samedi 23 juin 2018

Artistes en cage

Selon les médias atlantistes, qui en font leurs gros titres tapageurs, Cuba, la Chine, la Russie … seraient les pays où la liberté d'expression serait le plus réprimée. Artistes et journalistes y seraient incarcérés dès qu'ils s'écartent de la ligne officiel. Un jugement qu'il serait bon de réviser aujourd'hui. Il est toujours plus aisé de montrer la paille dans l'œil de son voisin que de s'ôter la poutre qui obstrue notre vision du monde : 


De l'artiste française Patrice Letarnec


"Ils emprisonnent les artistes qui les critiquent, assassinent les journalistes gênants mais la dictature, c’est Cuba !"

par José Manzaneda

Savez-vous quel est le pays du monde dans lequel le plus d’artistes ont été emprisonnés en 2017? si nous nous laissons entraîner par ce que nous lisons dans la presse, nous allons penser que c’est la Chine… ou Cuba. Mais non : c’est l’Espagne avec 13 artistes en prison et à la troisième place en ce qui concerne le nombre de procès intentés à des créateurs, derrière l’Egypte et l’Ethiopie.

C’est un rapport de l’organisation Freemuse, du Danemark, censuré par les médias corporatifs espagnols, qui le dit. Certains d’entre eux avaient – évidemment – publié de larges extraits de rapports antérieurs de cette organisation dans lesquels l’Espagne n’était pas mentionnée. Ces médias, en outre, nous informaient en détails de tout désaccord entre des artistes et les autorités cubaines.

Pendant ce temps, les journalistes espagnols d’extrême-droite pratiquent l’incitation à la haine dans une totale impunité. Le présentateur Federico Jiménez Losantos demandait dans son émission de radio « des avions pour bombarder » la Catalogne et faire comprendre aux indépendantistes qu’on peut utiliser la force légitimement. » Imaginez la campagne internationale qui se déchaînerait contre Cuba si, sur l’île, un journaliste irresponsable proposait de bombarder les Etats-Unis… 

L’ONG Save The Children a publié son rapport « Les multiples visages de l’exclusion » dans lequel le Guatemala est classé dernier des pays du continent en ce qui concerne la protection de l’enfance avec « un taux extrêmement haut de malnutrition » et « presque la moitié des mineurs de moins de 5 ans qui ont un retard de croissance. » Pendant ce temps, Cuba se place dans les premières places. Mais imaginez ce qui se passerait si c’était le contraire… Ne pensez-vous pas que ce rapport aurait eu plus de visibilité dans les médias ?
Le Mexique est la second pays le plus dangereux pour les journalistes après la Syrie. 

L’organisation Artículo 19 dénonce 507 agressions et 12 assassinats de journalistes en 2017. En mai, par exemple, était abattu Javier Valdés, auteur de ‘Narco-journalisme’, un livre qui raconte, précisément, les dangers qu’il y a à informer sur le trafic de drogues et ses connexions avec la police et la politique. Ce sont des réalités que Cuba a vécues il y a 60 ans et qui ont été supprimées par la Révolution. Mais les médias ne nous le disent jamais.

Pour finir, revenons au Gouvernement espagnol : 8 jeunes basques, de la gauche indépendantiste ont été condamnés à des peines de prison allant jusqu’à 13 ans pour une bagarre dans un bar dont les gardes civils sont sortis avec des blessures légères. Imaginez que l’un des fameux « dissidents » de Cuba ait été condamné à 13 ans de prison pour avoir insulté ou donné un coup à un agent de police. Pas vrai, que les médias espagnols qui aujourd’hui applaudissent la condamnation des jeunes basques auraient dénoncé l’absence de « séparation des pouvoirs » dans le « régime » cubain ? 

Car c’est ainsi que marchent les choses en Espagne, qualifiée par le New York Times de « véritable démocratie en ruine. »


José Manzaneda, coordinateur de Cubainformación.
 traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos




Source en espagnol :



Source française: Réseau International

jeudi 21 juin 2018

Contre la barbarie occidentale



Fresque à Merida, Venezuela 
(Découpage d'une hhoto d'Andre Vltchek)




Nous sommes une nation pacifique.” 
Georges Bush Jr












Au cours de mon travail dans presque tous les coins dévastés du monde, j’ai vu des choses beaucoup plus horribles que ce que j’ai décrit ci-dessus (suivre le lien ci-dessous, NdlR). Peut-être en ai-je trop vu – toute cette « paix » qui a arraché les membres des victimes, toutes ces huttes en feu et toutes ces femmes hurlantes, ou ces enfants mourant de maladie et de faim avant d’atteindre l’adolescence.
J’ai écrit longuement sur la guerre et la paix dans mon livre de 840 pages, Exposing Lies Of The Empire.
Lorsque vous faites ce que je fais, vous devenez comme un médecin : vous ne pouvez qu’assister à toutes ces horreurs et ces souffrances, parce que vous êtes là pour aider, pour révéler la réalité et pour faire honte au monde. Vous n’avez pas le droit de vous décomposer, de vous effondrer, de tomber et de pleurer.
Mais ce que vous ne pouvez pas supporter, c’est l’hypocrisie. L’hypocrisie est « à l’épreuve des balles ».
Elle ne peut pas être éclairée par des arguments précis, la logique et par des exemples. L’hypocrisie en Occident est souvent ignorante, mais elle n’est qu’égoïste la plupart du temps.
André Vltchek, grand reporter et écrivain




Pourquoi le Venezuela et la Syrie ne peuvent pas tomber

Par Andre Vltchek, le 20 Juin 2018 


"Ici personne ne se rend"
Malgré les terribles difficultés auxquelles le peuple vénézuélien est confronté, malgré les sanctions et les intimidations de l’étranger, le président Nicolás Maduro a remporté un second mandat de six ans.



Il y a deux semaines, à l’ambassade du Venezuela à Nairobi, au Kenya, où je m’adressais à plusieurs dirigeants de l’opposition de gauche d’Afrique de l’Est, un chargé d’affaires par intérim, Jose Avila Torres, a déclaré : « Le peuple vénézuélien affronte aujourd’hui la même situation que le peuple syrien. »

C’est vrai. Les deux pays, le Venezuela et la Syrie, sont séparés par un immense espace géographique, mais ils sont unis par le même sort, la même détermination et le même courage.

Pendant la guerre civile espagnole, des combattants antifascistes tchèques, volontaires dans les Brigades internationales, disaient : « À Madrid, nous combattons pour Prague. » Madrid est tombée aux mains des fascistes de Franco en octobre 1939. Prague avait été occupée plusieurs mois plus tôt par les troupes allemandes, en mars 1939. C’est l’aveuglement et la lâcheté des dirigeants européens, ainsi que le soutien que les hordes fascistes meurtrières recevaient des populations de tous les coins du continent, qui ont conduit à l’une des plus grandes tragédies de l’histoire moderne – une tragédie qui n’a pris fin que le 9 mai 1945, lorsque les troupes soviétiques ont libéré Prague, vaincu l’Allemagne nazie et sauvé de fait le monde.

Plus de 70 ans après, le monde est confronté à une autre calamité. L’Occident, mentalement inapte à mettre fin pacifiquement à son règne multiséculaire sur la planète – un règne qui a déjà coûté plusieurs centaines de millions de vies humaines – bombe le torse et se précipite follement dans toutes les directions, provoquant, contrant et même attaquant directement des pays aussi éloignés que la Corée du Nord (RPDC), la Chine, l’Iran, la Russie, la Syrie et le Venezuela.

On n’appelle pas ce qui se passe actuellement fascisme ou nazisme, mais c’est précisément cela, puisque le règne barbare est basé sur un mépris profond pour les vies humaines non occidentales, sur des dogmes droitiers qui puent l’exceptionnalisme et sur le désir effréné de contrôler le monde.

De nombreux pays qui ont refusé de céder à la force brutale de l’Occident ont été récemment littéralement rasés, dont l’Afghanistan, la Libye et l’Irak. Dans de nombreux autres, les gouvernements ont été renversés par des interventions directes et indirectes ainsi que par la fraude, comme dans le cas du pays le plus puissant d’Amérique latine, le Brésil.

D’innombrables révolutions, « de couleur », « des parapluies » et autres « printemps », ont été parrainées par Washington, Londres et d’autres capitales occidentales.

Pourtant le monde se réveille, lentement mais de manière irréversible, et la lutte pour la survie de notre espèce humaine a déjà commencé.

Le Venezuela et la Syrie sont incontestablement en première ligne de la bataille.

Contre toute attente, en sang mais héroïquement debout, ils s’opposent à la force qui les écrase et refusent d’abandonner.

« Ici, personne ne se rend ! », criait Hugo Chavez, déjà chauve à cause de la chimiothérapie, mourant d’un cancer dont beaucoup en Amérique latine croient qu’il lui a été inoculé depuis les États-Unis. Son poing était serré et une forte pluie inondait son visage. C’est ainsi qu’est mort l’un des plus grands révolutionnaires de notre temps. Mais sa révolution a survécu et continue sa marche !


***

Je suis bien conscient du fait que beaucoup de mes lecteurs viennent d’Occident. En quelque sorte, et particulièrement en Europe, je ne peux plus expliquer ce que c’est vraiment d’être un révolutionnaire. J’ai parlé récemment devant une grande assemblée d’enseignants « progressistes », qui avait lieu en Scandinavie. J’ai essayé de les enflammer, de leur expliquer les crimes monstrueux que l’Occident commettait dans le monde entier, depuis des siècles.

J’ai essayé et j’ai échoué. Lorsque les lumières se sont rallumées, j’ai été transpercé par des centaines d’yeux. Oui, il y a eu des applaudissements et beaucoup se sont levés dans ce faux cliché – une ovation debout. Mais je savais que nos mondes étaient très éloignés l’un de l’autre.

Ce qui a suivi, c’était des questions préfabriquées et superficielles sur les droits de l’homme en Chine, sur le « régime d’Assad », mais aucune sur la responsabilité collective des peuples d’Occident.

Pour comprendre ce qui se passe en Syrie et au Venezuela, il faut sortir de la mentalité occidentale. Des esprits égoïstes, uniquement obsédés par la sexualité et l’orientation sexuelle et par l’intérêt personnel ne peuvent le comprendre.


Quelque chose d’essentiel, de très fondamental et humain se passe en Syrie et au Venezuela. Il s’agit de la fierté humaine, de la patrie, de l’amour de la justice et des rêves, d’une organisation bien meilleure pour le monde. Ce n’est pas mesquin, en fait c’est énorme, et cela vaut même la peine de lutter et de mourir pour cela.

Dans ces deux endroits, l’Occident s’est trompé dans ses calculs, comme il l’a fait à l’évidence dans des « cas » comme Cuba, la Russie, la Chine, l’Iran, la RPDC.

« Patria no se vende!, ont-ils dit à Cuba il y a des décennies – « La patrie n’est pas à vendre ! »

Le profit n’est pas tout. L’enrichissement personnel n’est pas tout. L’égoïsme et un petit égo boursouflé ne sont pas tout. La justice et la dignité sont beaucoup plus que cela. Les idéaux humains sont beaucoup plus que cela. Ils le sont pour certaines personnes. Ils le sont vraiment, croyez-moi, et peu importe à quel point cela peut paraître irréel en Occident.

La Syrie saigne mais elle a refusé de capituler devant le terrorisme injecté par l’Occident et ses alliés. Alep a été transformée en un Stalingrad moderne. À un coût terrible, la ville a résisté à tous les assauts cruels, elle a réussi à inverser le cours de la guerre et, ce faisant, elle a sauvé le pays.

Le Venezuela, comme Cuba au début des années 1990, s’est retrouvé seul, abandonné, couvert de crachats et diabolisé. Mais il n’est pas tombé à genoux.

En Europe et en Amérique du Nord, on a fait des analyses « logiques » et « rationnelles » sur ce qui se passait là-bas.

L’étaient-elles vraiment ?

Les Occidentaux savent-ils réellement ce que c’est que d’être colonisé ? Savent-ils ce qu’est l’« opposition vénézuélienne » ?

Connaissent-ils la permanence de la terreur propagée par l’Occident depuis des siècles dans toute l’Amérique latine, depuis la République dominicaine et le Honduras, jusqu’au Chili et à l’Argentine ?
Non, ils n’en savent rien, ou très peu, comme ces Allemands qui vivaient tout près des camps d’extermination et qui ont affirmé après la guerre qu’ils n’avaient aucune idée de ce qu’était cette fumée qui sortait des cheminées.

Il n’y a pratiquement aucun pays d’Amérique centrale ou du sud dont le gouvernement n’ait pas été renversé au moins une fois par le Nord chaque fois qu’il décidait de travailler au nom de son peuple.

Et l’année dernière, le Brésil est devenu la « dernière édition » des cauchemars, des campagnes de désinformation, des « fake news » et des coups d’État – avec les « compliments » du Nord, par le biais des « élites » locales.


***

Voyez-vous, il ne sert vraiment à rien de trop discuter avec l’« opposition » dans des pays comme le Venezuela, Cuba ou la Bolivie. Ce qui devait être dit l’a déjà été.

Ce qui se passe n’a rien à voir avec un club de discussion académique, c’est une guerre ; une guerre civile réelle et brutale.

Je connais l’« opposition » dans les pays sud-américains et je connais leurs « élites ». Oui, bien sûr, je connais beaucoup de mes camarades, les révolutionnaires, mais je connais aussi les « élites ».
En guise d’illustration, permettez-moi de rappeler une conversation que j’ai eue un jour en Bolivie avec le fils d’un puissant sénateur de droite, qui était aussi un magnat de la presse. Légèrement éméché, il ne cessait de me répéter :

« Nous allons bientôt botter le cul de cette merde indienne [le président de la Bolivie, Evo Morales] (…) Vous pensez que nous nous soucions de l’argent ? Nous avons beaucoup d’argent ! Nous ne nous soucions pas de perdre des millions de dollars, même des dizaines de millions ! Nous répandrons l’insécurité, l’incertitude, la peur, les déficits et, si nous le devons, même la faim… Nous saignerons ces Indiens à mort ! »

Tout ceci peut sembler « irrationnel » et même directement contre leur propre évangile capitaliste. Mais ils ne se préoccupent pas de rationalité, seulement de pouvoir. Et leurs maîtres du Nord compenseront leurs pertes, de toute façon.

Il n’y a pas moyen de négocier, de débattre avec cette sorte de gens. Ce sont des traîtres, des voleurs et des assassins.

Pendant des années et des décennies, ils ont utilisé la même stratégie, pariant sur la pusillanimité et l’humanisme de leurs opposants socialistes. Ils ont entraîné les gouvernements progressistes dans des débats interminables et futiles puis utilisé leurs propres médias ainsi que les médias occidentaux pour les calomnier. Si ça ne marchait pas, ils étouffaient leurs économies, provoquant des déficits, comme au Chili avant le coup d’État de Pinochet en 1973. Si cela ne suffisait pas, ils utilisaient la terreur nue et sans merci. Et enfin, en dernier recours, les interventions occidentales directes.

Ils ne sont pas là pour la « démocratie » ni même pour le « libre marché ». Ils servent leurs maîtres occidentaux et leurs propres intérêts féodaux.

Négocier avec eux, c’est perdre. C’est la même chose que jouer le jeu avec leurs propres règles. Parce que derrière eux, il y a toute la propagande occidentale, ainsi que la machinerie financière et militaire.
La seule façon de survivre est de s’endurcir, de serrer les dents et de se battre. Comme Cuba le fait depuis des décennies et, oui, comme le Venezuela le fait aujourd’hui.

Cette approche ne paraît pas « jolie » ; elle n’est pas toujours « élégante », mais c’est la seule manière d’avancer, la seule manière pour le progrès et la révolution de survivre.

Avant que Dilma ne soit « destituée » par la bande de monstres corrompus pro-occidentaux, j’ai suggéré, dans mon article censuré par Counterpunch mais repris en de nombreuses langues par des douzaines d’autres publications dans le monde, qu’elle devrait envoyer des chars dans les rues de Brasilia. J’ai suggéré que c’était son devoir, au nom du peuple du Brésil, qui avait voté pour elle et qui bénéficiait beaucoup du gouvernement de son Parti des Travailleurs.

Elle ne l’a pas fait et je suis presque certain qu’elle le regrette aujourd’hui. Son peuple se fait voler une fois de plus ; il souffre. Et toute l’Amérique du Sud est en déroute !

***

Corruption ? Mauvaise gestion ? Pendant des décennies et des siècles, les peuples d’Amérique latine ont été gouvernés et volés par les bandits corrompus qui utilisaient leur continent comme une vache à lait tout en vivant dans l’opulence répugnante de l’aristocratie occidentale. Tout cela était fait, naturellement, au nom de la « démocratie », une mascarade totale.

Le Venezuela est toujours là – le gens se rassemblent derrière le gouvernement – dans une souffrance terrible et mourant à moitié de faim, mais ils se rallient quand même. C’est parce que pour beaucoup de gens là-bas, les intérêts personnels sont secondaires. Ce qui compte est leur pays, l’idéologie socialiste et la grande patrie sud-américaine. Patria grande.

C’est impossible à expliquer. Ce n’est pas rationnel, c’est intuitif, profond, essentiel et humain.

Ceux qui n’ont ni l’idéologie ni la capacité de s’engager ne comprendront pas. Et, franchement, qui se soucie de savoir s’ils le feront ou non.

Espérons que le Brésil et le Mexique – les deux pays les plus peuplés d’Amérique latine – voteront bientôt dans de nouveaux gouvernements de gauche. Alors les choses changeront, s’amélioreront beaucoup, pour le Venezuela.

Jusque là, Caracas doit compter sur ses camarades et amis, lointains mais proches, la Chine, l’Iran et la Russie, mais aussi sur sa belle et courageuse sœur, Cuba.

Evo Morales a récemment averti que l’Occident prépare un coup d’État au Venezuela.
Le gouvernement de Maduro doit survivre encore quelques mois. Avant que le Brésil soit de retour, avant que le Mexique les rejoigne.

Ce sera un dur combat, peut-être même sanglant. Mais l’histoire n’est pas faite de compromis et de capitulations. On ne peut pas négocier avec le fascisme. La France a essayé, avant la Seconde Guerre mondiale, et nous connaissons les résultats.

L’Occident et son fascisme ne peuvent qu’être combattus, jamais amadoués.

Lorsqu’on défend son pays, les choses ne peuvent jamais être ordonnées et élégantes. Il n’y a pas de saints. La sainteté mène à la défaite. Les saints naissent plus tard, lorsque la victoire est remportée et que le pays peut se le permettre.

Le Venezuela et la Syrie doivent être soutenus et défendus, par tous les moyens.

Ces peuples merveilleux, les Vénézuéliens et les Syriens, sont en train de saigner, luttant pour l’ensemble du monde non occidental et opprimé. À Caracas et Damas, des gens luttent, se battent et meurent pour le Honduras et l’Iran, pour l’Afghanistan et l’Afrique de l’Ouest.
Leurs ennemis ne peuvent être arrêtés que par la force.

***

En Scandinavie, un gusano Syrien qui vit en Occident, qui calomnie le président Assad et qui est totalement récompensé pour cela, m’a contesté ainsi que le « régime » syrien au moment des questions/réponses. J’ai dit que je refusais d’en discuter avec lui, car même si nous passions deux heures à nous crier dessus, nous ne trouverions aucun terrain d’entente. Des gens comme lui ont commencé la guerre, la guerre qu’ils devraient avoir. Je lui ai dit qu’il était définitivement payé de ses efforts et que la seule façon pour nous de régler cela était « dehors », dans la rue.

Le Venezuela et la Syrie ne peuvent pas tomber. Aujourd’hui, l’enjeu est trop important. Les deux pays sont actuellement en train de combattre quelque chose d’énorme et de sinistre – ils combattent l’ensemble de l’impérialisme occidental. Il ne s’agit pas seulement d’une « opposition » ni même des éléments traîtres dans leurs sociétés.

C’est beaucoup plus grand. Il s’agit de l’avenir, de la survie de l’humanité.

Des milliards de gens dans toutes les parties du monde ont suivi de près les élections dans la République bolivarienne. Là-bas, les gens ont voté. Le président Maduro a gagné. Il a gagné encore une fois. Marqué, meurtri, mais il a gagné. Une fois de plus, le socialisme a vaincu le fascisme. Et vive le Venezuela, bon sang !





Andre Vltchek est un Nouvelliste, Producteur, et Journaliste d’investigation. Il a couvert les guerres et les conflits dans des douzaines de pays. Trois de se derniers livres son un hommage à la "Grande Révolution Socialiste d’Octobre", une nouvelle révolutionnaire "Aurora", et un best-seller, un travail de realpolitik : "Exposer les mensonges de l’Empire". Son autre ouvrage, "Watch Rwanda gambit" est un best-seller sismique qui secoue toutes les idées reçues au sujet du Rwanda et de la République Démocratique du Congo de même que son film dialogue avec Noam Chomsky sur le "Terrorisme occidental".
Vltchek vit actuellement en Asie occidentale et au Moyen Orient et continue à travailler autour du Monde. Il peut être contacté sur son Website et sur son compte Twitter.




Traduit de l’anglais par Diane Gilliard pour Investig’Action
Source : https://journal-neo.org/2018/06/10/why-venezuela-and-syria-cannot-fall-2/

mercredi 20 juin 2018

Luttons! Signons! Libérons Assange!

Deux pétitions pour aider / libérer Julian Assange.
End Julian Assange’s isolation (Mettez fin à l’isolement de Julian Assange)
https://www.change.org/p/end-julian-assange-s-isolation
Freedom for Julian Assange! (Liberté pour Julian Assange)
https://www.codepink.org/freedom_for_julian_assange




D’abord, ils sont venus chercher Julian

Par Whitney Webb
Paru sur MintPress sous le titre First They Came For Julian: The Implications of Assange’s Persecution for Journalism and Democracy

La journée d’hier marquait le sixième anniversaire de l’ascension de Julian Assange à la position de réfugié politique les plus célèbre au monde après avoir osé être le visage public de l’organisation internationale d’avant-garde dédiée à la transparence Wikileaks. Alors qu’il est arbitrairement confiné dans l’ambassade de l’Équateur depuis plus de six ans, la situation précaire d’Assange – un produit des efforts des gouvernements des USA et du Royaume-Uni pour le détruire et le réduire pour toujours au silence – menace de virer à la tragédie.
Les implications de la persécution d’Assange pour le journalisme et la démocratie : Si la campagne menée par les USA pour extrader et faire taire Assange réussit, elle deviendra forcément le schéma qu’utiliseront des pays puissants comme les USA pour censurer les journalistes indépendants dans le monde entier et les matraquer jusqu’à la soumission.

Si l’asile d’Assange est suspendu ou s’il est extradé aux USA, toutefois, ce sera beaucoup plus qu’une tragédie pour le seul Assange. Ce sera aussi une tragédie pour le « droit de savoir » du public et la libre circulation de l’information – la première grande défaite dans le combat d’un empire contre ses dissidents et ceux qui cherchent à utiliser l’information pour libérer plutôt que pour tromper.

Le cas d’Assange signifie beaucoup plus que des mauvais traitements – de la torture, selon certains – infligés à un homme dont l’engagement à faire la lumière sur les crimes des gouvernements l’a forcé à s’isoler du monde – et même de ses enfants – pendant des années. Bien que ces mauvais traitements n’aient leur place dans aucune « démocratie » civilisée, le dénouement du cas Assange – si son extradition aux USA est décidée – aura un impact majeur sur le journalisme dans son ensemble. De fait, si la campagne menée par les USA pour extrader et faire taire Assange réussit, elle deviendra forcément le schéma qu’utiliseront des pays puissants comme les USA pour censurer les journalistes indépendants dans le monde entier et les matraquer jusqu’à la soumission.
La solution de facilité journalistique
« C’est le rôle du bon journalisme de s’en prendre aux abus de pouvoir des puissants » – Julian Assange
Les efforts du gouvernement des USA pour détruire Wikileaks – et Assange en particulier – sont bien documentés, et remontent à bien avant qu’Assange ne demande l’asile politique dans l’ambassade de l’Équateur. Bien que les efforts pour discréditer Wikileaks aient surtout été menés en coulisses, la campagne contre Assange a été montée pour cibler l’homme, et s’est manifestée en innombrables attaques malhonnêtes et sauvages contre sa réputation, sa dignité, et même ses droits fondamentaux. C’était une campagne largement menée avec la complicité de la soi-disant « presse libre » – avec des journalistes qui bénéficiaient des sacrifices d’Assange et des révélations de Wikileaks menant souvent la charge pour salir l’homme dont le travail a surligné l’importance d’un accès non censuré à des informations cruciales pour toute la population.

La complicité de ces « journalistes » démontre que la situation d’Assange fait partie du combat pour l’âme même du journalisme. De fait, sa persécution a eu lieu dans un contexte de censure médiatique extrême – avec la complicité de Google et de sa branche Youtube, aussi bien que de Facebook et de Twitter – qui signale une vaste « guerre de l’information » en cours. Le cas d’Assange est le Waterloo de cette guerre, cette bataille entre les gouvernements – et les élites économiques qu’ils servent – et ceux qui désirent informer le public pour qu’il soit maître de son destin, comme Assange lui-même l’avait déclaré :
« Vous pouvez soit être informés et devenir vos propres maîtres, ou vous pouvez être ignorant et en laisser d’autres, qui ne sont pas ignorants, vous diriger. »
Les gouvernements puissants, comme celui des USA, ne cherchent pas à éclairer le public et à le laisser prendre ses décisions seuls. Edward Bernays, le « père de la propagande » occidentale, l’avait clairement énoncé dans ce qui suit :
« La manipulation consciente et intelligente des habitudes organisées et des opinions des masses est un élément important de la société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme caché de la société constituent un gouvernement invisible qui est le vrai pouvoir dirigeant de notre pays… nous sommes gouvernés, nos esprits sont forgés, nos goûts formés, nos idées suggérées en grande partie par des gens dont nous n’avons jamais entendu parler. » (Propaganda, 1928)
Pour que cette « manipulation » du public continue sans heurts, les journalistes doivent être transformés de figures de proue de la vérité et du « droit de savoir » du public en sténographes obéissants de la ligne gouvernementale. Assange, plus que n’importe qui d’autre, a menacé cette transformation en menant une organisation qui « ouvre les gouvernements », et en défiant la transmission du savoir « vers les évêques et les rois, et non vers les esclaves et les serfs ». C’est pour cette raison, plus que toute autre, qu’il a été traité comme on le sait et pourquoi – s’il est extradé – toute la fureur de l’oligarchie américaine et de son empire se déchaînera probablement contre lui.
« D’abord, ils sont venus chercher Assange… »
« Chaque fois que nous sommes témoins d’une injustice et que nous ne faisons rien, nous nous entraînons un peu plus à être passifs en sa présence et ainsi, à perdre toute capacité à nous défendre et à défendre ceux que nous aimons » – Julian Assange »
Pourtant, si le pire venait à se produire, Assange serait loin de représenter la fin des efforts de censure du véritable journalisme. Il sera plutôt le début d’un effort plus vaste, qui a déjà démarré, pour faire taire le type même de journalisme incarné par Assange partout où il émergera dans la zone d’influence des USA. Si les États-Unis réussissent à extrader et à faire taire Assange, ils considéreront leur campagne de harcèlement contre lui comme une victoire. Ils appliqueront ensuite la même tactique contre tous ceux qui oseront offrir au public des vues différentes des lignes approuvées par le gouvernement, où qu’ils soient.

Si nous gardons le silence et permettons que les maltraitances envers Assange continuent, il est probable que nous garderons également le silence quand les mêmes tactiques et les mêmes diabolisations seront appliquées contre d’autres journalistes indépendants qui osent défier l’oligarchie et son empire. Leur but est d’obtenir un public aussi isolé et bâillonné qu’Assange lui-même l’est.
Comme Assange l’avait dit, notre passivité face à cette injustice mènera un jour à une incapacité à nous défendre et à défendre ceux qui nous sont chers, et cette passivité toxique est une plus grande menace envers la démocratie et la liberté que n’importe quelle menace de violence physique. Cette passivité autorisera les pouvoirs en place à entraîner le monde occidental sur un chemin orwellien de censure, de totalitarisme et de destruction.

Nous n’avons pas de meilleur combattant de la résistance à ce programme que Julian Assange, et le silence du monde sur son cas garantit que la disparition du journalisme et de la démocratie sera le résultat de notre passivité, de notre incapacité à faire des sacrifices pour aider ceux qui se sont sacrifiés pour nous. L’issue du cas Assange ne marquera pas la fin de ce combat, mais elle en marquera certainement le tournant.
Traduction Entelekheia

Source Entelekheia.fr



mardi 19 juin 2018

Prophétie politique

ou

Le socialisme pris dans le piège politique

Emma Goldman à l'âge de 17 ans
par Emma Goldman (1911)

La légende nous dit que des nouveaux-nés en bonne santé suscitent la jalousie et la haine d’esprits malfaisants. En l’absence de leur mère, les démons se faufilent dans la maison, enlèvent les enfants et abandonnent derrière eux des monstres hideux et difformes.

Le socialisme a connu un destin semblable. Jeune et vigoureux, criant son défi au monde, il a éveillé la jalousie d’esprits malfaisants. Ils l’ont volé lorsqu’il s’y attendait le moins et l’ont emporté avec eux, laissant derrière eux un être difforme prétextant être le socialisme.

A sa naissance, le socialisme a déclaré la guerre à toutes les institutions établies. Son but était d’abattre toutes les injustices et de les remplacer par le bien-être et l’harmonie sociale et économique.

Deux principes fondamentaux lui donnaient force et vie : le système salarial et son maître, la propriété privée. La cruauté, l’esprit criminel et l’injustice de ces principes étaient les ennemis contre lesquels le socialisme dirigeait ses attaques et critiques les plus acérées. Ceux-ci étant les piliers les plus solides de la société, tous ceux qui osaient dénoncer leur cruauté étaient dénoncés comme ennemis de la société, comme dangereux, révolutionnaires. Un temps est venu où le socialisme a revêtu ces épithètes la tête haute, pensant que la haine et les persécutions de ses ennemis étaient ses plus grands attributs.

Il n’en est pas de même avec le socialisme pris au piège des esprits malfaisants. cette sorte de socialisme a soit abandonné toute attaque virulente contre les soutiens du système actuel ou a affaibli et changé sa forme jusqu’à en être méconnaissable.

Le but du socialisme aujourd’hui est d’emprunter un chemin tortueux pour prendre le pouvoir de l’état. Pourtant, c’est l’état qui représente l’arme la plus puissante défendant la propriété privée et notre système erroné et injuste. C’est le pouvoir qui protège le système contre toutes les attaques rebelles et résolument révolutionnaires.

L’État est l’exploitation, la force organisées et le crime. Et devant la manipulation hypnotique de ce monstre, le socialisme est devenu une proie consentante. En fait, ses représentants sont plus dévoués à l’État, à travers leur foi religieuse, que les étatistes les plus réactionnaires.

L’hypothèse socialiste est que l’État n’est pas assez centralisé. L’État, disent-ils, ne devrait pas seulement contrôler le domaine politique de la société, il devrait devenir aussi la clé de voûte, la source même de la vie industrielle, puisque cela seul pourrait en finir avec les privilèges spéciaux, les trusts et les monopoles. Il ne vient jamais à l’esprit de ces avorteurs d’une grande idée que l’État constitue le monopole le plus froid, le plus inhumain et que, si on ajoutait la dictature économique au pouvoir politique suprême déjà existant, la main de fer de l’État taillerait encore plus profondément dans la chair de la classe ouvrière que ne le fait aujourd’hui le capitalisme.

Bien sûr, on nous dira que le socialisme n’a pas pour but un État semblable, qu’il veut un vrai État démocratique et juste. Hélas, le vrai et juste État est comme le Dieu vrai et juste que personne n’a jamais encore découvert. Le vrai Dieu, selon nos bons chrétiens, est aimant, juste et équitable. Mais qu’a t-il démontré être dans les faits? Un Dieu de tyrannie, de guerre et de bains de sang, de crime et d’injustice. Il en va de même pour l’État, qu’il ait une couleur républicaine, démocratique ou socialiste. Il s’est prononcé, et se prononcera, toujours et partout, pour la suprématie et donc pour l’esclavage, la soumission et la dépendance.

Comment les machinistes politiques doivent arborer un large sourire en voyant la ruée des gens vers la dernière attraction du spectacle politique. Les pauvres gens puérils, roulés dans la farine, toujours traités avec les remèdes politiques de charlatans, soit de l’éléphant républicain, de la vache démocrate ou de l’âne socialiste, les grognements de chacun ne représentant qu’un nouveau ragtime de la boîte à musique politique.

Le niveau des eaux boueuses de la vie politique monte pour un temps, alors que sous la surface évolue la bête géante de l’avidité et du conflit, de la corruption et du déclin, dévorant implacablement ses victimes. Tous les politiciens, aussi sincères soient-ils (si une telle anomalie est même pensable), ne sont que des réformateurs insignifiants et donc les continuateurs du système actuel.

Le socialisme, à l’origine, était totalement et irrévocablement opposé à ce système. Il était anti-autoritaire, anti-capitaliste, anti-religieux; en clair, il ne pouvait pas, et n’aurait pas fait la paix avec une seule institution d’aujourd’hui. Mais puisqu’il a été perverti par l’esprit malfaisant de la politique, il est tombé dans le piège et n’a aujourd’hui qu’un désir — s’adapter aux dimensions étroites de sa cage, de participer à l’autorité, une partie de ce même pouvoir qui a tué le bel enfant du socialisme et a laissé derrière lui un monstre hideux.

Depuis l’époque de la vieille Internationale, depuis la querelle entre Bakounine, Marx et Engels, le socialisme a perdu lentement mais sûrement son panache combatif — son esprit rebelle et son fort penchant révolutionnaire — en même temps qu’il s’est laissé abuser par des gains politiques et des portefeuilles gouvernementaux. Et de plus en plus, le socialisme est devenu impuissant à se libérer de l’hypnose politique, répandant ainsi une apathie et une passivité proportionnelle à ses succès politiques.

Les masses sont formatées et mises en boîtes dans la chambre froide des campagnes électorales socialistes. Toute attaque directe, indépendante et courageuse contre le capitalisme et l’État est découragée ou interdite. Les électeurs stupides attendent patiemment d’une représentation à l’autre que les camarades acteurs donnent un spectacle dans le théâtre de la représentation, et peut-être qu’ils jouent une pièce inédite. Pendant ce temps, les députés socialistes présentent avec entêtement des résolutions destinées à la poubelle, proposant la continuation de tout ce que les socialistes voulaient, à une époque renverser. Et les maires socialistes sont occupés à défendre les intérêts financiers de leurs villes, si bien que ces intérêts peuvent dormir en paix, aucun souci ne leur sera causé par un maire socialiste. Et si de tels spectacles dignes de Punch-and-Judy[1] sont critiqués, les bons adhérents socialistes s’indignent et disent que nous devons attendre jusqu’à ce qu’ils soient majoritaires.

Le piège politique a fait passer le socialisme de la position intransigeante et fière d’une minorité révolutionnaire, combattant les fondements et ébranlant les piliers de la richesse et du pouvoir, au camp d’une majorité inerte, calculatrice, et prête aux compromis, s’intéressant à des bagatelles, à des choses qui égratignent à peine la surface, des mesures qui ont été utilisées comme leurres par les réformateurs les plus tièdes : les pensions de retraite, l’initiative populaire et le référendum, la révocation des juges et autres sujets terribles et effrayants.

Afin de mettre en œuvre ces mesures « révolutionnaires », l’élite des rangs socialistes s’agenouillent devant la majorité, en tendant la feuille de palmier du compromis, se pliant à toutes les superstitions, à toutes les injustices et à toutes les traditions absurdes. Même les politiciens socialistes savent que la majorité des électeurs sont laissés dans l’ignorance intellectuelle, qu’elle ne connaît pas même l’ABC du socialisme. On pourrait par conséquent penser que le but de ces socialistes « scientifiques » serait d’éclairer la masse de ses lumières intellectuelles. Mais il n’en est rien. Cela heurterait trop la sensibilité de la majorité. Par conséquent, les dirigeants doivent s’abaisser au niveau de leur corps électoral et donc s’adapter à son ignorance et ses préjugés. Et c’est ce qu’a précisément fait le socialisme depuis qu’il est tombé dans le piège politique.

Un des lieux communs du socialisme aujourd’hui est l’évolution. Pour l’amour du ciel, n’ayons rien à voir avec la révolution, nous sommes des gens pacifiques, nous voulons l’évolution. Je ne vais pas essayer de démontrer ici que l’évolution doit se manifester par le passage d’un niveau bas de connaissances à un niveau plus élevé, et que donc, les socialistes, de leur propre point de vue évolutionniste, ont échoué misérablement, puisqu’ils ont fait marche arrière sur tous leurs principes originels. Je veux simplement examiner cette chose merveilleuse, l’évolution socialiste.

Grâce à Karl Marx et Engels, nous sommes certains que le socialisme a passé du stade d’Utopie à celui de science. Doucement, messieurs, Le socialisme utopique ne se serait pas laisser prendre au piège politique, Il est de ceux qui n’auraient jamais fait la paix avec notre système criminel, de ceux qui ont inspiré, et inspire encore, l’enthousiasme, l’ardeur le courage et l’idéalisme. C’est le genre de socialisme qui n’aurait jamais adopter les compromis horriblement serviles d’un Berger, d’un Hillquit, d’un Ghent, et autres semblables messieurs « savants ».

Chaque tentative audacieuse pour transformer radicalement les conditions existantes, chaque vision radicale d’alternative nouvelle pour l’espèce humaine, a toujours été qualifiée d’Utopique. Si le socialisme « scientifique » doit remplacer l’activité par la stagnation, le courage par la lâcheté, le défi par la soumission, alors Marx et Engels auraient bien pu ne jamais voir le jour, vu les services rendus au socialisme.

Je démens que le socialisme soi disant scientifique a démontré sa supériorité face au socialisme utopique. Si nous examinons les erreurs de certaines prédictions faites par les grands prophètes, nous nous rendrons compte de l’arrogance et de la prétention des affirmations scientifiques. Marx était certain que la classe moyenne serait exclue de la scène et qu’il ne resterait plus que deux classes antagonistes, le prolétariat et les capitalistes. Mais la classe moyenne a eu l’impudence de faire mentir le camarade Marx.

La classe moyenne se développe partout et est, en réalité, la plus puissante alliée du capitalisme. En fait, elle n’a jamais été aussi puissante qu’aujourd’hui, comme cela peut être démontré par des milliers d’exemples, mais principalement par les messieurs mêmes parmi les rangs socialistes — les juristes, les ministres et les petits entrepreneurs — qui infestent le mouvement. Ils transforment le socialisme en une affaire de la classe moyenne, respectable et respectueuse des lois parce qu’eux-mêmes représentent cette tendance. Il est inévitable qu’ils adoptent des méthodes de propagande pour formater le goût de tout le monde pour soutenir le système d’exploitation et de vol.

Marx a prophétisé que les ouvriers s’appauvriraient en proportion de l’accroissement des richesses. Cela non plus ne s’est pas passé comme Marx le pensait. La masse des ouvriers s’est effectivement appauvrie mais cela n’a pas empêché l’apparition d’une aristocratie du monde du travail parmi les rangs même des ouvriers. Une classe de snobs qui — à cause de salaires supérieurs et des situations plus respectées, mais avant tout, par ce qu’ils ont épargné un peu ou acquis quelques biens — ont perdu toute sympathie envers leurs semblables et sont maintenant les porte-paroles les plus virulents contre les méthodes révolutionnaires. La vérité est que, aujourd’hui, l’ensemble du Parti Socialiste a été recruté parmi ces aristocrates du monde ouvrier; qu’ils n’auront rien de commun avec ceux qui se prononcent encore pour des méthodes révolutionnaires anti-politiciennes. La possibilité de devenir maire, député, ou d’obtenir une autre situation privilégiée, est trop séduisante pour autoriser ces parvenus à faire quoi que ce soit pour compromettre une telle occasion d’accéder à la gloire.

Mais qu’en est-il de la conscience si vantée de la classe ouvrière qui devait agir tel un levain? Où et comment se manifeste-t-elle? Si elle avait été une qualité innée, les ouvriers en auraient assurément apporté la preuve depuis longtemps et leur premier geste aurait été de nettoyer les rangs socialistes des juristes, ministres et autres requins spéculateurs, les espèces les plus parasites de la société.

La conscience de classe ne peut jamais se manifester dans le domaine politique car les intérêts des politiciens et ceux du corps électoral ne sont pas identiques. Les uns visent une fonction alors que les autres doivent en supporter le coût.[2] Comment peut-il y avoir un sentiment de camaraderie entre eux?

C’est a solidarité d’intérêts qui développe la conscience de classe, comme cela se manifeste dans le mouvement syndicaliste et autres mouvements révolutionnaires, dans l’effort déterminé pour renverser le système actuel, à travers la grande guerre menée contre chaque institution, au nom d’un nouvel édifice.

Les politiciens socialistes n’ont rien à faire d’une telle conscience de classe. Au contraire, ils la combattent becs et ongles. Au Mexique, la conscience de classe est en train de se manifester comme jamais depuis la révolution française. Les réels et véritables prolétaires, les péons volés et asservis, se battent pour la terre et la liberté. Ils est vrai qu’ils ignorent tout de la théorie du socialisme scientifique, encore plus de l’interprétation matérialiste de l’histoire, telles que présenté par Marx dans Das Kapital, mais ils savent avec une précision mathématique qu’on les a vendu comme esclaves. Ils savent aussi que leurs intérêts sont incompatibles avec ceux des voleurs de terres et ils se sont révoltés contre cette classe, contre ces intérêts.

Note de R71: Emma Goldman parle ici du mouvement révolutionnaire paysan mexicain d’Emiliano Zapata qui commença un mouvement d’expropriation et de réappropriation des terres en 1910. Zapata s’allia avec Francesco “Pancho” Villa. Zapata fut tué dans une embuscade en avril 1919. Le mouvement et le mode de vie qui s’est développé au Chiapas depuis 1994 est un mouvement néo-zapatiste.

Comment les monopolistes du socialisme scientifique accueillent-ils ce formidable soulèvement? Aux cris de « bandits, flibustiers, anarchistes, ignares » — incapables de comprendre ou d’interpréter les nécessités économiques. Et, de façon prévisible, l’effet paralysant du piège politique ne permet pas la sympathie avec la colère sublime des opprimés. Elle doit s’exprimer dans les limites étroites de la légalité, alors que les indiens Yaquis et les péons mexicains les ont enfreint toutes les lois, toute idée de propriété ayant même l’impudence d’exproprier les terres de leurs expropriateurs, chassant leurs tyrans et tortionnaires. Comment des aspirants pacifiques à des postes politiques pourraient-ils approuver un tel comportement? S’efforçant d’accéder au jardin d’Éden de l’État, qui est le plus solide protecteur de la propriété, les socialistes ne peuvent pas s’associer avec un mouvement quelconque qui s’attaque si effrontément à celle-ci. D’un autre côté, il est totalement cohérent du point de vue des objectifs politique du parti de satisfaire ceux qui pourrait venir s’ajouter à la force électorale du socialisme de classe. La preuve en est la manière dont est traitée la question religieuse, comment on caresse la prohibition dans le sens du poil, comment on s’accorde avec les positions anti-Asiatiques et noire, en clair, comment chaque préjugé est traité avec des gants pour ne pas choquer les âmes sensibles.


Source: Résistance 71




"L'élément le plus violent dans une société est l'ignorance" Emma Goldman

Emma Goldman, anarchiste et féministe


Emma Goldman (1869 – 1940) est une anarchiste et féministe russe, meneuse du mouvement anarchiste aux Etats-Unis, connue pour ses écrits et travaux.

La fuite aux Etats-Unis

Dessin en noir et blanc d'Emma GoldmanNée le 27 juin 1869, Emma Goldman nait dans une famille juive à Kowno en Lituanie, alors part de l’Empire russe. Après l’assassinat d’Alexandre II, empereur de Russie, le 13 mars 1881, une période de répression politique force sa famille à déménager à Saint-Pétersbourg. A 13 ans, pour des raisons économiques, elle est forcée de quitter l’école pour travailler à l’usine. Là, elle découvre les idées révolutionnaires et lit Que faire ? de Tchernychevsky, oeuvre qui a une grande influence sur les jeunes révolutionnaires russes.

A 15 ans, son père veut la marier et Emma s’enfuit aux Etats-Unis avec sa demi-sœur. En mai 1886, les affrontements de Haymarket Square, lors de la grève de l’usine McCormick de Chicago, mènent à la mort de sept policiers. Sept anarchistes sont arrêtés pour meurtre et quatre sont exécutés le 11 novembre 1887. Très marquée, Emma rejoint le mouvement anarchiste. Mariée quelques mois avec un immigrant russe, elle quitte Chicago et part s’installer à New York.

Condamnations

A New York, Emma rencontre l’écrivain et militant russe Alexandre Berkman, avec qui elle a une relation. Elle devient la principale meneuse du mouvement anarchiste américain. En 1892, Alexandre Berkman essaie d’assassiner Henry Clay Frick, riche industriel qui avait fait appel à des casseurs de grève armés pour briser un mouvement social dans son aciérie. Frick survit à l’attaque et Alexandre Berkam est condamné à 22 ans de prison ; il en fera 14.

En 1893, Emma est emprisonnée pour un an pour avoir incité publiquement des chômeurs à se révolter. Pendant son emprisonnement, elle développe un grand intérêt pour l’éducation des enfants et en fait son principal champ de lutte. Le 10 septembre 1901, Emma est brièvement détenue pour des soupçons de complicité à l’assassinat du président William McKinley. Le 11 février 1916, elle est à nouveau emprisonnée pour avoir distribuée des écrits sur la contraception.

Lorsque la Première guerre mondiale se déclare, Emma Goldman et Alexandre Berkman organisent des réunions contre la guerre et militent contre l’enrôlement des soldats au front. En 1917, considérée par le directeur du FBI « l’une des femmes les plus dangereuses d’Amérique », Emma est de nouveau emprisonnée deux ans avant d’être exilée en Russie. Témoin de la révolution russe, Emma souhaite soutenir les Bolcheviks mais la politique menée en Russie bolchévique la fait rapidement déchanter. Devant les violences utilisées par l’Armée rouge contre des grévistes, elle revisite ses idées sur la violence dans un autre cadre que la légitime défense. En 1936, elle soutient la révolution espagnole et lutte contre les nationalistes de Franco.

Emma Goldman meurt à Toronto le 14 mai 1940, à 70 ans. Elle laisse six livres dont une autobiographie, ainsi que des écrits anarchistes et féministes.


Source: L'Histoire par les Femmes

Julian Assange en danger


Julian Assange, lanceur d'alertes (Crédits image : Ambassade de l'Équateur)
Le nouveau gouvernement équadorien a troqué l’indépendance dont faisait preuve l’ancien président Rafael Correra pour une soumission de plus en plus assumée devant l’impérialisme etats-unien, suppléé par le caniche britannique. La Suède a dû abandonner ses poursuites contre le fondateur de Wikileaks, pour "agression sexuelle" : ce prétexte commun aux trois occidentaux a fini par tomber comme une vulgaire fake-news.
Mais depuis le changement de régime à Quito la pression s’est accrue sur Julian Assange, désormais privé de tout contact avec l’extérieur et dont l’état de santé est problématiqueselon ses proches, son avocate Jennifer Robinson ainsi que Pamela Anderson ou Roger Waters qui s’efforcent d’organiser le soutien au lanceur d’alerte.
Le gouvernement australien non seulement refuse de défendre son citoyen mais a assuré qu’il appuierait les poursuites contre lui pour "espionnage".
Et la France ? Poser la question c’est y répondre. De Sarkozy à Macron en passant par Hollande, aucun n’a jamais pris la moindre mesure pour la défense de ces combattants de la Liberté sur Internet, Assange ou Snowden.
Shashahani Volodia, le 5 juin 2018 




"Tant que Julian Assange ne sera pas libre d'aller et de venir parmi nous et de s'exprimer au grand jour, toutes les valeurs revendiquées de la démocratie et de la liberté d'expression resteront lettres mortes, en dépit des apparences spectaculaires machiavéliquement orchestrées. Ange de la vérité, il est la preuve vivante, avec quelques autres individus de sa trempe, que nous subissons plus ou moins lâchement le joug d'une dictature étatique ne pouvant s'exercer que par le consentement des foules docilement gouvernées. Force est de constater que les intellectuels et les artistes dans leur grande majorité ont renoncé au combat minimum et à la vision essentielle qui devrait soutenir leurs travaux au nom du bien commun. Le monde s'enfonce dans l'enfer des mensonges médiatiques et sans foi..."
 Gaël Hadey



Depuis qu’il a demandé l’asile politique à l’ambassade en 2012, Assange a été effectivement détenu dans une minuscule chambre sans inculpation pendant 2 726 jours. Pendant 59 jours, il a été privé de visites, et de communications extérieures depuis que le gouvernement équatorien a coupé son accès au monde le 28 mars.
Assange est maintenant seulement autorisé à voir ses avocats, qui disent que leurs téléphones portables sont bloqués pendant qu’ils sont à l’intérieur de l’ambassade.
« La préoccupation, du premier jour jusqu’à maintenant, est que si Julian Assange quitte l’ambassade, il sera extradé pour faire face à ce que le directeur exécutif de l’ACLU (Union américaine des libertés civiles) a qualifié de poursuites ‘sans précédent et inconstitutionnelles’ dans le cadre de la loi américaine contre l’espionnage » a expliqué l’un des avocats d’Assange, Melinda Taylor à CNN.
L’article 794 de cette loi, qui porte sur la transmission d’informations à un ennemi en temps de guerre, prévoit la peine de mort.
…/...
Le fondateur de WikiLeaks fait maintenant face à des accusations criminelles liées à des informations non étayées selon lesquelles la Russie l’aurait utilisé comme intermédiaire pour diffuser des courriels prétendument piratés de la campagne de Hillary Clinton durant l’élection présidentielle de 2016.
Le mois dernier, le Comité national démocrate (DNC) aux Etats-Unis a lancé une action en justice, citant WikiLeaks et Assange comme co-conspirateurs avec la Russie et la campagne Trump dans un prétendu effort criminel pour voler l’élection présidentielle américaine de 2016.
…/...
La menace à laquelle Assange est confronté n’est pas un problème individuel. Elle fait partie d’une campagne intensifiée du gouvernement américain et de ses partenaires pour imposer une censure en grand d’Internet afin de bloquer le développement de l’opposition ouvrière de masse à l’aggravation des inégalités, à l’austérité et aux préparatifs de guerre.
Des allégations non fondées de «fausses nouvelles» sont utilisées par Google, Facebook et d’autres géants des médias sociaux pour restreindre l’accès aux sites web – en particulier le World Socialist Web Site – qui dévoilent les machinations de la classe capitaliste et de ses agences et proposent une perspective politique d’alternative.
Malgré l’intensification de la conspiration gouvernementale et médiatique, il existe un soutien public profond pour Assange à l’échelle internationale, précisément à cause des révélations accablantes fournies par WikiLeaks. Nous appelons les travailleurs et les jeunes du monde entier à se porter de toute urgence à la défense d’Assange et à exiger sa liberté immédiate.
Mike Head

Lire l'intégralité de l'article de Mike Head, paru sur WSWS le 25 mai 2018 : Julian Assange « en danger » d’être détenu par le Royaume-Uni et les États-Unis



Ramenez Julian Assange à la maison

Par John Pilger

Voici une version abrégée du discours de John Pilger lors d’un rassemblement à Sydney, en Australie, pour marquer les six années de détention de Julian Assange à l’ambassade d’Équateur à Londres:

La persécution de Julian Assange doit cesser. Ou ça finira en tragédie.
Le gouvernement australien et le premier ministre Malcolm Turnbull ont une occasion historique de décider de l’issue.

Ils peuvent garder le silence, pour lequel l’histoire leur sera impitoyable. Ou bien ils peuvent agir dans l’intérêt de la justice et de l’humanité et ramener ce remarquable citoyen australien chez lui.
Assange ne demande pas un traitement de faveur. Le gouvernement a des obligations diplomatiques et morales claires pour protéger les citoyens australiens à l’étranger de toute injustice flagrante : dans le cas de Julian, d’une erreur judiciaire flagrante et du danger extrême qui l’attend s’il sort sans protection de l’ambassade équatorienne à Londres.

Nous savons depuis l’affaire Chelsea Manning ce à quoi il peut s’attendre si un mandat d’extradition américain est couronné de succès - un rapporteur spécial des Nations Unies l’a qualifié de torture.
Je connais bien Julian Assange ; je le considère comme un ami proche, une personne d’une résilience et d’un courage extraordinaires. J’ai vu un tsunami de mensonges et de calomnies l’engloutir, sans fin, vindicativement, perfidement ; et je sais pourquoi ils le calomnient.

En 2008, un plan de destruction de WikiLeaks et d’Assange a été présenté dans un document top secret daté du 8 mars 2008. Les auteurs étaient la Cyber Counter-intelligence Assessments Branch du département de la Défense des États-Unis. Ils ont décrit en détail combien il était important de détruire le "sentiment de confiance" qui est le "centre de gravité" de WikiLeaks.

Cela se ferait, écrivent-ils, avec des menaces d’"exposition [et] de poursuites criminelles" et une attaque incessante contre leur réputation. Le but était de faire taire et de criminaliser WikiLeaks, son responsable. C’était comme s’ils planifiaient une guerre contre un seul être humain et sur le principe même de la liberté d’expression.

Leur arme principale serait des calomnies personnelles. Leurs troupes de choc seraient enrôlées dans les médias - ceux qui sont censés rétablir les faits et nous dire la vérité.
L’ironie, c’est que personne n’a dit à ces journalistes quoi faire. Je les appelle les journalistes de Vichy - d’après le gouvernement de Vichy qui a servi et permis l’occupation allemande de la France en temps de guerre.

En octobre dernier, la journaliste de l’Australian Broadcasting Corporation, Sarah Ferguson, a interviewé Hillary Clinton, qu’elle a fait passer pour « l’icône de notre génération ».

C’est cette même Clinton qui a menacé d’"éradiquer totalement" l’Iran et qui, en tant que secrétaire d’État américain en 2011, a été l’une des instigatatrices de l’invasion et de la destruction de la Libye en tant qu’État moderne, avec la perte de 40 000 vies humaines. Comme l’invasion de l’Irak, cette guerre fut basée sur des mensonges.

Lorsque le président libyen fut assassiné publiquement et horriblement avec un couteau, Clinton a été filmée en train de se trémousser et d’applaudir. Grâce à elle, la Libye est devenue un terreau fertile pour Daech et d’autres jihadistes. Grâce à elle, des dizaines de milliers de réfugiés ont fui au péril de leur à travers la Méditerranée, et beaucoup se sont noyés.

Les courriels publiés par WikiLeaks ont révélé que la fondation d’Hillary Clinton - qu’elle partage avec son mari - a reçu des millions de dollars de l’Arabie Saoudite et du Qatar, les principaux bailleurs de fonds de Daech et du terrorisme au Moyen-Orient.

En tant que secrétaire d’État, Mme Clinton a approuvé la plus importante vente d’armes de tous les temps - d’une valeur de 80 milliards de dollars - à l’Arabie Saoudite, l’un des principaux bienfaiteurs de sa fondation. Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite utilise ces armes pour écraser des gens affamés et malades dans une attaque génocidaire contre le Yémen.

Sarah Ferguson, une journaliste très bien payée, n’en a pas parlé à Hillary Clinton qui était assise devant elle.

Au lieu de cela, elle a invité Clinton à décrire les "dégâts" que Julian Assange vous a fait "personnellement". En réponse, Clinton a diffamé Assange, un citoyen australien, comme "très clairement un outil des services de renseignement russes" et "un opportuniste nihiliste au service d’un dictateur".

Elle n’a présenté aucune preuve - et on ne lui en a pas demandée - à l’appui de ses graves allégations.
A aucun moment, Assange n’a eu le droit de répondre à cette interview choquante, que le radiodiffuseur d’Etat australien, financé par les deniers publics, avait le devoir de lui accorder.
Comme si cela ne suffisait pas, la productrice exécutive de Ferguson, Sally Neighour, après l’interview a enchaîné avec un tweet vicieux : « Assange est la salope [bitch] de Poutine. Nous le savons tous ! »

Il existe de nombreux autres exemples de ce journalisme de Vichy. Le Guardian, autrefois réputé comme un grand journal progressiste, a mené une vendetta contre Julian Assange. Tel un amant éconduit, le Guardiana dirigé ses attaques personnelles, mesquines et inhumaines contre un homme qu’ils ont publié et dont ils ont tiré profit.

L’ancien rédacteur en chef du Guardian, Alan Rusbridger, avait qualifié les révélations de WikiLeaks, que son journal avait publiées en 2010, comme "l’un des plus grands scoops journalistiques de ces 30 dernières années". Des prix furent distribués et célébrés comme si Julian Assange n’existait pas.

Les révélations de WikiLeaks sont devenues partie intégrante du plan marketing du Guardian pour augmenter le prix de vente du journal. Ils ont gagné de l’argent, souvent beaucoup d’argent, tandis que WikiLeaks et Assange luttaient pour survivre.

Sans un sou reversé à WikiLeaks, un livre du Guardian publié à grand battage médiatique a donné lieu à un film hollywoodien lucratif. Les auteurs du livre, Luke Harding et David Leigh, s’en sont pris gratuitement à Assange en le qualifiant d’"être endommagée" et "impitoyable".
Ils ont également révélé le mot de passe secret que Julian avait confié au Guardian en toute confidentialité et qui a été conçu pour protéger un fichier numérique contenant les câbles de l’ambassade des États-Unis.

Alors qu’Assange se trouvait piégé dans l’ambassade équatorienne, Harding, qui s’était enrichi sur le dos de Julian Assange et d’Edward Snowden, s’est tenu parmi les policiers à l’extérieur de l’ambassade et a jubilé sur son blog que "Scotland Yard allait peut-être avoir le dernier mot".
La question est pourquoi


Julian Assange n’a commis aucun crime. Il n’a jamais été accusé d’un crime. L’épisode suédois était faux et grotesque et il a été innocenté.

Katrin Axelsson et Lisa Longstaff de Women Against Rape [Femmes contre le viol] l’ont résumé en ces termes : « Les allégations contre [Assange] sont un écran de fumée derrière lequel un certain nombre de gouvernements tentent de réprimer WikiLeaks pour avoir audacieusement révélé au public leur planification secrète de guerres et d’occupations avec leurs viols, meurtres et destructions.... Les autorités se soucient si peu de la violence contre les femmes qu’elles manipulent les allégations de viol à volonté. »

Cette vérité a été perdue ou enterrée dans une chasse aux sorcières médiatique qui associait honteusement Assange au viol et à la misogynie. La chasse aux sorcières comprenait des voix qui se décrivaient comme étant à gauche et féministes. Elles ont délibérément ignoré les preuves d’un danger extrême si Assange devait être extradé vers les États-Unis.

Selon un document publié par Edward Snowden, Assange figure sur une « liste de cibles ». Un mémo officiel qui a fait l’objet d’une fuite dit : "Assange fera une belle mariée en prison. J’emmerde le terroriste. Il mangera de la nourriture pour chat pour le reste de ses jours."
À Alexandra, en Virginie – le foyer suburbain de l’élite américaine qui fait la guerre - un grand jury secret, une réminiscence du Moyen-âge - a passé sept ans à essayer de concocter un crime pour lequel Assange pouvait être poursuivi.

Ce n’est pas facile : la Constitution américaine protège les éditeurs, les journalistes et les lanceur d’alerte. Le crime d’Assange est d’avoir brisé un silence.

Aucun journalisme d’investigation de mon vivant ne peut égaler l’importance de ce que WikiLeaks a fait en défiant le pouvoir rapace pour lui faire rendre des comptes. C’est comme si un écran moral à sens unique avait été déchiré pour exposer l’impérialisme des démocraties libérales : les engagements dans des guerres sans fin et la division et la dégradation de vies "indignes" : de la tour Grenfell à Gaza.

Lorsque Harold Pinter a reçu le prix Nobel de littérature en 2005, il a fait référence à « une vaste tapisserie de mensonges dont nous nous nourrissons ». Il a demandé pourquoi « la brutalité systématique, les atrocités généralisées, la répression impitoyable de la pensée indépendante » dans l’Union soviétique étaient bien connues en Occident alors que les crimes impériaux de l’Amérique « ne se sont jamais produits... même quand [ils] se produisaient, ils n’ont jamais eu lieu ».

Dans ses révélations sur les guerres frauduleuses (Afghanistan, Irak) et les mensonges éhontés des gouvernements (les îles Chagos), WikiLeaks nous a permis d’entrevoir comment le jeu impérial se joue au 21ème siècle. C’est pourquoi Assange est en danger de mort.

Il y a sept ans, à Sydney, j’ai pris des dispositions pour rencontrer un éminent député libéral du Parlement fédéral, Malcolm Turnbull.

Je voulais lui demander de remettre une lettre de Gareth Peirce, l’avocat d’Assange, au gouvernement. Nous avons parlé de sa fameuse victoire - dans les années 1980, quand, en tant que jeune avocat, il avait combattu les tentatives du gouvernement britannique de supprimer la liberté d’expression et d’empêcher la publication du livre Spycatcher - à sa manière, un WikiLeaks de l’époque, car il a révélé les crimes du pouvoir d’Etat.

Le premier ministre australien était alors Julia Gillard, une femme politique du parti travailliste qui avait déclaré WikiLeaks "illégal" et voulait annuler le passeport d’Assange - jusqu’à ce qu’on lui ait dit qu’elle ne pouvait pas le faire : qu’Assange n’avait commis aucun crime : que WikiLeaks était un éditeur, dont le travail était protégé par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont l’Australie était l’un des premiers signataires.

En abandonnant Assange, un citoyen australien, et en étant complice de sa persécution, le comportement scandaleux du Premier ministre Gillard a imposé la reconnaissance, en vertu du droit international, de son statut de réfugié politique dont la vie était en danger. L’Équateur a invoqué la Convention de 1951 et a accordé le refuge à Assange dans son ambassade à Londres.
Gillard a récemment participé à un concert avec Hillary Clinton ; elles sont considérées comme des féministes pionnières.

S’il fallait retenir une chose de Gillard, c’est le discours guerrier, sociopathe et embarrassant qu’elle a prononcé devant le Congrès américain peu de temps après avoir exigé l’annulation illégale du passeport de Julian.

Malcolm Turnbull est maintenant premier ministre de l’Australie. Le père de Julian Assange a écrit à Turnbull. C’est une lettre émouvante, dans laquelle il a demandé au premier ministre de ramener son fils à la maison. Il parle de la possibilité réelle d’une tragédie.

J’ai vu la santé d’Assange se détériorer au cours de ses années d’enfermement sans soleil. Il a une toux implacable, mais on ne lui permet même pas de se rendre à l’hôpital en toute sécurité pour une radiographie.

Malcolm Turnbull peut rester silencieux. Ou bien il peut saisir cette opportunité et utiliser l’influence diplomatique de son gouvernement pour défendre la vie d’un citoyen australien, dont le courageux service public est reconnu par d’innombrables personnes à travers le monde. Il peut ramener Julian Assange à la maison.
John Pilger


Traduction "on se souviendra de tous ces fake journalists collabos" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Source : Le Grand Soir