samedi 19 mai 2018

Israël ou la honte de l''Occident


Au moment même où des habitants de Gaza tombaient, tués par des tirs de snipers [sionistes], la fille de Donald Trump et son mari, Jared Kushner, accompagné par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, inauguraient l'ambassade américaine à Jérusalem. Douleur pour les uns et gloire pour les autres, le même jour et à seulement environ 80 kilomètres de distance.” Lluís Bassets


Manifestation de jeunes palestiniens: "Soldats, nous sommes des êtres humains"


Déjà en 1956 Arifal-Arif, journaliste anticolonialiste palestinien et maire de Jérusalem-Est, écrivait :

« Comment puis-je l'appeler autrement que Nakba ? Car nous avons subi une catastrophe, nous, les Arabes en général, et les Palestiniens en particulier (...) on nous a volé notre patrie et nous avons été expulsés de nos maisons, et nous avons perdu un grand nombre de nos enfants et de nos proches et en plus de tout cela, notre dignité a été touchée au cœur. »



Monstrueux. Effrayant. Diabolique. C'est étrange comment les mots manquent pour décrire ce qui se passe au Moyen-Orient aujourd'hui. Soixante Palestiniens morts. En une seule journée. Deux mille quatre cents blessés, dont plus de la moitié par des tirs à balle réelles. En une seule journée. C'est scandaleux, immoral, n'importe quelle armée du monde aurait honte d'avoir fait une chose pareille...
Et nous devons continuer à croire que l'armée israélienne est une armée dont les armes sont « pures » ? En tout cas, nous devons nous poser la question suivante : ils ont tué 60 Palestiniens en une journée cette semaine, et s'ils en tuaient 600 la semaine prochaine ? Ou 6 000 le mois prochain ? Les consternantes justifications d'Israël - et la réaction brutale de l'Amérique - soulèvent cette question. Si nous pouvons maintenant accepter sans broncher un massacre de cette ampleur, qu'est-ce que notre système immunitaire va nous permettre d'accepter dans les jours, les semaines et les mois à venir ? Robert Fisk



Le sionisme avait promis de résoudre le problème juif. Il prétendait de faire en sorte que les juifs de la Diaspora, par un «retour au pays» (l’alya), soient aimés, pleins d’empathie, attachés à la terre; bref, qu’ils deviennent « des gens semblables à tous les autres ».
Les scènes atroces qui ne cessent de nous parvenir aujourd’hui depuis Gaza nous montrent que le sionisme a lamentablement échoué. L’État juif est une flétrissure sur le projet humaniste dont il est issu, et sur l’humanité en généralGilad Atzmon


Gaza : Amira Hass dénonce la propagande mensongère de son pays

La journaliste israélienne Amira Hass, denonce dans Haaretz le "mépris" des Israéliens qui affirment que c'est le Hamas qui envoie les Gazaouis se faire tuer, "comme si le blocus qui leur est imposé par Israel ne les condamnait pas à une mort lente."


"Nous mourons de toutes façons, alors autant le faire devant des caméras", m'ont dit mes amis de Gaza, en ajoutant "Votre mépris vous empêche de comprendre que personne à Gaza ne manifeste au nom de qui que ce soit.

Soulignant amèrement qu'Israel interdit aux journalistes israéliens de se rendre dans la bande de Gaza, Amira Hass, en conclut qu'il est facile ensuite pour les dirigeants israéliens de raconter n'importe quoi. "Mais je demande à ces mêmes dirigeants, s'ils sont si sûrs que c'est le Hamas qui mène la danse et que les Gazaouis ne font que lui obéir, pourquoi obéissent-ils eux aussi au Hamas, en répondant par la violence à la non-violence, donnant ainsi d'israel l'image que le Hamas voulait, selon eux, montrer ?"

"Il y a une barrière intérieure, ainsi qu'une barrière de sécurité, de même qu'un fossé creusé par Israel pour la construction d'une nouvelle barrière souterraine. Et puis il y a une route de sécurité et plus loin une deuxième. Et après, il y a les champs. Et tout autour des postes de surveillance, des ballons d'observations et des drones. Et vous n'avez rien trouvé de mieux à faire que de prouver la capacité d'Israel à tuer et à mutiler".

"D'une colline voisine située à Nir Am, j'ai pu observer avec mes jumelles cette grande prison où j'ai vécu plusieurs années, et dont je ne peux plus m'approcher parce que l'emprisonnement est devenu total. je ne peux voir mes amis qui sont à moins de 2km de là. L'un d'eux m'a dit en riant sur WhatsApp qu'il allait venir me faire un coucou avec un grand drapeau palestinien."

Mais plus sérieusement mes amis me font part de leur indignation face au fait qu'on leur vole non seulement leur liberté de mouvement et leur droit à une vie digne, mais aussi la possibilité d'exprimer leur profonde frustration et désespoir, en les présentant comme des pantins uniquement capables d'obéir à des ordres donnés d'enhaut".

"Les Israéliens nous ont toujours méprisés. Pour eux 'un bon arabe est un arabe mort ou un collaborateur', comme Ils disent. Nous sommes allés manifester sans plan pour déranger les célébration du transfert de l'ambassade étatsunienne à Jérusalem, une ville qui nous est chère, et parce que nous ne voulons pas mourir en silence. Nous en avons assez de mourir tranquillement dans nos maisons".

"Et je peux vous dire que si le Hamas avait supervisé ces manifestations à Gaza, elles auraient été moins chaotiques. Il y aurait eu de la discipline. L'état de confusion qui règne dans les Marches du Retour sont bien la preuve que ce n'est pas le Hamas qui les organise, même si des membres du Hamas y participent également, et y jouent le plus souvent un rôle modérateur".

"Ce sont des jeunes qui ont lancé cette idée et le Hamas, n'a pu que s'y rallier". Et sur les près de 120 Palestiniens qui ont été tués durant ces marches, le Hamas ne revendique qu'une quarantaine ayant des liens plus ou moins proches avec le Hamas.

"Mais, c'est toujours la même rengaine israélienne, y compris lors de chacun des bombardements, conclut Amira Hass.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)
Extraits de "Conversations avec des Gazaouis" dans haaretz.com

Source: europalestine.com


L'Honneur perdu de la France

"Une clique de politiciens tarés, d'affairistes sans honneur" 

Charles de Gaulle



La présidence syrienne a annoncé jeudi (le 5/04/2018) avoir rendu la Légion d'honneur attribuée par la France en 2001 au président Bachar el-Assad qui ne portera pas une décoration remise par "l'esclave" des Etats-Unis.
.../...
Washington, Paris et Londres ont effectué samedi à l'aube des frappes contre des sites présentés comme liés au programme d'armement chimique syrien en représailles à une attaque chimique présumée le 7 avril à Douma, qui était alors le dernier bastion rebelle dans la Ghouta orientale, près de Damas.
Le régime syrien dément toute implication dans l'attaque chimique présumée.
"Il n'est point d'honneur pour le président Assad de porter une décoration attribuée par un régime esclave (...) des Etats-Unis qui soutient les terroristes", indique encore la présidence.
Le président syrien avait été fait grand-croix (le plus haut grade) de la Légion d'honneur par le président Jacques Chirac en 2001, peu après avoir succédé à son père Hafez el-Assad à la tête du pays. AFP








Lettre ouverte de Jean-Yves Jezequel
A Monsieur le Ministre Jean-Yves Le Drian et à tous les autres complices des Gouvernements français, depuis Sarkozy jusqu’à Macron inclus !

Le citoyen Français Lambda, que je suis, voudrait s’arrêter un instant sur le bilan désastreux de la politique étrangère de la France menée depuis Sarkozy jusqu’à Macron inclus. En ce qui concerne la politique intérieure, elle a déjà produit un champ de ruines et chacun peut voir s’amonceler les décombres du pays sinistré, avec une dette délirante frisant les 2300 milliards d’euros, impossible à éponger, même avec n’importe quel régime « d’austérité » infligé par les flibustiers du capitalisme parasitaire financier!

Témoins de ce désastre politique exceptionnel qui n’en finit plus, que peuvent constater, en toute objectivité, les citoyens sidérés de ce pays, faisant preuve de clairvoyance et d’une conscience encore en alerte, concernant le spectacle minable et pitoyable de la politique étrangère de la France ?!

1 –  QUEL BILAN CONCERNANT LA POLITIQUE DE LA FRANCE EN LIBYE ?

Lors d’un entretien accordé à Mediapart, Rony Brauman est revenu sur l’intervention militaire de 2011 en Libye. Il évoquait très clairement les 3 affirmations qui ont permis, réellement, objectivement, de justifier l’entrée en guerre pour des raisons « humanitaires » : le bombardement de Tripoli ; la colonne de chars à l’assaut de Benghazi ; les charniers de Benghazi et Tripoli. Tout cela était parfaitement faux, mensonger, « fake news », manipulation du Pouvoir, crapulerie criminelle, comme vous le savez et rien de tout cela n’existait, mais a permis de gaver à loisir les cerveaux des occidentaux, maintenus dans une arriération mentale ou devenus débiles, notamment les Français, manipulés par le chef d’état-major BHL, dictant ses conseils de guerre à Sarkozy, pour justifier la destruction de la Libye et le martyre parfaitement arbitraire et odieux de Kadhafi et de son peuple!

Aujourd’hui, le spectacle délabré d’une Libye martyre, divisée, anéantie, ruinée, aux mains des terroristes djihadistes appuyés par l’Occident, s’offre à nous ! La France a été avec ses alliés occidentaux, la cheville ouvrière, les artisans appliqués, les auteurs authentiques de ce désastre sans nom!

Les Etats-Unis et la France, comme le prouvent les courriels de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, s’étaient mis d’accord pour bloquer le plan de Kadhafi qui voulait créer une monnaie africaine, alternative au dollar et au franc CFA imposé par la France à 14 ex colonies africaines. Kadhafi était impardonnable : il osait se comporter en libérateur des peuples africains du néo-colonialisme occidental, pilleur, voleur, tortionnaire et destructeur des pays du Sud! Pourtant, Monsieur Le Drian et Compagnie, n’hésitent pas à réciter, encore aujourd’hui, leur catéchisme exalté d’une France des « Droits de l’Homme »! Le Ministre Le Drian est absolument convaincu d’être dans la « vérité et la justice », puisqu’il poursuit cette même politique honteuse en Syrie.

Une fois l’Etat Libyen démoli et Kadhafi martyrisé puis odieusement assassiné, le butin à partager en Libye était énorme, à savoir : les réserves pétrolières (les plus grandes d’Afrique) ; celles de gaz naturel; l’immense nappe phréatique nubienne d’eau fossile, un or blanc plus précieux que l’or noir; le territoire même de la Libye, de première importance géostratégique; les fonds souverains, environ 150 milliards de dollars investis à l’étranger par l’Etat libyen, “gelés” en 2011 par mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, manipulé par les USA tout-puissants, imposant la pluie ou le beau temps sur les lois internationales…
Sur les 16 milliards d’euros de fonds libyens, bloqués à la « Euroclear Bank » en Belgique, 10 ont déjà disparu, sans aucune autorisation de prélèvement. Le même pillage a été opéré sur des avoirs libyens dans les autres banques européennes et étasuniennes. Ce banditisme de grand chemin est ouvertement pratiqué par les « amis et alliés de la France », les Etats-Unis d’Amérique. C’est un fait que nul ne peut contester, sauf s’il est résolument malhonnête.
En Libye les recettes fiscales de l’export énergétique, sont passées de 47 milliards de dollars en 2010 à 14 en 2017 ! Ces recettes se trouvent partagées aujourd’hui entre groupes de pouvoir et multinationales occidentales; le dinar, qui auparavant valait 3 dollars, est aujourd’hui changé à un taux de 9 dinars par dollar, tandis que les biens de consommation courante doivent être importés en les payant en dollars, avec une inflation annuelle consécutive de 30%. Cela aussi est un fait objectif que nul ne peut contester, sauf s’il est résolument malhonnête.

Le niveau de vie de la majeure partie de la population s’est écroulé, par manque d’argent et à cause de la désorganisation des services essentiels. Il n’existe plus de sécurité en Libye ni de réel système judiciaire. Quant aux immigrés africains, injustement et faussement accusés par les médias officiels occidentaux, d’être des “mercenaires de Kadhafi”, ils ont été emprisonnés par les milices de terroristes islamistes, soutenues et armées par la coalition occidentale, jusque dans des cages de zoo, torturés, brûlés vifs, violés et assassinés ou vendus comme esclaves enchaînés après un martyre innommable ! Tout cela grâce à l’Occident dont la France en tête avec son grand conseiller « philosophe » de pacotille, le criminel impénitent BHL justifiant ces horreurs par un discours « va-t-en guerre » se voulant « humanitaire »… Cela est aussi un fait incontestable et la réalité objective incontestable, dans l’actuelle Libye, sauf pour celui ou celle qui est résolument malhonnête.

De même, sont aussi persécutés les Libyens accusés d’avoir soutenu Kadhafi. Dans la ville de Tawergha les milices des terroristes islamistes de Misrata soutenues par l’Otan (celles qui ont martyrisé et assassiné Kadhafi) ont pratiqué un génocide, une véritable purification ethnique, en exterminant, torturant et violant ces populations libyennes. A la suite de ces horreurs, devenues possibles grâce aux Occidentaux dont la France en tête, les survivants, terrorisés, ont dû abandonner la ville pour se fondre dans une population livrée à la tyrannie. Aujourd’hui ils sont environ 40 000 à vivre dans des conditions inhumaines, ne pouvant pas retourner à Tawergha. Tout cela relève des faits incontestables et qui mettent en accusation, pour « crimes contre l’humanité », les responsables occidentaux dont ceux de la France de Sarkozy et suivants qui continuent de bêler en chœur ce discours injurieux pour la conscience humaine et d’une insanité mentale ayant dépassée toute limite supportable !

Conclusion : Monsieur Le Drian et Cie, dans quelle catégorie de personnes faut-il vous classer ? Dans les innocents, naïfs, débiles débonnaires croyant de « bonne foi » à la fable d’un loup déguisé en brebis, ou dans les pervers et les salauds parfaitement informés et pratiquant le crime contre l’humanité pour des « raisons d’Etat » supérieures à tous les « Droits de l’Homme » et justifié par les intérêts sine qua non de l’économisme marchand?

A vous de choisir !

2 – QUEL BILAN CONCERNANT LA POLITIQUE DE LA FRANCE AU YÉMEN ?

En consultant le rapport parlementaire de 2017 sur les exportations d’armement de la France, on découvre que l’Arabie Saoudite était entre 2007 et 2016 le « second client des fabricants d’armes français ». Les armes vendues par Paris à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis, servant aux campagnes de bombardements au Yémen, étaient utilisées en réalité contre les populations civiles démunies de ce pays.

Or, la vente de ces armes violent le Traité sur le Commerce des Armes (TCA) et la réglementation européenne en la matière (position commune européenne de 2008). Ces deux textes interdisent les transferts de matériel militaire dans plusieurs cas : notamment quand il existe des risques de violations graves du droit international humanitaire, ou des risques de déstabilisation régionale.  C’est parfaitement le cas.

Pour contourner la loi, les motifs donnés par un Etat Français ordurier sont simples : soit le « respect des droits de l’homme », « la stabilité régionale » ou la nécessité de soutenir la « lutte contre le terrorisme » ! Bref, le discours bidon classique d’un Pouvoir crapuleux qui n’a que faire d’un idéal républicain depuis longtemps rangé au musée de l’histoire et encore moins de la volonté du peuple Français depuis longtemps trahi et pouvant aller au marcher de la Bastille s’acheter des quenelles…

L’important c’est le négoce ! Or, la vente de l’armement est rentable, permettant à la France de satisfaire l’équilibre de la balance des paiements et les contrebandiers de la Finance internationale qui réclame des sacrifices sanglants pour apaiser sa colère et son avidité insatiable.

Personne n’a jamais entendu une protestation de la part de celle qu’on nomme régulièrement « la communauté internationale », c’est-à-dire l’Etat profond nord- américain, l’UE ou les pays de la « coalition de Doha », lorsqu’il s’agit des bombardements saoudiens au Yémen, pour les condamner fermement en menaçant d’intervenir pour mettre fin à ce massacre abominable ayant très largement dépassé toutes les « lignes rouge » du tolérable, l’Arabie Saoudite ayant déjà utilisé les armes au phosphore blanc contre la population civile démunie. Mais le Yémen n’est pas un pays « aligné » et soumis à la prédominance occidentale. Il est même un allié de l’Iran. De ce fait, on peut le martyriser sans scrupule… D’après l’Unicef, un enfant meurt toutes les dix minutes au Yémen, de faim, de soif, du choléra, mais aussi sous les bombes de la coalition conduite depuis 2015 par l’Arabie Saoudite. Onze millions de petits Yéménites ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Mais peu importe !
C’est le silence absolu, un silence de mort ; aucun cri de colère, ni de protestation, ni de menaces de la part de Nikki Haley, habituée pourtant à ses crises d’hystérie dans l’enceinte de l’ONU. Le silence est total du côté de Theresa May comme du côté de son complice Macron, concernant le Yémen, saigné de manière honteuse avec l’armement français et brutalement martyrisé sans la moindre levée de bouclier de la part des médias occidentaux étrangement sourds, aveugles et muets sur ce scandale, véritable abomination de crimes contre l’humanité!De plus, ce sont les corvettes de fabrication française qui assurent un cruel blocus du Yémen, affamant la population qui crève de faim et des multiples conséquences de la famine. Lorsque ces navires ont été en maintenance, en mars 2016, ce sont des bâtiments de la marine de guerre française qui ont directement, selon la Lettre de l’Océan indien, assuré la continuité de ce blocus criminel participant directement au massacre des enfants Yéménites en toute impunité. Les lois internationales sont foulées par la France et ses complices dans le crime. Pourquoi les militaires ne font-ils pas preuve de désobéissance civique, lorsque l’Etat mafieux leur demande de commettre ces crimes contre l’humanité? Qu’attendent-ils pour faire respecter scrupuleusement la Constitution française lorsque des ordures au pouvoir se permettent de la violer à ce point? Ce sont là des faits incontestables et la réalité objective incontestable, concernant le Yémen, sauf pour celui ou celle qui est résolument malhonnête!

Conclusion :Monsieur Le Drian et Cie, dans quelle catégorie de personnes faut-il vous classer ? Dans les innocents, naïfs, débiles débonnaires croyant de « bonne foi » à la fable du loup déguisé en brebis, ou dans les pervers et les salauds parfaitement informés et pratiquant le crime contre l’humanité pour des « raisons d’Etat » supérieures à tous les « Droits de l’Homme » et justifié par les intérêts sine qua non de l’économisme marchand?

A vous de choisir !

3 – QUEL BILAN CONCERNANT LA POLITIQUE DE LA FRANCE EN SYRIE ?
Tout allait sérieusement commencer en Syrie par la tentative de déstabilisation via la technique du « printemps arabe », en 2011.

Mais face à l’échec de cette tentative, l’Occident développerait et étendrait la guerre par proxy : des mercenaires « djihadistes » allaient opérer en Syrie au nom d’une coalition occidentale dont la charte serait écrite à Doha, le 11 novembre 2012. Pour consulter l’acte de naissance détaillé de cette création occidentale de Daech, on pourra consulter les sources abondantes et la description précise de la création de ISIS, EIIL, DAECH dans l’ouvrage de l’auteur (Cf., « Le djihad et le management de la terreur », Jean-Yves Jézéquel, Vérone éditions, 2017, pages 211 à 224 et 244 à 261)
Pour consulter le détail du contenu de la Charte de la « coalition de Doha », on pourra consulter les livres de Jean-Loup Izambert, « 56 – Tome 1 et 2: L’État français complice de groupes criminels, septembre 2015.

Puis, l’Etat légitime de la République laïque de Syrie, face à l’invasion des hordes de terroristes djihadistes aux ordres de la « coalition de Doha » et armées, ravitaillées, payées, encadrées, appuyées par elle, a fait appel à la Russie, à l’Iran et au Hezbollah libanais pour venir à son aide.

Dès l’intervention des alliés de la Syrie, en particulier celle de la Russie, les mercenaires employés de la « coalition de Doha » ont rapidement été défaits et la guerre par proxy a changé de nature. Face à l’échec et à la destruction rapide de DAECH, La « coalition de Doha » allait s’engager directement elle-même en Syrie, en ouvrant plusieurs fronts et en installant plusieurs guerres sur le sol syrien : Les Turcs se battraient contre les Kurdes dans le Nord-Est de la Syrie favorisant ainsi la partition de la Syrie; les Israéliens se battraient contre les Iraniens présents en Syrie et contre le Hezbollah libanais, son ennemi héréditaire; les USA, l’Angleterre et la France bombarderaient sans mandat de l’ONU et de loin, Bachar El-Assad accusé arbitrairement et ponctuellement d’utiliser des armes de destruction massive « chimiques », pour reprendre le schéma ayant si bien fonctionné en Irak et en Libye notamment; quant à ce qui reste des terroristes de DAECH, ils seraient recyclés par les pays membres de la « coalition de Doha » pour servir dans leurs armées combattant à la fois les Kurdes marxistes et l’armée Syrienne faite de conscrits.

Maintenant nous en sommes là : la Russie est fortement présente aux côtés de l’Etat légitime syrien à sa demande. Ce qui va fatalement devenir l’étape suivante, sera une confrontation directe de la « coalition de Doha » avec la Russie et ses alliés : l’armée syrienne, les troupes d’élites iraniennes, celles du Hezbollah, la Chine présente en Méditerranée… Autrement dit : l’échelon suivant a déjà été annoncé par les USA qui ont décidé d’utiliser les armes nucléaires adaptées à la guerre conventionnelle! Si ce degré est franchi, nous sommes à la veille d’une troisième guerre mondiale qui obligera les Russes à utiliser leur potentiel nucléaire de dissuasion et donc d’apocalypse.

Nous reviendrons dans un autre article sur le sujet spécifique des « attaques chimiques » en Syrie.

Disons, pour le moment, que les « attaques chimiques » existantes ou inexistantes, comme dernièrement celle de Douma, n’ont qu’un seul but : celui d’être une provocation mise en scène pour un objectif cynique et parfaitement criminel consistant à abattre arbitrairement Bachar El Assad, de la même manière que la coalition occidentale l’avait fait avec Saddam Hussein et Kadhafi…

Toute la mesure de la détestable pratique de l’Occident concernant les nations insoumises, apparaît dans ce rapport étasunien qui dit : « Nous voulons maintenir la pression sur la Russie, même si cette pression ne parvient pas à convaincre Moscou de lâcher le régime syrien comme nous l’espérions ». Sur ce plan, « nous devons continuer – ce que nous faisons déjà – à savoir, dénoncer l’horrible situation humanitaire ainsi que la complicité russe dans la campagne de bombardements de cibles innocentes civiles ». Il est choquant d’entendre cet aveu et de constater à quel point le mensonge est délibéré, pensé, conçu dans des officines spécialisées qui consacrent leur énergie à concevoir le Mal pour le Mal !

Monsieur Le Drian et Cie, après avoir entendu tout cela, allez-vous encore continuer à radoter que la France est en Syrie pour « combattre le terrorisme » et pour châtier le « Gouvernement syrien qui utilise les armes chimiques contre son peuple » ?
Plus personne en France ne peut vous écouter ni vous prendre au sérieux, parce que vous n’êtes pas honnêtes et les Français ont horreur qu’on les prenne pour des idiots !
Jean-Yves Jezequel


jeudi 17 mai 2018

L'esprit de mai 68 (3)


Le cinquantenaire de Mai 68 :


Le mouvement de 1968 repose sur une révolte spontanée qui permet d'ouvrir l'imagination et l'utopie. Toutes les formes d'autorité et de contraintes sociales sont remises en cause.Mai 68 apparaît surtout comme une révolte étudiante. Mais c’est avant tout uneimportante grève sauvage. Les témoignages sur le mouvement de 1968 sont nombreux. Mais ils se contentent de ressasser la parole des militants gauchistes. Il existe égalementune dimension libertaire qui insiste sur la créativité et la spontanéité de la révolte.Sylvain Quissol



Cinquante printemps passés où son « souvenir » a été enjeu de réécritures, d’analyses, mais aussi d’histoire comme de source d’inspiration pour des générations entières. Surtout si on l’élargit aux années qui suivirent l’événement, ouvrant dix ans durant un cycle de contestation inégalé depuis. Nombreuses sont les résistances les plus contemporaines à avoir un rapport à 68. Bien des courants et des organisations en sont, plus ou moins directement, les héritières aujourd’hui.
Il est malheureusement un courant politique qui est globalement mis sur la touche dans ce travail d’histoire et de mémoire : celui des libertaires.

Bien sûr, on parle souvent des aspects libertaires de 68, des drapeaux noirs se mêlant aux rouges dans les manifestations des mois de mai et juin. On note que cette « brise libertaire » déteint sur d’autres, participant du « climat » ou de la « période » : c’est la Ligue communiste dénonçant la « farce électorale » en 1969, la Gauche prolétarienne s’essayant à un improbable anarcho-maoïsme ou encore, dans une certaine mesure, la CFDT faisant sienne le thème de l’autogestion.

Mais très rarement ou bien sommairement sont évoqués les stratégies, les discours et les pratiques qu’ont pu déployer les libertaires, exception faite peut-être du mouvement du 22 Mars et de ses « figures » libertaires, au premier rang desquelles celle de Daniel Cohn-Bendit, tellement « iconisée » qu’elle ne représente au final qu’elle-même. Et pourtant des militant.es libertaires en 68, il y en eut.

Théo Roumier, syndicaliste et libertaire 



« Nous envoyons valdinguer un peu plus toute organisation, fût-elle des nôtres, au nom de la spontanéité de la base. Ce sera cela, la révolution de mai […] Denfert, 18 h 30 […] Les toits sont noirs de monde […] Le lion, son grand corps vert taché de rouge est avec nous […] Les surréalistes sont là, ça fait diablement plaisir. Pour la première fois, je pense à Breton dans tout ça. Je commence à entrevoir que ç’aurait été là SA révolution. Il est un peu amer de l’imaginer la crinière blanche […]  marchant parmi nous, avec nous, et de ne pouvoir que l’imaginer […] Le Quartier est à nous […] Et tout se fait sans qu’on sache bien comment, sans qu’on cherche à savoir. Une barricade ça sort de terre plus vite que le blé. Il suffit de semer l’espoir ». 
Pierre Peuchmaurd, poète surréaliste




« Tout est politique », disait un slogan de 68. Oui, nous sommes légitimes à nous emparer du politique, à parler de la cité, du commun, de ce qu’on nomme aujourd’hui le vivre-ensemble. Cette vision passionnante du politique est un héritage de 68.Ludovine Bautigny, historienne



D’ici, de ce pays où nous respirions mal un air chaque jour plus raréfié, où nous nous sentions chaque jour plus étrangers, ne pouvait nous venir que cette usure qui nous bouffait, à force de vide, à force d’imposture. Faute de mieux, nous nous payions de mots, l’aventure était littéraire, l’engagement platonique. La révolution demain, la révolution possible, combien d’entre nous y croyaient encore ?” 
Pierre Peuchmaurd, in “Plus vivants que jamais
Journal des barricades”, éd. Libertalia, 2018






La légende noire 68 (extrait)

par Marco Bascetta


La déréglementation néolibérale, considérée de manière absurde, du moins sur le plan anthropologique, comme une conséquence de l’individualisme libertaire de la fin des années 1960, n’avait en fait aucun contenu libertaire. En fait, elle s’est accompagnée d’une surréglementation de la vie quotidienne, d’une prolifération sans fin de la censure, des interdictions et des droits de propriété, motivée par le désir de mettre fin aux revendications d’autodétermination des subjectivités politiques apparues au cours de ces années-là et de ramener tout exercice de la liberté à la dimension privée des échanges mercantiles. Il ne serait pas non plus utile de gaspiller trop de mots pour expliquer comment toutes les politiques menées sous la bannière de la « tolérance zéro » et de la sécurité n’étaient pas simplement qu’une croisade draconienne contre la criminalité ou les soi-disant « classes dangereuses », mais une criminalisation de toute déviance et de tout conflit que la décennie des mouvements avait valorisé. Pour conclure cette reconnaissance provisoire des politiques et idéologies qui continuent de faire du règlement de comptes avec 68, une bonne part de leur raison d’être, on ne peut certainement pas négliger la redécouverte des « valeurs traditionnelles », en l’occurrence le conformisme xénophobe et identitaire qui renverse en son contraire cette découverte de l’Autre qui, dans les années 60 et 70, avait représenté un principe critique à l’égard de l’autocélébration par l’Occident de ses politiques de prédation masquées en progrès.

La persistance du spectre de 68 est l’un des différents indicateurs qui révèlent le mieux la nature du capitalisme contemporain. Le néolibéralisme, en effet, contrairement à son ancêtre libéral, se manifeste sous forme de contre-révolution. La caractéristique d’une contre-révolution n’est pas tant la restauration des conditions qui ont précédé l’insurrection révolutionnaire (indépendamment de son degré de radicalité ou de réussite) que la neutralisation ou le contrôle des possibles facteurs de changement, dans un processus articulé de délégitimation des subjectivités rebelles. Une contre-révolution, en d’autres termes, ne restaure pas une assise, mais un cours de l’histoire considéré comme altéré et dévié par la recherche illusoire d’une alternative. Et elle impute à cette recherche des effets grotesques ou désastreux. C’est donc la faculté même de rechercher qu’elle entend abroger. Ce n’est pas un hasard si une absurdité comme  » Il n’ y a pas d’alternative  » soit devenue la bande sonore préférée de l’establishment.
Soyons clair, la contre-révolution néolibérale s’est trouvée confrontée à une histoire beaucoup plus longue et plus puissante que la saison à cheval entre les années 60 et 70, qui représentait pourtant le dernier moment où un parcours différent (différent aussi du socialisme d’avant-guerre et de ses avatars) a été expérimenté de façon spasmodique.
C’est pourquoi la « soixantehuitophobie » occupe une place si importante dans le discours public et influence encore, un demi-siècle plus tard, les réformes politiques visant à garantir l’ordre du marché et l’autorité de l’État qui l’encadre. Bref, on peut penser tout ce que l’on veut de 1968, se permettre de célébrer ses vertus modernisatrices ou stigmatiser ses illusions destructrices, à condition de ne pas perdre de vue les effets de cette diabolisation implicite qui sous-tend sa célébration même.

Toute politique d' »ordre public » a un besoin absolu d’un temps de chaos avec lequel se mesurer, de la mémoire d’un monde agité et menaçant qui fait ressortir la pacification qu’elle promet en surmontant les désagréments que celle-ci comporte. Cette tâche est échue à la saison des mouvements. Le « livre noir » de de 68 nous révèle ce que les pouvoirs établis détestent et craignent aujourd’hui. C’est pourquoi il vaut la peine de faire l’effort de le feuilleter entre deux décennaires.
traduit par  Fausto Giudice




La leçon utopique de Mai-68, c’est que les comités d’action, les comités de base, le double pouvoir au niveau syndical, la révocabilité permanente des responsables, la libre circulation des idées et la lutte contre toutes les formes de la hiérarchie – patronale ou bureaucratique – feront plus pour l’émancipation des travailleurs que tous les catéchismes pseudo-révolutionnaires.

Alain Joubert, in “Sous les pavés, l'utopie





Les contempteurs de 68 insistent évidemment sur le clivage entre étudiants et ouvriers, le rejet des premiers par les seconds. Au moment des événements, les pouvoirs publics craignaient par-dessus tout la convergence entre le mouvement étudiant et la grève ouvrière, très difficile à maîtriser. Mais cette vision d’un clivage est caricaturale. Certes, le 17 mai, les grilles de Renault Billancourt se sont fermées devant un cortège de trois mille étudiants partis du Quartier latin.

L’épisode a été maintes fois raconté, en oubliant toutefois de rappeler les tensions au sein même de la CGT, dont les militants n’étaient pas tous d’accord, en oubliant que des étudiants de l’Ecole normale supérieure entretenaient des contacts dans l’usine et s’y trouvaient déjà. Et surtout en oubliant toutes les discussions nouées partout en France, les barricades construites ensemble, les étudiants présents sur les piquets de grève, les ouvriers présents dans les universités occupées. En somme, l’arbre de Billancourt ne doit pas cacher la forêt d’initiatives, de réunions et de solidarités entre étudiants et travailleurs.Ludovine Bautigny






« Il ne s’agit pas toujours, et même très rarement, de penser les moyens de prendre le pouvoir d’État ; il ne s’agit pas seulement d’avancer des revendications catégorielles ou de réclamer des augmentations de salaires ; il s’agit d’interrompre un fonctionnement social fondé sur la division sociale du travail : la division verticale qui produit hiérarchies et domination, et la division horizontale qui cloisonne et sépare les mondes sociaux. Redéfinir une société en somme, hic et nunc, par la parole et dans les pratiques mêmes »

Pierre Gobille, in “Le Mai 68






Plus vivants que jamais”


Par Franz Himmelbauer


J’ai lu déjà pas mal de bouquins sur Mai 68, particulièrement à l’occasion de la commémoration du quarantième anniversaire, en 2008. Un an auparavant, Sarkozy, en campagne électorale, avait prétendu vouloir en « liquider l’héritage »… Cela m’avait motivé, comme d’autres, je crois, pour me replonger dans cette histoire que je n’avais personnellement vécu que de loin – je n’avais que onze ans à l’époque, et la révolution s’était limitée pour mes copains et moi, dans notre quartier, à un mois de temps libre employé avant tout à perfectionner notre technique au ping-pong. Il y a dix ans, j’avais été marqué par la lecture de Kristin Ross, Mai 68 et ses vies ultérieures, dont j’ai parlé ici-même il y a peu. Ma découverte du cinquantenaire, c’est Pierre Peuchmaurd. « Plus vivants que jamais, nous prévient l’éditeur, a été initialement publié en novembre 1968 […] Nous avons pris connaissance de ce texte fort en lisant Maintenant (La Fabrique, 2017). » Comme quoi les bonnes lectures en entraînent d’autres. Et celle-là en vaut la peine. Né en juillet 1948, Pierre Peuchmaurd avait vingt ans en mai. Dans sa préface empreinte d’émotion, Joël Gayraud rappelle qu’il avait grandi « dans une maison pleine de livres ». Il découvrit très vite sa vocation : « J’ai écrit mon premier poème à treize ans, et non pas sur la route : dans mon lit, un matin. Ce fut un véritable ébranlement physique, comparable seulement à celui du premier coup de foudre amoureux. » Probablement en vécut-il d’autres entre-temps, mais à la lecture de Plus vivants que jamais, on peut sans risque affirmer que Mai ne fut pas le moindre… Au point qu’il est bien difficile de rendre compte de cette lecture. À propos d’une des nombreuses manifs de Mai, et des échanges entre camarades, Peuchmaurd écrit : « Ce qu’on disait, c’est trop bête de l’écrire. Ça ne vit que sur les lèvres. » Mais il réussit tout de même à faire passer le souffle de ces journées – de ces nuits : il s’échappe de ces pages un âcre parfum de lacrymos… ce texte est une sorte de « journal des barricades » qu’on aimerait citer de bout en bout, tant il nous fait éprouver physiquement le plaisir intense procuré par l’émeute, par « l’ouverture des possibles », comme disait Sartre. Un exemple parmi beaucoup d’autres : « Mardi 21. Paris-sur Grève. Une ville paralysée et plus vivante que jamais. Parce que ce qui est paralysé est ce qui, en temps ordinaire, paralyse. Le métro étouffe, il n’y a plus de métro ; l’université façonne, il n’y a plus d’université ; l’usine broie, il n’y a plus d’usines ; nombre de bureaux retournent à leur poussière. Paris respire et n’en croit pas ses bronches. Jusqu’au pas des gens qui est différent, on dirait plus léger. En même temps qu’à parler, ils réapprennent à marcher. On repart à zéro. Cette fois, en sortira-t-il des hommes ? À quelques sales gueules près, et pas seulement les casquées, ils ont l’air plus heureux aussi. Quelque chose d’enfantin, quelque chose de nouveau. Fin de l’hibernation. »

Mais… avec un s, cette fois, « Mai 68 n’a pas eu lieu », ont dit plus tard Deleuze et Guattari. Certes pas contre Mai 68. Mais parce que la société française, après avoir respiré un grand coup (« Du possible, sinon j’étouffe », c’était ça, Mai 68, selon eux), est retournée à son apnée. Et bien sûr, ce n’est pas la faute des manifestants de mai. Cependant, le jeune homme qu’était Pierre Peuchmaurd (à la fin de son livre, après mai, il dit : « Nous avons vingt ans de plus, nous sommes plus jeunes que jamais. »), ce jeune homme donc se montre plus lucide que les politiciens rassis : « Samedi 25. On a peine à y croire. Même nous. Oui, même nous. L’aube, ce 25 mai, est fasciste.

« C’est encore une victoire, pourtant, mais qui nous a brisés. Une victoire politique, d’abord. Les ouvriers se sont battus. Une victoire sur le terrain aussi. Jusqu’au repli sur le Quartier, du moins. Il n’est pas vrai que nous ayons été manipulés, désorganisés par la police comme le prétend la presse. Cela sera vrai le 11 juin, mais hier non. C’est même exactement le contraire : les flics, débordés de toutes parts, perdant des tronçons entiers de la manif et ne sachant plus où donner du talkie-walkie. Une nouvelle forme de combat de rue a été inaugurée : le harcèlement des cordons de flics par de petits groupes – cent à deux cents types. La guérilla urbaine.

« Victoire morale aussi. Ça bien sûr, ça toujours.

« Alors pourquoi est-ce une défaite ? Parce que nous n’avons pas pris Paris ? Tout bêtement, oui. Paris, ce soir, était à prendre. Et nous ne l’avons pas fait. Paris était à prendre, dans les ministères on faisait ses valises, le pouvoir n’avait plus que ses flics, il en aurait fallu davantage pour nous arrêter. Nos erreurs, cette nuit là, furent politiques. Nous étions là, tous, pour faire une aube socialiste. C’est raté, joyeusement raté. Là est peut-être le vrai tournant de mai. Erreurs tactiques que celles qui nous ont paralysés avant de nous conduire au massacre. Mais issues d’erreurs politiques : celle, surtout, de retourner au Quartier, de nous y regrouper comme des cons, comme des phalènes. Il fallait nous morceler, investir la ville. C’était possible, bon Dieu, c’était possible. Mais voilà, il paraît que le Quartier est notre “base rouge”. Rouge sang, oui.

« L’autre erreur est de ne pas avoir su nous libérer à temps du mythe de la barricade. Une barricade ne tient pas devant les grenades, Gay-Lussac aurait dû nous l’apprendre. Il fallait, dès cette nuit, généraliser la guérilla, multiplier les offensives et, très tôt, nous n’avons plus mené qu’un combat défensif. »

C’est à pleurer… Mais bon, il vaut peut-être mieux se souvenir d’autres scènes, comme celle-ci :

« Lundi 27. La grève continue, entre dans sa deuxième phase : la résistance. Ce dont M. Séguy fait l’amère expérience quand les gars de chez Renault l’envoient paître, le pauvre, lui qui venait pourtant les amuser avec de si jolis hochets. Mais les pièges à cons ne prennent que les cons. Serait-ce que le secrétaire général de la CGT considère comme telle la classe ouvrière ? Toujours est-il qu’elle le lui rend bien et qu’il s’est vendu pour rien rue de Grenelle. Et puis voilà que c’est partout pareil, que personne n’en veut de ses amuse-gueule. Et lui, du coup, si fier pourtant l’instant d’avant, obligé de démentir qu’il n’a rien signé. Marrant comme tout. »

Ou celle-là :

« Mardi 28. […] Sur le soir, Cohn-Bendit se ramène [il avait été interdit de séjour en France le 21 mai, alors qu’il se trouvait à Francfort]. Couillonnées, toutes les polices de France. On n’a jamais tant ri. C’est ce qu’il y a de bien, avec Daniel, on se marre toujours.

« Nous apprenons la chose rue d’Ulm, à une réunion du 22 mars. Presque aussitôt est prise la décision d’annoncer, pour le lendemain au Grand Amphi, une conférence de presse de notre petit copain. Et puis, bernique, il n’y sera pas. On mettra trois types à la place. Rien contre Daniel dans tout ça. Simplement lui éviter les pièges du vedettariat. Nous n’avons ni chef ni tête d’affiches. La Sorbonne n’est pas un music-hall. Avis aux plumitifs à la une. »

Bref, les ouvriers de Renault ont repris le travail, comme tous les autres, tandis que Cohn-Bendit s’est découvert une vocation pour le music-hall.

« Bon. Et nous dans tout ça ? Nous les paumés d’avant mai. Eh bien, précisément nous nous sommes retrouvés. Retrouvés entre nous d’abord, et c’était important. Retrouvés en nous, ce qui l’est plus encore. Que plus rien ne soit comme avant, c’est con de dire des choses comme ça, mais c’est vrai. Et l’on n’imagine pas à quelle profondeur cela va. Et nous ne le voulons plus. Quelque chose est passé qui s’appelle, stupidement, l’espoir ou, peut-être, la certitude, et qui fait que nous sommes autres. »

Franz Himmelbauer







mercredi 16 mai 2018

L'histoire d'un serial killer en Palestine occupée

Edition Spéciale Palestine



Palestiniens gazés dans un camp Est de gaza, le 14 mai 2018
(Photo: Marcus Yam / Los Angeles Times via Getty Images)




Je résisterai

Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance
Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas
Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues
Je chercherai peut-être dans le crottin des grains
Je resterai peut-être nu et affamé
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.
Je résisterai
Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre
Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison
Tu pilleras peut-être l'héritage de mes ancêtres
Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres
Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens
Tu dresseras peut-être sur notre village l'épouvantail de la terreur
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.
Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie
Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère
Tu falsifieras peut-être mon histoire
Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis
Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs
Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes
O ennemi du soleil
Je jure que je ne marchanderai pas
Et jusqu'à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.

Samih al-Qâsim (1939/2014)



Devant l'impunité totale dont jouit Israël, la communauté internationale demeure passive, sinon complice, reportant sans cesse l'adoption de véritables sanctions pour l'obliger à respecter le droit international. Or, à l'instar de la campagne qui avait ciblé le régime d'apartheid en Afrique du Sud, le minimum serait d'imposer un boycott visant les compagnies israéliennes du complexe sécuritaire et militaire, de même que toutes celles qui font affaire avec l'armée israélienne. C'est entre autres ce que réclame le mouvement non violent Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) lancé par la société civile palestinienne en 2005.


Un tueur en série (appelé parfois, par anglicisme, un serial killer) est un criminel auteur d'homicides qu'il réitère dans le temps. Selon la définition la plus répandue, ce type de criminel a commis au moins trois meurtres, dans un intervalle de temps – de quelques jours à plusieurs années – séparant chacun de ces crimes. Il semble, dans certains cas, tirer un certain degré de plaisir du fait de tuer ses victimes.
Cependant, dans une thèse présentée par la magistrate française Fiammetta Esposito (qui a fait l'ojet d'un livre2), un tueur en série se définit, indépendamment du nombre de victimes, par sa motivation intrinsèque, issue de fantasmes et par un passage à l'acte d'une extrême violence sexualisée. Autrement dit, un meurtrier pourrait être classé au nombre des tueurs en série dès son premier passage à l'acte, s'il est animé par une pulsion spécifique. Dans ce cas, son parcours criminel est interrompu, dès le premier meurtre, par l'arrestation, ou tout autre motif (maladie, décès…).
Le meurtrier de type « sériel » est généralement défini comme psychopathe ; il est considéré comme responsable pénalement. Dans de rares cas, il peut être diagnostiqué par l'expertise psychologique comme étant psychotique ; il est alors considéré comme n'étant pas responsable de ses actes et ne pourra être condamné. Wikipedia


Jérusalem occupée

52 morts et 2400 blessés dont 1200 par balles. C’est le dernier bilan de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza. Mais pour Netanyahou, c’est un “jour glorieux”. Lors de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, il a remercié Donald Trump avec des trémolos dans la voix. “Quel jour glorieux ! Souvenez-vous toujours de ce moment, c’est un jour historique. C’est un grand jour pour Jérusalem et pour l’État d’Israël. Un jour qui restera dans nos mémoires pour des générations et des générations”. Cette journée restera dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vraiment : un nouveau massacre colonial.

Déversant un déluge de feu sur des manifestants palestiniens désarmés, l’appareil répressif israélien s’est surpassé dans l’horreur. Où sont ses laudateurs habituels, toujours prompts à répéter le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne pénétrée d’impératifs moraux et soucieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les courageux pionniers de l’idéal sioniste se livrent à un pogrom en direct, ces imposteurs fielleux et abonnés aux plateaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien décidés à maquiller la scène de crime. Hypocrites, les médias français prennent le relais, nous expliquant du bout des lèvres que “les tensions sont vives” et qu’il y a des “affrontements à la frontière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle frontière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un morceau libéré - et assiégé - de la Palestine historique. Lorsque ses habitants veulent se rendre dans une autre région de la Palestine, ils rentrent chez eux, tout simplement. Parler de frontière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le mensonge à la justification du forfait colonial.

Cette journée du 14 mai est la plus meurtrière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colonies sont des “implantations », les résistants des “terroristes”, le mur de séparation “un mur de sécurité”, Israël une “démocratie”, les manifestants de Gaza des “provocateurs” et des “extrémistes”. Dans cette novlangue invasive, les expressions apparemment les plus anodines sont trompeuses.
…/...
“Nos soldats défendent nos frontières”, déclare Netanyahou. Va-t-il également proclamer l’époustouflante victoire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés était censé relever, dans la novlangue sioniste, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se vantait de ses turpitudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans le miroir, fasciné par sa propre image mortifère.
Bruno Guigue



La chasse aux palestiniens est ouverte

Mais celui qui ose montrer du doigt Israël est toujours discrédité et disqualifié par une accusation systématique « d’antisémitisme », ou dans le moins pire des cas, par celle de « fantasmer » un « complot juif » ; l’accusation « d’antisémitisme » étant la plupart du temps une manipulation exécrable qui n’hésite pas à utiliser de manière infâme, l’épouvantail traumatique du choc paralysant de la Shoah !
L’utilisation, fréquente, injustifiée de l’argument « Shoah » et donc de celui « d’antisémitisme », fait partie de la religion judaïque qui est depuis son origine une religion de l’Holocauste avec sa logique idéologique.

C’est une authentique idéologie qui se cache derrière la barrière de protection de l’argument « d’antisémitisme ».

L’idéologie de la judéité, qui n’a pas plus de légitimité qu’une autre quelconque idéologie, est exceptionnellement protégée par la Loi ! C’est la seule idéologie au monde ayant ce privilège « inexplicable » de pouvoir s’imposer à toutes les nations occidentales, sans que celles-ci puissent la critiquer, en parler simplement, la remettre en cause comme toutes les autres idéologies…

Contester la « judéité » (et non pas les Juifs) revient à une pratique de « l’antisémitisme ».

La manipulation spectaculaire des peuples, opérée par les médias occidentaux, n’est pas explicable sans une analyse de ces notions de « Judéité », « judaïsme » et « Juifs », que nous allons découvrir comme intrinsèquement et ouvertement mêlées à cette idéologie d’un interventionnisme « moral » pour un « Nouvel ordre Mondial ».

Évoquer cette réalité de la manipulation médiatique n’a rien à voir avec un « conspirationnisme » ou « complotisme », autre argument utilisé par les manipulateurs habituels pour jeter le discrédit, disqualifier et faire taire tous ceux qui osent réfléchir sur la question ! Car, ce Pouvoir des médias et des lobbies associés, agissant sur les États, affiche ouvertement son objectif, sans se cacher, dans une position tout à fait officielle n’ayant rien à voir avec le « complot ».

Il est indispensable de rétablir la « normalité » d’un discours paisible, légitime, naturel, critique, sur les Juifs, le judaïsme et la judéité : je revendique le droit et la liberté de penser et de pensée sur ce sujet qui a été confisqué par l’intolérance des nombreux inquisiteurs autoproclamés travaillant sans relâche à la chasse aux « antisémites » ! Les Juifs ne faisant pas plus partie de l’humanité que l’ensemble des autres groupes humains habitant la Terre, je ne vois pas pourquoi il ne serait pas possible d’en parler, en toute sérénité et liberté, comme n’importe qui le fait de son propre pays ou des autres peuples ayant tous, sans distinction, d’évidentes et naturelles imperfections critiquables, sans pour autant tomber fatalement dans un « négationnisme » ou une pratique de « l’incitation à la haine raciale »! Jean-Yves Jezequel


A lire absolument “Pourquoi Israël veut la guerre etl'obtiendra” de Jean-Yves Jézéchiel, pour comprendre la place géostratégique de l'Etat Hébreu pour la légitimisation du Nouvel Ordre Mondial.






ENFANTS DE GAZA
A bas les lâches barbares sionazi(e)s!

Leurs rêves explosés
Cherchaient juste le chant chaud
D'un lait de jasmin
Parfumé par l'éternité
D’un sourire berceur de mère
Eclairée de mille contes
Et caresses allumés!
On n’entend plus
Que l'écho éteint, amer,
De leur sang désarmé
Qui crie dans les matins noirs
De leurs envols assassinés!

© Mokhtar El Amraoui (poète tunisien)in " Nouveaux poèmes"



Balles tragiques à Gaza

Par Jacques-Marie Bourget

Le problème des larmes, comme encre pour écrire, c'est qu'elles ne laissent pas de trace. Alors il ne faut pas seulement pleurer mais tenter d'emboiter des mots pour tenter de décrire l'indicible.

Fût un temps où les chinois, quand ils exécutaient un condamné à mort –c’est-à-dire souvent-, demandaient à la famille de payer le prix de la balle, celle du peloton. En regard, je pense que les Palestiniens restent des privilégiés : Israël n’envoient pas de facture aux parents de ceux qu’elle massacre. La preuve que ce pays est vraiment une grande démocratie.

Pour avoir reçu, le 21 octobre 2000 à Ramallah, une balle de M16 produite par IMI (Israël Military Industry) dans le poumon gauche, je peux témoigner qu’il ne faut pas en faire une montagne. Et que ces gazaouis qui se font assassiner sont vraiment des pleurnichards. Quoi de plus noble que d’être touché (comme par la grâce) par un de ces divins projectiles qui sont comme une onction ? Si vous en êtes atteint c’est, forcément, que vous étiez en faute, pas dans le droit chemin mais dans la traverse de l’histoire. Une balle religieuse c’est comme une goutte d’eau bénite, ça fait du bien où ça coule et ça ne peut pas se tromper. Et c’est réconfortant de mourir en sachant qu’on est justement châtié. Survivant, on vous reprochera votre résurrection.

Pour être objectif, comme mes confrères journalistes qui couvrent en ces heures si complètement et humainement l’affaire du safari humain de Gaza, je dois dire que la réception d’un balle de M16, dans le buffet, est assez surprenante, sidérante. Le calibre 5,56 à 975 kilomètres heure, c’est bousculant. D’ailleurs on tombe. Après c’est le bonneteau. Ou vous restez en vie (où ce qu’il en reste), ou vous êtes mort. Voyez que j’avais raison d’affirmer que ce n’est pas si grave.

Voilà ma contribution pour rassurer les bonnes consciences, les pétitionnaires que l’on n’entend pas aujourd’hui. Qu’elle dorme tranquille la clique des Bruckner et des Val, un bon palestinien est un palestinien mort. C’est fou ce que certains entendent faire comme bruit autour d’un fait divers moyen-oriental, même s’il se passe au printemps !

Les Palestiniens se souviennent un peu plus aujourd’hui, que le reste de leur temps perdu, de la Nakba, le « cauchemar », la « catastrophe ». Qui marque, au printemps 48, l’exil pour 800 000 d’entre eux. Pendant longtemps les menteurs de guerre ont tenté de nous faire avaler que cette fuite répondait à un appel du grand mufti de Jérusalem disant, en gros : « quittez le pays pour mieux revenir en conquérants ». C’est une baliverne. Les Palestiniens ont été chassés par les armes, par la violence, le crime et la torture, chassés par les milices embryon de la future « Tsahal ». On nous parle, parfois de deir Yassin, « l’Oradour sur Glane de Palestine », comme « le » souvenir du massacre (une centaine de villageois exécutés). Mais cette tuerie cache d’autres deir Yassin, aujourd’hui connus grâce au travail des « nouveaux historiens » israéliens. Le photographe français Bruno Fert, dans son livre « Les Absents », glaçant comme l’iceberg du Titanic, nous montre les quelques pierres et vestiges qui restent de ces villages détruit en 1948.

Effacés de l’histoire.

En septembre 1982 j’ai vu le massacre de Sabra et Chatila à Beyrouth. Nain face à l’immensité de cette horreur pilotée par Israël, j’ai attendu 30 années avant de pouvoir apporter un témoignage. Les crimes son tels que l’on refuse d’en faire des mots. En décembre de cette année de deuil, l’Assemblée générale de l’ONU a qualifié cette éradication « d’acte de génocide », acte imprescriptible. Mais jamais instruit ni puni. Les massacres sont la litanie de l’histoire des palestiniens, les stations de leur calvaire.
Jadis cette barbarie récurrente mobilisait les cœurs purs, des hommes et des femmes descendaient en masse dans les rues de la planète pour hurler. Puis le 11 septembre, l’attentat contre les tours de New York a été l’occasion du coup de sifflet final. Les Palestiniens ne sont plus des combattants luttant pour leur terre, mais des terroristes. Faux dans sa réalité, le slogan qui a fait des enfants d’Arafat des clones de Ben Laden et Daech a été efficace. Mieux, avec la montée en force du Hamas (groupe dont la création a été aidée par Israël), avec ses femmes voilées et ses barbes, son allégeance aux Frères Musulmans, les palestiniens ont cessé d’être perçus comme des combattants nationalistes. Ils sont devenus des pèlerins de la Oumma. Ils ont quitté le champ de l’indignation pour foncer dans les querelles d’églises, le Qatar étant la nouvelle Mecque des chefs du Hamas. Ai-je dit qu’il était juste et bon de bombarder, massacrer, d’affamer Gaza ? Non, mille fois. Je tente seulement d’expliquer que dans un monde d’images, la cause palestinienne en passant des icônes de Leila Khaled et d’Arafat au polaroïd de Khaled Meechal a perdu la guerre de l’émotion.

Cette banalité des morts palestiniens, voulues par l’opinion publique israélienne, se traduit dans les lignes, commentaires et titres de notre presse française, propriété de milliardaires. Sur BFM-TV, Ulysse Gosset, clown à tête de Lucifer, est très en colère que les morts de Gaza « soient venus gâcher la fête de Jérusalem, l’ouverture d’une ambassade des USA qui, une fois de plus, enterrait le droit international. Les cathos bretons d’Ouest France, eux, voient ces crimes se situer « en marge » de la pathétique pitrerie de l’ambassade. Ah les crimes de marge. Marge ou crève ! Pour les autres savants de presse les mots pour le dire sont prêts : « c’est la faute du Hamas ».

Thème ancien puisqu’en 2000, juste avant de croiser cette balle de M16 tombée du ciel, j’avais longuement enquêté sur les ressorts de la « seconde Intifada ». On accusait Arafat ou Abou Jihad de tirer les ficelles rouges de la révolte en envoyant la jeunesse au casse-pipe. Et c’était faux. D’abord nul n’oblige un soldat, même israélien, à tirer sur des êtres désarmés ou équipés de frondes. Ensuite j’ai vu les mères, elles aussi chargées de cailloux, qu’elles lançaient à leurs enfants pour les faire rentrer de force à la maison. Dire que la mort d’un « martyr » est, pour ceux qui restent, un épisode de bonheur est une ignominie badigeonnée de racisme. Jusqu’à ce que soit publiée une étude conduite de concert par Trump et Netanyahou, du Darwin à rebours, les Palestiniens sont des êtres vivants. La preuve, ils saignent.

Jacques-Marie Bourget