construire ensemble un monde digne de l'intelligence dont nous prétendons avoir l'apanage. Nous avons, sous forme de charte, exprimé les valeurs dont il est question. C'est pourquoi je vous invite aujourd'hui, si vous êtes touché par ces valeurs et voulez les défendre, à signer la charte internationale pour la Terre et l'Humanisme, que j'ai rédigée, il y a maintenant trois ans, comme fondement de Colibris, mouvement pour la Terre et l'Humanisme.

Avec toute ma gratitude.



Pierre Rabhi

Source: http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2009/09/11/Pour-une-insurrection-des-conscience

mardi 22 septembre 2009

Appel à la desobeissance civile


Quand un État promulgue des lois qui vont à l’encontre du sens humain, il se prive du droit de les faire appliquer. Nul n’est tenu d’obéir à un ordre qui porte atteinte à la dignité de l’homme. À l’infamie de la délation et de la chasse aux sans-papiers, il n’est qu’une seule réponse : la désobéissance civile, au nom de la solidarité humaine. Si nous n’y prenons garde, bientôt ce seront les grévistes et les travailleurs occupant leurs entreprises qui serviront de boucs émissaires aux gouvernements en crise.

Nous sommes entrés dans une ère où l’affairisme qui a programmé sa propre faillite prétend programmer aussi celle de notre existence. Comme le disait le manifeste d’Édouard Glissant, de Patrick Chamoiseau et de leurs amis, le problème n‘est pas le panier de la ménagère mais la poésie de la vie, dont le système économique continue de nous dépouiller. Le mépris et le cynisme des multinationales vont de conserve avec la veulerie du clientélisme politique qui renfloue l’escroquerie des banksters avec l’argent des citoyens. Qui nous fera croire que les taxes et des impôts, hier prélevés au nom du bien public, vont servir aux hôpitaux, désormais traités comme des "entreprises en difficulté", aux transports en commun, à la poste, aux écoles, aux chercheurs, à la métallurgie, aux énergies alternatives, aux entreprises socialement utiles ?

Alors que les travailleurs sont licenciés massivement et que l'argent public dédommage les gestionnaires de faillite, comment supposer que les citoyens vont tolérer sans réagir que ceux qui représentent moins le peuple qu'un pouvoir politique et économique crapuleux se foutent d'eux à ce point ? Or ce qu'il faut craindre, c'est la violence aveugle du désespoir, celle que suscitent partout les provocations imbéciles d'un Etat qui mise sur elles pour restaurer une autorité qu'il n'a plus. C'est ici que la solidarité avec les sans-papiers revêt une importance primordiale : elle démontre que les lois répressives d'un Etat, au service du capitalisme qui dévaste la Terre, sont nulles et non avenues quand ce qui est en jeu c'est le drot, non à une survie de bêtes traquées, mais à la vie. A une vie que la cupidité capitaliste détruit dans l'individu et dans la société. La solidarité avec les sans-papiers exprime la volonté d'une solidarité plus vaste, d'un mouvement réunissant dans un même combat ceux qui, lassés du clientélisme politique de gauche et de droite, prennent conscience qu'il est temps d'opposer à une démocratie parlementaire corrompue l'expérience de la démocratie directe.

C'est aujourd'hui qu'émerge, lentement mais sûrement, l'idée que l'humain l'emporte sur la barbarie et sur l'injustice. Si nous ne sortons pas de la réalité économique en créant une réalité humaine, nous permettrons une fois de plus à la barbarie marchande de se perpétuer. Il n'y a pas d'autre issue à la crise que la généralisation pratique du principe : l'humain prime l'économie ; la défense de l'homme, de la femme, de l'enfant et de la nature révoque les lois du commerce.

Raoul Vaneigem, avril 2009.






DES INVENTEURS D´INCROYANCES INVENTIN/CONSTRUCTIONS DES INVENTEURS D´INCROYANCES

vendredi 18 septembre 2009

L’histoire de ma chaussure

par Muntadhar al-Zaidi
17 septembre 2009

L’homme révolté. Les images du geste de Muntadhar al-Zaidi lançant ses chaussures sur George Bush ont fait le tour du monde. Et sa libération récente a été l’occasion de rappeler la notoriété qu’il a acquise ce jour-là. Mais il convient, au-delà de l’image d’Epinal d’un geste iconoclaste et sympathique, d’entendre le message d’al-Zaidi, tel qu’il l’a donné dès sa libération. Celui d’un homme bouleversé et révolté par les horreurs innombrables qui se sont abattues sur son pays, auxquelles son métier de journaliste le confrontait quotidiennement. Ces chaussures désormais célèbres ont une histoire, nous dit-il. « Savez-vous dans combien de foyers brisés par l’occupation étaient entrées ces chaussures que j’ai lancé ? Combien de fois elles avaient marché sur le sang de victimes innocentes ? » Chaque soir, al-Zaidi, se faisait le serment de venger, à sa façon, toutes les victimes de l’occupation. Et ce jour là, face à Bush, il a tenu parole.




Extrait du discours de Muntadhar al-Zaidi:

Au nom de dieu, le plus gracieux et le plus miséricordieux.

Me voici libre. Mais mon pays est encore prisonnier de guerre.

Tout d’abord, j’adresse mes remerciements et mes amitiés à tous ceux qui m’ont soutenu, que ce soit dans mon pays, dans le monde islamique ou dans le monde libre. Il y eut de nombreuses discussions autour de cette action et de la personne qui l’a menée, sur le héros et l’acte héroïque, le symbole et l’acte symbolique.

A cela, je réponds simplement : Ce qui m’a imposé de faire face, c’est l’injustice qui s’est abattue sur mon peuple, la façon dont l’occupation a voulu humilier mon pays natal en le plaçant sous sa botte.

Et la façon [dont cette occupation] a voulu écraser le crâne des fils de (la patrie) sous ses bottes, qu’ils s’agissent de cheikhs, de femmes, d’enfants ou d’hommes. Au cours de ces dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de cette occupation et le pays est maintenant empli de plus de 5 millions d’orphelins, d’un million de veuves et de centaines de milliers de mutilés. Et de millions de sans-abri en raison des déplacements [de réfugiés] tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Nous étions une nation dans laquelle l’Arabe partageait son pain quotidien avec les Kurdes et les Turkmènes et les Assyriens et les Sabéens et les Yezidis. Et où les chiites priaient ensemble avec les sunnites. Où les musulmans étaient prêts à fêter avec les chrétiens la naissance du Christ, que la paix soit avec lui. Et ce, malgré le fait que nous ayons éprouvé ensemble la faim due aux sanctions [de l’ONU] pendant plus de 10 ans, pendant plus d’une décennie.

Notre patience et notre solidarité ne nous a pas fait oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous soyons envahis par l’illusion de la libération que certains ont entretenu. (L’occupation) a opposé le frère au frère, le voisins au voisin, et le fils à son oncle. Elle a transformé nos maisons en innombrables tentes funéraires. Et nos cimetières se sont étendus dans les parcs et en bordure des routes. C’est un fléau. C’est l’occupation qui nous tue, qui profane les lieux de culte et la sainteté de nos maisons et qui jette quotidiennement des milliers de personnes dans des prisons de fortune.

Je ne suis pas un héros, et je l’admets. Mais j’ai une opinion et je prends position. J’ai été humilié de voir mon pays humilié. Et de voir mon Bagdad brûler. Et mon peuple se faire tuer. Des milliers d’images tragiques sont restées dans ma tête, et cela me pèse chaque jour et me pousse vers le droit chemin, le chemin de la confrontation, la voie du rejet de l’injustice, du mensonge et de la duplicité. Cela m’a privé du sommeil réparateur.

Des dizaines, non, des centaines d’images des massacres, qui feraient blanchir les cheveux d’un nouveau-né, m’ont fait monter les larmes aux yeux et me blessaient. Le scandale d’Abou Ghraib. Le massacre de Fallujah, Najaf, Haditha, Sadr City, Bassora, Diyala, Mossoul, Tal Afar, et chaque parcelle de notre terre meurtrie. Durant les années passées, j’ai voyagé à travers mon pays en feu et j’ai vu de mes propres yeux la douleur des victimes, et entendu de mes propres oreilles les cris des victimes et des orphelins. Et un sentiment de honte me hantait, parce que j’étais impuissant.

Quand j’en avais fini avec mes obligations professionnelles, consistant à rendre compte des drames quotidiens des Irakiens, et tandis que je lavais les restes des débris des maisons irakiennes en ruines ou les traces du sang des victimes qui maculaient mes vêtements, je serrais les dents et faisais une promesse à nos victimes, un serment de vengeance.

L’occasion s’est présentée, et je l’ai saisie.

Je l’ai saisie par loyauté envers chaque goutte de sang innocent qui a été versé par l’occupation ou à cause d’elle, chaque cri d’une mère en deuil, chaque gémissement d’un orphelin, la douleur d’une victime de viol, la larme d’un orphelin.

A ceux qui me font des reproches, je dis : Savez-vous dans combien de foyers brisés par l’occupation ces chaussures que j’ai jeté étaient entrées ? Combien de fois elles avaient marché sur le sang des victimes innocentes ? Et combien de fois elles étaient entrées dans des maisons dans lesquelles avaient été bafouées de libres femmes irakiennes et le respect qu’on leur doit ? Cette chaussure était peut-être la réponse appropriée lorsque toutes les valeurs ont été violées.

Lorsque j’ai lancé ma chaussure sur le visage du criminel Bush, je voulais exprimer mon rejet de ses mensonges, de son occupation de mon pays, mon rejet de la mise à mort de mon peuple. Mon rejet de son pillage des richesses de mon pays, de la destruction de son infrastructure et de la transformation de ses fils en une diaspora.

Après six années d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations des choses sacrées, et de profanation de lieux de culte, le tueur venait se vanter, se vanter de la victoire et de la démocratie. Il était venu dire adieu à ses victimes et attendait des fleurs en réponse.

Pour le dire simplement, ce fut ma fleur offerte à l’occupant, et à tous ceux qui sont en connivence avec lui, soit en diffusant des mensonges soit par leurs actes, avant l’occupation ou après.

J’ai voulu défendre l’honneur de ma profession et du patriotisme qui a été bafoué depuis le jour où le pays a été violé et que son honneur a été perdu.

(...)


17 septembre 2009

lundi 14 septembre 2009

Une presse faite par tous

Extrait de "La Fabrication de l’information. Les journalistes de l’idéologie et de la communication", de Michel Bensayag et Florence Aubenas, La Découverte, 1999, pp. 9:


"La transparence s’est imposée comme la norme centrale de notre société. La figure du bien passe par le fait de pouvoir être montré. Plus généralement, pour qu’une situation puisse être exposée, il faut qu’elle soit avant tout représentable, qu’elle puisse apparaître. La presse s’est fait le gendarme de cette norme. Par là, elle contribue à construire et à reconstruire chaque jour le monde.
Le travail d’un journaliste ne consiste souvent plus à rendre compte de la réalité, mais à faire rentrer celle-ci dans le monde de la représentation. Ce phénomène nous a conduit à vouloir envisager la presse non plus comme une des pièces de notre système, mais comme un univers en soi, autonome, avec ses codes, ses images, son langage, ses vérités. En prenant ce chemin le but n’est pas de désigner en coupable idéal et universel, une presse omnipotente : le monde de la communication est devenu trop complexe pour n’impliquer qu’une catégorie socioprofessionnelle. Nous participons tous aujourd’hui au monde de la communication.
Les journaux se retrouvent en effet dans une étrange posture. Ils n’ont jamais été autant sollicités qu’au moment même où les critiques les plus dures s’accumulent sur leurs têtes. Quelle que soit son opinion des journalistes, la plus microscopique association se donne généralement pour premier objectif de décrocher une « couverture médiatique ». Bref, tout le monde sait aujourd’hui que les journaux reflètent moins la réalité que la représentation qu’ils en ont créée, mais chacun, mais chacun veut pourtant y être présent. « passer à la télé » est devenu une étape acceptée pour qui veut aujourd’hui « exister ». Donner naissance à une autre presse est aujourd’hui l’affaire de tout le monde, ceux qui la font, ceux qui y paraissent et ceux qui la lisent."

dimanche 6 septembre 2009

Grippe «porcine» : Un joli coup

par Louis Dalmas

http://www.mondialisation.ca/

L’affaire de la grippe “porcine” est instructive à bien des égards.

D’abord, elle illustre la frénésie préventive qui s’est emparée de nos sociétés modernes. Voilà une maladie dont on n’est même pas sûr qu’elle soit la cause des quelques centaines de morts qu’on lui attribue dans le monde entier. Provoquée par un virus que les savants pataugent à définir – mais qui doit forcément être nouveau, redoutable et mutant pour faire la “une” de l’actualité – elle présente les symptômes d’une banale affection passagère, moins grave que la rougeole ou les oreillons, que nous avons tous connue à un moment de notre existence. Elle passerait presque inaperçue si on ne l’avait pas promue au rang de menace universelle. Pour une poussée de fièvre, une désagréable migraine, quelques courbatures et le nez qui coule, l’Organisation mondiale de la santé a sonné le tocsin de la pandémie ; les gouvernements se mobilisent ; les statistiques alarmantes pullulent ; la presse sort ses manchettes des grands jours ; on réunit des cellules de crise ; on ferme les écoles, les salles de spectacle, les lieux publics ; on isole des zones infectées ; on transforme les foules en meutes de chiens muselés ; on publie par millions des manuels de protection, bref c’est l’état de siège comme si une armée de terroristes étaient dans les faubourgs. Cela équivaut à peu près à s’emmitoufler dans un imperméable parce que quelques gouttes fuient du robinet de la salle de bains, ou à insonoriser la maison pour éviter d’entendre le voisin roter après son déjeuner.

Pourquoi cette démesure, cette débauche de précautions (particulièrement choquante alors qu’on sacrifie allègrement des centaines de militaires et qu’on tue sans sourciller des milliers de civils en Irak ou en Afghanistan) ? C’est là où ça devient intéressant.

La peur savamment distillée dans le public (on se garde de provoquer la panique, mais on entretient l’inquiétude), outre qu’elle fournit aux médias un bon sujet à sensation pour la période creuse de l’été, joue un double rôle.

D’abord, elle détourne l’attention des vrais problèmes politiques ou sociaux. Le prolo à qui l’on recommande de se calfeutrer chez lui ne va pas risquer la contagion en manifestant dans la rue. La mère de famille qui se demande comment elle va faire garder ses enfants si son école est fermée ne va pas défiler pour son pouvoir d’achat. La santé prime sur le porte-monnaie. En évoquant l’éventualité d’un raz de marée de mortalité à la rentrée, on fait prévaloir le souci de survivre sur le souci d’argent. Le slogan est efficace : protégez-vous avant de revendiquer.

Mais surtout l’affaire est juteuse pour l’industrie pharmaceutique. Comme par hasard, un an avant que le premier cas de la prétendue grippe porcine ne soit décelé, la grande firme Baxter a déposé un brevet pour un vaccin contre le H1N1 (brevet US 2009/0060950 A1). Aujourd’hui les services de santé du gouvernement britannique envisagent un scénario qui prévoit 65.000 décès durant le prochain hiver, dont plusieurs milliers d’enfants. Ils ont commandé à Baxter et à GlaxoSmithKline 133 millions de doses de vaccins. Mêmes délires en France, en Allemagne et ailleurs, ou des sommes considérables sont consacrées à l’achat de millions de médicaments douteux et de vaccins qui n’ont pas fait leurs preuves. Et pour couronner le tout, la secrétaire d’Etat US à la santé, Kathleen Sibelius, vient de signer un décret conférant une totale immunité aux fabricants de vaccins en cas de poursuites judiciaires. Les gros industriels de la santé font non seulement d’énormes profits, mais ils le font en toute sécurité.

Le coup est énorme, et il est bien joué. Jusqu’à quand accepterons-nous d’être les dindons de ce genre de farce ?

Lire aussi:

Jane Burgermeister intente une action judiciaire contre l’OMS et les Nations Unies pour bioterrorisme et pour tentative de meurtre

par Barbara Minton, « Natural News » du 25 juin 2009sur OULALA.net